Le guide touristique CHARENTE MARITIME du Petit Futé : Les immanquables

Les immanquables

La Côte de beauté
Vue aérienne de Saint-Georges-de-Didonne
Vue aérienne de Saint-Georges-de-Didonne

Nul doute, cette côte n'a pas usurpé son nom. Chaque année, elle suscite bien des convoitises. Et ce n'est pas un hasard si on l'a affublée du terme beauté. Il faut dire que ce territoire iodé voit arriver, chaque été, une foule de touristes avides de profiter de son climat ensoleillé, de ses plages et de son atmosphère propice à la détente. Les locaux ne s'en lassent pas, profitant du moindre jour de beau temps pour s'adonner à des promenades, admirant chaque fois l'océan sous une nouvelle lumière. On ne vient pas par hasard dans le pays royannais. On s'imprègne de la nature, entre vignes et falaises, on s'offre une pause farniente le long de l'océan, on découvre l'activité ostréicole. Le village de Mornac-sur-Seudre, sur les rives de la Seudre, invite à la flânerie dans les ruelles pavées qui mènent jusqu'aux échoppes d'artisans et aux inévitables restaurants dans lesquels on déguste des huîtres. Du nord au sud, le littoral royannais est jalonné de stations balnéaires dont le seul nom évoque détente et soleil. Meschers-sur-Gironde mêle falaise et plages de sable avec une vue sur l'Estuaire de la Gironde, Saint Georges de Didonne, blottit contre sa forêt de pins, accueille familles et amateurs de bains de mer. Et bien sûr, Royan. L'incontournable. Celle dont la renommée a traversé les siècles. Il faut dire que la Belle de l'atlantique dispose de nombreux atouts : une jolie variété de plages, de la grande étendue de sable à la conche plus intimiste, tentes rayées et villas Belle Epoque et l'incontournable Pontaillac, quartier connu pour être un spot de surf et abritant le casino. A La Tremblade, la Côte se fait plus sauvage. Mais cet adjectif ne fait en rien reculer les touristes, avides de sortir des sentiers battus. Face à cet afflux, les autorités ont mis en place des aménagements : parkings et messages de prévention sont associés pour sauvegarder un patrimoine fragile. Battues par les vents d'ouest, cette côte est aussi bordée par la forêt domaniale de la Coubre. Planté au XIXe siècle, ce massif s'étend aujourd'hui sur 5.000 hectares et essentiellement composé de pins maritimes et de chênes verts. Véritable poumon vert, son rôle est multiple, contenir le sable qui ne cesse d'avancer, fixer les dunes et offrir à tous les amoureux de la nature un terrain de jeu idéal. Lumineuse, facile d'accès, elle permet aux promeneurs comme aux cyclistes de rejoindre les plages en empruntant des sentiers balisés. Même les cavaliers sont les bienvenus !
Quoi de mieux que de prendre de la hauteur pour admirer cette Côte de Beauté ? Direction de Phare de la Coubre qui culmine à 64 m de haut. Avis aux amateurs, il faudra grimper quelque 300 marches pour arriver en haut de cette tour bicolore qui émet une lumière visible à plus de 50 km ! Après quelques minutes d'effort, l'escalier en colimaçon s'efface pour une vue magnifique sur la Côte Sauvage, la Tremblade, la presqu'île d'Arvert et l'île d'Oléron. Ces vastes espaces de sable et de pin offrent parfois une idée d'isolement telle que l'on se croirait seul au monde. Une grande partie de ce territoire est classé zone protégée par le réseau Natura 2000. Mieux vaut le protéger en évitant de jeter ces détritus et en respectant des dunes, déjà fragilisées par les assauts de l'océan et du vent. Respectez les sentiers, ils vous mèneront vers des lieux tout aussi ravissants comme la Conche de Cadet. Situé plus au sud et niché en bas des falaises, ce petit coin de paradis est discret, offrant des moments d'exception. Tout près de là, se situe un site unique : les grottes du Régulus, des habitations troglodytes creusées dans la paroi calcaire. Des terrasses, aménagées à flanc de falaise, proposent un véritable balcon sur l'estuaire et les visites guidées en retracent la légende. En longeant une dernière fois le littoral, vous apercevrez Talmont, presqu'île authentique. Pas de baignade mais une flânerie de chaque instant.

L'archipel charentais
Vue aérienne de l'île de Ré
Vue aérienne de l'île de Ré

Les îles de Ré, d'Oléron, d'Aix, Madame. La Charente-Maritime peut s'enorgueillir de compter sur son territoire des territoires insulaires propices au rêve et à la détente. Tous ont un intérêt historique, disposant de fortifications servant à protéger les villes côtières, beaucoup d'édifices sont encore visibles aujourd'hui : fort, blockhaus, redoute, église, citadelle. Chaque monument raconte une partie de l'histoire de ses îles qui se sont progressivement ouvert au tourisme. Ces croissants de terre sont tous proches du littoral, pourtant chacun dispose d'un environnement particulier qui en fait un territoire unique. Ré est souvent citée dans les carnets de voyage pour son image séduisante. Chaque été et dès les premiers jours printaniers, l'île attire à elle de nombreux regards ; celle des Rochelais si proches, celle des touristes avides de s'offrir quelques jours de bien-être. La littérature, la chanson, le cinéma et même la politique ont cherché à laisser leurs empreintes sur ses terres blondes et s'emparer de cette lumière si douce. Il est vrai que Ré a de quoi charmer. Jalonnant les ruelles étroites, les roses trémières se balancent au fil du vent, les maisons blanches se parent de couleurs avec leurs volets bleus et verts tandis que les ports sont confinés dans leur enceinte de pierre. A vélo, en voiture, à pied, en bateau... votre regard se perdra dans l'immensité bleutée. La dame sait attirer, s'affichant avec glamour : son atmosphère iodée, ses plages de sable doré, son environnement propice aux balades (forêts, vignes) et ses villages possédant chacun une âme. Il est parfois difficile de quitter cet univers féerique pour se rapprocher du viaduc. D'ailleurs nombreux se retrouvent bloqués, chaque été, entre île et continent. Oubliez le bac ! Seul un échassier bitumé enjambe depuis 30 ans l'océan. Pour l'emprunter, deux possibilités s'offrent à vous : enfourcher votre vélo pour un passage gratuit ou s'acquitter de l'écotaxe dont le prix varie selon la saison. Star de l'été, l'île est une destination prisée. Le Petit Futé vous conseille de passer le pont tôt le matin, d'une part vous profiterez d'une vue délicate mais en plus vous attendrez peu. Vous voulez vous sentir plus libre ? Optez pour le vélo ! Non seulement vous profiterez d'une promenade sous le vent et les embruns grâce aux nombreuses pistes cyclables. Ces langues de bitume longent la côte, sillonnant bois et marais salants et s'immisçant au centre des villages. Si vous souhaitez découvrir Ré sous un autre visage, privilégiez le printemps et l'automne ! Ré se fait discrète, l'air y est doux, la lumière toujours sublime ! Baignée par les eaux chaudes du Gulf Stream, elle bénéficie d'un ensoleillement de 2 600 heures par an. De quoi prendre goût à siroter son café en terrasse ! Ré compte 85 km², dix communes, 15 000 habitants hors saison et dix fois plus en période estivale.
Oléron n'a pas le droit à autant de couvertures de magazines. Pourtant, la grande soeur mérite qu'on s'intéresse à elle. Sa taille d'abord : avec ses 30 kilomètres de long et ses 12 kilomètres de large, Oléron est la deuxième plus grande île française après la Corse. Son pont ensuite. Long de 3 kilomètres et inauguré en 1966, il est jusqu'à présent gratuit. Le vote en conseil départemental a été reporté même si les élus locaux sont favorables à la mise en place d'une écotaxe à la manière de celle de l'île de Ré. Il est vrai que ce territoire insulaire attire chaque année de nombreux touristes, avides de goûter à la vie insulaire. Oléron, c'est d'abord une nature sauvage : forêt de pins maritimes et de chênes verts et des marais servant aujourd'hui de claires d'affinage et de terres cultivables. L'île compte aussi deux pôles nature, le Marais aux Oiseaux permettant à un large public une meilleure connaissance de la faune locale et le Port des Salines qui, fort d'un écomusée d'un sentier d'interprétation, retrace l'histoire de l'or blanc. Au gré de vos balades sur les pistes cyclables et en longeant le littoral, vous apercevrez la flore et la faune locale. Mais le pays Marennes Oléron, c'est d'abord et avant tout ce long ruban océanique qui s'étend sur plus de 100 km. Bordé par la forêt, Saint-Trojan possède quelques-unes des plages les plus fréquentées comme la Grande Plage rejoignant Vert-Bois ou Gatseau, véritable parenthèse de bien-être. Amateurs de baignade, de farniente ou de sports nautiques se rejoignent sur Oléron pour profiter du sable blanc et des vagues. Plus au nord, l'île offre un autre visage tout aussi séduisant. Direction la Cotinière, premier port de pêche de Charente-Maritime qui offre un paysage authentique, lieu idéal pour une balade iodée à la découverte de ses maisons blotties entre elles et une pause gourmande à l'une des terrasses de restaurant ou dans la biscuiterie. Au printemps, seul le retour des embarcations colorées débarquant bars de lignes, soles, céteaux trouble cette douce atmosphère. Quelques kilomètres nous séparent du monument incontournable de l'île, le phare de Chassiron. La haute tour, bariolée de ses trois bandes noires, offre une vue imprenable à qui parvient à monter les quelque 224 marches : Fort Boyard, l'archipel Charentais, le pertuis d'Antioche...
Partout, les produits de l'île se dégustent. L'huître de Marennes-Oléron, emblème départemental, fait figure d'exception puisque bénéficiant du label rouge. Mais l'île dispose de biens d'autres trésors : les poissons de qualité, les moules de bouchot et les vins de pays. Nul doute, Oléron s'expose au naturel et constitue une halte particulièrement agréable. On comprend pourquoi Pierre Loti s'y est installé, puisant son inspiration dans des panoramas d'exception.
Aix, c'est un autre monde. Un petit coin secret à l'abri des regards. Certains l'assimilent à un croissant de lune, d'autres la croient soeur jumelle de l'île Madame ou encore de l'île d'Yeu... Rien de tout cela. Baignée comme les autres par l'océan Atlantique, l'île est un territoire à part entière, un petit bout de terre qui a su préserver sa quiétude et un certain art de vivre. Ses paysages à la beauté sauvage envoûtent le marin de passage qui n'a d'autre choix que de les découvrir avec lenteur. Aix la sauvage est réservée et dévoile ses charmes avec pudeur aux milliers de touristes venus chaque été. Sans route, ni passe, elle se laisse tout de même approcher par des bateaux qui n'ont d'autre choix que de suivre la cadence de l'océan. Aix la farouche, n'aime pas qu'on la dérange la nuit venue. Accessible uniquement par bateau depuis La Rochelle, Fouras ou l'île d'Oléron, entre autres, elle fait le bonheur de ceux qui ont patienté de longs moments devant les embarcadères. Rassurez-vous ! Une fois sur place, vous aurez tout le loisir de vous dégourdir les jambes car ici les voitures sont interdites. Place ainsi à la marche, au vélo ou à la calèche. Il faut dire qu'avec ses 3 kilomètres de long sur ses 700 mètres de large, il est aisé d'en faire le tour en une journée tout en profitant paisiblement du paysage. Des petites criques cachées derrière la forêt, une eau transparente et des rochers qui affleurent : on comprend pourquoi l'île est classée sur la liste des sites naturels remarquables !
Mais l'île d'Aix n'est pas connue que pour sa beauté, elle dispose aussi d'une riche histoire. Occupée au XIe siècle par une communauté monastique, elle devient l'enjeu majeur des rivalités entre les royaumes de France et d'Angleterre. Son aspect se transforme. L'île se hérisse de fortifications, ces vestiges que l'on voit dès l'arrivée à Aix. La création de l'arsenal de Rochefort en 1666 en fait une pièce maîtresse du système défensif du port de guerre et de sa rade. Après la bataille de Waterloo, Napoléon Ier y passa même quelques jours avant d'être exilé à l'île de Sainte-Hélène. A la pointe de Sainte-Catherine de l'île, vous pourrez donc visiter librement le fort de la Rade construit en 1603, puis le Fort Liédot (en visite guidée) qui fut un lieu de détention pour des prisonniers militaires et politiques.
Qu'il fait bon errer dans le centre du village, se perdre à travers les ruelles avec comme seule vision des petites maisons blanches, roses, bleues affichant leurs volets multicolores. L'occasion est belle de faire une halte au musée Napoléon, au Musée africain et même plus loin à la maison de la Nacre pour rapporter dans vos bagages un petit souvenir d'Aix. Mais après cette longue marche, prenez le temps de paresser sur la plage et observer un paysage sans cesse différent, baigné d'une lumière aussi délicate que remarquable.

L'île Madame

Située sur la rive gauche de l'estuaire de la Charente, l'île Madame est l'un des territoires composant l'archipel Charentais. Contrairement à Ré et Oléron, domestiquées depuis longtemps par l'Homme, ne cherchez pas de viaduc, Madame n'y a jamais songé. Seule une route sableuse la relie au continent le temps d'une marée. Ce n'est pas parce que Madame est la plus petite des îles qu'elle se dévoile aussi facilement. Elle vous aguichera depuis Fouras ou Port des Barques, vous laissant deviner son patrimoine. Vous apercevrez de grands échalas de bois prêts à plonger leur bec dans l'océan. Mais ne pensez pas la partie gagnée d'avance. Il vous faudra encore un effort avant d'en fouler le sol et de respirer ce doux parfum d'aventure. La route s'arrête à Port des Barques. Ensuite, place à la fameuse passe au Boeufs, un chemin éphémère de sable et de galets que la marée vous laissera emprunter. Les aventuriers d'un jour sont prévenus, mieux vaut se renseigner sur les horaires de marées. Madame risquerait fort de vous garder le temps d'une nuit ! Vous emprunterez ainsi la seule route disponible. Soyez rassurés, seul le vent et quelques oiseaux peuplent l'île à l'année. Madame aime le calme et laisse l'océan rythmer les passages, offrant aux insulaires la joie d'admirer sa sauvage nature. De la lande, des haies déformées par le vent, peu d'arbres, des chemins pierreux, le paysage est brut, rude et presque inhospitalier. Madame est pudique, séduisant le voyageur par des criques intimes, offrant une belle vue sur l'estuaire de la Charente. On ne vient pas ici pour lézarder comme on le ferait sur la grande plage de Châtelaillon, on prend le temps d'écouter le son des vagues, d'admirer le soleil et ses reflets. Madame n'aime pas la foule, tout juste tolère-t-elle quelques gourmands qui prennent place dans la ferme aquacole et des pêcheurs avides de remonter dans leurs filets des trésors de l'océan. Ne vous laissez pas envoûter au point d'oublier les horaires de marées et laissez Madame à sa solitude.

Le chantier de l’Hermione
L'Hermione
L'Hermione
La Rochelle l'incontournable

Plus qu'une simple ville, La Rochelle constitue une étape incontournable pour tous ceux voyageant en Charente-Maritime. On ne traverse pas la cité, on s'imprègne de son atmosphère durant au moins une journée. Qu'importe la saison et le temps, la Belle séduit, promeneurs et marins, qui foulent les pavés rochelais synonymes d'aventure. Tous profitent d'une vile aux courbes envoûtantes. Séductrice, elle ne cesse de s'embellir en gardant ce lien si fort qui l'unit à l'océan. D'ailleurs, le Vieux port est le point de ralliement des rochelais et des touristes. Mais ne pensez pas qu'il soit seul ! Trois autres ports permettent aux bateaux d'accoster dont le célèbre port des Minimes, qui avec ses 4500 places et ses 15 kilomètres de pontons, est l'un des plus grands ports de plaisance du monde. Si une plage a été aménagée, ne pensez pas trouver ici une eau transparente, ni même du sable fin mais un lieu où l'on vient en famille. D'ailleurs de nombreux restaurants sont tout proche dont un glacier, qui avec de délicieux sorbets, s'est forgé une solide réputation. Après avoir dévoré une glace, vous aurez sans doute envie de vous balader notamment sur la passerelle Nelson Mandela qui offre une vue unique sur les voiliers mais aussi sur les sentiers qui longent l'océan et traversent le parc des Pères. Les plus sportifs opteront pour le vélo, délaissant le quartier des Minimes pour rejoindre la jolie station balnéaire de Châtelaillon-plage ou même l'île de Ré. Dans les deux cas, des pistes cyclables permettent de circuler à l'écart des voitures pour plus de sécurité. C'est l'un des avantages de la ville qui a été une des premières en France à proposer des vélos en libre-service. Si le centre-ville est devenu difficile d'accès, il accueille avec bonheur cyclistes et piétons. Oubliez le tramway, La Rochelle n'en dispose plus depuis longtemps préférant les bus qui circulent dans toute l'agglomération permettant de se rendre dans les lieux les plus remarquables. La cité, riche d'une grande histoire, en compte plusieurs. Les tours font figure d'exception. St Nicolas et la Chaîne sont à jamais reliées tandis que la lanterne affiche une flèche étincelante. Toutes veillent jalousement sur La Rochelle et son Vieux port. En haut de ses édifices, depuis les remparts ou à la terrasse d'un café, l'océan n'est jamais loin. Et il suffit de se rendre à l'aquarium pour en percer bien des secrets. La Rochelle invite le promeneur à la flânerie dans un coeur de ville qui, bien que malmené, ne cesse de battre. Les arcades veillent sur les passants, les protégeant des averses, les pavés rappellent les navires partant au bout du monde, les Halles offrent une touche colorée. Les rochelais sont amoureux d'une ville baignée par un soleil généreux et cultivent un certain art de vivre, en symbiose avec leur environnement. De nombreux parcs offrent un souffle de vie, grâce à la végétation et aux aires de jeux où retentissent les rires des enfants. Qu'importe la saison, les habitants aiment sortir et les étudiants ne sont jamais les derniers ! Il faut dire qu'étudier à La Rochelle est un vrai privilège. Non seulement l'enseignement est de qualité mais en plus tout est facilement accessible : facultés, bibliothèque, gymnases... et les terrasses des cafés. Nul besoin de voiture, la ville a su garder une taille humaine, permettant de se rendre dans une zone commerciale ou dans le centre. Cité cosmopolite, La Rochelle est aussi gourmande ! De nombreux restaurants proposent des fruits de mer (huîtres, moules), des boulangeries jalonnent les rues piétonnes et quelques glaciers offrent une jolie pause fraîcheur. En famille, la visite de l'aquarium est un passage obligé tandis que les amateurs d'histoire se rendront dans les musées. Ville aux multiples visages, La Rochelle ne cesse d'attirer les regards et les travaux récemment entrepris cultivent cette idée. Le square Valin est désormais le lieu rêvé pour les enfants tandis que le Gabut est en plein rénovation.

La Saintonge : l'arrière-pays touristique

Dans son seul nom, la Charente-Maritime attire le voyageur pour qu'il découvre une riche façade atlantique. Le long des côtes se dessinent des plages de sable fin, des villes à l'atmosphère iodée et des stations balnéaires invitant au farniente. Mais le département ne séduit uniquement les amateurs d'océan. Chaque année, touristes français et étrangers s'offrent une jolie balade dans un arrière-pays connu pour sa douceur de vivre. Pour le découvrir, il faut oser résister aux charmes de la mer, ne pas céder aux appels de l'archipel, délaisser les ports et leur ambiance si particulière, ne plus se laisser porter par le vent. L'arrière-pays, c'est avant tout un cadre naturel propice à la détente avec des villes abritant une riche histoire. Saintes, lovée contre la Charente et ancienne capitale de l'Aquitaine, attire par son ambiance sereine comme bien d'autres cités : Saint-Jean d'Angély, Pons, Jonzac. Chacune abrite bien des trésors qui vous donneront envie de parcourir les kilomètres qui les séparent de l'océan.
Labellisée depuis 1989 " Ville d'Art et d'Histoire ", Saintes a un charme fou. Paisiblement installée le long de la Charente, elle offre un environnement particulièrement appréciable. Le voyageur de passage trouve ici un cadre propice à la flânerie à l'image des ruelles escarpées qui conduisent à des points de vue surprenants, des ponts menant vers de jolis jardins et surtout une lumière qui embellit façades de maisons et monuments historiques. Il flotte ici comme un air de village du Sud de la France, avec de petites places, des passages secrets qui permettent de se soustraire quelques instants à l'agitation ambiante. Le lien avec la Charente est aussi vital que La Rochelle et l'océan ! Il faut dire que le fleuve a longtemps été une artère vitale pour les habitants qui faisaient acheminer des marchandises sur les gabarres. Aujourd'hui, plus question de commerce mais une Gabarre permet à tous de sillonner la Charente pour des croisières thématiques. On peut même louer des petits bateaux électriques et déjeuner sur une péniche. Si vous n'avez pas le pied marin, empruntez l'un des ponts pour la découverte d'une ville conviviale connue pour ses quartiers, chacun a une ambiance particulière : Saint-Eutrope le Romain, Saint-Pallais le dynamique et Saint-Pierre, coeur historique. Qu'importe aux vos pas vous mènent. Partout, l'histoire rejaillit. La vieille dame porte fièrement ses 2 000 ans d'histoire. En créant cette cité sur les bords de la Charente dès le règne d'Auguste (25 av. J.-C. - 14 apr. J.-C.), les Romains l'appelèrent Mediolanum. De cette prospérité, elle conserve des monuments prestigieux : l'arc de Germanicus, un amphithéâtre (le mieux préservé de la côte atlantique), des thermes et un aqueduc. La ville est christianisée très tôt par saint Eutrope, premier évêque de Saintes, vouant principalement la cité à la religion. Dans la crypte de l'église qui porte son nom, l'une des plus vastes d'Europe, vous pourrez voir les reliques de ce saint. Avec le prieuré Saint-Eutrope et l'abbaye aux Dames, Saintes devient, au Moyen Âge, une halte indispensable sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Bien plus tard, après avoir essuyé les ravages des guerres de Religion, la ville fut, au XVIIe siècle, le siège de la juridiction du présidial et le lieu de résidence du gouverneur. Si ses fortifications sont modernisées, il faut attendre la veille de la Révolution pour que la ville, coupée par la Charente, se dote d'un urbanisme moderne et occupe la rive droite. Les Saintais voient arriver le train en 1867 avec la mise en service de la gare, quelques années après l'édification du Palais de justice qui trône toujours aussi fièrement sur le cours National. Ses dimensions pour le moins importantes rappellent que la ville, ayant perdu son statut de préfecture, a su conserver ses prérogatives judiciaires. Aujourd'hui, Saintes concilie à merveille héritage historique et qualité de vie en exploitant ses atouts économiques, culturels et environnementaux.
Située au coeur du pays des Vals de Saintonge, à mi-chemin entre Cognac et La Rochelle, Saint-Jean-d'Angély est une cité historique pleine de charme. Si elle n'a pas la prestance de Saintes, elle profite tout de même d'un riche patrimoine historique qui attire les passionnés de vieilles pierres. Bâtie à l'emplacement d'une villa gallo-romaine, Angeriacum, la cité angérienne a connu une histoire mouvementée. Pillée par les barbares, elle reprend vie avec les ducs d'Aquitaine qui édifient une résidence et une chapelle. En 817, un monastère, l'abbaye royale, est fondé par Pépin d'Aquitaine pour abriter la relique du crâne de saint Jean-Baptiste, puis un village se développe autour grâce à l'activité économique générée par le monastère. Devenue au Moyen Age une étape sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, la ville est le théâtre de conflits entre Français et Anglais durant la guerre de Cent Ans. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Saint-Jean-d'Angély profite de la prospérité du commerce fluvial et du négoce des eaux-de-vie. L'abbaye royale est alors reconstruite mais elle ne sera jamais achevée, arrêtée par la Révolution. Il faut attendre le XIXe siècle pour que la ville soit à nouveau florissante et devienne en 1848 le point de départ de la campagne bonapartiste avant d'être durement touchée par le phylloxéra. Les maisons à pans de bois datant du Moyen Age, les hôtels particuliers, la Grosse Horloge, la fontaine du Pilori sont autant de traces d'un riche passé qui rejaillit durant la période estivale avec des spectacles vivants. Nombreux sont ceux qui ont élu domicile à Saint-Jean et dans ses alentours, dont beaucoup d'Anglais qui se sont installés pour profiter de la douceur de Val-de-Boutonne.
Jonzac, c'est d'abord le sud. Cette ancienne cité Huguenote est la ville la plus importante de la Haute-Saintonge. Proche du département voisin, elle est elle aussi marquée par l'eau à qui elle doit une belle d'histoire. Ne cherchez pas l'océan mais plutôt un fleuve, la Seugne, et ses rives où oeuvraient autrefois tanneurs et tisserands. Installée sur la rive droite, la ville puise encore sa force de cette rivière que les Seigneurs observaient du haut de leur château installé sur un éperon rocheux. Si la Seugne est aujourd'hui théâtre de verdure pour bon nombre de touristes (prairies humides, frênaies...), le regard se porte également vers le centre thermal créé au début des années 1980 grâce à un forage effectué dans les entrailles de la terre. Aménagés dans les anciennes carrières de calcaire d'Heurtebise, les thermes offrent un espace unique, mêlant tranquillité et bien-être pour soulager les problèmes respiratoires et de circulation sanguine.
Pour s'offrir un joli panorama, il faut prendre de la hauteur. Le château fait alors figure d'exception. On le rejoint en empruntant la surprenante ruelle de Champagnac qui garde en elle une partie de l'histoire de la ville. La vue est alors idyllique, tout comme celle proposée par les Moulins, dominant le coteau. Encore en activité, ils donnent l'occasion de découvrir des productions artisanales (farines, huiles de noix) tout en apercevant le vignoble. La proximité avec les Antilles vous donnera sans doute envie de vous offrir une journée détente. Le centre aqualudique, l'un des plus grands en Europe, est idéal pour un moment de bien-être en famille. Oubliez l'hiver ! Ici, l'espace est couvert et surtout apporte une chaleur bienfaitrice. Les Antilles regroupent un espace forme idéal pour conjuguer bien-être et détente avec une rivière à courant affichant fièrement 32 °C et un lagon qui ravira sportifs et adeptes de la détente. Soleil et tropique, un cocktail vitaminé ! Jonzac, il est vrai, affiche clairement ses ambitions avec sa devise gravée en dessous de son blason " post bella, otia pacis ", c'est-à-dire : " après les guerres, les loisirs et la paix ". Et il suffit de flâner dans la ville pour en profiter ! Les Halles de Style Baltard abritent l'un des plus beaux marchés de Charente-Maritime et se situent à proximité de l'église romane Saint-Gervais. Au fil des ruelles, la cité se dévoile : l'ancien couvent des Frères Carmes devenu centre culturel, la Médiathèque et ses belles pierres. Mais tout ramène à la Seugne dont les bords permettent de s'offrir de vrais moments de relaxation dans un cadre authentique. Musarder, pédaler, galoper... la Double Saintongeaise, le plus grand massif de la Charente-Maritime, se prête à merveille à la balade, notamment la " Voie Verte " installée sur l'emprise d'une ancienne voie ferrée.

Paléosite de Saint-Césaire

Elaboré en collaboration avec de grands spécialistes, le centre de la préhistoire est l'un des sites touristiques et culturels les plus visités de la Charente-Maritime. Son implantation au coeur de la Saintonge ne doit rien au hasard ! Il est situé sur le lieu de découverte en 1979 d'ossements humains attribués à Pierrette, la plus ancienne habitante de notre Saintonge. Vous pourrez d'ailleurs apercevoir le lieu exact des fouilles lors de votre visite. Ce centre interactif de la préhistoire est un musée d'un nouveau genre fondé sous l'égide de grands spécialistes mondiaux et avec le soutien de nombreux scientifiques. Inauguré en 2005, cet espace muséographique, doublé d'un centre d'interprétation, est entièrement consacré à l'Homme de Neandertal. Il vise avant tout à diffuser les connaissances actuelles sur l'origine de l'humanité de manière ludique. Le parcours intérieur propose un grand voyage dans le temps avec la visite de salles de projection et de salles interactive. Le visiteur est plongé dans l'ambiance dès son entrée dans le hall avec des animaux mythiques comme le tigre à dents de sabre avant d'entrer dans une plongée au coeur du Big-Bang et de suivre la vie d'une tribu néandertalienne. A l'extérieur, place à la préhistoire grandeur nature ! Des reconstitutions de scènes préhistoriques permettent d'approcher les modes de vie comme le cimetière de mammouths, le campement de Neandertal.

Baie de l'Aiguillon et ses moules de Bouchot

Paradis des oiseaux et des moules de bouchot, la Baie de l'Aiguillon est un espace unique, entre eau douce et eau salée, qui se partage entre deux départements de la façade atlantique : la Charente-Maitime et la Vendée. Entre terre et mer, cet environnement d'exception est à lui un témoignage du lien entre les hommes et l'océan. Composée principalement de vasière et de prés salés, la Baie de l'Aiguillon renvoie l'image de ce qu'était autrefois le Marais Poitevin : un immense golfe marin de près de 100 000 ha (le golfe des Pictons) soumis à l'envasement. Vestige de cette petite mer intérieure aujourd'hui disparue, la baie est en proie à un ensablement devenu inexorable. Seul l'océan lui redonne vie au rythme quotidien des marées. Cette mer si douce n'en finit plus de revenir, s'accrochant avec douceur aux vasières, insufflant la vie à chaque vague. De cette danse de tous les jours, le paysage évolue. Les vasières laissent peu à peu apparaître des prés salés jusqu'à l'immersion quasi totale de la baie retenue par les barrières érigées par l'homme.
Cet habitat abrite une faune et une flore typiques. Lors d'une promenade sur les rives de la Sèvre niortaise, vous apercevrez des roselières, orchidées et le jonc, végétation typique de ces milieux où se confrontent eau douce et eau salée. Ce caractère maritime et humide constitue un havre de paix pour des dizaines de milliers d'oiseaux migrateurs et hivernants. En automne, la Pointe de l'Aiguillon devient un lieu de passage incontournable pour les oiseaux migrateurs. Mais ces voyageurs intrépides ne se laissent pas facilement approcher. Passereaux, canards et autres échassiers des vasières ne sont parfois présents que quelques mois dans l'année. Mieux vaut prêter attention aux horaires de marées car l'idéal est de venir avec des jumelles quelques heures avant la marée haute.
L'homme a aussi compris à quel point cet environnement pouvait lui être profitable. La Baie de l'Aiguillon est le berceau de la mytiliculture, les moules profitant d'un mélange d'eau douce et d'eau salée particulièrement riche en phytoplancton et micro-organismes. Mais cette alchimie n'explique pas elle seul le développement du mollusque. Sans intervention humaine, rien n'aurait permis sa croissance : ni rocher, ni empierrement, pas le moindre support rigide. Des pieux en chêne ou en châtaignier ont été enfoncés dans les sédiments et ont formé un paysage surprenant, de véritables forêts qui se découvrent à marée basse. Aujourd'hui encore, les jardiniers de la mer perpétuent cette méthode d'élevage traditionnelle et partent sur leurs plates, ces fameux bateaux à fond plat, pour sillonner le pertuis. Une visite s'impose au port du pavé, lieu atypique où se niche la flottille des mytiliculteurs mais aussi à Charron où l'on vient pour déguster la moule qui porte son nom. Au même titre que l'huître de Marennes Oléron et le Pineau des Charentes, elle est synonyme de tradition et de qualité. Avant de partir à la découverte de cet amphithéâtre naturel, rendez-vous à Esnandes. Du haut des falaises calcaires, vous bénéficierez d'une vue idyllique sur la baie, l'île de Ré et le pertuis Breton. Ne ratez pas non plus la maison de la mytiliculture devenue maison de la Baie du Marais poitevin située juste en face de l'église fortifiée. Vous y apprendrez qu'avec un million de pieux plantés et 500 km de bouchots, la baie de l'Aiguillon produit un cinquième de la production française.

Brouage : un port au coeur du marais

Brouage est un lieu atypique par son environnement naturel et architectural. Créée en 1555 par Jacques de Pons, la cité est créée en 1555 par Jacques de Pons sur un ancien dépôt de lest laissé par les navires qui ont fréquenté durant près d'un millénaire le golfe de Saintonge, cette mer intérieure exploitée plusieurs siècles par les Santons. Le lieu ne doit rien au hasard. " Jacopolis-sur-Brouage " doit sa fondation à un emplacement stratégique basée sur la nécessite de favoriser le commerce. Mais cette position géographique et son potentiel économique lui valent des premiers affrontements lors de la guerre de Religion. Les troupes royales investissent la ville qui est très vite dotée d'une véritable enceinte. Devenue Brouage, on lui assigne comme gouverneur Jean Armand du Plessis, cardinal et duc de Richelieu. Surintendant et grand maître de la navigation et du commerce, la cité est devenue une place administrative de premier ordre et l'une des seules à pouvoir accueillir l'armée royale. Avec la chute de La Rochelle, Richelieu comprend qu'il faut protéger la ville. Des fortifications grandioses sortent de terre, la cité devient un véritable coffre-fort, grenier à sel du royaume de France et lieu d'affirmation du pouvoir du souverain catholique. Mais sa mort annonce le déclin de Brouage. Le niveau de la mer baisse tout comme la production de sel et le havre s'envase. L'horizon maritime s'éloigne peu à peu, les navires délaissent une ville cosmopolite désormais tournée vers la terre. L'ascension de la ville de Rochefort, ville voisine préférée par Louis XIV et Colbert, plonge Brouage dans l'oubli. Au fil des siècles, les premières salines deviennent des territoires herbeux, propices à l'élevage au XIXe siècle. Mais la ville doit son salut à l'obtention du label " Grand Site national ", décerné en 1989 qui a permis de faire revivre le site. Devenu un véritable village-musée, il révèle son histoire aux visiteurs  : restauration des remparts (l'enceinte intacte est l'un des meilleurs exemples de la fortification dite à l'italienne, avec ses portes percées dans les bastions), réfection des poudrières, rénovation de la halle aux Vivres, réhabilitation des rues, mise en lumière de la place, création et ouverture du centre européen d'architecture militaire, réouverture du port aux bateaux, etc.

Les sentiers de l'Arsenal
Fort Boyard
Fort Boyard

Les forteresses qui verrouillent la mer des pertuis charentais - la meilleure rade du littoral atlantique, paraît-il, abritée par les îles de Ré et d'Oléron - protégeaient les anciens ports de guerre de La Rochelle, Brouage puis Rochefort. Elles racontent la lutte permanente menée par le pouvoir central contre un ennemi venu de la mer, offrant ainsi un panorama complet de l'évolution des défenses côtières face à des moyens d'attaque toujours plus performants : à la nef médiévale ballottée par les vagues s'opposent les hautes tours de La Rochelle et de Fouras ; aux frégates peu armées du début du XVIIe siècle répliquent les forts de l'ingénieur d'Argencourt (La Prée, Oléron, Brouage) ; au grand voilier classique - véritable forteresse flottante équipée d'une centaine de canons - résiste la multitude des batteries de Vauban qui protègent les îles et l'accès à l'arsenal de Rochefort par la Charente, tirant jusqu'à 600 m de portée ; au cuirassé à vapeur du XIXe siècle, capable de pilonner un objectif à grande distance, s'oppose un chapelet de six forts entre Oléron et Fouras, dont le formidable Boyard, croisant leurs feux à 3 km d'intervalle ; contre la maîtrise des airs et les capacités de débarquement des Alliés, l'occupant de la Seconde Guerre mondiale met en place, pour protéger sa base de sous-marins de La Pallice, des bunkers standardisés croisant leurs feux en travers du Pertuis d'Antioche à 20 km d'intervalle... Outre le fait que vous pouvez les découvrir les unes après les autres, au gré de vos envies, toutes ces forteresses (à l'exception de quelques-unes, comme le fort Boyard qui ne se visite pas) font l'objet de circuits organisés, réalisables chacun en une journée.

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