2000 av. J.-C.

Les Celtibères s’installent dans les îles vers 2000 av. J.-C. Divers dolmens ou menhirs, tels que les Fouaillages ou le dolmen de Déhus, à Guernesey, et l’allée et le tumulus de la Hougue Bie à Jersey, témoignent de ces époques dites obscures. Comme partout ailleurs, ces monuments préhistoriques ont été souvent démolis et pillés par ceux qui avaient besoin de pierres pour la construction. C’est ainsi que beaucoup d’entre eux ont disparu à Herm et à Sercq.

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300 av. J.-C.

La tribu gauloise des Unelles (ou Venelles), qui occupait la région de Coutances sur le continent gaulois, s’installe dans les îles vers 300 av. J.-C.

56 apr. J.-C.

Sur la base de la découverte de monnaies et de maçonneries romaines près de Saint Peter Port, on suppose une occupation romaine, lorsque Jules César se rendait maître de la Gaule vers 56 ap. J.-C. Cette occupation, en tout cas, n’a pas été très importante et n’était pas militaire. Les Romains, à leur déclin, seraient encore présents dans la région en 300 ap. J.-C. (Fort Longis à Aurigny), jusqu’à ce que les Francs les délogent vers 486-500 ap. J.-C.

VIe siècle

Le christianisme s’implante dans les îles au VIe siècle. À Guernesey, arrive saint Samson (ou Sampson), d’origine galloise, élève de l’Irlandais saint Patrick et évêque de Dol. Saint Hélier, moine d’origine belge dit-on, fonde un ermitage à proximité d’Elizabeth Castle, à Jersey. Immortalisé par la ville qui porte son nom, il a été décapité par des pirates en 540. Selon la légende, ses ennemis ont dû s’y reprendre à 5 fois avant de le voir défaillir, car il réussissait à chaque fois à replacer sa tête sur ses épaules et à marcher ! Vers 568, saint Magloire, moine irlandais, également évêque de Dol de Bretagne, appelé aussi saint Mannelier, fonde un monastère à Sercq.

Xe siècle

L'arrivée des Vikings

En 911, Rollon, chef viking, reçoit du roi Charles III la province qu’il nomme la Normandie. Il devient le premier duc de Normandie. Son fils, Guillaume Ier, annexe les îles de la Manche, les îles Anglo-Normandes, en 933. Il introduit dans les îles de vieilles coutumes scandinaves telles que la Clameur du Haro et établit les droits féodaux. Un chef danois, un certain Jarl Hastings, serait l’auteur d’un massacre sur l’île de Sercq. Il aurait également détruit le monastère de saint Magloire. C’est à cette époque que Jersey est divisée en 12 paroisses et Guernesey en 10, sous l’autorité de l’évêque de Coutances, lui-même dépendant de la province ecclésiastique de Rouen.

1066

Guillaume II le Conquérant, duc de Normandie, remporte la bataille d’Hastings en Angleterre et devient roi de ce pays en 1066. Les îles, un moment bretonnes, repassent sous l’administration normande, une administration d’inspiration islandaise dont le droit, original, subsiste encore.

XIIIe siècle

Au cœur du conflit anglo-français

À partir de ce siècle, les îles Anglo-Normandes vont souffrir des conflits franco-anglais et passer, parfois pour quelques mois seulement, du giron français dans le giron anglais. Elles vont peu à peu se fortifier, comme à Gorey et Grosnez, à Jersey, à Cornet ou Guernesey. Philippe Auguste reconquiert en 1204 la Normandie en oubliant les îles. Celles-ci décident de rester fidèles à l’Angleterre. C’est cette décision qui est à l’origine de leurs rapports particuliers avec l’Angleterre et leur permet d’acquérir un statut qui les caractérise encore aujourd’hui.

1360

Le traité de Brétigny, signé en 1360, attribue les îles aux Anglais, après plusieurs occupations : Guernesey par les Écossais en 1336, Sercq et Aurigny par les Français de 1338 à 1345, puis quelques semaines en 1356. La vie pouvait être terrible pour les îliens. En 1339, l’île de Jersey fut rasée à 3 reprises par les envahisseurs français. Des Français qui, malgré le traité de Brétigny, reviendront à Jersey en 1373 sous le commandement de Du Guesclin, puis en 1380, 1416 et 1461 (Pierre de Brezé, sous Louis XI). Mais ils ne parviendront jamais à s’y installer durablement.

1480

Le roi d’Angleterre Édouard IV demande à Rome d’apporter sa protection aux îles. En 1480, le pape Sixte IV déclare une bulle pontificale de neutralité et décide d’excommunier les auteurs d’actes de piraterie. Il semble que les pirates venaient notamment de Bretagne et d’Angleterre et qu’ils s’attaquaient en particulier aux personnes, aux biens et richesses dépendant de l’Église.

1510

Durant la première année de son règne, Henri VIII, comme Louis XI et François II de Bretagne avant lui, confirme ce privilège et reconnaît ainsi l’indépendance des îles. Toutefois, cette protection n’empêchera pas certains audacieux de continuer leurs exactions jusque dans le port de Saint-Hélier. Et l’on sait que cette tradition se maintient encore de nos jours dans les conflits entre pêcheurs. Ces dispositions fort favorables à l’archipel leur permettaient de commercer avec la France et l’Angleterre, même en temps de guerre. Ce privilège de neutralité durera 200 ans, jusqu’en 1689, quand Guillaume II, en lutte contre Louis XIV, n’admettra aucun commerce avec lui.

1517

Vers l’anglicanisme

C’est à partir de cette date débute la grande crise de la Réforme, avec à sa tête Luther et Calvin. Pendant ces heures tragiques de l’histoire anglaise, les îles ne peuvent rester à l’écart des événements. Jusqu’à son conflit avec le pape, Henri VIII est resté un fidèle défenseur du catholicisme et un opposant farouche à Luther.
À cette même époque, les guerres de religion et les poussées révolutionnaires font énormément de victimes. Rappelons également que le divorce n’est pas reconnu et le remariage est interdit. Ainsi les monarques ont-ils toujours eu recours aux papes pour faire annuler leur mariage. Il s’agissait souvent d’un prétexte important, tel que l’absence d’héritier, comme dans le cas d’Henri VIII. Celui-ci charge l’archevêque d’York de négocier l’annulation de son mariage avec Catherine d’Aragon, nièce du puissant Charles Quint. Or le pape refuse. Furieux, Henri VIII se fait nommer chef de l’Église d’Angleterre par le Parlement, fait annuler son mariage par l’archevêque de Cantorbéry, épouse la belle Anne Boleyn et rompt avec le pape, qui l’excommunie. Le roi d’Angleterre crée donc sa propre Église, l’Église anglicane, non reconnue par Rome. Pendant ce temps, le protestantisme est introduit dans les îles Anglo-Normandes. Malgré la réaction catholique sous Marie Tudor (1553), le calvinisme s’est bien implanté et il se développe aussi en Angleterre.

1569

Les îles transfèrent officiellement le siège épiscopal de Coutances, sur la presqu’île du Cotentin, à Winchester (Angleterre).

1572

L'arrivée des huguenots français

Les répressions royales en France, et en particulier le massacre de la Saint-Barthélemy, en 1572, provoquent l’afflux de huguenots, notamment de pasteurs qui assureront la prédication et le culte dans les nouveaux temples. C’est un presbytérianisme sévère qui s’implante, parfois très répressif, notamment en ce qui concerne les coutumes matrimoniales et les pratiques supposées de sorcellerie. Le comportement fanatique s’associe à des atrocités pratiquées par certains notables soucieux de ne pas déplaire au pouvoir royal de Marie Tudor. Pendant un temps cependant, la présence d’un gouverneur presbytérien modéré, Sir Hugues Pawlett, et d’une nouvelle organisation en consistoires, favorisent les calvinistes face à l’anglicanisme.

1600

L’édit de Nantes en France (1598) et la présence du gouverneur Walter Raleigh (1600) favorisent sans doute la trêve et la tolérance, mais celles-ci ne durent que peu de temps.

1625

Avec l’avènement de Charles Ier, la nomination d’un gouverneur anticalviniste et l’envoi d’un évêque anglican, l’anglicanisme reprend le dessus. Du moins à Jersey, car à Guernesey, l’opposition presbytérienne reste solide. Le calme ne règne pas longtemps du fait de la guerre civile qui va déchirer l’Angleterre, entre les partisans de Jacques Ier et les républicains de Cromwell.

1649

Jersey et son gouverneur Georges de Carteret tiennent pour le roi. Ils accueillent de nouveaux réfugiés, dont les fils du souverain menacé, et c’est là que sera proclamé roi Charles II après l’exécution de son père en 1649. C’est là également que débarqueront les troupes de Cromwell, amenées par une flottille de plus de 80 bateaux. Pendant ce temps, Guernesey se tourne vers les républicains de Cromwell et du Parlement.

1651

Cromwell parvient à vaincre ses adversaires en 1651, mais sa victoire sera de courte durée car la mort le rattrape en 1658. Son fils, qui n’est pas de taille à poursuivre son œuvre, abdique sans délai. Charles II retrouve alors le trône d’Angleterre et les royalistes leur pouvoir. Ceux de Jersey seront récompensés pour leur loyauté dans la personne de leur gouverneur qui recevra une province d’Amérique du Nord, devenue le New Jersey.

1685

Lors de la révocation de l’édit de Nantes, en 1685, de nouveaux huguenots se réfugient à Jersey, arrivant de Normandie en particulier.

1738

À partir de cette date, John Wesley, illuminé par les textes de Luther, fonde en Angleterre The Holy Club (le saint Club, littéralement), qui donnera naissance au méthodisme, nom lié aux exercices spirituels préconisés par son fondateur. Celui-ci prêche le retour aux sources de la Réforme, la liberté intérieure de l’homme et le recours au témoignage intérieur de l’Esprit. Les anglicans s’inquiètent de l’amplitude que prend le mouvement, et son fondateur se voit interdit de prédication en Angleterre.

1730 - 1781

La bataille de Jersey

De nouvelles guerres franco-anglaises provoquent des troubles économiques dans les îles, avec une dévaluation en 1730 et la baisse du cours du blé en 1769. Des idées nouvelles nées sur le continent provoquent la Révolution en France et pénètrent dans les esprits anglo-normands, amenant à une certaine démocratisation. Pour la dernière fois, dans un épisode tragi-comique selon certains historiens, de première importance selon les autres, Français et Anglais s’affrontent dans « la bataille de Jersey ». En 1781, à la suite d’une expédition, un aventurier français, le baron de Rullecourt, parvient à s’emparer par traîtrise du gouverneur. Une lutte s’engage qui tourne rapidement au profit des habitants, grâce à la réaction vigoureuse de la milice jersiaise menée par le major Peirson. Ce dernier meurt sur le champ de bataille et devient célèbre pour avoir sauvé Jersey. Cette victoire marque la fin provisoire des conflits, les Français étant occupés ailleurs.

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1790

Malgré les persécutions, le culte « wesleyen » connut un grand succès dans les îles, où sa première chapelle fut construite à cette date, à Jersey.

1789-1792

Les îles, terres d’asile

Pendant la Révolution française, les îles vont à nouveau devenir terres d’exil en accueillant les nobles bretons et normands, puis les prêtres qui, refusant le serment constitutionnel, fuient les républicains et sauvent leur tête dans cette région où, de plus, on parle le français. La médaille toutefois avait son revers, puisque ces catholiques arrivaient en terre protestante. Les chroniques du département de la Manche racontent comment les prêtres du diocèse de Coutances ont rejoint l’île de Jersey qu’ils apercevaient de la côte du Cotentin. On estime que pas moins de 3 000 prêtres normands et bretons ont trouvé un asile à Jersey.

1792

À partir de l’été 1792, de Carteret à Granville, sur les côtes de la Manche, prêtres et nobles réfractaires se sont embarqués sur toutes sortes de bateaux pour traverser le passage de la Déroute. Ces départs étaient favorisés par des décrets des autorités départementales qui faisaient tout ce qu’elles pouvaient pour se débarrasser de ces ennemis du système républicain. L’accueil à Jersey, par les autorités civiles, les pasteurs protestants et la population, fut le plus souvent marqué de générosité : des souscriptions furent organisées au profit des exilés et le Parlement y ajouta des allocations annuelles, de 1794 à 1806.

1794

Depuis deux siècles, aucune cérémonie catholique n’avait été célébrée sur l’île, qui avait compté autrefois plusieurs monastères. Tous les signes religieux catholiques avaient été supprimés au XVIe siècle et les chapelles confisquées. Aussi, comme en Hollande, le culte catholique ne fut-il autorisé qu’à condition de rester secret. Même si l’accueil avait été spontané, la présence d’une importante communauté catholique posa des problèmes : la tolérance des habitants leur fit accepter les rites et les soutanes mais pas le prosélytisme. Un avis du greffier des États, du 25 février 1794, énonça par la gazette de l’île de Jersey que les catholiques romains qui porteraient atteinte à la religion protestante devront être expulsés.

1851 - 1870

Victor Hugo, célèbre réfugié politIque

Cette époque fut marquée par le séjour du plus célèbre réfugié politique de l’archipel, Victor Hugo. Celui-ci résida à Jersey de 1851 à 1855, puis s’installa à Guernesey de 1855 à 1870, jusqu’à la proclamation de la Troisième République.

1870

Les débuts du tourisme

À partir de cette date et de l’apparition des bateaux à vapeur, les visiteurs se firent plus nombreux, ce qui permit aux îles de sortir de leur isolement. On y construisit de véritables routes, les ports subirent de grands changements pour l’accueil des gros bateaux de tourisme à coque métallique. L’anglais est alors enseigné à l’école par des professeurs venus d’Angleterre. Par souci de simplification des échanges commerciaux, les îles adoptèrent le système de poids et mesures anglais. Les pêcheurs se reconvertirent dans l’agriculture et l’élevage, une activité au revenu bien plus sûr. Les pommes de terre, les tomates et les produits laitiers furent exportés en quantité au Royaume-Uni.

1914-1918

Des îliens prirent part à la Grande Guerre en participant aux batailles du nord de la France au sein de l’armée britannique.

1933

C’est à cette date que le tourisme prit son essor, avec l’arrivée du premier avion transportant des passagers dans les îles. À cette époque, l’absence d’aéroport contraint les pilotes à se poser à marée basse sur la plage de Saint-Aubin à Jersey.

1939

La participation des îliens à la guerre de 1939-1945 fut de nature très différente. Le conflit ne semblait en effet pas concerner ce coin de terre tranquille, jusqu’à ce que les Allemands occupent le Cotentin, à deux pas d’Aurigny.

15 juin 1940

Les Anglais, pensant que les îles n’avaient aucun intérêt stratégique pour les Allemands, retirèrent leurs troupes, firent rendre leurs armes aux îliens et déclarèrent les îles démilitarisées et neutres.

28 juin 1940

L'arrivée des Allemands

Le message ne fut malheureusement pas reçu par l’ennemi et des voitures transportant des légumes furent bombardées à Jersey, tuant 44 personnes. À Guernesey, on raconte que c’est un avion solitaire qui conquit l’île. Il en fut en tout cas l’avant-garde, le détachement précurseur que suivirent rapidement des corps de troupe plus importants, sans coup férir. Sercq, au contraire, s’organisa pour résister moralement au futur occupant, sous la direction de Sibyl Hathaway, la Dame de fer de l’île.

Octobre 1941

La construction du mur de l’Atlantique

Hitler ordonna à l’armée de transformer les îles Anglo-Normandes en « Gibraltar de la Manche », avec la construction du mur de l’Atlantique. L’organisation d’un système de défense, modèle et inutile, amena sur les îles de nombreux travailleurs forcés dont beaucoup moururent de faim ou d’épuisement à la tâche. La conduite à droite fut imposée et la langue allemande se propagea sur les panneaux de signalisation. En ce qui concerne les écoles, l’allemand fut mis au programme mais, faute de professeurs, le règlement demeura lettre morte.

1942-1943

La population se trouva bientôt prise en otage dans la lutte entre Hitler et Winston Churchill. Des déportations en Allemagne furent organisées, des sanctions furent prévues contre les terroristes et saboteurs qui s’attaquaient à l’armée allemande. Aurigny devint un camp de travail, encadré par des SS et dont bien peu sortirent vivants. Mais, au grand étonnement d’Hitler, les habitants des îles Anglo-Normandes restèrent totalement fidèles à la Grande-Bretagne.

1944

Tandis que les habitants souffraient de plus en plus de toutes les privations, les troupes allemandes, d’abord ravies d’être en vacances dans un si beau pays, commençaient à s’y ennuyer ferme. Lorsque le débarquement survint en Normandie, elles ne furent pas concernées, sinon moralement. La situation empira, alors que les champs en friche attendaient, saison après saison, que l’on veuille bien s’en occuper à nouveau. Plus de lait dans un pays célèbre pour ses vaches, plus de viande, et les Allemands furent contraints de manger chiens et chats. La Croix-Rouge internationale put faire quelques livraisons grâce au navire Vega, mais celles-ci furent bien insuffisantes.

Mars 1945

C’est dans ce climat qu’à la suite du remplacement du chef de la garnison allemande par un autre, plus intrépide, les Allemands basés à Jersey décidèrent de débarquer aussi sur le continent, pour se ravitailler et se dégourdir les jambes. Au cours de la nuit du 8 au 9 mars 1945, les commandos allemands débarquent à Granville mais, peu méfiants de la marée, firent quasiment chou blanc.

1er mai 1945

La Libération

Date de la mort d’Hitler. Alors que la Normandie était libérée depuis presque un an, les îles Anglo-Normandes durent attendre cette date, et la capitulation allemande, pour enfin célébrer la victoire à laquelle elles avaient participé par l’engagement de leurs habitants aux côtés des troupes alliées et par le sacrifice de nombre des leurs dans les camps de concentration ou de travail.

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9 mai 1945

Un jour après l’Europe, les troupes allemandes se rendent sans condition et les forces britanniques débarquent. La paix revenue, les îles n’étaient plus les îles. Si elles retrouvèrent une partie de leur charme, il fallut aussi composer avec les hideuses constructions de la guerre et conserver la mémoire des tragiques événements qu’elles venaient de vivre, pour que leurs enfants et les touristes de toutes nationalités, y compris les anciens ennemis, n’oublient pas ce champ d’une bataille étrange, sans affrontement de corps d’armées et où les pierres étaient devenues forteresses.

1946

Les États de Guernesey font l’acquisition de l’île d’Herm voisine.

1948

Un statut particulier

Les îles Anglo-Normandes se dotent d’une nouvelle constitution, qui permet notamment aux États de Guernesey de légiférer pour les autres îles de son bailliage.

1953

L’année restée connue comme celle du couronnement d’Elizabeth II est aussi très importante pour l’archipel. C’est à cette date que la Cour internationale de justice attribue les Ecréhous et les Minquiers au bailliage de Jersey.

1972

C’est à cette date que Jersey et Guernesey choisissent, avec leurs voisines, de rester en dehors de la Communauté économique européenne (CEE). Elles ont finalement réussi à négocier un statut qui leur permet de préserver leur spécificité insulaire. Elles bénéficient d’un accord particulier au terme de l’article 277 du traité de Rome approuvé le 15 décembre 1971. Leur indépendance fiscale est préservée et les règles communautaires concernant le libre mouvement des personnes et le droit d’établissement ne leur sont pas applicables. En revanche, les règles communautaires de protection douanières y sont exécutoires. Les îles n’ont donc pas à harmoniser leurs taxes ni à se conformer aux lois régissant le libre mouvement des travailleurs. Elles peuvent en outre protéger leur bétail et sauvegarder en particulier la pureté des races bovines. Elles ont aussi obtenu de conserver le droit du commerce en duty free.

2004

Jersey célèbre les 800 ans de son appartenance à la Couronne britannique, un attachement qui lui procure son statut unique et lui donne une grande indépendance.

2008

La fin de la féodalité à Sercq

L’île de Sercq a dû se résoudre à abandonner en partie son statut féodal pour se conformer aux prérogatives de toute démocratie qui se respecte. Des élections y sont désormais organisées tous les deux ans.

2012

Les îles restent des paradis fiscaux et échappent toujours à l’Union européenne dont les directives ne leur sont pas applicables. Cependant, le secret bancaire peut être levé dans le cas d’affaires pénales et les îles coopèrent et échangent des renseignements fiscaux, si nécessaire, avec l’OCDE suite aux pressions des pays membres du G20 en 2009.

2016

Le Brexit

Le Brexit est voté par les Anglais le 23 juin, lors d’un référendum organisé par David Cameron. La participation est record, plus de 72 %. Finalement, le camp du Leave l’emporte de justesse avec 51,9 % des voix.

31 janvier 2021

Après moult rebondissements, sous les gouvernements David Cameron, Theresa May puis Boris Johnson, le Royaume-Uni sort définitivement de l'Union européenne. Pour les étrangers résidant ou voulant de rendre sur les îles Anglo-Normandes travailler, la situation se complique avec des visas plus difficiles à obtenir. 

2022

Le conflit de la pêche

Les négociations se poursuivent pour l’obtention des licences de pêche post-Brexit aux pêcheurs français par les autorités britanniques. Avec 200 demandes accordées, l’État français, qui en réclame plus du double, estime que l’on est encore loin du compte.