Ville perdue dans les montagnes du Rif, Chefchaouen (42 800 habitants en 2017), appelé aussi Chaouen ou Xaouenn, est en passe de devenir un de ces lieux un peu mythiques, à la façon de Tafraoute, dans la région d'Agadir, ou de Sidi-Bou-Saïd, dans la Tunisie voisine. Chef-lieu de la province du même nom, cette ville du nord-ouest du Maroc, à 600 m d'altitude, est blottie au pied des djebels Kelaa et Meggou qui forment le djebel Ech-Chefchaouen sur la chaîne du Rif. Son nom en berbère : Achawen, signifie " les cornes ", en raison des sommets montagneux qui l'entourent et qui la dominent.
Elle a été fondée en l'an 876 de l'hégire, soit en 1471 de l'ère chrétienne, par Moulay Ali Ben Moussa Ben Rached el-Alami. Bâtie sur une montagne, le relief en faisait une place forte idéale pour se défendre contre l'envahisseur portugais de Ceuta.
La Grande Mosquée de Chefchaouen, El Masjid el-Aadam, fut construite en 1471 (969 de l'hégire) par le fondateur de la ville. Outre la célébration du culte, la mosquée était chargée de l'enseignement des sciences humaines et islamiques aux étudiants venant de toutes les villes du royaume.
Lors de la Reconquista, Chefchaouen devint un lieu de refuge pour des musulmans andalous expulsés d'Espagne, ce qui influa considérablement sur son destin. Ainsi, la ville fut dotée d'une médina à l'aspect andalou très marqué, et dont les murs blanchis à la chaux teintée de nylon lui donnent des reflets bleus magnifiques. Elle s'enrichit également de 20 mosquées, ce qui lui a valu le nom d'El Madine el-Saliha, ville sainte, et une solide (et justifiée) réputation de conservatisme.
Elle était en effet fermée aux non-musulmans et seulement trois " infidèles " réussirent à y pénétrer avant la fin du XIXe siècle : le missionnaire catholique Charles de Foucault en 1883, déguisé en juif pour l'occasion ; le journaliste britannique Walter Harris, cinq ans plus tard ; et, enfin, William Summers, qui en mourut, empoisonné par ses hôtes. A la suite de l'occupation espagnole, en 1920, découlant du traité de protectorat signé en 1912 entre la France et l'Espagne, une guerre civile opposa les partisans du rebelle marocain Mohammed ben Abdelkrim aux troupes espagnoles. Celles-ci réussirent à imposer leur autorité en 1926, et Abdelkrim finit ses jours emprisonné dans la casbah d'où il avait dirigé les forces insurrectionnelles. L'indépendance de 1956 ramena la ville dans le giron marocain.

Chefchaouen aujourd'hui. Nous ne saurions trop vous conseiller d'inscrire Chefchaouen au nombre des étapes de votre voyage. Pour les petites ruelles de sa médina où le blanc prend une teinte bleutée qui lui va si bien... Pour la place de la Kasbah, ocre vestige d'un passé révolu, bordé de troquets... Pour son artisanat de tapis et de couvertures à des prix raisonnables et de qualité. Pour son tourisme vert en plein essor et une gamme complète d'hôtels bon marché, plein de charme et à la qualité très supérieure à la moyenne du pays. Ajoutons au présent tableau une situation unique sur le flanc d'une montagne rifaine, et une propreté irréprochable : Chefchaouen a gagné des prix nationaux pour la salubrité de sa médina. Que demander de plus ?

Mise en garde.On vous demandera souvent " si vous voulez quelque chose " dans la rue, ce qui veut dire " Voulez-vous m'acheter du haschich ? " en langage chaouen... Cela pourrait presqu'être un sketch de Gad Elmaleh tant c'est caricatural car bien sûr c'est censé être interdit au Maroc mais tout le monde vit de la culture du cannabis dans le Rif... La philosophie locale c'est un peu : " Cachez ce cannabis que je ne saurais voir ". Donc Chefchaouen, ce n'est pas seulement un joli petit village magique, c'est aussi la capitale de la fumette du pays ! Mais faites attention car si vous vous faites pincer par la police, vous êtes cuit ! Même si tout le monde, ou presque, fume dans ce village, ne tentez pas le diable, rappelez-vous que vous n'êtes pas à Woodstock mais au Maroc où la consommation de drogue est passible de prison. A bon entendeur !

Sachez aussi que la médina de Chefchaouen étant plus touristique de celle de Tanger, certains restaurants peuvent être de véritables " attrape-touristes ". Notre sélection porte sur des adresses au bon rapport qualité prix. Attention enfin aux enfants qui s'amusent à se laisser prendre en photo et qui réclament ensuite de l'argent. Un jeu qui montre les dérives du tourisme, auquel on vous conseille de ne pas jouer.

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12.95 €
2017-11-22
240 pages
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