Le Congo, terre mythique et "scandale géologique" alimentant hier et aujourd'hui bon nombre de fantasmes et convoitises... Ce qui lui a d'ailleurs rarement réussi. Mais c'est aussi ce qui en fait l'un des pays les plus atypiques au monde. Avec des ressources, qu'elles soient minières, naturelles, culturelles, comme s'il en pleuvait... Une forme de démesure, à la limite du rationnel et qui force le respect face à ce géant d'Afrique centrale.

Au niveau touristique, toutes ces richesses incalculables font de la RD Congo un diamant brut, qui ne demande qu'à être poli et valorisé. Et qui à terme pourrait bien faire de l'ombre à des destinations africaines plus courues et galvaudées. Car ici, le maître-mot, c'est authenticité. L'authenticité d'une population accueillante et chaleureuse, dont on ne rend jamais assez hommage au courage, à la résilience, inventivité, et débrouillardise... Avec une diversité de cultures et de langues qui forment un patrimoine hors du commun, entre tradition et modernité.

Authenticité et diversité également des paysages et du patrimoine naturel : un fleuve mythique, des forêts profondes, des savanes, montagnes, volcans, lacs et rivières, et l'ensemble de cette exceptionnelle faune et flore. Le tout encore, ou presque, à l'état brut ! Même si de nombreuses menaces pèsent, et dépècent peu à peu cet héritage incroyable, patrimoine de l'humanité tout entière.

Le Congo-Kinshasa, c'est un peu la dernière terra incognita à l'échelle du continent, synonyme d'aventure et d'explorations exaltées, comme jadis. Partez confiant et serein à la découverte de cette contrée littéralement extraordinaire, vous en reviendrez émerveillé. A condition d'être prêt à vivre pareille expérience. Tout en restant prudent tout de même. Avec cette 4ème édition du Petit Futé sous le bras, gageons que vous serez bien acompagné, bien informé et avide de découvrir par vous-même cette destination fascinante et attachante à plus d'un titre. Et dont les avancées touristiques notables permettent un accès davantage aisé à la plupart des sites. Bon voyage.

Caroline Thirion

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Le mythe " Congo "

Le bassin du Congo a toujours fasciné et nourri de nombreux mythes, fantasmes et rêves d'exploration depuis le continent européen. Et ce, bien avant sa découverte officielle à partir du 15ème siècle. Dès le premier siècle, Ptolémée situait déjà approximativement les Monts de la Lune (Massif du Ruwenzori) et les Grands Lacs, sur sa célèbre carte du monde... Les Pygmées et les okapis (!) étaient par ailleurs déjà connus du vieux monde et alimentaient bien des récits, à partir des écrits de Pline l'Ancien et d'Aristote et de hiéroglyphes datant d'il y a 2 500 ans... Cette fascination préexistante pour ce territoire donnera lieu à de nombreuses expéditions, largement suivies et médiatisées à l'époque. Ce qui débouchera sur la création de l'Etat Indépendant du Congo fin du 19ème siècle, propriété personnelle d'un monarque devenu mythique lui aussi : Léopold II.

Mais d'autres figures et épisode historiques légendaires ont nourri la fascination à l'égard du Congo : la rencontre en 1871 de l'explorateur Stanley et du Docteur Livingstone porté disparu (" Dr Livingstone, je présume ? ") ; l'expédition de secours à Emin Pacha toujours conduite par Stanley... Sans oublier les campagnes esclavagistes arabes du 19ème siècle qui, quoique bien réelles, n'en ont pas moins alimenté nombre de fantasmes et contribué à l'édification du " mythe Congo ". Ne manquait plus qu'un certain Joseph Conrad avec son édifiant " Heart of Darkness " (1902), l'évocation des missionnaires partis évangéliser le coeur de l'Afrique, et autres récits coloniaux épiques (construction du chemin de fer, campagnes anti-esclavagistes, capture et exhibition de Pygmées, légendes de cannibalisme ou lions mangeurs d'hommes, etc.), pour rajouter à l'imaginaire collectif sur cette contrée véritablement incroyable.

Démesure

La RD Congo collectionne les superlatifs sur différents niveaux, attestant de sa situation et de son caractère tout bonnement exceptionnels. Ce qui en fait une destination unique en Afrique, bien qu'encore largement méconnue. Tout d'abord par l'immensité de son territoire qui la place au 11ème rang mondial : avec 2 345 409 km2 (quatre fois la France), seuls l'Algérie surpassant la RDC sur le continent africain. Pays le plus peuplé d'Afrique centrale, la RDC est traversée par deux fuseaux horaires. La capitale Kinshasa (onze millions d'habitants) - elle-même appelée à devenir la première ville africaine d'ici à 2020 - occupe le même fuseau horaire que Bruxelles et Paris et se trouve à plus de 500 km au sud de l'équateur. Celui-ci traverse le pays, notamment à Mbandaka (Equateur) et à Butembo (Nord-Kivu). A proximité de l'équateur, on trouve le 3ème plus haut sommet d'Afrique couvert de neiges éternelles et d'une flore alpine équatoriale inédite : le Pic Marguerite du massif du Ruwenzori qui culmine à 5 119 mètres.

Autre caractéristique impressionnante : le réseau hydrographique de la RDC qui couvre environ 77 810 km2 et est constitué de quantité de lacs et rivières. Dont les fameux Grands Lacs qui comptabilisent aussi des records au niveau africain et mondial. Et bien sûr le majestueux fleuve Congo, véritable colonne vertébrale du pays, et 2ème fleuve au monde derrière l'Amazone pour son débit, et 5ème par sa longueur (4 700 km). Mais la RD Congo, c'est aussi ce " scandale géologique ", avec des teneurs incomparables en minerais parmi les plus précieux au monde (coltan, diamant, or, cuivre, étain...). La RDC peut être fière également de posséder 47% du massif forestier tropical du continent africain, le 2ème du monde après l'Amazonie et 6% des réserves tropicales mondiales. Les Nations Unies ne s'y sont d'ailleurs pas trompées en classant cinq des huit parcs nationaux du pays comme sites du patrimoine mondial de l'humanité. C'est dire la démesure présente au sein d'un seul pays et la richesse incroyable qu'il contient. D'où aussi l'énorme intérêt qu'il suscite et les enjeux qu'il cristallise.

Diversité et contrastes

La RDC présente des univers divers et variés, portés par l'incroyable richesse culturelle et naturelle qui compose ce pays, unique en bien des aspects. Soit d'innombrables d'atouts aussi insoupçonnés qu'attrayants, qui en font une destination à l'énorme potentiel (écotouristique notamment). Son patrimoine culturel et humain, tout d'abord, est d'une richesse incroyable avec une mosaïque de plus de 450 ethnies et presque autant de langues, pratiques, coutumes et traditions, la plupart méritant encore d'être étudiées et valorisées sur les plans artistique, culturel et anthropologique.

Quant à son riche écosystème, il présente une variété de paysages d'une beauté exceptionnelle (savanes, forêts profondes, montagnes, mangroves, fleuve et rivières), elle-même façonnée par la diversité climatique à l'oeuvre au Congo. Ainsi qu'une faune unique avec de nombreuses espèces endémiques au pays dont plusieurs spécimens emblématiques parmi lesquels l'okapi, le bonobo, le gorille de montagne, le gorille de plaine, le paon congolais et jusqu'il y a peu le rhinocéros blanc. Ce formidable réservoir de faune et flore est présent au sein des huit parcs nationaux et des 63 réserves et domaines naturels, dont plusieurs sont inscrits à la liste du patrimoine mondial de l'humanité (en danger).

Terre d'accueil

Au-delà de la liste interminable des immenses richesses et ressources, il en est une, inquantifiable et d'importance égale si pas supérieure, qui rend cette destination particulière et si attachante : la chaleur de vivre de cette population congolaise. Le Congo est en effet connu pour sa tradition d'accueil, de nombreuses communautés étrangères ayant de tout temps séjourné sur son sol, parfois même depuis des générations... Qu'il s'agisse de communautés européennes issues de la colonisation, ou d'autres communautés africaines, voire même, à l'image du monde actuel, de nouvelles nationalités comme les Chinois. Au Congo, le visiteur de passage est toujours le bienvenu et traité comme il sied, à la mesure des moyens disponibles et fidèle à la tradition d'accueil et d'hospitalité, en ville comme en brousse profonde.

A l'inverse de bien d'autres pays (touristiques), ici l'authentique est à portée de main : rien de plus facile que de nouer des relations avec les locaux, de prendre une bière ou une brochette de chèvre en discutant de tout de rien, et même de se retrouver invité à la table familiale au bout du compte. Une expérience bien souvent immersive, pour qui sait se rendre disponible, respectueux et ouvert à l'échange, et qui marque durablement, révélant toute la magie de cette culture et destination vivantes, et résolument ouvertes à l'autre. Ce qui va certes à contre-courant du cliché véhiculé de pays dangereux et inhospitalier (sans parler des zones de conflit, le plus souvent liées à des politiques d'agression de pays extérieurs, faut-il le rappeler...).

Ouverture au tourisme

On constate en effet que la RDC s'ouvre, lentement mais sûrement, au tourisme. Renouant avec ces fastes époques coloniale et zaïroise où le pays était optimisé en ce sens, attirant de nombreux visiteurs venus se gorger de toutes ces beautés et trésors présents en un seul pays... Certes le chemin de la reconstruction est encore long, et semé d'embûches (climat sécuritaire !). Mais les mentalités changent, de nombreuses infrastructures voient le jour, et un certain esprit " orienté-client " (touriste) est à l'oeuvre, notamment à Kinshasa et dans les grandes villes. De nombreux projets sont en cours un peu partout dans le pays, profitant le plus souvent de l'incroyable beauté des paysages et ressources naturelles (faune, fleuve, lacs, forêt...). Que ce soit via l'agrotourisme, le tourisme industriel, fluvial, historique, culturel... Tous ces secteurs ou presque, s'ils étaient développés comme il se doit, seraient potentiellement favorables à l'éclosion d'un écotourisme durable et responsable. Les parcs nationaux notamment permettent rien qu'à eux seuls le développement d'un tourisme de vision (safaris), très porteur économiquement, et d'un tourisme d'aventure (trekking, alpinisme, activités nautiques, etc.). Reste aux Congolais à prendre ces initiatives et dégager les moyens nécessaires pour déployer ces projets d'envergure et optimiser les immenses ressources en latence de leur pays... Afin que l'on assiste réellement au " réveil du géant " et que la RDC prenne la place qui lui revient sur l'échiquier mondial, eu égard à toutes ses potentialités.

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