A une vingtaine de kilomètres au sud d'Ein Gedi, Massada est une montagne isolée qui se détache de la falaise du désert de Judée, au bord de la mer Morte. Au coeur d'un paysage grandiose, ce site est un incontournable d'un voyage en Israël. Le meilleur moment pour le visiter est le lever du soleil, lorsque le désert offre un spectacle d'or et de lumière inoubliable. Théâtre d'événements tragiques au début de notre ère, la forteresse de Massada symbolise aussi la résistance d'Israël face aux envahisseurs de tous les temps. Elle est encore mentionnée aujourd'hui lorsqu'il s'agit d'évoquer l'héroïsme et l'esprit de sacrifice poussé jusqu'à la mort.

Histoire du site

La seule source écrite concernant Massada est l'ouvrage de l'historien Flavius Josèphe, La Guerre des Juifs. Cette montagne est " fortifiée par le Ciel et l'homme contre tout ennemi qui voudrait la combattre ", écrivait-il au Ier siècle de notre ère. A l'est, les falaises à pic surplombant la mer Morte sont hautes d'environ 450 m. A l'ouest, elles dominent d'une centaine de mètres le terrain environnant. La topographie rend des plus difficiles l'accès au sommet de l'escarpement.

Sur ce sommet se trouve un plateau, long de 650 m et large de 300 m, sur lequel une forteresse fut construite au temps de la dynastie asmonéenne (certainement entre 142 et 76 av. J.-C.). Cependant, les ruines que vous pouvez y voir aujourd'hui datent de la période suivante : ce sont les vestiges d'un ouvrage défensif construit par Hérode le Grand, roi de Judée qui régna de 37 à 4 av. J.-C. Selon Flavius Josèphe, le roi, soutenu par Rome, y voyait un refuge contre les Juifs qui menaçaient déjà de se révolter et contre les ambitions, en Palestine, de la reine d'Egypte Cléopâtre.

Un rempart équipé de nombreuses tours, d'une longueur de 1 400 m et d'une épaisseur de 4 m, verrouillait le sommet du plateau. La forteresse comprenait des entrepôts, des citernes qui étaient alimentées par l'eau de pluie, des casernes, des palais et une armurerie. Trois chemins, étroits et sinueux, s'élevaient le long de la falaise jusqu'aux portes fortifiées. Après la mort d'Hérode, la forteresse continua d'être occupée par une garnison romaine. Celle-ci fut vaincue en l'an 66 de notre ère par un groupe de zélotes, lors de la grande révolte juive contre les Romains. Les zélotes étaient des Juifs pieux, qui souhaitaient rendre au peuple juif sa liberté : pour cela, plutôt que de se retirer dans le désert comme les esséniens, ils décidèrent de combattre l'occupant romain, cet idolâtre qui prétendait faire de son empereur un dieu. Les zélotes qui prirent Massada en 66 étaient des sicaires, membres d'une secte extrémiste et marginale, qui devaient leur nom à leur dague, la sica. Après la chute de Jérusalem et la destruction du Temple par Titus (en l'an 70 de l'ère chrétienne), ils y furent rejoints par d'autres zélotes et leurs familles, fuyant Jérusalem, ainsi que des esséniens. Au cours des années qui suivirent, ils utilisèrent Massada comme base pour harceler les campements romains.

Toutefois, entre-temps, les Romains venaient peu à peu à bout de la révolte. En 72, deux ans après l'incendie du Temple, entre 10 000 et 15 000 soldats romains firent le siège de Massada, où subsistait un millier de résistants, hommes, femmes et enfants. Au bout de sept mois de siège, les Romains atteignirent le sommet, après avoir construit une rampe d'assaut sur le flanc occidental (un exploit technique pour l'époque). Mais, en arrivant sur le plateau, ils découvrirent que les assiégés, plutôt que de se rendre, avaient tous choisi de se donner la mort. Le récit de ce suicide collectif aurait été rapporté à Flavius Josèphe par deux femmes qui avaient échappé à la mort en se cachant dans une citerne avec leurs cinq enfants.

Massada aujourd'hui

En Israël, Massada est devenu un mythe, le symbole de l'héroïsme et de la résistance juive. Il y a encore une dizaine d'années, les unités d'élite de Tsahal (les tankistes) avaient l'habitude d'y prêter serment : " Plus jamais Massada ne tombera ", disaient-ils.

Mais le mythe est de plus en plus contesté : en effet, les sicaires, membres de cette secte encline au suicide collectif, auraient, d'après Flavius Josèphe, vécu du pillage des communautés juives environnantes et massacré ainsi 700 femmes et enfants à Ein Gedi. Un détail qui est rarement signalé dans l'histoire nationale officielle, pas plus que dans la majeure partie des guides touristiques.

Les lieux incontournables de MASADA

Organiser son voyage à MASADA

Photos de MASADA

Il n'y a actuellement pas de photos pour cette destination.

14.95 €
2019-05-22
480 pages
Avis