Depuis la rétrocession, et contrairement aux spéculations les plus pessimistes, rien n'a véritablement changé dans les domaines politique et économique à Hong Kong. Malgré de régulières contestations populaires, à plus ou moins grande échelle, au-devant des intentions réelles de Pékin, il n'est certainement pas dans l'intérêt du gouvernement central, à la tête d'un pays en plein décollage économique, de tuer la poule hongkongaise aux oeufs d'or.

Sur le plan économique, Hong Kong aura moins été traumatisée dans les faits par le handover du 1er juillet 1997 que par la crise économique qui l'a touchée de plein fouet six mois plus tard, le 25 octobre 1997. Elle a été d'autant plus fragilisée par cette crise qu'elle vivait en situation de surchauffe économique. En 2001, l'admission à l'OMC de la Chine remet aussi en question le rôle privilégié de Hong Kong : celui d'interlocuteur incontournable entre la Chine et le reste du monde. Si Hong Kong conserve de larges avantages sur Shanghai, sa principale concurrente, en termes de développement et d'environnement des affaires, son influence dans le développement de la Chine s'est nettement atténuée. En raison de coûts trop élevés, son activité portuaire décroît au profit des ports chinois en amont de la rivière des Perles. La non-convertibilité du renminbi (yuan), la monnaie chinoise, garantit, pour l'instant, le rôle indispensable de la place financière de Hong Kong. En revanche, la ville peut être largement handicapée par l'absence totale d'industries de secteurs de pointe, alors qu'elle bénéficie d'un niveau de vie très élevé et d'un coût de main-d'oeuvre très supérieur aux standards chinois. Il faudra donc, à terme, égaliser les coûts de part et d'autre de la frontière, quitte à remettre en question l'indépendance économique hongkongaise. Habituée aux crises, Hong Kong a affronté difficilement la dernière crise de 2008 à cause de son économie ultra-libérale, mais s'est vite relevée en retrouvant une croissance en 2012, confirmée en 2013 et depuis. Elle reste néanmoins très dépendante de la croissance chinoise et du commerce international.

Sur le plan politique, Hong Kong jouit d'une autonomie politique relativement large. On respecte les libertés publiques, les tribunaux restent indépendants et les élections pluralistes continuent de se dérouler normalement, permettant d'élire certains responsables politiques, comme la moitié du conseil législatif, le LegCo. Néanmoins, Pékin contrôle l'exécutif, désignant son chef. Les dissidents et les mouvements religieux, qui sont, pour certains, interdits en Chine, sont tolérés tout en étant très surveillés. Au fil des ans, les médias, de plus en plus tentés par l'autocensure, deviennent de moins en moins critiques. Dans l'ombre, la Chine neutralise peu à peu Hong Kong en introduisant de nouvelles lois ou en mettant ses hommes. Il est difficile de prévoir son avenir. Celui-ci dépendra des évolutions économiques et politiques de la Chine continentale. Mais lorsque l'on arrive de Chine, on ne peut s'empêcher de penser que Hong Kong a encore de beaux jours devant elle, conservant son rôle de zone d'échanges, d'idées et de devises.

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