Guide de Saint-Vincent-et-les-Grenadines : Arts et culture

Région caractérisée par le métissage des cultures, la Martinique est, dans ses expressions artistiques, le résultat de multiples influences culturelles. De l'architecture à la langue, en passant par la tradition gastronomique, l'île aux fleurs affiche dans tous les domaines cette heureuse rencontre entre les peuples. Clairement tournés vers l'avenir, les Martiniquais restent cependant encore aujourd'hui très attachés aux traditions.

Architecture

De Fort-de-France aux petits hameaux de pêcheurs, l'architecture martiniquaise est le résultat de la rencontre de plusieurs influences stylistiques. Les bâtisseurs ont dû s'adapter à des températures extrêmes et à une nature souvent féroce. Ainsi, sans négliger le côté esthétique, de la case à l'habitation, l'architecture en Martinique reste avant tout pratique.

Les villes. Cyclones, séismes et incendies ont malheureusement effacé presque toutes les traces d'architecture remontant aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les grandes villes. Quelques demeures traditionnelles du début du XXe siècle, résistent à l'urbanisation intense des grandes agglomérations martiniquaises. Ces maisons de deux ou trois étages abritent en général un commerce au rez-de-chaussée, tandis que le premier et le deuxième étages sont réservés à l'habitation. La cuisine se place habituellement dans l'arrière-cour pour éviter les risques d'incendie.

L'architecture métallique tient une place importante en Martinique. Sa solidité et sa capacité de résister aux intempéries ont rapidement séduit les architectes locaux qui ont ainsi modernisé la plupart des halles marchandes entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe. L'architecte Henri Picq (1833-1911) consacrera ce style en construisant la Bibliothèque Schoelcher à Fort-de-France.

Les cases. Habitat traditionnel, les cases martiniquaises résistent encore et toujours au bétonnage qui envahit de plus en plus les communes. Héritage de la rencontre entre le carbet des Indiens Caraïbes et les cases-à-nègres des grandes plantations, ces charmantes maisonnettes colorées n'ont plus rien d'austère. Traditionnellement de plan rectangulaire, les cases se partagent en deux ou trois pièces. Lambrequins et dentelles en bois ou en taule ondulée ornent la toiture et la balustrade extérieure. Le béton et le fibrociment ont progressivement remplacé le bois.

Les habitations. Expression de la réussite sociale du maître, le style de l'habitation coloniale martiniquaise est le fruit du mélange des influences créoles et françaises. L'élégante structure à la silhouette en " taille de guêpe " est placée le plus souvent en hauteur, pour dominer les environs et pour mieux profiter des brises rafraîchissantes. De même les ouvertures symétriques et le sol carrelé favorisent la ventilation. De vastes pièces se succèdent ordonnées au rez-de-chaussée comme à l'étage, tandis qu'une galerie ombragée entoure l'ensemble de la demeure. L'Habitation Clément au François en est l'un des exemples les plus aboutis.

Edifices religieux. La Martinique étant très catholique, l'église est l'un des lieux les plus fréquentés de chaque bourg. S'inspirant des plans des églises occidentales, les édifices religieux de l'île présentent plus d'une particularité. Les marins charpentiers impliqués dans la construction, conçurent souvent la charpente des églises comme celle de la coque d'un bateau. Les édifices du XIXe siècle présentent souvent des structures métalliques, capables de résister aux intempéries. La cathédrale Saint-Louis à Fort-de-France en est un exemple. Curieuse, l'église du Sacré-Coeur de Balata reproduit au 1/5 le Sacré-Coeur parisien.

Artisanat
Poupées souvenirs.
Poupées souvenirs.

Si l'expression la plus aboutie des spécialités martiniquaises reste le rhum, il ne faut pas oublier la place importante occupée par la vannerie. Sur les hauteurs de Sainte-Marie, le village de Morne-des-Esses est depuis des générations, le lieu où se transmet de père en fils l'art de tresser les fibres - le cachibou aux tonalités blanches et l'aroma de couleur brune - un savoir-faire qui remonte aux premiers habitants de l'île, les Indiens caraïbes. On pourra ainsi ramener en souvenir des bakoua, chapeaux traditionnels aux larges bords, des sets de tables, des boîtes et même des bijoux. Pour trouver des objets en bambou, des sculptures sur bois, de la poterie ou des poupées créoles, rendez-vous au Village de la Poterie aux Trois-Ilets, à la Paille Caraïbe - atelier de vannerie -, au Morne des Esses à Sainte Marie ou encore au marché artisanal de la Savane ou au Grand Marché à Fort de France.

Danse

Comme la musique, la danse en Martinique puise ses origines dans la culture africaine. Sur les bateaux qui amenaient les esclaves d'Afrique aux Antilles, on dansait pour oublier la souffrance. Si certaines danses traditionnelles, comme le bel-air (les femmes font mélodieusement virevolter leurs jupes) et le damier (danse masculine, parodie d'un combat à coups de pied), ont été petit à petit relayées aux spectacles pour touristes, aujourd'hui encore la biguine et la mazurka animent les dimanches en famille des Martiniquais. Mais c'est surtout le zouk, qui est à la fois une musique et une danse, qui continue à entraîner de nombreux danseurs sur ses rythmes lascifs et quelque peu sensuels.

Littérature

La création littéraire est sans doute un des points fors de la Martinique qui compte plusieurs écrivains de talent. Certains estiment pouvoir parler de littérature martiniquaise uniquement à partir de 1932, avec la publication de la revue Légitime Défense, revendiquant pour la première fois le concept de " Négritude ". Comme dans les autres domaines artistiques, les esclaves ont longtemps été interdits d'écrit. Il ne s'agissait donc auparavant que d'oeuvres de békés, destinées à satisfaire le désir d'exotisme d'un lectorat occidental. L'apport considérable d'écivains de renom comme Aimé Césaire, Edouard Glissant et Frantz Fanon, aussi bien du point de vue de la réflexion intellectuelle que du point de vue d'une langue particulièrement recherchée, a fortement enrichi la littérature française.

Aimé Césaire (1913-2008). Homme politique, poète et essayiste martiniquais. Né le 25 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique), Aimé Césaire a fait ses études à Fort-de-France, puis au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il fit la connaissance de Léopold Sédar Senghor, le poète président sénégalais. En septembre 1934, Césaire fonde, avec d'autres étudiants antillo-guyanais et africains (Léon Gontran Damas, les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Birago Diop), le journal L'Étudiant noir. C'est dans les pages de cette revue que sera développé le concept de " Négritude ". Il entre à l'Ecole normale supérieure, puis à la Sorbonne, et revient enseigner au début des années 1940 à la Martinique. Poète dont la notoriété est mondiale, le Cahier d'un retour au pays natal (1939) reste son chef-d'oeuvre poétique majeur. La Tragédie du roi Christophe, s'inspirant de la révolution haïtienne de 1804, est inscrite au répertoire de la Comédie-Française en 1991. Maire de Fort-de-France de 1945 à 2001, député et président du conseil régional avant un problème de cumul de mandats, Aimé Césaire a fondé en 1958 le Parti progressiste martiniquais (PPM), partisan de l'autonomie de la Martinique et première force politique de l'île aujourd'hui. Aimé Césaire a produit parallèlement à son activité politique une oeuvre de première importance : poésie, théâtre, essais. Décédé à Fort-de-France le 17 avril 2008, à l'âge de 94 ans, des funérailles nationales lui sont consacrées, et les hommages sont arrivés du monde entier pour saluer sa mémoire, son engagement et son oeuvre. Le 6 avril 2011, le président de la République Nicolas Sarkozy rend hommage au grand poète et homme politique en dévoilant une plaque à sa mémoire et à son oeuvre au Panthéon de Paris. La même année, dans le cadre de l'évènement 2011 Année des Outre-Mer, le Grand Palais a célébré lors de l'exposition Aimé Césaire, Lam, Picasso : Nous nous sommes retrouvés, la rencontre fructueuse entre Aimé Césaire et les artistes-peintres Wilfredo Lam (1902-1982) et Pablo Picasso (1881-1973), qui illustrèrent nombre de ses ouvrages.

Frantz Fanon (1925-1961). Figure emblématique de la décolonisation, Franz Fanon est un écrivain engagé dont l'oeuvre influencera longtemps les intellectuels tiers-mondistes. Elève d'Aimé Césaire au lycée de Fort-de-France, il s'engage très jeune dans les forces résistantes en Dominique lors de la Seconde Guerre mondiale. Parti en Allemagne, il est blessé et décoré par la suite. Après la guerre, diplômé en médecine, il devient psychiatre. Son oeuvre est axée sur une étude psychologique des séquelles laissées par le colonialisme et par l'esclavage sur les noirs (Peau noire, Masque blanc, Les Damnés de la terre). L'homme noir y est décrit comme vivant inconsciemment un complexe d'infériorité et étant une victime constante des préjugés. Critique envers le concept, à son avis trop réducteur de " Négritude ", il prône une décolonisation violente. Engagé pendant la Guerre d'Algérie en tant que médecin-chef, Fanon participe aux actions du FLN (Front de Libération Nationale) et représente sur le plan diplomatique le GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne). Atteint d'une leucémie, il meurt à Washington à l'âge de 36 ans. Il est enterré en Algérie. Figure emblématique de la décolonisation, Fanon estimait cependant que la décolonisation des Antilles, devait d'abord passer par la création d'une Confédération antillaise.

Édouard Glissant (1928-2011). Selon Jacques Cellard du journal Le Monde, " L'un des plus grands écrivains contemporains de l'universel ". Ecrivain militant, il a été le créateur des concepts " d'antillanité ", de " créolisation " et de " Tout-monde ". Il publie La Lézarde, en 1958, roman qui reçoit le prix Renaudot. En 1959, accompagné par Paul Niger, il fonde le Front antillo-guyanais, d'obédience indépendantiste, qui lui vaut une interdiction de séjour en Guadeloupe et une assignation à résidence en métropole. En 1965, il crée l'Institut martiniquais d'études. Remarqué pour son travail, il devient de 1982 à 1988 le directeur du Courrier de l'Unesco. Ses réflexions sur l'identité antillaise ont inspiré une génération de jeunes écrivains. En janvier 2006, Edouard Glissant s'est vu confier par le président Jacques Chirac la présidence d'une mission en vue de la création d'un Centre national consacré à la traite des Noirs et à l'esclavage. En 1995 il est nommé Distinguished Professor of French à la City University of New York (CUNY). Auteur de nombreux colloques internationaux au Portugal, en Belgique, en Italie, à Paris, etc. Il meurt à Paris le 3 février 2011 à l'âge de 82 ans.

Daniel Picouly (1948). Daniel Picouly est né le 21 octobre 1948 à Villemomble, d'une famille originaire du François. Professeur de comptabilité en région parisienne, il publie deux premiers romans policiers en 1992. Il devra attendre la publication de sa saga familiale, Le Champ de personne, pour rencontrer le succès. En 1999, il obtient la reconnaissance de ses pairs en remportant le prix Renaudot avec L'Enfant léopard. 2010 verra la parution du troisième volet de sa trilogie historique autour du chevalier de Saint-George commencée avec L'Enfant léopard et La Treizième Mort du Chevalier. Daniel Picouly est président du jury du prix littéraire RFO et membre du jury du prix littéraire France Télévisions. Créateur de l'émission Tropismes sur la chaîne de télévision RFO, il reprend de fin 2009 à juin 2011 Café Picouly sur France 5. Sa priorité reste l'écriture.

Patrick Chamoiseau (1953). Assumant l'héritage d'Aimé Césaire et d'Edouard Glissant, une nouvelle génération d'écrivains martiniquais s'impose à partir des années 1980. Avec Raphaël Confiant et Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau prône une créolisation de la langue française. Ils publieront ensemble en 1989 Éloge de la créolité, le manifeste de la créolité. Après un premier roman à succès en 1986 (Chroniques des sept misères), il obtient la consécration avec le prix Goncourt en 1992 avec son roman Texaco. Dans un langage empreint de poésie, Chamoiseau décrit la culture populaire martiniquaise et prône le retour en force d'une identité créole.

Médias

Presse. La presse métropolitaine est en vente dans les kiosques, les grandes surfaces et la chaîne Librairie Antillaise, avec environ un jour de décalage. Attention ! Les prix peuvent être majorés de quelques centimes d'euros selon l'éditeur. Le groupe France-Antilles bénéficie du monopole au niveau de la presse quotidienne avec le fameux quotidien qui a été relooké. Le groupe édite par ailleurs deux magazines TV, un distribué gratuitement le samedi avec le quotidien (France Antilles Magazine) et un autre vendu (TV Magazine). Le magazine féminin Créola est distribué gratuitement avec le journal le premier jeudi de chaque mois. Enfin, plusieurs guides de poche sont régulièrement distribués gratuitement dans les offices de tourisme et dans une grande partie des établissements touristiques.

Télévision et radio. La télévision par câble permet de capter toutes les chaînes nationales françaises, plus un grand nombre de chaînes internationales. L'écoute de la radio reste plus que jamais d'actualité dans la vie quotidienne des Martiniquais qui suivent avec passion le sport, l'actualité politique et les émissions musicales qui rendent largement hommage aux mélodies zouk. Anecdote curieuse : nécrologies et prières se glissent dans les émissions plusieurs fois par jour (France Inter 95,8 MHz FM).

Musique

On ne peut pas dissocier la vie antillaise et la musique. Elle est omniprésente dans la vie de tous les jours : que ce soit dans un bus, au supermarché, sur la plage, " La musique est notre médicament ", comme le chantait le célèbre groupe Kassav à ses débuts. Et elle a fait un sacré bout de chemin cette musique antillaise... Si nos grands-parents dansaient sur des airs de biguine ou de mazurka, les rythmes ont bien évolué depuis cette époque ! Le zouk est toujours prédominant, mais de nouveaux courants font leur apparition, symbolisant la nouvelle génération. Une chose est sûre, la production musicale est impressionnante si on la mesure à la population ! A l'approche des grandes vacances, les radios locales voient fleurir grand nombre de nouveaux albums. Certains artistes arrivent à s'exporter avec succès en métropole ou ailleurs, tandis que d'autres ne dépassent pas les frontières de la Martinique ! Profitez de votre séjour pour découvrir les courants de cette musique antillaise. Ramenez dans vos bagages quelques CD de vos artistes préférés, cela vous réchauffera le coeur lors de vos tristes journées d'hiver ! Rien de tel qu'un bon zouk endiablé pour passer l'aspirateur le dimanche matin tout en gardant sa bonne humeur !

Une longue tradition musicale

Connaissez-vous la mazurka créole, cette danse où le cavalier enlace sa partenaire au plus près du corps ? Henri Guédon, percussionniste martiniquais, assure que le mot " zouk " fait référence à des lieux de danse réservés aux plus pauvres. Mais, à l'origine, le terme " zouk " viendrait de " mazouk ", une danse polonaise rythmée à trois temps ! Même si cette danse demeure un art ancestral, nombre d'entre nous se déhanchent assurément sur ses airs éclatants.

Le zouk est une musique tropicale spécifique et voit le jour au début des années 1980. Cette musique naît à travers la biguine et le rythme des carnavals (Mas a Sinjan, masque de Saint-Jean). Ces deux genres musicaux traditionnels s'harmonisent à l'aide de percussions, de flûtes de bambou, d'accordéons ou de maracas... Aux Antilles, les animations musicales et les festivités restent fortement liées. La biguine, danse martiniquaise plutôt traditionnelle formée par un admirable mélange bèlè - polka, est influencée par le jazz américain des années 1970. Les ressortissants haïtiens en Martinique ont alors créé le Kadans, alliance de différentes influences culturelles et folkloriques comme le Chouval Bwa martiniquais ou le Gwoka guadeloupéen.

Grâce aux différentes manifestations culturelles, le zouk, symbole identitaire collectif, est reconnu depuis plusieurs dizaines d'années et connaît une évolution musicale et mélodique constante : simplification rythmique du zouk love (attribuée à une influence africaine du Cap Vert) jusqu'au Soulzouk moderne, un zouk brésilien qui s'accommode de différents genres comme le rap ; hanches, tête, jambes, épaules et bras doivent s'articuler simultanément sur le rythme, pas facile ! Ainsi, le calypso (musique de carnaval à deux temps) ou le bèlè (caractérisé par une rythmique spécifique), importés par les esclaves africains, trouvent leurs origines à travers les traditions antillaises. Hier importée - dans les anciennes colonies, comme le kadans haïtien -, aujourd'hui manifeste, la musique zouk constitue indéniablement un important facteur d'animations, de bien-être et de divertissements.

Finalement, le compas, musique populaire d'origine haïtienne (véritable bébé du légendaire saxophoniste haïtien Nemours Jean-Baptiste), le zouk, ou le raggamuffin issu de la Jamaïque, ont bouleversé à travers le temps la jeunesse et la société antillaises.

Le zouk

Finalement, l'origine du mot " zouk " reste aujourd'hui incertaine. Cependant, la musique zouk ne doit pas être dissociée du groupe légendaire Kassav'. Un beau jour de 1979, Pierre Édouard Décimus, musicien dans un orchestre en vogue, les Vikings de la Guadeloupe, et Freddy Marshall discernent leur amour pour la musique antillaise. Les deux hommes décident de s'adonner à leur passion pendant les carnavals, sur des airs de biguine et de compas haïtien. La rencontre des deux compères avec le guitariste Jacob Desvarieux et l'arrivée de Georges Décimus constituent la naissance d'une aventure merveilleuse : le groupe Kassav'. Au début des années 1980, le groupe connaît un nouvel essor avec une équipe talentueuse, Jocelyne Béroard, Jean-Philippe Marthély, Patrick St Eloi et Jean-Claude Naimro. Ces artistes transforment, en définitive, le style musical traditionnel en une musique plus moderne et chaleureuse ; une musique mondialement reconnue grâce aux albums vendus par millions... Et puis vient la naissance du zouk love. Le tempo est modifié afin de laisser la piste libre aux jeunes amoureux, un slow romantique à la façon antillaise. Outre Atlantique, la musique se démocratise tout comme les danseurs, et les styles évoluent. Ainsi, Jean-Michel Rotin calque un zouk traditionnel sur le rap US. Une tendance appréciée, reconnue et, somme toute, copiée par de nombreux artistes des années 1990. Aujourd'hui, la jeunesse s'identifie à travers un engouement incontestable du ragga et du zouk. Néanmoins, les grands-parents adorent inlassablement les soirées rétro où le raggamuffin laisse place au zouk d'antan. Incontestablement, le zouk est maintenant une référence musicale - incontournable - aux Antilles et dans le monde. Les musiciens passionnés ont, en définitive, réussi à mélanger différents styles musicaux tout en gardant en tête le plus important : lors des différentes réjouissances aux Antilles, vous entendrez : " on va zouker ! "

Kassav. Kassav' : bien plus qu'une galette de manioc, ce terme désigne un groupe atypique par excellence. Pierre Edouard Décimus, Georges Décimus, Jacob Desvarieux, Freddy Marshall, Jocelyne Béroard, Jean-Philippe Marthély, Patrick Saint-Eloi et Jean-Claude Naimro : les voilà, nos huit musiciens qui ont bouleversé (il faut bien l'admettre) un style musical unique : le zouk. Entre le premier album Love and Ka Dance (1979) et l'enregistrement de 15 titres pour l'album All U Need Is Zouk en 2007, ce patrimoine culturel antillais a révolutionné les moeurs.

Aujourd'hui les jeunes - de l'île ou de la métropole - s'identifient à un groupe et à une culture spécifiques ; Kassav' rentre ainsi dans la légende. Sa notoriété reste indissociable de cette mythique et brillante chanson : " Zouk la sé sèl médikaman nou ni / Le Zouk est le seul médicament que nous ayons ", extraite de l'album Yélélé, en 1984.

Les Caribéens et les Européens découvrent alors avec joie des rythmiques nouvelles et entraînantes. Des milliers de fans s'exercent ainsi sur les pistes de danse lors des nombreux concerts organisés à travers le monde. Disque de platine en 1989, meilleur spectacle au référendum africain de RFI en 1990, disque d'or en 1992, trophée du meilleur groupe aux West-Indies Awards et trophée du meilleur groupe et meilleur concert à Curaçao en 1993, le groupe est finalement distingué aux AfricAwards en 1997. Une liste honorifique qui décrit à elle seule le long chemin qu'ont parcouru ces héros des temps modernes ; une bienfaisante preuve de leur créativité musicale et de leur épanouissement personnel. Le noyau de Kassav est composé de musiciens de la première heure : Jocelyne BEROARD - Jacob DESVARIEUX - Georges DECIMUS - Jean-Philippe MARTHELY - Jean-Claude NAIMRO. En 2009, Kassav a fêté grandiosement ses 30 ans en donnant plusieurs méga concerts un peu partout à travers le monde (www.kassav30ans.com).

Tanya Saint-Val, une voix magique. Qui pensait que la petite fille qui aimait tant chanter se produirait au côté de " Zouk Machine " ? Tanya Saint-Val manipule avec habileté différents genres musicaux comme le zouk, le gwo ka traditionnel, le gospel ou encore le blues US. Une carrière féerique tout, comme sa voix ; la belle Tanya côtoie aujourd'hui les plus grands artistes français. Notre chère maman apparaît présentement comme l'ambassadrice du zouk love, un emblème sempiternel qui ne cesse de satisfaire ses admirateurs. Décidément, le public ne se lasse vraiment pas d'écouter et de danser sur ses tubes (www.tanya-saint-val.com).

Kali, des racines et des ailes. Des racines antillaises avec un premier album intitulé Vié KO a et des ailes dans le but d'enfanter un style musical unique : étayer les mélodies reggaes et les rythmiques antillaises d'antan. Kali réforme ainsi les airs acoustiques et la tradition grâce à son célèbre banjo et son amour pour le reggae. Après quelques insuccès, vient le moment de la (re) découverte avec la participation au 37e concours Eurovision de la chanson. Son titre " Monte la rivié ", extrait de l'album Roots (1992), arrive en huitième place. Kali se démarque définitivement et s'ensuit le succès et la renommée. En 1994, la Sacem le distingue pour la meilleure chanson de l'année dans la catégorie Antilles avec le titre " Pan Patchew ". Kali reste irrémédiablement un enfant du pays et s'investit pour les commémorations de l'abolition de l'esclavage. Entre hommages et célébrations, l'artiste conserve ses racines et déploie ses ailes afin de défendre une identité propre à son coeur.

Bamboolaz et la naissance du zoukmétal. A la Martinique, une idylle entre rock et zouk fait couler des flots d'encre... Ils se nomment " Bamboolaz ". Le Zoukmétal est né ! Imaginez le rythme du zouk mélangé à des guitares saturées... L'effet est détonant ! Le répertoire de Bamboolaz s'articule autour de compositions originales et de reprises remodelées à la couleur " métal ". Des titres choisis pour leur beauté mélodique et surtout pour les textes porteurs de messages à caractère social, spirituel... ou d'amour tout simplement. Leur site : bamboolazmusic.skyrock.com. Déhanchement assuré !

Peinture et arts graphiques

La société des plantations a longtemps étouffé tout développement d'expression artistique de la part des esclaves, les colons étant, quant à eux, toujours tournés vers l'art de la métropole. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la peinture en Martinique s'est limitée au regard souvent un peu trop figé d'artistes européens de passage ayant sur la Martinique une vision idyllique. Il faudra attendre le milieu du XXe siècle pour que les premiers artistes-peintres martiniquais puissent réellement donner libre cours à leur art. La recherche des racines et l'expression des déchirures passées seront une constante sur la scène artistique martiniquaise.

La Seconde Guerre mondiale joue un rôle déterminant dans l'évolution de la peinture. En effet plusieurs artistes bloqués sur l'île ouvrent des ateliers pour y recevoir des élèves. En 1943 est inaugurée la première école d'Arts appliqués à Fort-de-France. En 1970, l'école négro-caraïbe se rallie aux origines africaines de la Martinique, et s'inspire de l'histoire et de la nature antillaises. Chaque peintre revendique un retour à ses origines par un coup de pinceau tantôt symbolique et expressionniste, tantôt empreint de réalisme.

Sculpture

Laurent Valère. La sculpture martiniquaise n'acquiert ses lettres de noblesse qu'au XXe siècle avec Laurent Valère (1959). Hiératiques et puissantes, chacune de ses oeuvres appelle à la réflexion. La plus célèbre reste Le Mémorial de l'Anse Cafard, érigée en 1998 dans la commune du Diamant. Quinze imposantes statues de pierre tournées vers la mer, commémorent le naufrage tragique de 1830, où nombre d'esclaves enchaînés périrent dans les flots, sans avoir la possibilité de se sauver. Dans la lignée des grandes sculptures monumentales, le Lambi des Anses-d'Arlet et la tête de Manmand'lo expriment la même puissance esthétique. Le Lambi (2009) trône dans le bourg des Anses-d'Arlet. Sculpture-fontaine aux lignes élégantes, de sa conque coupée se diffuse une brume liquide rafraîchissante. Quant à Manmand'lo (2004), il s'agit d'une tête de femme monumentale posée à dix mètres de profondeur au large de la baie de Saint-Pierre. Sa notoriété attire toujours plus de touristes.

Traditions

Fidèle à ses traditions, la Martinique est encore très attachée aux joyeuses coutumes de ses ancêtres. Ainsi du Carnaval, des combats de coqs, du costume traditionnel ou encore des danses folkloriques.

Le costume. Malgré la coquetterie et l'attachement aux apparences des jeunes générations, le costume féminin traditionnel a été petit à petit délaissé pour faire place à des habits plus contemporains. Pour les grandes occasions ou pour la messe, l'on peut encore apercevoir quelques femmes joliment parées de bijoux, de coiffe et de jupons de madras. Fruit de la rencontre entre style indien (le tissu de madras) et style européen (le corsage et les jupons), le costume martiniquais a longtemps était la manifestation de la coquetterie des esclaves. Un luxe qui dans un premier temps fut très mal accepté par l'administration coloniale. D'un tissu brillant, le grand costume de cérémonie se compose d'un corsage froncé et d'une jupe large pincée de côté pour découvrir le jupon. Quelques modèles anciens sont visibles au musée régional d'Art et d'Ethnographie de Fort-de-France.

Le Carnaval. Introduits par les Européens au XVIIe siècle, les esclaves prirent tout de suite le goût de fêter dans l'euphorie générale les derniers jours avant le Carême. Aujourd'hui la tradition populaire se maintient dans la liesse et la bonne humeur (voir Festivités).

Les combats de coqs. Appelés plus communément pitt, selon la diction anglaise, les combats de coqs sont l'un des passe-temps favoris des Martiniquais, ou plutôt d'un certain public généralement masculin. Lâchés dans l'arène, deux coqs se livrent à un combat sans merci parfois très sanglant. Tout autour les paris s'enchaînent et les voix s'élèvent. Parfois une mangouste et un serpent remplacent les deux volailles. L'ambiance frôle l'excitation d'un stade pendant un match de foot.

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