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Guide du R. D. Congo : La RDC en 30 mots-clés

Balkanisation

Expression courante au sein des analystes géopolitiques, de la presse et même de la population. Le terme renvoie à ce processus de morcellement d'une région ou d'un pays en unités politiques et géographiques distinctes. Cela afin de profiter des divisions ainsi créées pour fragiliser l'état en question. Ce terme, assez adapté à la réalité de la RDC, désigne cette stratégie de morcellement et de prédation à l'oeuvre, à l'initiative de pays tiers, qui lorgnent sur les immenses richesses du pays pour en accaparer le plus possible par tous les moyens.

Bantou

Traditionnellement agriculteurs et sédentaires, les Bantous ont acquis la maîtrise du fer. Ce qui leur a permis de coloniser des territoires sur une période d'environ 4 000 ans. Dont le Congo où des vagues de migrations bantoues arrivèrent de la région de l'actuel Nigéria dès le début du deuxième millénaire, sur ces terres jusqu'alors habitées par des populations pygmées, qu'ils repoussèrent dans la forêt. Les Bantous ont donné naissance aux quelques centaines d'ethnies que compte le pays. Aujourd'hui, le terme "bantou" désigne un individu par opposition à "pygmée".

Bière

Pas de rencontre sans bière, en famille ou entre amis ! Plusieurs marques se font la guerre ; les deux brasseries principales étant Bracongo et Bralima appartenant respectivement aux groupes Castel et Heineken, et de leurs produits phares respectifs : la Skol et la Primus pour Kinshasa ; la Simba et la Tembo à Lubumbashi. Même si elles produisent d'autres bières, comme la Mutzig, la Turbo King, la Doppel, la Nkoyi... Et comme ici, on ne fait pas les choses à moitié, sachez que la plupart sont servies dans des bouteilles individuelles de 70 cl ! Même si la nouvelle " petite ya quartier " (bouteille de 50 cl de Primus) fait sensation à Kin. Sauf précision contraire lors de la commande, toutes les bières en 50 cl sont servies en duo.

Brousse

En Afrique, on a coutume d'appeler brousse un territoire qui n'est ni urbanisé ni cultivé : savane, forêt, jachère, etc.

Bulaya / Mputu

Désigne en swahili et lingala l'Europe et plus globalement l'Occident. Tel qu'il est en tous les cas rêvé et imaginé par bon nombre de Congolais. Ces termes recoupent en effet une dimension presqu'onirique, faisant référence tout à la fois aux lieux d'où viennent les expatriés blancs ; aux lieux historiques d'où provenaient les premiers explorateurs ; à un endroit indéfini mais confortable dans le monde où l'on gagne dignement sa vie, où l'on étudie, et où l'on peut recevoir des soins médicaux adaptés... Avec par extension une idée symbolique de pouvoir et d'argent.

Bureau (2e, 3e,...)

C'est le nom donné pudiquement à la maîtresse vivant le plus souvent aux crochets d'un mari adultère, qui est généralement numérotée (premier, deuxième, troisième... bureau) et où celui-ci preste ses " heures supplémentaires ". Il n'est pas rare que ces femmes aient des enfants de leur amant, composant ainsi des familles parallèles dans un contexte où la polygamie (en ville surtout) est plus ou moins tolérée - tant que l'homme est à même de subvenir aux besoins de tous ses " bureaux " - même si officiellement réprimée pour des motifs religieux notamment.

Cinq chantiers

Programme de réhabilitation et modernisation des infrastructures à Kinshasa et dans le pays, promulgué par Joseph Kabila lors de son accession au pouvoir en 2006 et devenu depuis la marque de sa gouvernance et le bilan sur lequel il a basé toute sa campagne en vue de sa réélection en 2011. Ce programme a amené des résultats et améliorations visibles et encourageants (routes, aéroports, bâtiments...) mais pas toujours bien perçus par la population qui regrette le déficit d'investissement dans le social au profit du matériel. Ce sont des entreprises chinoises qui ont été chargées de l'exécution de ces cinq chantiers dans le cadre des fameux accords sino-congolais, d'où le surnom de " tchinq tchantchiers " donné avec une pointe d'ironie, aux ouvriers chinois installés à Kinshasa.

(Dé) dollarisation

La situation économique du pays dans les années 90, avec des taux d'inflation particulièrement élevés, a conduit la population à recourir de plus en plus aux dollars américains comme réserve de valeur et moyen de payement, au détriment de la monnaie nationale. Depuis quelques années, avec l'aide du FMI, le gouvernement congolais multiplie les mesures pour dédollariser son économie. Concrètement, cela se traduit par une obligation d'afficher les prix en francs congolais, et aussi par l'émission de nouveaux billets de banque de 1 000, 5 000 et 10 000FC (équivalant à environ 1, 5 et 10 dollars américains).

Délestage

Terme technique qui s'est ancré dans le langage courant et désigne les coupures régulières de courant dans le pays (quand il y en a !), selon le mode de fonctionnement adopté par les responsables de la SNEL (Société Nationale d'Electricité). Celui-ci consiste à brancher en alternance différents quartiers et régions. Soit un système de vases communicants qui prive certaines zones d'électricité pour des périodes indéterminées, pendant qu'on en alimente d'autres, et ce, de manière tout à fait variable et aléatoire.

Diaspora

C'est la communauté de Congolais installés à l'étranger. Elle est assez importante, surtout en France et en Belgique. Ces dernières années, elle s'est mobilisée contre des actions controversées du Président et du gouvernement, en manifestant massivement dans les rues de Bruxelles ou Paris. La diaspora congolaise a un rôle plus que symbolique de par son poids économique et intellectuel, et sa capacité à se mobiliser. On assiste depuis quelques années à un retour au pays de jeunes diasporiens formés en Europe, qui souhaitent investir de leur temps, argent et énergie pour le Congo. Un vrai levier et espoir pour l'avenir du pays, qui recommence à faire rêver ces membres de la communauté étrangère.

Droit de l'oeil, droit d'écoute

Lorsqu'une personne est, par inadvertance ou par opportunisme, mêlée de loin ou de près à une transaction commerciale, elle réclame son " droit d'écoute " ou son " droit de l'oeil ", c'est-à-dire une commission sur l'affaire probable, réelle ou imaginaire.

Endémique

Adjectif utilisé pour qualifier des espèces vivantes propres à un territoire bien délimité. Dans le cas du Congo et au fil de ces pages, on l'utilise souvent vu sa pertinence aiguë compte tenu des énormes richesses naturelles du pays et de son incroyable biodiversité en faune et flore. Celles-ci comptent des milliers d'espèces typiques et uniques au monde. Parmi les plus emblématiques, les grands singes dont le bonobo notamment, qu'on ne trouve que dans les forêts de la province de l'Equateur, du Bandundu et dans le Sankuru. L'autre animal symbole endémique, c'est l'okapi dont l'habitat se limite à la forêt équatoriale de l'Ituri (Province Orientale). C'est dire l'énorme potentiel du pays au niveau environnemental et scientifique, mais aussi en termes d'éco-tourisme notamment. Un signe qui ne trompe pas : la RDC compte rien moins que cinq parcs nationaux qui font partie du patrimoine mondial de l'Unesco.

Excellence\Honorable

Titres aussi pompeux que vides de sens que l'on colle aux ministres et aux députés... Surtout quand on sait que la plupart sont classés dans le lot de mauvais gestionnaires. Très souvent, dans le cas des premiers, ils préfèrent être appelés simplement " Excellence " tout court que Monsieur le Ministre qui est si valorisant ailleurs. Par extension, on colle ce titre à toute personne qui exerce une fonction exécutive à différents niveaux : gouverneur de province, bourgmestre...

Fleuve

Cinquième au monde et deuxième du continent africain par sa longueur, le fleuve Congo forme avec ses affluents le plus grand bassin derrière celui de l'Amazone. Son débit le classe deuxième au niveau mondial. Il a de tout temps donné son nom au pays (Congo et Zaïre). Cette artère naturelle majeure traverse le pays du sud au nord et d'est en ouest, avant de se jeter dans l'océan atlantique au terme d'une course de 4700 km. Il jouit d'un pouvoir symbolique fort et nourrit de nombreuses légendes et mythes (Mami Wata, hommes crocodiles, pouvoir de guérison, sorts...).

Forêt

La forêt équatoriale congolaise couvre 135 millions d'hectares et représente 67% du territoire national. Soit près de la moitié des forêts tropicales d'Afrique. Elle fait partie des forêts du bassin du Congo qui constituent la plus grande zone forestière tropicale au monde après l'Amazonie, et l'une des dernières forêts primaires de la planète. Mais ce qui la rend si particulière, c'est la spécificité de sa faune et flore avec de nombreuses espèces emblématiques (okapi, bonobo, gorille) et d'impressionnants spécimens d'arbres aux essences précieuses. La forêt congolaise est un gigantesque puits de carbone qui stocke 18% de nos émissions de CO2 et joue un rôle crucial au niveau de la régulation des gaz à effet de serre. Elle est sévèrement menacée de par la coupe illégale de bois, l'exploitation industrielle grandissante, la production de charbon de bois, et le défrichage agricole (culture sur brûlis).

Hydroquinone

Terme fort répandu au Congo et à Kin, et qui s'est largement vulgarisé. C'est un composé aromatique apparenté au phénol, qui freine la synthèse de la mélanine. Autrement dit, c'est le composé utilisé dans toutes ces crèmes cosmétiques bon marché (ou pas) qui promettent un éclaircissement de la peau. La plupart des Congolaises cherchent à éclaircir leur peau au moyen de ces produits généralement indiens ou chinois ! Au risque d'y laisser littéralement leur peau... L'hydroquinone est en effet toxique pour l'épiderme et laisse des cicatrices peu esthétiques... Des campagnes sont menées actuellement pour alerter la population sur les risques de ce composant nocif.

Kuluna

A l'instar des shégués (enfants des rues), il s'agit de jeunes laissés-pour-compte qui traînent à Kinshasa dans les communes populaires de la cité essentiellement. Sauf que ceux-ci sont connus pour leurs attaques à l'arme blanche et qu'ils terrorisent la population de ces quartiers. On parle même d'un phénomène de " kulunage ". Les autorités ont décidé de prendre le problème à bras le corps en procédant à des campagnes de neutralisation de ces bandes, afin de réinstaurer l'ordre dans la cité. Avec une campagne musclée dite " likofi 1 et 2 " (coup de poing) et qui a attiré les foudres des associations de défense des droits de l'homme.

Libanga

C'est le phénomène typiquement kinois de la dédicace payante que les musiciens intègrent dans leurs chansons. Ils citent le nom de personnes ou de marques de produits, accompagnés de titres ronflants ou de qualités excessives. Mais pour avoir droit à cette générosité musicale, il faut mettre la main au portefeuille : entre 300 et 3000$ pour qu'une chanson vous soit dédiée.

Malembe / polé polé

C'est tout un art de vivre résumé par cette expression qui signifie du calme, doucement en lingala et swahili, et qui est d'application un peu partout dans le pays. Vous l'entendrez, avec le geste des mains approprié, dans toutes sortes de contextes : adressé au chauffeur de taxi qui roule trop vite, ou par exemple si vous marchez d'un air pressé, que vous perdez votre patience ou vous énervez... Ca permet de tout dédramatiser.

Manioc

Bien qu'il ne soit pas originaire du continent africain, c'est l'aliment de base de la cuisine congolaise et le pilier du régime alimentaire local. Il est décliné sous de multiples variations selon la partie de la plante qu'on utilise et la façon de le préparer : pondu (ou saka saka : feuilles pilées et agrémentées, qui ressemblent à des épinards), fufu (boule assez dense, genre purée ou polenta, confectionnée à partir de farine de manioc et/ou maïs), chikwangue (pâte épaisse fermentée et emballée dans des feuilles) mais on le sert également sous forme de frites, pommes de terre... Et il est de tous les repas !

Matabish

Ou "tracasserie". Désigne ce processus de petit racket quotidien à l'oeuvre par une grande majorité de la population, notamment de la fonction publique, peu ou pas rémunérée et qui survit de ces quelques pourboires glanés ici et là. Cette habitude s'est généralisée un peu partout et on y échappe rarement, surtout en tant que "mundele" (blanc). A Kin, le moindre service est rarement gratuit et se doit en principe d'être commissionné... C'est la dure loi de la survie économique qui consiste à rechercher partout un petit profit.

Mbongo

Argent en lingala. Vous l'entendrez le plus souvent sous les formules pesa mbongo (donne-moi de l'argent), ou mbongo eza te (il n'y a pas d'argent). Beaucoup de Congolais ont développé un rapport à l'argent et au travail presque d'ordre philosophique et davantage lié à un coup heureux du sort. On a coutume de dire qu'au Congo on ne gagne pas sa vie, on attrape l'argent... Suite au hasard mais aussi grâce à l'ingéniosité et ce sens de la débrouille si caractéristiques de ses habitants. Soulignons tout de même ce courage et cette persévérance face à l'adversité et dans des conditions de travail souvent très pénibles. Quoiqu'il en soit, l'argent gagné est généralement bien vite dépensé, pour ne pas dire littéralement flambé, dans une attitude typiquement épicurienne congolaise.

Minerais

"Scandale géologique" selon l'expression du géologue Jules Cornet qui découvrait les richesses du pays à la fin du 19ème siècle. Le sous-sol contient effectivement à peu près l'ensemble des minerais disponibles dans le monde. Et pas les moins précieux : diamant, or, argent, coltan, cassitérite, cuivre, cobalt,... dans des proportions inégalées. D'où l'énorme appétit et les folles convoitises que ces ressources stratégiques suscitent et qui expliquent pourquoi le pays connaît de graves troubles depuis son indépendance, particulièrement à l'Est... D'où leur surnom de minerais du sang. Les trafics illégaux à l'oeuvre profitent en effet aux diverses bandes armées qui sèment la terreur dans la région et contrôlent les sources d'exploitation, avant d'écouler la marchandise par des filières parallèles qui transitent notamment par des pays voisins.

Moustique

Selon certains, l'animal le plus dangereux du pays ! On n'échappe pas à ces affreux parasites assez désagréables et porteurs de la malaria contre laquelle il n'existe pas (officiellement) de remède. Ils sortent en fin de journée et sont plus attirés par les vêtements aux tons foncés. Privilégiez les couleurs claires, les manches longues et pantalons couvrant les parties du corps exposées, et surtout pensez à emporter une lotion répulsive avec vous lors de sortie en brousse ou pour tout dîner à l'extérieur en ville. Sans oublier une moustiquaire, de préférence imprégnée, pour la nuit.

Mundele / Muzungu

Souvent associé à matabish... C'est le nom donné aux Blancs respectivement en lingala et swahili, et auquel on n'échappe pas non plus, où que l'on soit dans le pays. Ce n'est jamais méchant, même si parfois un peu agaçant à la longue, c'est davantage un surnom affectueux que les Congolais affublent à leurs nokos (oncles). A prendre avec humour.

Nganda

Mot emprunté aux pêcheurs qui appelaient ainsi leur campement au bord du fleuve. Ce terme s'est imposé, pour désigner au départ des lieux de rencontre en ville un peu discrets (flirts et boissons), souvent situés dans des parcelles délimitées ou derrières des maisons. Aujourd'hui ce mot se réfère à tout débit de boissons - souvent rudimentaire et comprenant une terrasse parsemée de quelques tables et chaises en plastique - implanté partout en ville. Les ngandas, ou staff, sont souvent de hauts-lieux de fête et de divertissement populaire. À Kinshasa, le qualificatif ntaba (chèvre en lingala) y est souvent ajouté, pour spécifier qu'on y vend des brochettes de cabri au makala, frappées le plus souvent de Skol ou de Primus et rehaussées de pili pili. Un vrai régal !

Opération retour

Expression utilisée pour évoquer le pourcentage réclamé par les fonctionnaires en charge de dossiers dans le milieu des affaires, afin de contribuer à leur bon avancement... Synonyme de coulage, coupage (presse), commission, dîme (pasteurs), matabish, droit d'écoute, sucré, café, cigarette, etc. En clair il s'agit bien de corruption. Qui s'explique par l'extrême précarité dans laquelle se trouvent la majorité des travailleurs de la fonction publique (policiers, enseignants, militaires, douaniers, personnel d'administrations...). La bancarisation de l'économie mise en place récemment permet de remédier un peu au problème.

Palabre

En Afrique, la palabre est une coutume de rencontre et de maintien du lien social. Elle permet de régler un contentieux sans que les protagonistes ne soient lésés. Par dérivation, le sens commun lui donne le sens de discussion longue et oisive. Au Congo, c'est carrément une seconde nature... Surtout chez les Kinois, qui aiment à se disputer gentiment à coups de slogans, grandes phrases, vociférations et moult gesticulations, pendant des heures et sur des sujets divers et variés (parmi les top : le football et la politique). Un acte théâtral basé sur l'échange et la confrontation pacifique, non dénué d'humour, et indispensable en effet pour nourrir le lien social. Typiquement congolais.

Prosélytisme

Le terme s'applique surtout à la religion. Les pasteurs, révérends, prêtres et autres gourous +/- sérieux s'arrachent les âmes pieuses afin des les rallier à leur cause et souvent... renfmouer le portefeuille du dirigeant lui-même. Parmi les plus filous et les plus zélés (prêches et bénédictions diverses dans le bus, en rue, à la radio, tv...), les pasteurs des églises dites de réveil ou évangéliques, inspirées du Pentecôtisme à l'américaine. Celles-ci ressemblent davantage à des formes de sectes avec des prédicateurs qui se remplissent généralement les poches aux dépens de fidèles crédules, prêts à se raccrocher à n'importe quoi vu leur situation souvent désespérée et à qui l'on promet monts et merveilles, prétendant même soigner la sorcellerie, l'infertilité, etc.

Pygmées

Les Pygmées sont au nombre de 50 000 en RDC. Il s'agit de populations autochtones de chasseurs-cueilleurs dont le principal foyer est la forêt de l'Ituri dans la Province Orientale où vivent les Bambuti ou Efé (groupe Mbuti). Au Kivu on trouve aussi les Pygmées Batwa, et des populations Twa sont également dénombrées au Kasaï. Leur particularité principale réside dans leur petite taille, inférieure à 1,50 m. On sait aujourd'hui qu'il s'agit d'une adaptation morphologique au milieu de la forêt équatoriale dans laquelle ils vivent en parfaite harmonie. Ces populations ont de tous temps été victimes d'exclusion et de discrimination de la part de leurs frères Bantous. Leur mode de vie est de plus menacé par la dégradation de leur écosystème. Outre leur expertise en matière de survie en milieu naturel, la culture traditionnelle orale pygmée (chants polyphoniques) est également valorisée et a été reconnue depuis peu comme patrimoine immatériel de l'humanité par l'UNESCO.

Rumba

La mythique rumba congolaise s'est développée à partir d'influences cubaines dans les années 50 (orchestres OK Jazz, African Jazz...) et a continué à se développer jusqu'à aujourd'hui, et sa variante actuelle, plus saccadée, le ndombolo. Cette musique rythmée, typique par le son de la guitare et la voix le plus souvent aiguë des chanteurs, se caractérise également par une danse spécifique que l'on peut voir à l'oeuvre dans toutes les boîtes du pays. C'est surtout l'orchestre Wenge Musica formé à la fin des années 80, qui est réputé être à l'origine de ce courant musical, avec des artistes phares comme Werrason, JB Mpiana, Koffi Olomide, Fally Ipupa, Ferre Gola, etc. Qu'on qualifie de quatrième génération de la rumba congolaise. Le ndombolo a par ailleurs inspiré, et inspire toujours, de nombreux autres courants en Afrique : coupé décalé, soukous, lopélé, etc. Confirmant encore un peu plus le statut de la capitale de la RDC comme " Mecque de la musique africaine ".

Sachet

La quasi-totalité de produits vendus sur le marché est emballée dans des sachets, l'eau (" Ô pi ", entendez eau pure) le pain, le poisson, les féculents... Ce qui fait que partout en ville, ces sachets abandonnés sont non seulement laids à voir, mais empêche également les eaux usées ou de pluies d'être absorbées convenablement par le sol. D'où des inondations plus courantes et des érosions aggravées.

Sape

Société des Ambianceurs et Personnes élégantes. Courant socio-vestimentaire unique à Kinshasa et Brazzaville qui consiste à porter des vêtements de marque que l'on affiche ostensiblement, et à adopter une attitude un peu extravagance. Les sapeurs, ces chantres de l'élégance hautement revendiquée - paradoxalement des jeunes défavorisés le plus souvent - se réfugient dans l'art de s'habiller chicos pour fuir la misère environnante. Ils ont même érigé ce courant en religion (Kitendi), dont ils célèbrent le culte en février en mémoire du décès de leur maître sapeur Stervos Niarkos. La sape déteint par ailleurs sur le monde de la mode, puisque son influence s'est déjà retrouvée au sein des fashion shows européens, via des créateurs et collections qui s'inspirent de ce courant dandy et extravagant.

Shégué

Concerne ce phénomène grandissant et problématique des enfants de la rue, présents en nombre à Kinshasa suite à l'abandon volontaire ou non par leurs parents et à l'absence de structures d'accueil adaptées. Ceux-ci survivent de mendicité et petits larcins, faisant parfois preuve d'agressivité dans certains coins du centre-ville ou sur le Boulevard du 30 juin. Les autorités de la ville sont complètement dépassées par ce problème qui prend de l'ampleur depuis plusieurs années. Son corollaire : " ndoki " (enfant sorcier), un phénomène qui s'est développé au milieu des années 90 avec l'apparition des sectes religieuses. Et qui consiste à stigmatiser l'un des enfants au sein d'une famille précarisée, en l'accusant d'être responsable de maux quelconques (maladie, décès, divorce...). A force de mauvais traitements, ces enfants finissent en général dans la rue et rejoignent les rangs des nombreux shégués. Ils seraient des milliers à Kinshasa.

Swag

Cool, hip ou branché. Qui a du style et charismatique. Ce qualificatif s'impose depuis peu à Kinshasa, notamment via une campagne publicitaire pour une bière vantée comme " jeune, belle et swag ". Ça définit en effet un certain style de vie à la kinoise, emprunt de frime bon enfant et surtout de cool attitude, auprès des jeunes branchés, qu'ils soient fortunés ou non, et qui développent leur style propre à coups de danse, fringues et phrasé caractéristiques. Un peu dans l'esprit de la sape (courant vestimentaire et sociologique, voir par ailleurs) mais typiquement kinois.

Tintin au Congo

La première édition de Tintin au Congo date de 1930. Hergé, qui n'y a jamais mis les pieds, exploite toute la documentation qu'il peut trouver sur ce pays et réussit, en 62 pages, à condenser à travers l'expédition de Tintin et sous forme de dizaines de clichés, toute la structure coloniale du Congo belge. Au fil des pages, on rencontre la Force Publique, l'Etat et les Missions, un aventurier sans scrupule et même un mystérieux anglophone qui lorgne sur les richesses minières du pays... L'histoire évoque aussi le chemin de fer, les guerres entre tribus, la faune sauvage et les fameux hommes léopards Aniotas qui veulent tuer notre héros national... Heureusement, notre éternel jeune reporter revient en Europe sain et sauf, laissant ses hôtes congolais s'apitoyer sur le départ du Blanc dans une caricature de fin d'histoire où Tintin est vénéré sous la forme d'un fétiche...

Zaïrianisation

Du nom de cette campagne de " recours à l'authenticité " lancée par Mobutu dans les années 70, visant à bannir tout ce qui peut rappeler l'Occident et sa domination, et à revenir aux valeurs profondes et aux attributs africains. C'est à cette occasion que le pays et le fleuve sont nommés Zaïre, et que certaines villes sont rebaptisées au détriment de leur appellation française coloniale. Le Maréchal prend également le patronyme de Mobutu Sese Seko pour l'occasion, et oblige tous ses concitoyens à faire de même et à adopter des noms africains, en remplaçant les prénoms chrétiens et en ajoutant un post-nom. Il impose le port de l'abacost (costume à manches courtes) et du pagne notamment. Mais outre ces mesures quelque peu saugrenues, la zaïrianisation comprenait surtout la nationalisation des biens commerciaux et des propriétés foncières d'étrangers, entraînant le départ des Européens notamment et précipitant l'économie du Zaïre, alors florissante, dans sa chute.

Le fleuve Congo

Avec 4 700 km de long (distance de Paris à Moscou), le fleuve Congo est le cinquième du monde par sa longueur après le Nil, l'Amazone, le Mississipi et le Yang-Tsé-Kiang. À cheval sur l'équateur, la répartition presque homogène de ses affluents dans les deux hémisphères régularise son débit le plaçant ainsi au second rang après l'Amazone. Il prend sa source à Musofi, un village du Katanga proche de la ville de Likasi, sous le nom de Lualaba, à une altitude de 1 435 mètres. Un bief de 640 km le rend navigable jusqu'à la hauteur de Kongolo où se situent les rapides dénommés "Porte de l'enfer". Puis, après une course entrecoupée de quelques biefs jusqu'aux Stanley Falls, il redevient navigable à partir de Kisangani. Un grand bief s'infléchit alors vers l'ouest jusqu'à Kinshasa sur une longueur de 1.734 km. Il pénètre en amont de Kinshasa au Pool Malebo (élargissement du fleuve présent à cet endroit, vestige d'un ancien lac intérieur), sur une largeur de 25 km.

De Kinshasa à Matadi, de nombreux étranglements créent des zones de rapides infranchissables. À la hauteur d'Inga, le cours du fleuve s'abaisse de 102 mètres sur 15 km. Ces rapides, au gigantesque potentiel hydroélectrique, ont donné naissance au barrage d'Inga, qui une fois terminé sera l'un des plus puissants du monde. Le fleuve Congo est entrecoupé de 32 chutes et rapides, dont les plus importantes sont Kongolo (Katanga), Wagenia (Province Orientale), Kinsuka (Kinshasa) et Inga (Bas-Congo).

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