Un passé glorieux. Ile aux fleurs, bijou blotti au milieu d'un écrin de rochers roses que les rayons de soleil enflamment et d'une mer d'un bleu profond. Ici, le paysage change d'heure en heure au gré de l'humeur de Madame météo. Composé de deux îles principales reliées au XVIIIe siècle par un pont construit sous les ordres de Vauban, cerné par une dizaine d'îlots, cet archipel est sans cesse animé par le flux et le reflux.

Un paysage mouvant d'une beauté fascinante, quoi de plus naturel à ce que Bréhat fut le premier site naturel classé en France (1907). Son histoire est ancienne car dès la préhistoire, les Romains investissent les terres de cocagne. Mais Bréhat a été fondée, comme beaucoup de villes bretonnes, par un moine, saint Budoc, en 470. Fuyant les pillards ravageant la Grande-Bretagne, il fonda, rejoint par d'autres frères, le premier monastère breton. Au milieu du XIe siècle, Bréhat passe sous la tutelle du duché de Penthièvre et de sa capitale, Lamballe. Fortifiée au Moyen Age, elle subit les retombées des guerres de Succession de Bretagne et de la Ligue. Bretons, Anglais et Français se disputent ce bout de terre stratégique. Plus tard, les XVe et XVIe siècles firent de l'archipel le théâtre de farouches combats où tour à tour Anglais puis Espagnols le ravagèrent. Les décades héroïques de la fin du XVIIIe au XIXe siècle, où corsaires mais également pirates et contrebandiers hantaient les mers séparant l'Angleterre et la France, apportèrent un renom certain aux marins de l'île, connus alors pour leur bravoure. Les capitaines Corouge, Lambert, Fleur, Burgeon et d'autres encore sont des noms à jamais gravés dans la mémoire de l'île. Rien d'étonnant à ce que l'économie de Bréhat soit restée longtemps tournée vers les métiers de la mer. Elle connut l'apogée de son développement à l'époque de la Grande Pêche. Aujourd'hui, les pêcheurs courent les mers du monde pour subvenir aux besoins de leurs familles mais ils reviennent toujours au pays planter leurs souvenirs. Si la pêche ne fait plus vivre les Bréhatins, nombreux sont les sites qui portent la mémoire de ce glorieux passé.

Île aux fleurs. Si l'on nomme Bréhat, île aux Fleurs, ce n'est certainement pas un hasard. Plusieurs générations de corsaires et de marins ont rapporté de leurs aventures du monde toutes sortes de plantes exotiques qui se sont facilement acclimatées ici, grâce à un microclimat très favorable, souvent baigné de soleil. Véritable petit paradis d'odeurs et de couleurs, Bréhat offre au regard des jardins miniatures, une flore composée de mimosas, myrtes, figuiers, amandiers et autres eucalyptus, végétation luxuriante trouée de rochers roses. Les contrastes sont étonnants de beauté Ceux-ci marquent encore davantage la différence entre l'île nord et l'île sud. La première est tourmentée avec ses landes et ses criques sauvages. Sa côte est déchiquetée par les tempêtes et des courants très violents. Elle laisse place à de nombreux rochers saillants, prenant des allures de pays irlandais. L'archipel et les grandes étendues découvertes à marée basse sont propices à la reproduction et à l'hivernage d'une avifaune riche et variée  : sternes, huîtriers-pies, courlis et autres bécasseaux. L'île du sud riante et douce est un jardin d'Eden parsemé de villas contemporaines, de petites maisons basses au toit de chaume et de vieux manoirs en pierre. Le printemps est certainement la saison idéale pour venir rêver sur cette île qui a su si parfaitement inspirer Matisse, Gauguin et Foujita.

Les lieux incontournables d'Ile-de-Bréhat

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9.95 €
2019-01-30
576 pages
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