Que ce soit pour son patrimoine tout simplement exceptionnel ou pour son dynamisme et sa créativité, la ville de Gand est difficile à décrire autrement que comme un coup de coeur ! Si Bruges est un petit joyau que l'on ne peut contester et qu'il faut cocher sur sa liste des " have seen ", c'est sans aucun doute à Gand que l'on aimera passer son temps et cocher les nombreux " done that " ! La belle flamande qui vit naître Charles Quint possède un riche passé historique dont témoignent de nombreux musées et monuments mais ce n'est pas pour autant qu'elle possède un aspect de ville-musée que l'on peut trouver ailleurs. Elle est pleine de charme et sa communauté étudiante fait d'elle une cité moderne, animée et multiculturelle. Sur les avenues commerçantes, une foule jeune déambule de boutique en boutique et le soir venu, alors que les illuminations de la ville la rendent encore plus belle, les cafés, restaurants et théâtres s'emplissent d'un public éclectique. Gand offre également une riche vie culturelle et abrite d'ailleurs l'un des musées d'art contemporain les plus réputés d'Europe : le SMAK. Il faut aussi penser au STAM (Stadsmuseum) qui risque bien de bousculer les habitudes en mêlant histoire et technologie pour évoquer la ville. Enfin, profitez-en pour explorer la campagne autour de la ville. Vous y découvrirez de superbes paysages, paradis des marcheurs et des cyclistes.

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Week-end à Gand

Si on dit que Bruges est la plus belle ville de Belgique, elle est aussi très (voire trop) touristique, contrairement à sa rivale, la ville de Gand.

Photos de Gand

Découvrir Gand

Arts et culture

ARCHITECTURE

La Flandre possède un riche héritage architectural. Le mélange des styles gothique, baroque, renaissance ou Art déco donne aux villes flamandes un cachet particulier et raconte leur histoire. Outre les beffrois, symboles de la liberté des villes, et les béguinages flamands, les exemples d'architecture moyenâgeuse se retrouvent dans les nombreuses églises construites à cette époque. Par ailleurs, la richesse de l'architecture flamande se dévoile dans les bâtiments publics (hôtels de ville, halles...), mais aussi dans les innombrables maisons privées dont l'alignement des façades à pignons fait la beauté des villes flamandes.

Bruges est la cité médiévale la mieux préservée de Flandre et, à peu près partout, il suffit de regarder autour de vous en déambulant dans la ville pour être frappé par la beauté de son architecture.

Gand est la ville belge qui compte le plus de monuments classés. Elle abrite notamment le Graventsteen (XIIe siècle), l'unique forteresse médiévale de Flandre. A proximité s'étend le quartier médiéval rénové Patershol : ses ruelles sont bordées de maisons datant du XVe au XVIIIe siècle. Les quais Graslei et Korenlei et leur alignement de façades de différents styles valent aussi le coup d'oeil. Sans oublier le superbe hôtel de ville, le beffroi du XIVe siècle et la cathédrale gothique Saint-Bavon.

Anvers. La Grand Place qui est entourée des maisons des Guildes et les ruelles alentours constituent un bon endroit pour entamer une découverte de l'architecture de la ville. Et la cathédrale Notre-Dame, gigantesque oeuvre gothique commencée au XIVe siècle, est magnifique. Ne manquez pas non plus de vous promener dans le quartier Zurenborg, au sud de la ville, qui abrite des bâtiments Art nouveau.

Le roman

Comme partout en Europe, l'architecture flamande fut d'abord marquée par le style roman (XIe-XIIe siècle), caractérisé par des voûtes en arc de cercle, des piliers robustes et des extérieurs dépouillés. Il reste peu d'églises construites entièrement en style roman en Flandre, mais on trouve fréquemment des éléments romans qui ont subsisté dans des édifices gothiques.

Le gothique

Au XIIe siècle, l'art roman fut détrôné par le gothique. Cette période voit apparaître des églises plus raffinées et élégantes, avec des voûtes en ogives. La cathédrale d'Anvers constitue un magnifique exemple d'architecture gothique. Au XVe siècle, apparaît le gothique flamboyant, qui laisse libre cours à la fantaisie et se caractérise par la richesse des nombreux ornements et que l'on retrouve dans des bâtiments tels que l'hôtel de ville de Bruxelles ou celui de Louvain, encore plus abouti. Aux VIe-XVIIe siècles, le style gothique survit mais commence à se teinter d'influences italiennes.

Le baroque

A cette époque, le style baroque fait également son apparition sur le territoire de la future Belgique, introduit par les jésuites, ouverts aux influences italiennes. En Flandre, celui-ci prend un aspect particulier, qui sera qualifié de " style baroque flamand ". La profusion du décor intérieur et en façade la caractérise. Ce style est visible principalement à Anvers (Maison de Rubens, église Saint-Charles-Borromée).

Le néoclassicisme

Après l'exubérance du baroque, sous la domination autrichienne, au XVIIIe siècle, l'architecture flamande prit un aspect rationnel, un peu ennuyeux, de style néoclassique. C'est à cette époque que sont édifiées l'église du béguinage d'Alost, la coupole du théâtre Bourla à Anvers, ou le Palais de justice de Bruges qui donne sur le Burg. Après l'indépendance de la Belgique, sous Léopold Ier et surtout ensuite sous Léopold II, la nouvelle nation veut prouver qu'elle est riche et puissante. Elle se lance alors dans de grands projets urbanistiques et dans la construction de bâtiments publics imposants et extravagants. Le désir, caractéristique de l'époque, d'exposer les richesses et la puissance de la nation, se retrouve également dans l'architecture privée. Ainsi les hôtels de maître reflètent la prospérité du pays, qu'ils soient conçus dans un style sobre néo-classique ou qu'ils se laissent aller à toutes sortes de débordements et de fantaisies. Dans ce contexte, la fin du XIXe siècle verra l'apparition de l'Art nouveau, mené essentiellement, en architecture, par Victor Horta, Paul Ankar et Henry Van de Velde.

L’Art nouveau

L'Art nouveau appelé aussi Modern Style ou Jugendstil est né dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il perdure jusqu'au début du XXe siècle. Le mouvement est lancé en Grande-Bretagne avec John Ruskin, mais l'appellation " Art nouveau " apparaît pour la première fois en Belgique, dans le magazine L'Art moderne. Ce terme désigne les productions artistiques refusant de se plier aux règles académiques. Contrairement au gothique ou néogothique, l'Art nouveau se targue de lignes et de courbes. Cette nouvelle conception se veut proche de la nature. Les motifs représentent des fleurs, des plantes, des arbres, des insectes, des animaux. En France, les détracteurs surnomment le mouvement le " style nouille " à cause de ses courbes, ou le " style métro " en référence aux réalisations d'Hector Guimard (le concepteur des entrées de métro parisiennes). Le second objectif du mouvement est de rendre l'art accessible à tous, à un coût abordable. Les nouveaux matériaux tels le bois, la pierre, l'acier ou le verre permettent d'appliquer cette philosophie de démocratisation. Ils permettent aussi une évolution architecturale avec des immeubles de plus en plus hauts jusqu'à la réalisation de gratte-ciel. En Belgique, trois grands noms contribueront à la diffusion de l'Art nouveau : Paul Hankar (né en 1864 à Frameries, en province de Namur), Victor Horta (né à Gand en 1861) et Henry Van de Velde (né à Anvers en 1863). Anvers abrite ainsi de nombreux bâtiment Art nouveau, particulièrement dans le quartier de Zurenborg.

L’Art déco

Après la Première Guerre mondiale, l'Art déco prend tout naturellement la relève. De nouveaux matériaux (béton armé, verre compressé) vont être utilisés. Même les grands noms de l'Art nouveau suivent les modes du temps, comme en témoigne la tour des Livres de l'université de Gand, construite par Henry Van de Velde.

La période contemporaine

Si la Flandre (comme toute la Belgique) fut longtemps en retard au niveau de l'architecture contemporaine, depuis le début des années 2000 certaines villes semblent cependant enfin s'intéresser à celle-ci et osent des constructions plus recherchées telles le Concertgebouw et le pavillon Toyo Ito à Bruges ou le Palais de justice d'Anvers.

ARTS PLASTIQUES

Le pays de Van Eyck, Bruegel (le grand peintre flamand qui s'intéressa à la vie campagnarde et aux mythes religieux à travers notamment La Tour de Babel, 1563), Rubens, l'héritier du classicisme italien et créateur du baroque moderne du nord de l'Europe, Jordaens, Memling, Van Dyck (qui a traité en peinture autant les sujets religieux que les illustrations de la vie quotidienne) a de tout temps été une mine d'artistes. Ceux-ci ont influencé toute l'Europe. Les grands moments : l'âge des primitifs flamands du XIVe au XVe siècle, la Renaissance au XVIe siècle, la Contre-Réforme au XVIIe siècle et la période 1850-1940.

Mis à part les peintres wallons Paul Delvaux et René Magritte, personnalités emblématiques du surréalisme de la première moitié du XXe siècle, les autres artistes de cette période sont souvent assez méconnus du public étranger. Heureusement, ils sont bien représentés dans les grands musées du pays : Rik Wouters, James Ensor, Constant Permeke, Gustaaf Van de Woestijne, Léon Spilliaert... Parmi les artistes plus récents, citons l'Anversois Panamarenko (Henri Van Herwegen) qui est à la fois peintre, sculpteur et inventeur... C'est une importante figure de l'art belge depuis les années 1970.

Quelques célèbres peintres flamands
Jan (1390-1441) et Hubert Van Eyck (1366-1426)

Jan est le plus célèbre des frères Van Eyck et le principal représentant des primitifs flamands. Les caractéristiques fondamentales du style de Van Eyck sont la reproduction d'espaces en trois dimensions grâce à la perspective aérienne, la plasticité des formes et la représentation réaliste des personnes et de leur proche entourage. Toutes ces caractéristiques sont bien illustrées dans L'Agneau mystique, qui est exposé à l'église Saint-Bavon-de-Gand. Ce polyptyque comporte une inscription selon laquelle cette oeuvre aurait été commencée par Hubert Van Eyck pour être achevée par son frère Jan en 1432. L'oeuvre de Jan Van Eyck, en-dehors de ce chef-d'oeuvre exceptionnel, est composée surtout de représentations de la Vierge Marie et de portraits.

La date de naissance exacte de Jan Van Eyck reste inconnue. La paternité des oeuvres de Van Eyck antérieures à 1426 (mort d'Hubert) est discutée, et l'attribution à Hubert ou à Jan est délicate. L'apport technique de Van Eyck à la peinture occidentale est capital. Il a porté la technique de la peinture à l'huile et le réalisme des détails (notamment le rendu des matières) à un sommet jamais atteint avant lui.

Pierre Paul Rubens (1577-1640)

Pierre Paul Rubens naît en 1577 à Siegen, près de Cologne, où ses parents, flamands, étaient partis s'installer. C'est onze ans plus tard, après la mort de son père, qu'il rentre à Anvers où il apprend le flamand, le français et le latin. Il commence ensuite son apprentissage de la peinture qu'il poursuivra en Italie. Durant cette période (1600-1608), il apprend à connaître les Vénitiens, le Corrège ou le Caravage, et entame une extraordinaire carrière dans toute l'Europe (France, Espagne, Pays-Bas, Angleterre...). A son retour en Belgique, l'artiste s'affranchit en partie des influences reçues, pour aborder, développer son style propre, ample et baroque où les effets dramatiques sont appuyés par des couleurs brillantes et par une composition dynamique. Avec ses peintures religieuses, Rubens se place au service de la Contre-Réforme catholique, mais il reste également célèbre pour ses compositions profanes, dans lesquelles il élabore l'image d'une femme, sensuelle et charnelle.

Les primitifs flamands

La période des primitifs flamands (XVe siècle) fut une des plus glorieuses de l'art belge. Le terme désigne ces peintres de l'actuelle Belgique qui, avant le réveil académique du XVIe siècle et à défaut de canons fixes, ont pratiqué un art remarquable où la maîtrise technique était au service de la pure religiosité et de la gloire des puissants. Leur art a grandement influencé la peinture européenne des siècles suivants. Parmi eux, on peut citer : Jan Van Eyck, Rogier Van der Weyden, Hans Memling, Gérard David...

James Ensor (1860-1949)

Peintre, dessinateur, graveur, James Ensor est né à Ostende en 1860. Après une première initiation à l'Académie d'Ostende, il suit de 1877 à 1880 les cours de l'Académie des beaux-arts de Bruxelles. Rentré à Ostende, que désormais il ne quittera que rarement, il se réfugie sous les combles de la maison familiale et y réalise ses premiers chefs-d'oeuvre d'un réalisme affranchi. Ces toiles suscitent sarcasmes et incompréhension en raison des sujets jugés trop prosaïques ainsi que de l'affranchissement de la technique qui augure en Belgique d'un impressionnisme autochtone. En 1883, il participe à la création du groupe d'avant-garde, Les Vingt, dont il deviendra l'un des membres les plus contestataires. Bien que son oeuvre soit principalement symboliste, Ensor est un précurseur de l'expressionnisme. Il crée un monde fantastique en exagérant les couleurs, les lignes et les formes. Il a une vision pessimiste de la vie et se représente souvent sous les traits souffrants du Christ. On remarque également les masques, thème central de son oeuvre qui représente le côté obscur de la nature humaine. A 28 ans, il peint L'Entrée du Christ à Bruxelles, son oeuvre la plus célèbre qui fut alors très controversée. Soutenu toutefois par quelques intellectuels clairvoyants, tels Emile Verhaeren et Eugène Demolder, Ensor est exposé à Bruxelles lors des salons annuels de La Libre Esthétique qui succède aux Vingt. En 1894, il expose à Paris, mais son oeuvre suscite peu d'intérêt. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que le génie d'Ensor commence enfin à être reconnu et qu'il accède à une célébrité qui ne s'est pas encore démentie. En 1930, Ensor est anobli. Il décède le 19 novembre 1949 dans sa ville natale.

CINEMA

Le cinéma belge est sorti de l'ombre il y a bientôt 20 ans. Dans les années 1990, deux films ont joué un rôle décisif dans cette reconnaissance : Toto le héros (1991) de Jaco Van Dormael et C'est arrivé près de chez vous (1992) de Rémy Belvaux, Benoît Poelvoorde et André Bonzel. Mais c'est surtout les deux Palmes d'or récoltées à Cannes par les frères Luc et Jean-Pierre Dardenne pour Rosetta (1999) et L'Enfant (2005) qui marqua la consécration du cinéma belge et le fit connaître à un plus large public.

Les films d'origine belge sont aujourd'hui présentés, reconnus, primés et appréciés internationalement, que ce soit lors de festivals ou dans la presse.

Outre les frères Dardenne, parmi les réalisateurs belges, on peut citer, en vrac, Jaco Van Dormael (Toto le héros, Le Huitième Jour) ; Stijn Coninx (Daens, Urbanus), Gérard Corbiau (Le Maître de musique, Farinelli), Alain Berliner (Ma vie en rose), Chantal Ackerman (Golden Eighties, Un Divan à New York, Demain on déménage), Bouli Lanners (Eldorado, 2008), Marion Hänsel (Les Noces barbares, 1987), Frédéric Fonteyne (Une liaison pornographique, 1999). L'acteur belge le plus célèbre (à l'exception sans doute de Jean-Claude VanDamme) est Benoît Poelvoorde, qui s'est fait connaître dans C'est arrivé près de chez vous et poursuit depuis une belle carrière (Les convoyeurs attendent, Le Boulet, Podium, Coco avant Chanel...).

Côté flamand, parmi les plus gros succès, retenons De Zaak Alzeimer d'Erik Van Looy (2004), Loft d'Erik Van Looy et Bart De Pauw (2008 ; 1 186 000 entrées en Belgique, ce qui en fait le film flamand le plus vu au cinéma), La Merditude des choses de Felix Van Groeningen (2009) ; ainsi que les films de Stijn Coninx : Hector (1987), Koko Flanel (1990), Daens (1992)...

Enfin citons un film belgo-britannique qui a cartonné au box-office en 2008 : Bon baisers de Bruges avec Colin Farell, Ralph Fiennes et Brendan Gleeson. En plus de présenter un excellent scénario, très loin des films de gangsters habituels, ce film de Martin McDonagh montre Bruges sous toutes ses coutures (à voir, avant de partir !).

Bien sûr, les diversités culturelles de la Belgique et de ses communautés font qu'il existe des cinémas très différents. On ne tourne pas de la même façon au nord et au sud du pays, même si on y partage les compétences et qu'on y met régulièrement les moyens financiers en commun.

Jusqu'à récemment, l'idée répandue était que le cinéma flamand était commercial et attirait un public nombreux mais uniquement local, tandis que le cinéma francophone gagnait des prix à l'étranger mais n'attirait pas le public.

Mais depuis quelques années, un cinéma d'auteur flamand franchit la frontière linguistique et prend du galon. La merditude des choses de Felix Van Groningen a fait sensation à Cannes, menant une belle carrière internationale. Et, en 2010, le festival de Locarno a sélectionné deux longs-métrages flamands, Beyond the Steppes de Vanja D'Alcantara et Pulsar d'Alex Stockman. Un succès, qui vient corriger la réputation de parent pauvre dont a longtemps souffert le cinéma flamand.

Festivals de cinéma en Flandre

Festival international du film de Flandre. A Gand, en octobre. Le plus grand festival de cinéma du pays - www.filmfestival.be

Festival du film gay et lesbien. En janvier. Il se déroule à Bruxelles, en Wallonie et à Anvers - www.fglb.org

Festival du dessin animé et de l'animation. A Bruxelles, Gand, Charleroi et Liège, en février. Rendez-vous annuel de toutes les tendances du genre.

DENTELLE

La dentelle duchesse de Bruxelles doit son nom à la duchesse Marie-Henriette de Brabant car elle en était particulièrement friande. Une dentelle réputée plus fine et plus riche que la duchesse de Bruges. C'est pourtant Bruges qui arbore le titre de " ville de la dentelle ". Voici la légende...

" Une dame, veuve de marin, s'occupait seule de ses cinq enfants. Elle vivait dans la misère, mais très fière elle refusait l'aide de quiconque. Séréna, sa fille aînée, l'aidait à filer jour et nuit, pour subvenir aux besoins de toute la famille. Séréna était amoureuse d'Arnaut depuis l'enfance, leurs pères travaillaient ensemble autrefois ; ils s'étaient promis de se marier lorsque Arnaut serait devenu maître sculpteur. Mais, un hiver, la situation des deux femmes était telle que Séréna pria la Sainte Vierge afin d'obtenir son aide, en échange du sacrifice de son amour. Par un bel après-midi, toute la famille et Arnaut, l'apprenti sculpteur, se promenaient dans la forêt. Dans cette contrée, les araignées ne filent que par beau temps : leurs fils sont nommés "fils de la Vierge". Séréna fut soudain captivée par un fait étrange : des milliers de fils tombaient sur son tablier en créant des formes ravissantes, des fleurs et des feuillages. La jeune fille y vit un signe de la Vierge. Elle rentra chez elle et s'employa à reproduire les délicats ornements avec du fil de lin. Mais les fils s'entremêlaient. Séréna était désespérée. Arnaut eut alors l'idée d'enrouler chaque fil sur un morceau de bois : le fuseau était né. Le travail de la jeune fille devint presque un jeu d'enfant. Ses ouvrages étaient très appréciés par des nobles dames de Bruges, puis bientôt d'autres régions de Flandre. La famille devint prospère, et Séréna dut même initier ses soeurs à la confection de la dentelle, pour pouvoir honorer toutes les commandes ! Arnaut devenu maître sculpteur lui demanda sa main. La belle refusa. Quelle ne fut pas sa surprise ! Mais elle ne pouvait pas lui révéler son secret. Un an s'écoula, et Séréna retourna sur les lieux du divin événement. Elle s'agenouilla et pria de nouveau. Cette fois encore des milliers de fils tombèrent sur son tablier pour former une couronne au milieu de laquelle il était inscrit : "Je te délie de ton voeu." Arnaut caché derrière un arbre bondit vers sa bien-aimée. Elle lui conta toute l'histoire. Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup de petites dentellière. "

D'autres légendes venues des pays du monde entier rythment l'histoire de la création de la dentelle. Parfois, d'une ville à l'autre dans un même pays, la légende diffère. L'histoire contée à Bruges n'est pas la même que celle contée à Bruxelles.

Un peu d’histoire…

Dans la réalité, il est impossible de déterminer avec exactitude l'arrivée de cette technique. Elle date probablement du XVIe siècle et est apparue en même temps en Italie et en Flandre. La légende de sainte Anne, la sainte patronne des dentellières, datée du XVIe siècle, montre une femme portant une des toutes premières chemises ornées d'un passement. Le mode de fabrication aurait été, semble-t-il, ramené d'Orient en Occident par les croisés. Une autre technique similaire existait déjà : la passementerie, pratiquée par des hommes avec du fil d'or, de cuivre ou d'argent. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la demande croissante fait de la dentelle le seul produit d'exportation suite à la crise du textile flamand. La plupart des ouvrages sont réalisés par des femmes au logis (dans les béguinages par exemple) ou des indigents. La ville d'Anvers employait, en 1738, le quart de sa population active à la confection, y compris des enfants. Aux XIXe et XXe siècles, la manufacture de la dentelle en Flandre est très importante. Par ce biais, Bruges devient même un pôle historique, culturel, et remplit un rôle social et économique essentiel. Mais à cette époque, le fil de coton remplace le fil de lin, et la fabrication industrielle assène le coup de grâce à cet artisanat.

Un peu de technique…

La dentelle au fuseau est longtemps restée une spécialité brugeoise, comme le raconte si joliment la légende de Séréna. Le dessin à exécuter est réalisé sur un carton fixé sur le métier. Le motif est constitué d'une multitude de points percés au préalable. Les fils sont entrelacés et donnent à l'oeuvre un aspect très caractéristique. On distingue deux genres différents : la dentelle à fils continus, la dentelle à fils coupés. Pour la dentelle à fils continus, le même nombre de fuseaux est utilisé du début à la fin du travail. Dans l'autre cas, les motifs sont faits séparément, car chacun ne nécessite pas le même nombre de fuseaux. Il y a alors un endroit et un envers. Fabriquée avec des fils continus, la dentelle est identique des deux côtés. Une dentellière peut avoir besoin de près de 1 500 fuseaux ! Un point avec 300 à 700 fuseaux est déjà surnommé " le point de fée " !

Le centre de la dentelle

Il est situé à Bruges dans une maison-Dieu fondée au XVe siècle. L'ancienne demeure familiale héberge les ateliers des dentellières, toujours prêtes à faire une démonstration sous l'oeil des visiteurs. Dans la boutique, vous trouverez tous les outils et matériaux pour vous initier à cet art délicat.

LITTERATURE
Les lettres flamandes de Belgique
Les débuts

Les premiers temps de la littérature néerlandaise sont marqués par des genres communs à d'autres langues : chanson de geste (long poème mettant en scène les exploits guerriers de rois ou de chevaliers), roman arthurien... C'est aussi en néerlandais qu'est écrite, au XIIIe siècle, la meilleure version du Roman de Renart : Van Den Vos Reynaerde.

Le milieu du XIIIe siècle voit surtout l'éclosion d'une poésie mystique issue de l'univers béguinal : Les Poèmes strophiques de la béguine Hadewijch d'Anvers ou encore l'oeuvre du prieur flamand Jan Van Ruysbroeck (L'Ornement des noces spirituelles, XIVe siècle) comptent parmi les écrits les plus brillants de la littérature mystique européenne.

Du XIVe au XVIe siècle, sous la domination bourguignonne, la littérature des Pays-Bas est florissante. Le mysticisme se transforme alors en piété morale. Parmi les tragédies médiévales néerlandaises les plus connues on trouve la pièce moraliste Elckerlijk (XVe siècle) et Marie de Nimègue (début du XVIe), qui relate le salut d'une jeune fille qui s'était dévouée au démon sans le savoir et dont la dévotion à Marie la sauva.

Le déclin des lettres flamandes

Mais à la fin du XVIe siècle, la crise religieuse déclenchée par la Réforme entraîne l'éclatement des Pays-Bas de Charles Quint : le Nord - les actuels Pays-Bas -, majoritairement calviniste, obtient son indépendance sous le nom de république des Provinces-Unies (1648) ; le Sud catholique - la future Belgique jusqu'à l'Artois - reste sous la tutelle des Habsbourg d'Espagne. L'émancipation des provinces hollandaises et l'exode des protestants du Sud vont alors entraîner un déplacement durable de la création littéraire vers le Nord.

Le prince des poètes du Siècle d'or néerlandais est incontestablement le tragédien Joost Van den Vondel (1587-1679), aujourd'hui considéré comme le créateur de la langue et du théâtre classique en néerlandais. Tout comme on parle de la langue de Molière et de langue de Shakespeare pour évoquer le français et l'anglais, on parle généralement de la langue de Vondel pour désigner le néerlandais. Parallèlement, en Flandre, un déclin dû aux aléas des occupations étrangères successives se manifeste de façon frappante dès le XVIIe siècle. Les comédies du Dunkerquois Michiel de Swaen (1654-1707) constituent une rare exception (La Botte Couronnée, 1688).

Des Flamands qui écrivent en français

Après l'indépendance de la Belgique, en 1830, naît un souhait de voir le jeune royaume se doter d'une littérature propre. Une conscience nationale qui se cherche accueille avec une bienveillance souvent injustifiée les récits ou les vers d'allure patriotique. C'est Charles de Coster (1827-1879) - en fait, un Flamand écrivant en français - qui exprime la rupture avec la prose éthérée antérieure, ancrant ses héros et leurs péripéties dans la réalité régionale (La Légende d'Ulenspiegel, 1858) pour exprimer l'universalité des idées de liberté et de révolte.

En 1881, Edmond Picard, avocat bruxellois, crée L'Art moderne, journal hebdomadaire de critique artistique, musicale et littéraire. Militant socialiste, Picard souhaite une littérature nationale, et engagée dans le combat politique et social. La même année, apparaît la revue La Jeune Belgique, créée par Albert Bauwens en 1881 et rachetée par Max Waller. Ces deux publications marquent l'entrée en scène d'une authentique génération d'écrivains, nourris du terroir et happés par la modernité à l'oeuvre dans leur pays. Ils sont nés à Gand, à Anvers ou à Bruges, mais écrivent tous en français (jusqu'au XXe siècle, l'élite flamande s'exprimait souvent en français). La plupart sont d'origine aisée mais refusent les valeurs traditionnelles de leur milieu social. Les figures de proue en sont Georges Rodenbach (Bruges la Morte, 1892), Emile Verhaeren (Campagnes hallucinées, 1893, Villages illusoires, 1894, Villes tentaculaires, 1895). Maurice Maeterlinck (1862-1949) réinvente la langue française dans une oeuvre symboliste qui sera couronnée par le prix Nobel de littérature en 1911. Il reste d'ailleurs, à ce moment, le seul Belge à avoir obtenu le prix dans cette catégorie. A la même époque, on peut également citer Georges Eekhoud (1854-1927), le poète naturaliste de la Campine anversoise dont la prose brûle d'une chaleur picaresque.

Le renouveau

Les efforts des défenseurs du Mouvement flamand commencèrent à porter leurs fruits après l'indépendance de la Belgique, en 1830. La renaissance de la littérature flamande est entamée par Hendrik Conscience (1812-1883), avec son roman historique Le Lion de Flandre (1838). Il sera bientôt suivi d'une quantité d'écrivains d'inspiration la plus souvent rurale, nostalgiques de la Flandre d'autrefois. Il faut toutefois attendre 1860 pour lire les premiers textes novateurs, témoins de l'avènement de la littérature moderne. Le prêtre et poète Guido Gezelle (1830-1899) contribue à libérer la poésie néerlandaise des poncifs hérités des moralistes (Poèmes, chants et prières, 1860).

A la fin du XIXe siècle, Cyriel Buysse (1859 - 1932) devient quant à lui célèbre en tant qu'écrivain naturaliste. Bien qu'il ait été éduqué en français, la plupart de ses oeuvres furent écrites en néerlandais. Son style est caractérisé par une profonde sympathie pour l'homme, dont il décrit l'existence de manière vivante et avec réalisme. En 1893, il co-fonde la revue littéraire Van Nu en Straks (D'Aujourd'hui et de demain) avec Prosper Van Langendonck, August Vermeylen et Emmanuel De Bom (mais la quitte peu de temps après, suite à une dispute). Ce groupe de jeunes auteurs flamands ébranle la vie littéraire en Flandre. Ils veulent tourner le dos au provincialisme et leurs meilleurs représentants, le romancier paysan Stijn Streuvels (Le Champ de lin, 1907) et le poète symboliste Karel Van de Woestijne, excellent également à intégrer la condition humaine dans son environnement naturel. En réaction à la vague naturaliste, se forme également en Flandre un repli sur le régionalisme d'inspiration catholique.

Les deux guerres

Durant la Première Guerre mondiale, on assiste à l'affirmation d'une poétique radicalement nouvelle : l'expressionnisme. Brève, mais intense, la carrière du poète flamand Paul Van Ostaijen (1896-1928), mort à trente-deux ans, résume les enjeux du modernisme néerlandais : pacifiste à ses débuts, le poète choisit d'abord la voie de l'expressionnisme humanitaire, le discours moderniste soutenant un engagement humaniste (Le Signal, 1918). Après un séjour à Berlin (1918-1920) où il fréquente les milieux littéraires et artistiques, sa poésie s'oriente cependant dans une direction nouvelle : il se tourne vers une poésie dadaïste et futuriste qui suggère l'absurdité du monde en bannissant la syntaxe et recourt à tous les moyens de la typographie pour isoler le mot, porteur de sens (Ville occupée, 1921). Il aboutit ainsi à une redéfinition du langage poétique dont l'impact est toujours perceptible aujourd'hui : des poètes expérimentaux de l'après-guerre aux postmodernistes en passant par les tenants d'une poésie langagière, tous les représentants d'une poétique autonomiste se réclameront d'une manière ou d'une autre de l'auteur anversois.

En Flandre, les années 1930 témoignent d'un renouveau du roman : Gérard Walschap (Houtekiet, 1938) et Herman Teirlinck consacrent le primat de la narration au détriment de l'analyse introspective, le premier osant s'opposer ouvertement à la morale chrétienne. Pendant l'occupation allemande, la censure veille et la création littéraire est amenée à se réfugier dans des genres relativement détachés de la réalité contemporaine : le récit fantastique, le roman policier et la poésie non-engagée. Ces genres poursuivent d'ailleurs leur essor après la Libération.

De nos jours

Après la guerre, une réflexion ironique sur la civilisation et l'écriture se rencontre chez Louis-Paul Boon (1912-1979), l'initiateur de la dérision postmoderniste dans la littérature flamande. Dans sa monumentale Route de la Chapelle (1953), il juxtapose un récit sur l'écriture de son roman, une lecture moderne des aventures de Renard et un anti-roman d'apprentissage dont l'héroïne incarne la décadence du peuple avide de réussite sociale. L'oeuvre de Boon participe d'une veine iconoclaste que l'on rencontre régulièrement dans la littérature belge mais également d'un penchant pour l'expérimentation. Dans les années 1960, les " nouveaux romanciers " belges les plus convaincants, Ivo Michiels et Hugo Raes, se rencontreront en Flandre. Enfin, on ne peut évoquer la littérature flamande contemporaine sans parler de son géant : Hugo Claus (1929-2008). Il a construit une oeuvre polymorphe, explorant par ailleurs d'autres domaines de l'art : il fut à la fois poète, romancier, dramaturge, peintre, cinéaste et metteur en scène. Il est partiellement l'héritier d'un courant anti-intellectualiste auquel appartiennent Walschap et Boon. Dans sa poésie comme dans son théâtre et ses romans (dont Le Chagrin des Belges, 1983), Claus met en spectacle le tragique de l'homme naturel, instinctif et sensuel, pris au piège du temps, des tabous familiaux et de l'ordre social.

Aujourd'hui, une nouvelle génération d'écrivains a vu le jour en Belgique néerlandophone : Kristien Hemmerechts (1955), Tom Lanove (1958), Geert Van Istendael (1947) ou encore Anne Provoost (1964) en sont quelques-uns de ses représentants. Méconnus en France, les écrivains flamands contemporains sont en revanche couramment lus aux Pays-Bas et vice versa.

MEDIAS
Télévision

Si la Belgique a été le premier pays câblé d'Europe dans les années 1970, le Royaume a entrepris de rattraper son retard de la fin des années 1990 en matière de chaînes par satellite. Les ménages belges sont suréquipés : plus de 95 % des familles ont au moins une télévision. La majorité dispose du câble ou de la télévision numérique et donc de plusieurs dizaines de chaînes belges, françaises, néerlandaises, allemandes, britanniques, turques, grecques, espagnoles, italiennes ou même américaines. Le paysage audiovisuel belge se divise entre chaînes publiques comme La Une, La Deux et La Trois (RTBF d'expression francophone) ou comme Eén et Canvas (VRT d'expression néerlandaise), et chaînes privées concurrentes : RTL-TVI, Club RTL et Plug TV et AB3 dans le sud du pays, VTM, Kanaal 2 et VT4 dans le nord. Des chaînes locales complètent l'offre télévisuelle belge. En matière de chaîne cryptée, BeTV (ex- Canal Plus) propose films et séries en avant-première et les matchs de la Champions League, pendant qu'un bouquet numérique, Belgacom TV, a acquis les droits de retransmission des matchs du championnat de football.

Radio

La radio flamande la plus écoutée est la station publique Radio 2. Près de 1 500 000 Flamands l'écoutent quotidiennement. Parmi les autres stations, citons : Radio 1 (station publique généraliste), Donna (musique commerciale), Studio Brussel (musique électronique, nouvelles tendances, Klara (musique classique), Nostalgie (musique années 1970-80-90)...

Presse
Quotidiens nationaux

Le Soir. Journal francophone de qualité au contenu neutre et de bon ton (www.lesoir.be).

La Libre Belgique. Ce titre francophone de qualité s'est ouvert à de nouvelles thématiques sans renier ses origines catholiques et royalistes (www.lalibre.be).

La Dernière Heure. Quotidien populaire. Cahier des sports fourni (www.dhnet.be).

De Morgen. Quotidien flamand de qualité, réputé plutôt à gauche (www.demorgen.be).

Het Nieuwsblad. Quotidien populaire néerlandophone, concurrent du précédent (www.nieuwsblad.be).

De Financieel Ekonomische Tijd. Quotidien flamand de l'économie et de la finance (www.tijd.be).

De Standaard. Quotidien flamand conservateur (www.standaard.be).

Het Laatste Nieuws. Journal flamand populaire (www.hln.be).

L'Echo. Quotidien francophone de l'économie et de la finance (www.lecho.be).

Quotidiens régionaux flamands

Gazet Van Antwerpen. Anvers (www.gva.be).

Het Belang van Limbur. Hasselt (www.hbvl.be).

Magazines

Si vous lisez le flamand, ne ratez pas Humo, un hebdo télé assez pointu et qui se mêle de tout. Ses concurrents les plus importants sont Dag Allemaal (revue télé familiale), P-Magazine (plutôt destiné aux hommes) et Knack (magazine d'information de qualité). Trends Magazine est un hebdomadaire économique très complet.

MODE

Les branchés le savaient déjà... les autres le découvrent. L'avant-garde se porte bien en Belgique, et notamment en Flandre. D'ailleurs, dans certains milieux parisiens et londoniens, rien n'est plus chic qu'une étiquette belge. Anvers, particulièrement, jouit d'une réputation internationale dans le domaine de la mode. Celle-ci doit beaucoup aux Six d'Anvers, les six créateurs (Dries Van Noten, Ann Demeulemeester, Walter Van Beirendonck, Dirk Van Saene, Dirk Bikkembergs et Marina Yee) qui, dans les années 1980, partirent ensemble à la conquête des défilés de Londres et Paris avec leur style épuré caractéristique et leur vision très particulière de la mode.

Ces créateurs et leurs successeurs se sont installés autour de la Nationalestraat, l'ancienne rue des tailleurs, devenue un véritable paradis de la sape. Un créateur en marge, qui n'a pas appartenu au Six d'Anvers bien qu'il ait fréquenté l'académie en même temps qu'eux, mérite également d'être mis en avant. Il s'agit de Martin Margiela. Styliste pendant 8 ans de la maison Hermès (jusqu'en 2004), il a également sa propre griffe Maison Martin Margiela. Il est reconnu et apprécié pour créer des vêtements reconstruits à l'aide de vêtements récupérés. Son influence dans le monde de la mode est très grande.

L'engouement pour la mode belge a poussé de nombreux jeunes talents à entamer des études de stylisme dans les très bonnes écoles que compte le pays : l'académie d'Anvers, la Cambre ou Bischoffsheim à Bruxelles. Citons notamment Véronique Branquinho qui a étudié à l'académie d'Anvers de 1991 à 1995, et qui a fondé sa maison de couture en 1997. Depuis elle est adulée par la presse mode, ses pièces fétiches sont les robes longues et les capes. On retrouve également dans les villes flamandes les créations de stylistes bruxellois tels Olivier Strelli, Edouard Vermeulen, Kaat Tilley...

MUSIQUE

Evidemment, tout le monde connaît Jacques Brel, véritable maître de la chanson francophone. Il reste le plus célèbre et le plus admiré des chanteurs du " plat pays ". Mais il serait cependant dommage de penser que la musique belge se limite à son représentant le plus illustre. Les noms d'Adamo, Julos Beaucarne, Maurane, Axelle Red, Annie Cordy, Jo Lemaire (inoubliable pour sa reprise de Ne me quitte pas), Frédéric François ou encore Helmut Lotti vous disent certainement quelque chose ? Eh bien oui, ils sont tous belges. Et leur renommée dépasse largement les frontières du Royaume. Côté flamand, on retiendra Arno (qui chante en français), ainsi que, presque inconnus des francophones, Wil Tura, Raymond Van Het Groene Woud, Ferré Grignard, Johan Verminnen... Et puis la vague des bardes, post-hippies, à la verve médiévalo-folk, comme Willem Vermandere, Wannes Vandevelde, Pol Rans et Dirk Van Esbroek qui fait du tango en flamand.

Dans les années 1990, se développe la New Beat, mouvance qui perce à l'étranger, bientôt suivie de la techno, avec comme effet la multiplication des studios en Flandre ainsi que des labos clandestins qui fabriquent les pilules d'ecstasy. C'est également à cette époque qu'émerge un groupe majeur : dEUS et son charismatique meneur, Tom Barman. Peu après, des groupes comme K's Choice, Hooverphonic, Zita Swoon, Ozark Henry ou An Pierlé atteignent aussi une réputation internationale.

Brel, l’enfant du pays (1929-1978)

Personne n'a chanté la Belgique comme Brel... C'est dans la banlieue de Bruxelles, à Schaerbeek, que naît le 8 avril 1929 celui qui deviendra un des plus grands chanteurs francophones. Bruxellois francophone d'origine flamande, Jacques connaît une éducation austère entre collège catholique et scoutisme. A 18 ans, devant ses échecs scolaires, son père le fait entrer dans l'entreprise familiale. En 1950, Jacques Brel épouse Thérèse Michielsen dite " Miche ", et fin 1951 naît leur première fille, Chantal. Brel, qui n'a aucun goût pour le travail de bureau, est déjà très attiré par la chanson. En juillet 1953, naît sa deuxième fille, France, viendra ensuite Isabelle. Jacques Brel décide de partir seul à Paris pour tenter sa chance. Les premiers temps sont durs. Il passe de nombreuses auditions et décroche quelques engagements dans des cabarets tels que l'Ecluse, l'Echelle de Jacob ou les Trois Baudets, le cabaret de Jacques Canetti. L'accueil du public reste tiède. On se moque de ses allures provinciales. En 1954, il arrive avant-dernier au Grand Prix de la chanson de Knokke-le-Zoute. En 1955, Brel sort son premier 33-tours sous le label Philips. Cette même année, il fait venir sa famille en France : ils s'installent à Montreuil. Un deuxième suivra en 1957, avec le célèbre titre Quand on n'a que l'amour. Parvenu à maturité, Brel multiplie les succès : La Valse à mille temps, Les Flamandes et surtout le classique Ne me quitte pas en 1959. Le public plébiscite celui qu'il reconnaît enfin comme un véritable homme de scène. Les tournées se succèdent alors à un rythme infernal.

Jacques Brel s'en prend à tous les travers de la société et s'impose comme le grinçant chroniqueur de l'époque. Le chanteur, qui aime la Belgique et revendique sa belgitude, ne se gêne pas pourtant pour en critiquer les travers (Les Flamingants...) et s'attire ainsi quelques critiques. En 1962, Brel quitte la maison de disques Philips pour Barclay. Il enregistre alors un de ses titres les plus célèbres, Le Plat Pays, peut-être le plus bel hommage jamais fait à la Belgique. Mais, en 1966, pour le plus grand étonnement de tous, Brel abandonne sa carrière au sommet de sa gloire. A l'Olympia, après 15 chansons, Brel, comme à son habitude, ne cède pas aux demandes de rappel, mais revient saluer le public 7 fois de suite. Le chanteur s'intéressera alors au théâtre et au cinéma. Il adapte également en français une comédie musicale : L'Homme de la Mancha dans laquelle il tient le rôle principal.

En 1967, Brel achète un voilier et, en 1975, il s'installe aux îles Marquises avec Madly Bamy, une jeune actrice rencontrée sur le tournage de L'aventure, c'est l'aventure de Claude Lelouch - il ne divorcera jamais de sa femme. En juillet 1978, soudain au plus mal, il est transporté en France où il est hospitalisé. Il mourra le 9 octobre d'un cancer des poumons, il est enterré aux Marquises, au côté de Paul Gauguin. Des hommages lui sont rendus dans le monde entier. Rarement un chanteur aura exprimé ses rages et ses passions avec autant de sincérité et de gravité. Aujourd'hui encore de nombreux artistes reprennent ses chansons. En 1981, sa fille France crée la fondation Jacques Brel destinée d'une part à faire connaître à un large public l'oeuvre du chanteur, mais aussi à soutenir la recherche contre le cancer et l'aide à l'enfance hospitalisée.

THÉÂTRE

La scène chorégraphique flamande est très active. Deux styles dominent le paysage de la danse professionnelle : le ballet et la danse contemporaine. Les autres styles de danses (moderne, jazz, ethnique) sont pour ainsi dire inexistants, bien que les chorégraphes contemporains se laissent régulièrement inspirer par certains de leurs éléments.

Côté ballet, la seule compagnie qui s'y adonne est le Koninklijk Ballet Van Vlaanderen, le ballet royal de Flandre. Dans le domaine de la danse contemporaine, parmi les chorégraphes les plus célèbres, retenons Anne Teresa de Keersmaeker qui, avec sa compagnie Rosas (www.rosas.be), révolutionna la danse en Flandre dès le début des années 1980. On peut aussi citer Alain Platel, qui fonda en 1984 la compagnie gantoise Les Ballets C de la B (pour Ballets contemporains de la Belgique), Wim Vandekeybus ou Jan Fabre, metteur en scène anversois, également chorégraphe, qui a beaucoup fait parler de lui ces dernières années pour ses pièces très controversées.

Dans le domaine du théâtre, l'activité est débordante. Parallèlement à la scène francophone, très dynamique, on assiste à un réveil de la qualité et de la recherche en Flandre, à Anvers et à Gand.

13.95 €
2017-03-22
288 pages

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