Guide du R. D. Congo : Religion

Bien que la RDC soit reconnue comme un état laïc par la constitution de 2006, nul ne peut nier que la religion est très présente dans la vie quotidienne de ses habitants, quelque soit la confession. Parmi les plus représentées, par ordre d'importance : la religion catholique (50%), la religion protestante (20%), le Kimbanguisme (10%), l'Islam (5%) et l'Eglise orthodoxe (moins de 5%). Auxquelles s'est ajouté le culte évangélique inspiré des Eglises de réveil (10%) que l'on trouve partout au Congo et à Kinshasa, et qui recueillent l'extrême ferveur (et désespoir) de la plupart des habitants au détriment des cultes classiques plus établis.

Par ailleurs, les Congolais n'ont toutefois pas renoncé de manière absolue aux cultes traditionnels. Qui, par syncrétisme religieux se mélangeant à des cultes plus officiels, restent fortement ancrés chez la plupart des individus. Et qui influencent encore fortement la vie sociale et politique du pays.

Catholicisme

La première campagne d'évangélisation est concomitante à la découverte de l'embouchure du fleuve Congo en 1482 par le navigateur portugais Diego Cão. A sa suite, les missionnaires européens catholiques et protestants ont pénétré le territoire dès le 19ème siècle, au gré des différentes vagues d'évangélisation, parfois brutales, des populations locales. Les premiers missionnaires belges (Pères Blancs) arrivent au Congo en 1888. Dès la création de l'Etat Indépendant du Congo, l'église se voit attribuer, outre une mission d'évangélisation, un rôle de civilisation des populations. Cette tâche comprend notamment l'éducation, la santé et l'apprentissage de certaines activités économiques aux populations locales. Dans leur tâche d'éducation, les pères catholiques ne rencontrent pratiquement aucune concurrence, à l'exception des missions protestantes tolérées au Congo. L'Eglise catholique au Congo est organisée et subdivisée en six provinces pastorales appelées archidiocèses (Kinshasa, Bukavu, Mbandaka, Lubumbashi, Kisangani, Kananga), qui administrent de nombreux diocèses locaux. L'Eglise est chapeautée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) qui est l'assemblée dans laquelle les évêques catholiques exercent conjointement leur charge pastorale. Ceux-ci se réunissent également au sein des assemblées épiscopales provinciales.

Protestantisme

Les premiers missionnaires de la Baptist Missionnary Society (BMS) arrivent au Congo en janvier 1878. En février, les pasteurs Graven et Telford de la Livingstone Inland Mission débutent l'oeuvre évangélique à Palabala dans la province du Bas-Congo. Sachant que le pilier de la présence belge était l'église catholique, le mouvement protestant s'organise par étapes successives et consolide son action, notamment par l'identification du Congo comme le plus grand champ missionnaire au monde et par la construction de l'Union Mission House, l'ancêtre du CAP, une hôtellerie commune à toutes les missions protestantes au Congo En 1924, le Conseil Protestant du Congo voit le jour en vue d'harmoniser l'oeuvre évangélique et consolider l'unité des chrétiens protestants. Dix ans après, les instances de l'église adoptent l'appellation d'Eglise du Christ au Congo en lieu et place du Conseil Protestant du Congo. Depuis lors, de réformes institutionnelles en regroupements, l'ECC s'est consolidée, les différentes missions devenant des sections de l'Eglise sous la conduite d'un Président national. L'ECC compte environ 320 000 paroisses, 4 560 écoles primaires, 1 860 écoles secondaires, et une quarantaine d'institutions d'enseignement supérieur et universitaire à travers la RDC. Monseigneur Marini Bodho est l'actuel président national de l'Eglise du Christ au Congo.

Eglises de réveil

L'émergence des communautés et églises de réveil au Congo est révélateur d'une société en pleine mutation et en recherche de repères. Inspirées par le mouvement pentecôtiste aux Etats-Unis et par la mouvance du Renouveau Charismatique, ces églises de réveil se déclarent issues du Christianisme. Ces églises poussent à tous coins de rues, dans les villes et en brousse. Plusieurs de ces communautés ont une doctrine ou des enseignements adaptés par des pasteurs indépendants tandis que d'autres font partie de dénominations structurées. Appelées aussi églises évangéliques, leurs pasteurs n'encouragent certes pas le voeu de pauvreté... Les thèmes abordés sont dans une très grande majorité ceux de l'Ancien Testament (bien qu'ils portent le nom évangélique) mais les pasteurs suivent également les enseignements de Jésus Christ. Considéré comme réponse de Dieu à son peuple face à la crise multiforme qui sévit dans le pays depuis plusieurs décennies, le réveil spirituel au Congo a sensiblement influencé le comportement des Congolais. Il n'échappe pas à certains écueils et excès, ses leaders profitant généralement de manière outrancière de la foi (crédulité ?) des fidèles, prêts à se raccrocher à n'importe quoi pour échapper à la misère de leur quotidien. Ce qui amène à de nombreux abus de la part de " pasteur " (titre souvent auto-attribué) : désensorcellements, séances de miracles dans des stades... Pour augmenter leur sphère d'audience et d'influence, ces églises disposent souvent de chaînes de radio et de télévision, ce qui contribue à leur succès.

Islam

La présence discrète de la religion musulmane en RDC est surtout remarquée à l'Est, dans les régions frontalières de pays tels que la Tanzanie et le Soudan. Ainsi que dans la province du Maniema, considérée comme le berceau de l'Islam au Congo, particulièrement dans le territoire de Kasongo. Cela s'explique par des raisons historiques liées à l'occupation arabe de cette région au 19ème siècle au cours des campagnes esclavagistes. Dans les autres coins de la RDC, l'Islam reste surtout la religion des " Waras " ou Ndingaris, les membres de la communauté des ressortissants ouest-africains pratiquant souvent le commerce dans les villes congolaises, dont Kinshasa. Quelques mosquées sont implantées dans les zones où les Waras habitent et commercent dans la capitale congolaise, comme à Barumbu, Lingwala ou Zone ya Kin. La religion musulmane est représentée en RDC par la plus haute instance islamique, la Communauté Islamique en RD Congo (COMICO), qui rassemble tous les musulmans, sans distinction de races, d'ethnies ou nationalités.

Kimbanguisme

C'est la première église non missionnaire fondée en Afrique, en opposition à la puissance colonisatrice belge, résultant d'un syncrétisme entre le protestantisme et la tradition africaine. Simon Kimbangu (1887-1951) reçoit le message divin à Nkamba au Bas-Congo et commence sa mission en 1921, en appelant le peuple à s'émanciper de la tutelle de la colonie. Assez rapidement suivi par de nombreux adeptes qui mettent l'autorité belge en doute, il est emprisonné au Katanga, où il meurt, à plus de 2 000 kilomètres de son fief alors que ses nombreux fidèles sont pourchassés et déportés. Eparpillés à travers le pays, les exportés de Kimbangu continuent de prêcher le message du Prophète. Ainsi, loin de briser l'élan de ce nouveau mouvement religieux, cela favorisera son expansion. C'est la naissance de l'église kimbanguiste. En 1959, la Belgique reconnaît officiellement le culte qui est admis en 1960 par le Conseil oecuménique protestant. Elle prend la dénomination de l'Eglise de Jésus-Christ sur la Terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu. Au fil du temps, l'Eglise se structure en faisant coexister plusieurs mouvements d'inspiration socioculturelle en son sein comme l'Association des femmes kimbanguistes, Flûtistes kimbanguistes, Chorale des enfants kimbanguistes, Groupe théâtral kimbanguiste, Union des jeunes kimbanguistes... et bien sûr le fameux OSK (Orchestre symphonique kimbanguiste : voir par ailleurs). De 1976 à 1981, les trois fils de Simon Kimbangu font ériger à Nkamba - la cité sainte du Kimbanguisme aussi appelée " La Nouvelle Jérusalem " - un temple dont la construction aura duré cinq ans, et qui peut accueillir 37 000 personnes. Ainsi que le centre d'accueil kimbanguiste à Kinshasa, dans la commune de Kasa-Vubu.

L'Eglise kimbanguiste compte aujourd'hui 17 millions de membres répartis en Afrique subsaharienne, principalement en RDC où elle représente dix millions de croyants, faisant de ce culte la troisième religion nationale, extrêmement bien implantée à l'intérieur du pays et à Kinshasa. Les ministres du culte sont des pasteurs protestants nommés par le chef spirituel ou par un pasteur mandaté par celui-ci. Depuis 2001, le chef spirituel et représentant légal de l'église kimbanguiste est Simon Kimbangu Kiangani, petit fils de Simon Kimbangu. La Bible reste le socle du Kimbanguisme, adaptée à la culture africaine. Voir aussi " Nkamba dans le chapitre Bas-Congo.

Bundu dia Kongo (BDK)

Il s'agit d'un mouvement assez obscur, au croisement du politique, culturel et religieux créé en 1969 par un certain Ne Muanda Nsemi, dans le sillage des prophéties de Simon Kimbangu, le fondateur du Kimbanguisme. Ce mouvement entend lutter pour la défense et la promotion des droits et intérêts du peuple Kongo à travers le monde. BDK prône l'établissement d'un état fédéral " Kongo " en Afrique Centrale et " l'éradication de l'injustice sociale et économique imposée au peuple Kongo par les gouvernements locaux ". Parmi leurs propositions : restauration de la " sorcellerie positive " ; revitalisation des entités sociopolitiques anciennes ; généralisation du fédéralisme dans une dynamique panafricaine ; réhabilitation de l'héritage spirituel et historique des Grands Ancêtres, etc.

Jihadistes congolais ?

On constate depuis peu un phénomène inquiétant, en ces temps tourmentés : de jeunes garçons et filles congolais de confession musulmane semblent avoir été recrutés et envoyés au Nord-Kivu. Et tout semble indiquer, d'après des sources locales, que ces jeunes rejoindraient des réseaux opérant plus au Nord. Qu'il s'agisse du M23 qui se reconstituerait suite à sa défaite militaire de 2013, ou des ADF Nalu, ce mouvement composé de rebelles ougandais se présentant comme appartenant à la mouvance islamique et entretenant des contacts avec des djihadistes de Somalie et du Kénya ? Nul ne le sait encore avec précision. Mais il semblerait que ces jeunes soient recrutés contre monnaie sonnante et trébuchante pour "revivifier" la loi islamique, et s'entraîneraient au maniement des armes à la frontière ougandaise. La journaliste Colette Braeckman pose le constat suivant : Au Sud comme au Nord-Kivu, ces recrutements sous la bannière de l'Islam inquiètent les observateurs car si des extrémistes devaient s'implanter dans un pays aussi vaste et aussi difficile à gérer que le Congo, ce front là deviendrait rapidement ingérable ". On ne peut que lui donner raison... Même si jusqu'ici, la pratique de l'Islam au Congo reste très pacifique, discrète et respectueuse des autres religions, et que rien n'a jamais été signalé en ce sens... D'où une certaine inquiétude face à ce nouveau phénomène, s'il est avéré.

Préparez votre voyage !

transports
  • Vol pas cher
  • Louer une voiture
hebergement
  • Réservez un hôtel
  • Votre logement Airbnb
  • Location de vacances
  • Trouvez votre camping
Séjours
  • Voyagez sur mesure
  • Week-ends en France
Sur place
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité
  • Expériences & Boxs

Adresses Futées du R. D. Congo

Avis
Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un séjour d'une semaine en tente trappeur pour 5 personnes avec Huttopia !

Envie de prendre l'air ? Remportez un séjour d'une semaine en tente trappeur pour 5 personnes avec Huttopia .