" Certains de ces touristes ne supportèrent jamais ce qu'ils avaient vu, d'autres ont passé ce qui leur restait de vie à essayer de comprendre ce qui leur avait coupé le souffle et cloué l'âme " écrit Yannick Lahens dans son roman Dans la maison du père. L'écrivaine haïtienne décrit là l'émoi des premiers touristes des années 1950 qui ont débarqué sur l'île, surnommée la Perle des Antilles.

Depuis, si Haïti a vécu bien des tourments, de dictatures en cyclones, ses habitants n'en conservent pas moins une soif de vivre à toute épreuve. Quelques années seulement après le tremblement de terre de 2010, la capitale affiche certes toujours quelques stigmates, mais la situation s'est améliorée et, comme à chaque fois qu'Haïti est frappé par un mauvais coup du sort, la vie reprend ses droits, vibrante, presque palpable, dans les villes et dans les mornes... Au-delà de la pauvreté et des catastrophes humanitaires, visiter Haïti, c'est venir à la rencontre de paysages fascinants et d'une population qui rassemble, chaque jour, toutes ses forces, pour se construire un avenir meilleur.

A première vue, la capitale est un guêpier. C'est aussi un coeur qui bat. Chaque matin, des enfants aux rubans colorés prennent le chemin de l'école, les marchands s'agitent dans les couloirs brûlants de la ville, pendant que des artistes de rues exposent à foison des oeuvres extraordinaires. Une ambiance sonore particulière anime cette ville : klaxons, chants de coqs, discussions animées ou voix basses dans les arrière-cours. La nuit venue, les corps deviennent électriques et c'est la musique qui mène la danse.

En quittant Port-au-Prince, l'île offre des paysages incomparables à la beauté sauvage, encore vierge de tout tourisme. Les plages, longues lignes de sable blanc ou courtes virgules noires d'origine volcanique, sont baignées par une eau d'aquarium. Le voyageur fait un bond en arrière de deux siècles en arpentant les rues de Jacmel, du Cap ou Jérémie, villes où l'empreinte coloniale est bien vivante, vestige d'une époque où Haïti était la plus prospère de toutes les colonies françaises. Le culte vaudou fait partie du quotidien de la population qui dépense des fortunes pour s'accorder les faveurs des Loas, divinités vaudou, et qui croit en la possession du corps par un esprit. De l'agressivité fiévreuse de la capitale à la douceur tendre et hospitalière de sa province, Haïti est faite d'un enchevêtrement de mondes qui touchent au coeur pour y laisser de lumineux éclat de couleurs.

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Une grande hospitalité

Certes, Port-au-Prince est une ville fiévreuse et agitée, et comme dans toutes les capitales, le contact n'est pas aussi évident que dans des villes de plus petite envergure. Si l'on parvient à ne pas se laisser submerger par le rythme frénétique de l'agglomération, la rencontre est permise, et même bienvenue. Dire bonjour à celui ou celle dont on croise le regard est une marque de politesse appréciable et un sourire échangé peut être le point de départ de passionnantes conversations. S'il est vrai que la vie n'est pas facile en Haïti, la communication et le partage sont sans doute des valeurs plus valorisées et plus répandues qu'en occident. A condition d'éviter les sujets qui fâchent, principalement la politique, on peut parler d'à peu près tout, et de bon coeur ! Pour peu que vous tentiez quelques mots en créole, l'accueil qu'on vous réservera vous laissera de bons souvenirs.

Les Caraïbes inexplorées

Contrairement à ses proches voisines Cuba et la République dominicaine, la république d'Haïti, n'attire pas les foules. La situation politique instable a évidemment de quoi décourager le touriste qui se tourne vers le package dominicain tout confort ! Et pourtant, à son retour, il garde en mémoire la gentillesse des Haïtiens, installés en République dominicaine. Pourquoi ne pas opter pour Haïti aux prochaines vacances ?

Les plus belles plages d'Haïti sont encore à découvrir, trésors perdus dans l'île oubliée des Caraïbes. Peu développés touristiquement, des coins splendides et encore sauvages sont faciles d'accès. D'autres tout aussi beaux s'abandonnent à celui qui prend le temps de les découvrir. Le voyageur fait l'expérience d'un pays rural : même si dans les campagnes l'usage des ânes et chevaux comme moyen de transport a tendance à disparaitre (au profit des deux-roues), les animaux vivent en liberté, et autour des ruisseaux chantent les oiseaux.

Dans les villages, les plus reculés, les passages de voitures dans la journée se comptent sur les doigts d'une main. Beaucoup de baraquements portent encore des toits de chaume. La beauté surannée des grandes villes à l'époustouflante architecture coloniale comme Le Cap ou Jacmel invite le promeneur à un véritable voyage dans le temps.

La côte est bordée par des kilomètres de plages désertes, faites de sable noir, blanc, gris, jaune ou de galets alors que l'Océan translucide compte ses coraux par milliers. L'une des plus belles plages celle du Môle Saint-Nicolas n'a pas changé... peut-être bien depuis son émergence du fond des mers !

A l'intérieur du pays les montagnes sacrées, les cascades, les bassins, les chutes, les sommets escarpés dévoilent la richesse de cette île qui s'élève à plus de 2 400 m au-dessus de l'Océan.

Un pays francophone

Voyager en Haiti, c'est approcher l'exotisme des Caraibes en français ! Le fait que cette partie de l'île soit francophone aide grandement les touristes français à tisser des liens auprès de la population locale, à s'exprimer dans les boutiques, commerces et administrations, et à se faire comprendre en cas d'urgence. Mais le français reste cependant la deuxième langue du pays et la grande majorité de la population ne parle que créole, surtout dans les provinces. Et même si le créole haïtien a des consonances semblables au français, il n'est pas toujours évident - pour qui n'en maîtrise pas les bases - de comprendre ou se faire comprendre dans cette langue. Nous encourageons d'ailleurs tous les prétendants au départ pour Haïti à se munir d'un petit guide de conversation en langue créole, la compréhension de la réalité haïtienne et les échanges avec la population n'en seront que plus riches !

Une passion pour la peinture

Les artistes sont légion en Haïti, le long des routes de la capitale, les expositions sont permanentes : adossés à un bout de mur, des artistes inconnus tentent de vendre leurs oeuvres. A Pétion-Ville la bourgeoise, l'ambiance est différente, c'est là que les artistes les plus reconnus de l'île ont leur atelier et leur point de vente. Bien souvent, un vendeur vous accueille car le créateur est en voyage ou travaille à ses futures oeuvres. L'atmosphère est beaucoup plus huppée, le client issu de la riche bourgeoisie se renseigne sur le prix, la cote et craque parfois pour une oeuvre, atteignant des prix inimaginables dans la rue. Ces artistes en vogue exposent dans les plus grandes galeries d'art naïf à travers le monde. La vente directe d'un de leur tableau en Haïti peut donc constituer une plus-value intéressante.

Pour les artistes de la rue, les paramètres sont différents, avec peu de moyen, ils tentent d'imiter les oeuvres les plus connues des artistes dont la cote est la plus importante à l'étranger. Bon copiste, ils ont pour certains, un coup de pinceau qui n'a rien à envier à leurs illustres concurrents.

La peinture haïtienne est avant tout une peinture colorée représentant des scènes de la vie d'hier et d'aujourd'hui. Dans un style naïf, elle présente beaucoup de points communs avec la peinture africaine : la simplicité des formes, la multitude des couleurs chaude et gaie étant ses caractéristiques fondamentales. Un style que beaucoup apprécient et qui fait la renommée de l'école haïtienne (qui elle-même se compose d'une multitude de genres : école capoise, école Saint Soleil, école de la Grand-rue, paysagistes, portraitistes, symbolistes, post-modernes, stylistes, etc.) dans le monde entier. Il faut dire que les artistes haïtiens sont des travailleurs acharnés car le talent seul ne suffit pas pour percer. Souvent, ils apprennent auprès d'un maître pour lequel ils réalisent des ébauches, comprenant à ses côtés les différents types de technique qu'ils assimilent, avant de s'en défaire et de créer leur propre style.

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