Le guide touristique CHARENTE MARITIME du Petit Futé : Les immanquables

Les immanquables

Carrelet à La Rochelle.
Carrelet à La Rochelle.
La Côte de beautéHaut de page
Vue aérienne de Saint-Georges-de-Didonne
Vue aérienne de Saint-Georges-de-Didonne

Cette côte mérite bien des superlatifs tant elle attire le regard. Le mot " beauté " s'y applique à merveille car elle ne manque assurément pas de charme. Les touristes s'y pressent durant les chauds mois d'été, les locaux en profitent davantage lors des douces journées printanières ou durant l'arrière-saison. Le regard se perd dans l'immensité océanique et se pose sur des paysages qui évoluent sans cesse au gré du vent et au gré des saisons comme dans ce pays royannais qui s'étale de La Tremblade à Mortagne-sur-Gironde. Sur la presqu'île d'Arvert jusqu'à la Gironde, des kilomètres de plages, de dunes blondes et de sentiers forestiers font la joie des promeneurs. Chacun en profite à sa manière : farniente bien sûr, mais aussi bain de mer, surf, voile et des balades à pied, en vélo ou à cheval. Les autochtones ne s'en lassent pas, arborant dès le printemps un teint hâlé. Si les sportifs sont ravis de s'exercer dans un tel cadre, le territoire séduit aussi les rêveurs admiratifs de l'océan, rythmé par le murmure des vagues et par la douce brise marine. Entre Saint-Palais et Ronce-les-Bains, la Côte Sauvage l'est encore, mais la horde de touristes nécessite un aménagement pour ne pas mettre à mal une zone fragile. Des parkings ont été aménagés et des messages de prévention sont diffusés pour concilier sauvegarde du patrimoine et fréquentation touristique. Avec ses 70 000 hectares de pins maritimes et de chênes verts, la forêt de la Coubre est tout à la fois une richesse et le poumon vert du pays royannais et de la Charente-Maritime. Si son rôle est avant tout de contenir l'invasion des sables dans la presqu'île d'Arvert et de fixer les dunes, elle constitue un lieu de balade par excellence. Facile d'accès, lumineuse, elle laisse le marcheur s'imprégner de son âme au fil des sentiers pédestres. Au cours de votre promenade vous découvrirez sans doute des empreintes d'animaux menant jusqu'à la plage. Pour en mesurer toute l'immensité, direction le phare du même nom et ses 300 marches. Situé à l'extrémité nord de l'estuaire de la Gironde et à quelques centaines de mètres de la plage, il dispose d'une portée lumineuse de plus de 50 km ! L'escalier en colimaçon mène à un panorama d'exception sur la Côte Sauvage, la Tremblade, la presqu'île d'Arvert et l'île d'Oléron. Ces vastes espaces de sable et de pin offrent parfois une idée d'isolement telle que l'on se croirait seul au monde. Une grande partie de ce territoire est classé zone protégée par le réseau Natura 2000. Il convient donc de le respecter en ramassant ses détritus et ne surtout pas enjamber les clôtures ! Les dunes sont fragiles et ne supportent ni le vent, ni la pression humaine. Plus au sud, de Saint-Palais à Meschers, les plages se font plus étroites, de taille urbaine. Des sentiers de douaniers permettent de longer l'océan et de les rejoindre. Les plages, délimitées par des rochers, deviennent des conches. L'atmosphère y est délicieuse, presque intimiste à l'image de la conche cachée de Cadet. Chacune offre une véritable échappée belle au coeur de la ville, l'occasion de fouler le sable protégé du vent par les falaises. En empruntant la route de la corniche, les communes s'enchaînent et dévoilent des villas Belle Époque. Les admirer, c'est s'offrir un retour au XIXe siècle, période de folie balnéaire où les bains de mer deviennent à la mode. Plus loin, Meschers et ses falaises calcaires cachent la jolie plage des Nonnes, la dernière crique avant les rives de la Gironde. Après Talmont, presqu'île authentique, campagne, villages et collines apportent un calme salvateur. Pas de baignade mais une flânerie de chaque instant.

L'archipel charentaisHaut de page
Vue aérienne de l'île de Ré
Vue aérienne de l'île de Ré

Les îles de Ré, d'Oléron, d'Aix, Madame. Si le terme " île " renvoie au rêve et au farniente, chacun de ces croissants de terre possède un intérêt historique et appartenait jadis au système de défense du continent. Eglise, fort, monastère, blockhaus ou pénitencier..., ces édifices, témoins du passé, racontent à eux seuls de quelle façon les îles ont vécu l'Histoire. Impossible de classer les îles tant chacune a ses spécificités mais il est vrai que Ré, la séduisante, attire souvent de nombreux regards. La littérature, la chanson, le cinéma et même la politique ont cherché à laisser leurs empreintes sur ses terres blondes et s'emparer de cette lumière si douce. C'est vrai, Ré possède bien des atouts pour séduire : ces roses trémières qui colorent d'étroites venelles, des maisons basses aux volets bleus ou verts, de jolis ports pittoresques et cet océan partout présent. La belle de l'Atlantique n'en finit plus de charmer, enveloppant l'insulaire d'un jour dans une atmosphère divine avec ses kilomètres de sable doré, ses forêts de pins, ses vignes, son petit air bohème. Difficile de s'arracher à la rêverie et de quitter ce petit paradis pour franchir à nouveau le long serpent de bitume qui la relie au continent. Si Ré a perdu son bac, elle est toujours inséparable de ce viaduc qui se laisse enjamber après paiement de l'écotaxe. Plus qu'un péage, il s'agit désormais de protéger et valoriser les espaces naturels rétais. Et l'île en a besoin. En été, Ré la blanche rougit de son succès. Le pont prend des allures de périphérique parisien aux heures de pointe et il faut souvent de longues minutes pour arriver à destination. Pour plus de liberté, rien ne vaut le vélo. Enfourchez votre monture et laissez-vous porter le long des 100 km de pistes cyclables. Ces langues de bitume longent la côte, sillonnent bois et marais salants et s'immiscent au centre des villages. Pour ceux qui veulent découvrir Ré sous un autre visage, optez pour le printemps et l'automne ! Ré se fait discrète, l'air y est doux, la lumière toujours sublime ! Baignée par les eaux chaudes du Gulf Stream, elle bénéficie d'un ensoleillement de 2600 heures par an. De quoi prendre goût à siroter son café en terrasse ! Ré compte 85 km², dix communes, 15 000 habitants hors saison et dix fois plus en période estivale.
Oléron ne jouit pas de la même réputation que sa petite soeur. Pourtant, elle dispose elle aussi de bien des ressources ! Sa taille d'abord : avec ses 30 kilomètres de long et ses 12 kilomètres de large, Oléron est la deuxième plus grande île française après la Corse. Son pont ensuite. Long de 3 kilomètres et inauguré en 1966, il est jusqu'à présent gratuit. Pourtant, les élus locaux ont décidé le vote d'une taxe destinée à la préservation de l'environnement. Si Oléron n'attire pas autant de touristes que Ré, ils sont nombreux à vouloir devenir insulaire le temps d'un journée ou d'un week-end. Il faut dire qu'Oléron est un vrai paradis à la fois pour ceux qui aiment se prélasser sur de grandes plages de sable fin et ceux qui veulent pratiquer un sport de glisse. Amateurs et professionnels profitent des nombreux spots de l'île car les côtes sont tout aussi propices à la pratique du surf que le Pays basque, même en hiver. Baignée par le pertuis de Maumusson, la pointe sud d'Oléron séduit par sa forêt de pins et sa grande plage, l'une des plus belles de l'île, que l'on rejoint en train ou par un sentier pédestre. Plus au nord, Oléron offre un autre visage. Ne ratez pas le port de la Cotinière, le premier de Charente-Maritime pour la pêche artisanale. Reconnaissable par son phare et ses petites maisons basses blotties entre elles pour se protéger des vents marins, le lieu change de visage au fil des marées et incite à la flânerie. Plus au nord, le paysage fait place aux falaises et au fameux phare de Chassiron rayé noir et blanc, tandis qu'au sud et nord-est, c'est la forêt qui s'étend sur près de 2 900 hectares (forêt publique) dont 700 de massifs dunaires. Principalement constitués de pins maritimes et de chênes verts, ces massifs forestiers avaient autrefois vocation à protéger les habitations. Aujourd'hui, ils participent à la pluralité des paysages de l'île et constituent un ravissant lieu de promenade. Oléron compte également deux pôles nature : le port des Salines dévoile l'histoire de la saliculture oléronnaise et le Marais aux Oiseaux, un parc de découverte de la faune sauvage. Moins tirée à quatre épingles que Ré, Oléron se veut plus accessible notamment en terme de tarifs pratiqués. En passant le viaduc vous ressentirez peut-être cette sensation de bien-être qu'était celle de Pierre Loti qui trouvait ici son inspiration.
Aix, c'est un autre monde. Un petit coin secret à l'abri des regards. Certains l'assimilent à un croissant de lune, d'autres la croient soeur jumelle de l'île Madame ou encore de l'île d'Yeu... Rien de tout cela. Baignée comme les autres par l'océan Atlantique, l'île est un territoire à part entière, un petit bout de terre qui a su préserver sa quiétude et un certain art de vivre. Ses paysages à la beauté sauvage envoûtent le marin de passage qui n'a d'autre choix que de les découvrir avec lenteur. Aix la sauvage est réservée et dévoile ses charmes avec pudeur aux milliers de touristes venus chaque été. Sans route, ni passe, elle se laisse tout de même approcher par des bateaux qui n'ont d'autre choix que de suivre la cadence de l'océan. Aix la farouche, n'aime pas qu'on la dérange la nuit venue. Accessible uniquement par bateau depuis La Rochelle, Fouras ou l'île d'Oléron, entre autres, elle fait le bonheur de ceux qui ont patienté de longs moments devant les embarcadères. Rassurez-vous ! Une fois sur place, vous aurez tout le loisir de vous dégourdir les jambes car ici les voitures sont interdites. Place ainsi à la marche, au vélo ou à la calèche. Il faut dire qu'avec ses 3 kilomètres de long sur ses 700 mètres de large, il est aisé d'en faire le tour en une journée tout en profitant paisiblement du paysage. Des petites criques cachées derrière la forêt, une eau transparente et des rochers qui affleurent : on comprend pourquoi l'île est classée sur la liste des sites naturels remarquables !
Mais l'île d'Aix n'est pas connue que pour sa beauté, elle dispose aussi d'une riche histoire. Occupée au XIe siècle par une communauté monastique, elle devient l'enjeu majeur des rivalités entre les royaumes de France et d'Angleterre. Son aspect se transforme. L'île se hérisse de fortifications, ces vestiges que l'on voit dès l'arrivée à Aix. La création de l'arsenal de Rochefort en 1666 en fait une pièce maîtresse du système défensif du port de guerre et de sa rade. Après la bataille de Waterloo, Napoléon Ier y passa même quelques jours avant d'être exilé à l'île de Sainte-Hélène. A la pointe de Sainte-Catherine de l'île, vous pourrez donc visiter librement le fort de la Rade construit en 1603, puis le Fort Liédot (en visite guidée) qui fut un lieu de détention pour des prisonniers militaires et politiques.
Qu'il fait bon errer dans le centre du village, se perdre à travers les ruelles avec comme seule vision des petites maisons blanches, roses, bleues affichant leurs volets multicolores. L'occasion est belle de faire une halte au musée Napoléon, au Musée africain et même plus loin à la maison de la Nacre pour rapporter dans vos bagages un petit souvenir d'Aix. Mais après cette longue marche, prenez le temps de paresser sur la plage et observer un paysage sans cesse différent, baigné d'une lumière aussi délicate que remarquable.

L'île Madame

Située sur la rive gauche de l'estuaire de la Charente, l'île Madame est bien un territoire unique. Posée sur le pertuis d'Antioche, la plus petite des quatre îles charentaises a de quoi surprendre ! Certes, vous observerez ce petit bout de terre depuis Fouras ou Port-des-Barques, vous remarquerez également la silhouette élancée des carrelets ; mais ne croyez pas pour autant l'atteindre facilement. Madame est sauvage et se laisse approcher uniquement par les aventuriers d'un jour. L'homme est ici toléré par un océan qui ne lui offrira guère que quelques heures de bonheur. Arrivé à Port-des-Barques, l'aventure commence. Il faut emprunter un chemin - mais pas n'importe quand ! La fameuse passe aux Boeufs est une route de sable et de galets qui ne se découvre qu'à marée basse. Madame est insoumise et ne se laisse pas si facilement approcher. Avant toute escapade, un seul réflexe : vérifier les horaires des marées ! Une fois sur place, l'envie vous prendra de visiter ce petit confettis d'à peine 70 hectares. Une seule route, peu d'habitants permanents ; pas de doute, la nature est ici presque à l'état sauvage. De la lande, des haies déformées par le vent, peu d'arbres, des chemins pierreux, le paysage est brut, rude et presque inhospitalier. Madame est pudique, séduisant le voyageur par des criques intimes, offrant une belle vue sur l'estuaire de la Charente. Ne cherchez pas ici de grandes étendues de sable fin, seule une petite plage est disponible pour les joies de la baignade et surtout celle de magnifiques couchers de soleil. Laissez-vous bercer par le bruissement des vagues comme le font les pêcheurs qui tendent les filets des carrelets pour puiser les richesses de l'océan. Attention, ne vous laissez pas envoûter par les embruns au point d'oublier les horaires des marées. L'océan est seul à dicter sa loi, permettant chaque soir à Madame de se replonger dans le mystère...

Le chantier de l’HermioneHaut de page
L'Hermione
L'Hermione
La Rochelle l'incontournableHaut de page
Entrée du port de La Rochelle
Entrée du port de La Rochelle

C'est un des passages obligés pour celui qui se rend en Charente-Maritime. On ne traverse pas la cité, on s'imprègne de son atmosphère durant au moins une journée. Qu'importe la saison et le temps, la Belle sait séduire. Les voyageurs ne s'y trompent pas, ils sont nombreux à fouler les pavés rochelais. Tous se rejoignent ici pour profiter d'une ville aux courbes envoûtantes. Séductrice, la cité est plus que jamais attachée à cet océan qui l'a vue naître. Qu'importe le moyen de transport, tous les chemins mènent près d'un port. La ville en compte quatre, ce qui en fait un des plus grands sites portuaires français. L'un des plus célèbres est sans doute le port des Minimes. Grâce à la création du Bassin des Tamaris, abrité par la digue du Nouveau Monde, il compte toujours plus de bateaux et constitue le premier port de plaisance de la façade atlantique. Avis aux promeneurs, emprunter la passerelle Nelson Mandela c'est s'offrir une balade iodée, " sur la mer " avec une vue unique sur le chenal et les voiliers. Si les promeneurs sont gâtés, les baigneurs le sont beaucoup moins. Ne comptez pas ici étendre votre serviette sur une grande étendue de sable fin et vous baigner dans une mer transparente. Quelques plages ont été aménagées comme celle des Minimes, de Chef de Baie ou de la Concurrence, mais ces lieux sont dédiés au bronzage et au farniente plus qu'à la baignade. Pour goûter à la joie des bains de mer, enfourchez votre vélo et passer le pont pour l'île de Ré ou prenez la direction de Chatelaillon-Plage. Contrairement à Royan, La Rochelle n'est pas prisée pour ses plages mais pour son riche patrimoine symbolisé à lui seul par les tours qui veillent jalousement sur le vieux port. Ces vestiges des siècles successifs sont aussi des repères pour la navigation car à La Rochelle l'océan n'est jamais loin. On l'admire depuis les remparts, on y est transporté en visitant l'aquarium et on le surprend en haut de la Grosse Horloge où se dandine une drôle de girouette. Si le tramway passait dessous au début du XXe siècle, aujourd'hui il n'y a plus que des passants avides de découvrir une vieille ville chargée d'histoire. Au hasard des pas, le promeneur se faufile dans des rues étroites, pose son regard sur la silhouette élégante des hôtels particuliers tandis que les rues en arcades offrent un vrai moment de répit en cas de pluie, ce qui est rare à La Rochelle, si ! La cité est baignée de soleil, c'est l'une des villes du Sud-Ouest qui en bénéficie du plus grand nombre d'heures, plus de 2 000 ! Fiers de leur ville, les rochelais cultivent un certain art de vivre, en parfaite symbiose avec la mer. Au moindre rayon de soleil, au printemps et même en hiver, les terrasses du vieux port sont bondées. Le matin, place au café en lisant le quotidien Sud-Ouest, le midi on déjeune au soleil et aux heures les plus chaudes on s'y montre avec lunettes et chapeau, accessoires obligatoires ! Les Rochelais n'ont que faire de l'hiver qui n'a d'ici guère de rigueur. La douceur de vivre se lit dans les regards, les visages affichent un joli sourire notamment ceux des étudiants toujours plus nombreux. Il faut dire qu'ils sont gâtés ! Etudier ici est plus que plaisant, on peut se rendre à la faculté à vélo en apercevant l'océan, rejoindre le coeur de ville en bateau et fréquenter l'un des nombreux bars du vieux port. Les Rochelais aiment musarder, marcher dans une ville qui fait la part belle aux gourmands, amateurs de chocolat ou de viennoiserie. Avec des enfants, la visite de l'aquarium est presque obligatoire, les amateurs d'histoire monteront en haut des tours et ceux préférant la nature se promèneront dans l'un des nombreux parcs de la ville. Tous prendront un malin plaisir à prendre place sur un des bancs installés sur la promenade du Mail pour dévorer un livre, manger une glace, s'adonner à une rêverie solitaire ou plus simplement s'offrir une pause iodée. A noter, le vieux port est plus que jamais au centre de tous les regards. Désormais entièrement piéton, il offre un cadre résolument agréable pour une balade à deux... ou plus.

La Saintonge : l'arrière-pays touristiqueHaut de page
L'arc de Germanicus
L'arc de Germanicus

La Charente-Maritime porte en son nom ce lien si particulier qui l'unit à l'océan avec une façade qui s'étend sur près de 463 km. Mais l'un des départements les plus touristiques de France séduit également par un arrière-pays paisible qui offre une vraie qualité de vie. Pour le découvrir, il faut tourner le dos à la mer, ne plus offrir à son regard ni îles, ni ports, ne plus respirer d'air iodé mais plutôt un parfum de nature. Il ne s'agit plus de farniente au soleil, de bains de mer et de promenade à travers les marais salants mais plutôt de visiter des villes au patrimoine reconnu comme Saintes, Saint-Jean-d'Angély, Pons ou Jonzac. Chacune possède de nombreux trésors qui méritent de parcourir ces kilomètres qui les séparent de l'océan.
Labellisée depuis 1989 " Ville d'Art et d'Histoire ", Saintes a un charme fou. Située paisiblement sur les bords de la Charente, la cité offre un cadre naturel particulièrement agréable. Le promeneur de passage se laissera vite envoûter par des ruelles escarpées, des rues piétonnes animées, des jardins cachés, des platanes bordant des places inondées de lumière qui donnent à Saintes des airs de village du Sud de la France. Sa particularité ? Le lien quasi vital entre la cité et la Charente, cette artère fluviale qui traverse la ville, théâtre en été de nombreuses promenades et animations. D'ailleurs, à la belle saison, il fait bon naviguer sur la Charente, prendre place sur une gabarre ou s'installer sur les quais pour profiter d'une ombre salutaire. Sa convivialité ? Des quartiers comme autant de lieux de vie : Saint-Eutrope le Romain, Saint-Pallais le dynamique et Saint-Pierre, coeur historique. Son atout ? Un patrimoine remarquable mêlant monuments antiques et médiévaux.
La vieille dame porte fièrement ses 2 000 ans d'histoire, elle qui fut la capitale de la province d'Aquitaine, habitaient par les santons, peuple gaulois. En créant cette cité sur les bords de la Charente dès le règne d'Auguste (25 av. J.-C. - 14 apr. J.-C.), les Romains l'appelèrent Mediolanum. De cette prospérité, elle conserve des monuments prestigieux : l'arc de Germanicus, un amphithéâtre (le mieux préservé de la côte atlantique), des thermes et un aqueduc. La ville est christianisée très tôt par saint Eutrope, premier évêque de Saintes, vouant principalement la cité à la religion. Dans la crypte de l'église qui porte son nom, l'une des plus vastes d'Europe, vous pourrez voir les reliques de ce saint. Avec le prieuré Saint-Eutrope et l'abbaye aux Dames, Saintes devient, au Moyen Âge, une halte indispensable sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Bien plus tard, après avoir essuyé les ravages des guerres de Religion, la ville fut, au XVIIe siècle, le siège de la juridiction du présidial et le lieu de résidence du gouverneur. Si ses fortifications sont modernisées, il faut attendre la veille de la Révolution pour que la ville, coupée par la Charente, se dote d'un urbanisme moderne et occupe la rive droite. Les Saintais voient arriver le train en 1867 avec la mise en service de la gare, quelques années après l'édification du Palais de justice qui trône toujours aussi fièrement sur le cours National. Ses dimensions pour le moins importantes rappellent que la ville, ayant perdu son statut de préfecture, a su conserver ses prérogatives judiciaires. Aujourd'hui, Saintes concilie à merveille héritage historique et qualité de vie en exploitant ses atouts économiques, culturels et environnementaux.
Située au coeur du pays des Vals de Saintonge, à mi-chemin entre Cognac et La Rochelle, Saint-Jean-d'Angély est une cité historique pleine de charme. Si elle n'a pas la prestance de Saintes, elle profite tout de même d'un riche patrimoine historique qui attire les passionnés de vieilles pierres. Bâtie à l'emplacement d'une villa gallo-romaine, Angeriacum, la cité angérienne a connu une histoire mouvementée. Pillée par les barbares, elle reprend vie avec les ducs d'Aquitaine qui édifient une résidence et une chapelle. En 817, un monastère, l'abbaye royale, est fondé par Pépin d'Aquitaine pour abriter la relique du crâne de saint Jean-Baptiste, puis un village se développe autour grâce à l'activité économique générée par le monastère. Devenue au Moyen Âge une étape sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, la ville est le théâtre de conflits entre Français et Anglais durant la guerre de Cent Ans. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Saint-Jean-d'Angély profite de la prospérité du commerce fluvial et du négoce des eaux-de-vie. L'abbaye royale est alors reconstruite mais elle ne sera jamais achevée, arrêtée par la Révolution. Il faut attendre le XIXe siècle pour que la ville soit à nouveau florissante et devienne en 1848 le point de départ de la campagne bonapartiste avant d'être durement touchée par le phylloxéra. Les maisons à pans de bois datant du Moyen Âge, les hôtels particuliers, la Grosse Horloge, la fontaine du Pilori sont autant de traces d'un riche passé qui rejaillit durant la période estivale avec des spectacles vivants. Nombreux sont ceux qui ont élu domicile à Saint-Jean et dans ses alentours, dont beaucoup d'Anglais qui se sont installés pour profiter de la douceur de Val-de-Boutonne.
Jonzac se laisse découvrir à ceux qui se rendent dans le sud du département. Située à quelques kilomètres du département de la Charente, la ville est la capitale de la Haute-Saintonge. Baignée par la Seugne qui s'y écoule en méandres, elle s'est développée sur la rive droite de la rivière où l'on aperçoit encore aujourd'hui ses deux principaux monuments : l'église Saint-Gervais-Saint-Protais et le château. Symbole intemporel de la cité thermale, l'édifice est installé sur un éperon rocheux. Après avoir connu de nombreux assauts durant la guerre de Cent Ans, l'imposante forteresse est transformée en demeure seigneuriale. Aujourd'hui encore, elle propose l'un des plus beaux panoramas de Jonzac. Posée au milieu du vignoble en AOC Cognac, la ville est avant tout une ville... d'eau ! C'est à la fin des années 1970 qu'un forage à plus de 1 600 mètres de profondeur permet d'atteindre une eau riche en oligo-éléments qui changera le destin de Jonzac. La jeune station thermale fête cette année ses 30 ans dans un environnement toujours aussi unique, au coeur d'anciennes carrières de pierre à Cathédrale. Les thermes troglodytiques, aux allures de caverne contemporaine, offrent de vrais espaces de tranquillité et de bien-être. Mais ceux qui aiment l'eau et ses bienfaits peuvent aussi se rendre dans l'autre édifice phare de la ville : les Antilles. Avec un tel nom, le lieu attire tous ceux voulant passer une journée au coeur d'un des plus grands parcs aqualudiques d'Europe. N'ayez plus crainte des rigueurs de l'hiver ! Niché sous une immense toile de 10 000 m², les Antilles regroupent un espace forme idéal pour conjuguer bien-être et détente avec une rivière à courant affichant fièrement 32 °C et un lagon qui ravira sportifs et adeptes de la détente. Soleil et tropique, un cocktail vitaminé ! Jonzac, il est vrai, affiche clairement ses ambitions avec sa devise gravée en dessous de son blason " post bella, otia pacis ", c'est-à-dire : " après les guerres, les loisirs et la paix ". Et la ville n'en manque pas ! Il fait bon se balader sur les bords de Seugne grâce à la charmante promenade aménagée le long de la rivière. Tout en flânerie, le circuit est dédié aux amateurs de nature qui découvriront un endroit qui a su garder un caractère authentique. Musarder, pédaler, galoper... la Double Saintongeaise, le plus grand massif de la Charente-Maritime, se prête à merveille à la balade, notamment la " Voie Verte " installée sur l'emprise d'une ancienne voie ferrée. Jonzac se raconte aussi grâce aux deux moulins du XVIIIe siècle entièrement restaurés par la ville. Le moulin à eau produit l'une des huiles noix les plus prisées de la région et raconte à quel point la ville est liée à la Seugne tandis que le moulin à vent du Cluzelet domine le coteau et offre un magnifique panorama sur la ville et sa vallée. Nul doute, Jonzac mérite une visite pour emporter avec vous les fabrications traditionnelles des moulins mais aussi pour déambuler dans un centre historique qui surprend par des ruelles médiévales comme celle de Champagnac dans laquelle se lit l'histoire, les halles de style Baltard et l'église romane.

Paléosite de Saint-CésaireHaut de page

Elaboré en collaboration avec de grands spécialistes, le centre de la préhistoire est l'un des sites touristiques et culturels les plus visités de la Charente-Maritime. Son implantation au coeur de la Saintonge ne doit rien au hasard ! Il est situé sur le lieu de découverte en 1979 d'ossements humains attribués à Pierrette, la plus ancienne habitante de notre Saintonge. Vous pourrez d'ailleurs apercevoir le lieu exact des fouilles lors de votre visite. Ce centre interactif de la préhistoire est un musée d'un nouveau genre fondé sous l'égide de grands spécialistes mondiaux et avec le soutien de nombreux scientifiques. Inauguré en 2005, cet espace muséographique, doublé d'un centre d'interprétation, est entièrement consacré à l'Homme de Neandertal. Il vise avant tout à diffuser les connaissances actuelles sur l'origine de l'humanité de manière ludique. Le parcours intérieur propose un grand voyage dans le temps avec la visite de salles de projection et de salles interactive. Le visiteur est plongé dans l'ambiance dès son entrée dans le hall avec des animaux mythiques comme le tigre à dents de sabre avant d'entrer dans une plongée au coeur du Big-Bang et de suivre la vie d'une tribu néandertalienne. A l'extérieur, place à la préhistoire grandeur nature ! Des reconstitutions de scènes préhistoriques permettent d'approcher les modes de vie comme le cimetière de mammouths, le campement de Neandertal.

Baie de l'Aiguillon et ses moules de BouchotHaut de page

Paradis des oiseaux et des moules de bouchot, la Baie de l'Aiguillon est un espace unique, entre eau douce et eau salée, qui se partage entre deux départements de la façade atlantique : la Charente-Maitime et la Vendée. Entre terre et mer, cet environnement d'exception est à lui un témoignage du lien entre les hommes et l'océan. Composée principalement de vasière et de prés salés, la Baie de l'Aiguillon renvoie l'image de ce qu'était autrefois le Marais Poitevin : un immense golfe marin de près de 100 000 ha (le golfe des Pictons) soumis à l'envasement. Vestige de cette petite mer intérieure aujourd'hui disparue, la baie est en proie à un ensablement devenu inexorable. Seul l'océan lui redonne vie au rythme quotidien des marées. Cette mer si douce n'en finit plus de revenir, s'accrochant avec douceur aux vasières, insufflant la vie à chaque vague. De cette danse de tous les jours, le paysage évolue. Les vasières laissent peu à peu apparaître des prés salés jusqu'à l'immersion quasi totale de la baie retenue par les barrières érigées par l'homme.
Cet habitat abrite une faune et une flore typiques. Lors d'une promenade sur les rives de la Sèvre niortaise, vous apercevrez des roselières, orchidées et le jonc, végétation typique de ces milieux où se confrontent eau douce et eau salée. Ce caractère maritime et humide constitue un havre de paix pour des dizaines de milliers d'oiseaux migrateurs et hivernants. En automne, la Pointe de l'Aiguillon devient un lieu de passage incontournable pour les oiseaux migrateurs. Mais ces voyageurs intrépides ne se laissent pas facilement approcher. Passereaux, canards et autres échassiers des vasières ne sont parfois présents que quelques mois dans l'année. Mieux vaut prêter attention aux horaires de marées car l'idéal est de venir avec des jumelles quelques heures avant la marée haute.
L'homme a aussi compris à quel point cet environnement pouvait lui être profitable. La Baie de l'Aiguillon est le berceau de la mytiliculture, les moules profitant d'un mélange d'eau douce et d'eau salée particulièrement riche en phytoplancton et micro-organismes. Mais cette alchimie n'explique pas elle seul le développement du mollusque. Sans intervention humaine, rien n'aurait permis sa croissance : ni rocher, ni empierrement, pas le moindre support rigide. Des pieux en chêne ou en châtaignier ont été enfoncés dans les sédiments et ont formé un paysage surprenant, de véritables forêts qui se découvrent à marée basse. Aujourd'hui encore, les jardiniers de la mer perpétuent cette méthode d'élevage traditionnelle et partent sur leurs plates, ces fameux bateaux à fond plat, pour sillonner le pertuis. Une visite s'impose au port du pavé, lieu atypique où se niche la flottille des mytiliculteurs mais aussi à Charron où l'on vient pour déguster la moule qui porte son nom. Au même titre que l'huître de Marennes Oléron et le Pineau des Charentes, elle est synonyme de tradition et de qualité. Avant de partir à la découverte de cet amphithéâtre naturel, rendez-vous à Esnandes. Du haut des falaises calcaires, vous bénéficierez d'une vue idyllique sur la baie, l'île de Ré et le pertuis Breton. Ne ratez pas non plus la maison de la mytiliculture devenue maison de la Baie du Marais poitevin située juste en face de l'église fortifiée. Vous y apprendrez qu'avec un million de pieux plantés et 500 km de bouchots, la baie de l'Aiguillon produit un cinquième de la production française.

Brouage : un port au coeur du maraisHaut de page

Brouage est un lieu atypique par son environnement naturel et architectural. Créée en 1555 par Jacques de Pons, la cité est créée en 1555 par Jacques de Pons sur un ancien dépôt de lest laissé par les navires qui ont fréquenté durant près d'un millénaire le golfe de Saintonge, cette mer intérieure exploitée plusieurs siècles par les Santons. Le lieu ne doit rien au hasard. " Jacopolis-sur-Brouage " doit sa fondation à un emplacement stratégique basée sur la nécessite de favoriser le commerce. Mais cette position géographique et son potentiel économique lui valent des premiers affrontements lors de la guerre de Religion. Les troupes royales investissent la ville qui est très vite dotée d'une véritable enceinte. Devenue Brouage, on lui assigne comme gouverneur Jean Armand du Plessis, cardinal et duc de Richelieu. Surintendant et grand maître de la navigation et du commerce, la cité est devenue une place administrative de premier ordre et l'une des seules à pouvoir accueillir l'armée royale. Avec la chute de La Rochelle, Richelieu comprend qu'il faut protéger la ville. Des fortifications grandioses sortent de terre, la cité devient un véritable coffre-fort, grenier à sel du royaume de France et lieu d'affirmation du pouvoir du souverain catholique. Mais sa mort annonce le déclin de Brouage. Le niveau de la mer baisse tout comme la production de sel et le havre s'envase. L'horizon maritime s'éloigne peu à peu, les navires délaissent une ville cosmopolite désormais tournée vers la terre. L'ascension de la ville de Rochefort, ville voisine préférée par Louis XIV et Colbert, plonge Brouage dans l'oubli. Au fil des siècles, les premières salines deviennent des territoires herbeux, propices à l'élevage au XIXe siècle. Mais la ville doit son salut à l'obtention du label " Grand Site national ", décerné en 1989 qui a permis de faire revivre le site. Devenu un véritable village-musée, il révèle son histoire aux visiteurs  : restauration des remparts (l'enceinte intacte est l'un des meilleurs exemples de la fortification dite à l'italienne, avec ses portes percées dans les bastions), réfection des poudrières, rénovation de la halle aux Vivres, réhabilitation des rues, mise en lumière de la place, création et ouverture du centre européen d'architecture militaire, réouverture du port aux bateaux, etc.

Les sentiers de l'ArsenalHaut de page
Fort Boyard
Fort Boyard

Les forteresses qui verrouillent la mer des pertuis charentais - la meilleure rade du littoral atlantique, paraît-il, abritée par les îles de Ré et d'Oléron - protégeaient les anciens ports de guerre de La Rochelle, Brouage puis Rochefort. Elles racontent la lutte permanente menée par le pouvoir central contre un ennemi venu de la mer, offrant ainsi un panorama complet de l'évolution des défenses côtières face à des moyens d'attaque toujours plus performants : à la nef médiévale ballottée par les vagues s'opposent les hautes tours de La Rochelle et de Fouras ; aux frégates peu armées du début du XVIIe siècle répliquent les forts de l'ingénieur d'Argencourt (La Prée, Oléron, Brouage) ; au grand voilier classique - véritable forteresse flottante équipée d'une centaine de canons - résiste la multitude des batteries de Vauban qui protègent les îles et l'accès à l'arsenal de Rochefort par la Charente, tirant jusqu'à 600 m de portée ; au cuirassé à vapeur du XIXe siècle, capable de pilonner un objectif à grande distance, s'oppose un chapelet de six forts entre Oléron et Fouras, dont le formidable Boyard, croisant leurs feux à 3 km d'intervalle ; contre la maîtrise des airs et les capacités de débarquement des Alliés, l'occupant de la Seconde Guerre mondiale met en place, pour protéger sa base de sous-marins de La Pallice, des bunkers standardisés croisant leurs feux en travers du Pertuis d'Antioche à 20 km d'intervalle... Outre le fait que vous pouvez les découvrir les unes après les autres, au gré de vos envies, toutes ces forteresses (à l'exception de quelques-unes, comme le fort Boyard qui ne se visite pas) font l'objet de circuits organisés, réalisables chacun en une journée.

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