Guide de Charleroi : Arts et culture

Architecture

Charleroi Métropole possède un riche héritage architectural rural, urbain ou industriel. Les exemples d'architecture médiévale se retrouvent surtout dans les églises érigées à cette époque et encore visibles dans de nombreux villages ou quartiers. Celles-ci furent d'abord construites dans le style roman puis gothique.

L'art roman caractéristique qui se développa en partout en Wallonie, à la croisée des influences française et germanique (influences carolingienne et ottonienne), fut qualifié aussi d'art mosan (région de la Meuse, au coeur de l'Empire carolingien). La collégiale Saint-Ursmer de Lobbes est la plus ancienne église de Belgique et un exemple représentatif d'art roman. L'église Saint-Martin de Marcinelle témoigne encore largement de l'architecture romane. D'autres exemples pullulent, surtout des tours romanes conservées sur des édifices reconstruits en style gothique à Couillet, Gerpinnes, Merbes-Sainte-Marie, Landelies, Leernes, etc.

Au XIIe siècle, l'art roman fut détrôné par le gothique. Le gothique brabançon et le gothique hennuyer sont deux variantes du style gothique propres à la Belgique. La collégiale de Chimay constitue un magnifique exemple d'architecture gothique.

Au XVsiècle apparaît le gothique flamboyant, qui laisse libre cours à la fantaisie et se caractérise par la richesse des nombreux ornements. En témoignent des bâtiments (ou ce qu'il en reste) tels que les ruines de l'abbaye d'Aulne ou

Aux XVIe et XVIIe siècles, le style gothique survit mais commence à se teinter d'influences italiennes. À cette époque, le style baroque fait également son apparition sur le territoire de la future Belgique, introduit par les jésuites, ouverts aux influences italiennes. On trouve peu de traces de cette architecture sur le territoire de Charleroi Métropole mais le petit patrimoine religieux, y compris dans les recoins les plus ruraux, est riche de ces influences dorées et colorées. Parallèlement, le style Louis XIII, peu représenté en Belgique (simplicité des lignes, colonnes et frontons antiques, etc.) laissera l'un de ses joyaux qu'est le corps de logis du château de Trazegnies.

Au XVIIIe siècle, après l'exubérance du baroque, sous la domination autrichienne, l'architecture belge prit un aspect rationnel, de style néoclassique, que l'on retrouve par exemple au château de Seneffe, au château de la Paix à Fleurus ou à l'église Saint-Antoine-de-Padoue à Charleroi. Après l'indépendance de la Belgique, la nouvelle nation veut prouver qu'elle est riche et puissante. Les villes se lancent alors dans de grands projets d'urbanisme et dans la construction de bâtiments publics plus imposants et parfois extravagants. Le passage de la Bourse (Charleroi ville-basse), galerie couverte d'une voûte en verre et ornée de marbre, en constitue un exemple significatif. Le désir d'exposer les richesses et la puissance de la nation se retrouve également dans l'architecture privée. Ainsi, les hôtels de maître reflètent la prospérité de l'époque, qu'ils soient conçus dans un style sobre néoclassique ou qu'ils se laissent aller aux débordements et fantaisies. Dans ce contexte, la fin du XIXe siècle verra l'apparition de l'Art nouveau. Voguant parfois à contre-courant et parfois dans le sens des flots, Auguste Cador est ce que l'on appelle un architecte au style éclectique. On lui doit par exemple la maison communale de Seneffe, le centre culturel Éden ou la rénovation du château Bivort (Fontaine-l'Évêque).

L'Art nouveau, appelé aussi Modern Style ou Jugendstil, est né dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il perdure jusqu'au début du XXe. Ce terme désigne les productions artistiques refusant de se plier aux règles académiques. Contrairement au gothique ou néogothique, l'Art nouveau affectionne lignes et courbes. Cette nouvelle conception se veut proche de la nature. Les motifs représentent des fleurs, des plantes, des arbres, des insectes, des animaux. Le second objectif de ce courant est de rendre l'art accessible à tous, à un coût abordable. Les nouveaux matériaux, tels le bois, la pierre, l'acier ou le verre, permettent d'appliquer cette philosophie de démocratisation. Ils favorisent aussi une évolution architecturale en permettant la construction d'immeubles de plus en plus hauts jusqu'à la réalisation de gratte-ciel. La ville de Charleroi est la ville wallonne comptant le plus de bâtiments Art nouveau.

Après la Première Guerre mondiale, l'Art déco prend tout naturellement la relève de l'Art nouveau. De nouveaux matériaux (béton armé, verre compressé) vont être utilisés. L'hôtel de ville de Charleroi est certainement l'édifice le plus remarquable de ce courant, bien qu'il appartienne conjointement au néoclassicisme. Il est l'oeuvre de Jules Cézar et de Joseph André (1934-1936). Le beffroi qui lui est accolé est également de style Art déco. À la même époque, un courant parallèle nommé modernisme voit aussi le jour. Marcel Leborgne fut le principal architecte porteur de ce style qui a vu s'ériger l'immeuble de Heug récemment rénové (quai Arthur Rimbaud), la résidence Albert (Marcinelle Villette) ou la cité de l'Enfance (Marcinelle Haies). Le palais des Beaux-Arts (Joseph André, 1957) clôture en quelque sorte cette époque. Du même architecte, on retiendra aussi l'agrandissement de l'église Saint-Christophe de Charleroi (1958) dans un style portant l'éclectisme aux nues et faisant du plus grand édifice religieux de Charleroi Métropole un ensemble pour le moins remarquable !

Après un long passage à vide (1970-2000) durant lequel on ne retiendra pas grand-chose en termes de constructions remarquables, l'architecture contemporaine semble sortie de sa léthargie. En témoignent la rénovation du centre Albert (tour Baudoux, construite au milieu des années 1960 et rénovée en 2003-2005), l'ensemble des constructions du Biopark sur le site de l'aéroport de Charleroi - le bâtiment Éole en tête - ou le centre hospitalier Marie Curie (2014) construit à Lodelinsart en remplacement du vétuste hôpital civil. Au centre-ville de Charleroi, on pointera la superbe rénovation du palais du Verre (2010), l'érection de la tour de Police toute proche (Jean Nouvel, 2014), de MédiaSambre (2017) ou la rénovation complète de Soléo, l'immeuble abritant le siège d'Igretec. On évoquera surtout l'incroyable vaisseau amiral qu'est le centre commercial Rive Gauche (2017 également) et ses constructions collatérales. Différents projets immobiliers, publics ou privés, devraient confirmer dans les années à venir que Charleroi a bien le vent en poupe d'un point de vue architectural.

Enfin, si hors de la ville de Charleroi les constructions contemporaines se font plus rares ou plus timides, on pointera tout de même l'hôtel de ville de Montigny-le-Tilleul, édifice remarquable primé par la Fédération Wallonie-Bruxelles et nommé en 2015 au Mies van der Rohe Award, mis en place par l'Union européenne.

L'Art nouveau à Charleroi

Parmi les principales réalisations Art nouveau à Charleroi, la plus connue est sans conteste la Maison Dorée, à l'angle du boulevard Defontaine et de la rue Tumelaire (Alfred Frère, 1899). On peut citer également la Maison Lafleur au boulevard Solvay, 7 (François Guiannotte, 1908) ou encore la Maison des Médecins au 40 de la rue Léon Bernus (Fr. Guiannotte également, la même année). Artère la plus représentative du style Art nouveau à Charleroi, la rue Léon Bernus compte une trentaine d'immeubles de l'époque. L'ensemble est classé depuis 2010.
Dans les anciennes communes qui forment la ville actuelle de Charleroi, les exemples les plus représentatifs sont situés à Marcinelle, Lodelinsart et Jumet. Et parmi les édifices publics, on évoquera bien entendu le bâtiment Gramme du Campus de l'Université du Travail, véritable bijou représentatif du style Art nouveau.

La Maison du Tourisme du Pays de Charleroi propose un dépliant permettant de parcourir la ville à la découverte de ces immeubles Art nouveau. Elle organise également des visites guidées pour les groupes et pour individuels (à dates fixes, de mai à octobre sur inscription au +32 71 86 14 14 - www.paysdecharleroi.be).

Expressions modernes

Écrire que la création artistique, sous toutes ses formes, est un brin déjantée à Charleroi Métropole est un doux euphémisme. Et l'histoire n'est pas neuve puisque Charleroi Danses, avec ses chorégraphies radicalement contemporaines, est une référence bien au-delà des frontières belges depuis près de trente ans.

La ville s'est aussi imposée depuis la même époque sur le plan de la photographie, accueillant le plus grand musée de la photo en Europe et l'un des plus vastes. Ses expos temporaires sont toujours étonnantes et rarement conventionnelles. Véritable acteur culturel et social, le BPS 22 est le musée d'art contemporain de la province du Hainaut. Installé dans un bâtiment néoclassique rénové, il est devenu l'un des plus importants centres du genre en Belgique depuis sa rénovation en 2015.

On peut aussi mettre en avant les créations ou programmations du Théâtre de l'Ancre, de l'Eden ou du Vecteur comme autant de lieux propices à une expression contemporaine de qualité. Sans oublier le Rockerill, incroyable reconversion d'un " chancre " industriel en salle de concert pour musique électro dite " alternative ". Le site accueille même l'Uzine Festival dont le nom seul suffit à comprendre l'esprit décalé.

Mais la création s'exprime aussi sur les murs de la cité avec ses nombreux espaces dévolus à l'art du graffiti, véritables oeuvres artistiques couvrant de façon esthétique et organisée les pans de murs noircis des anciennes usines. Ainsi, on retrouve par deux fois le mot " Charleroi " recouvrant joliment les briques des bâtiments de Carsid, à la route de Mons (Marchienne-au-Pont) et à la rue de Marchienne (Marcinelle). La biennale Asphalte met en lumière différentes oeuvres qui ornent les murs du centre-ville. À Thuin, l'art contemporain a pris place en ville et au bois du Grand Bon Dieu à travers le parcours Fluide.

Côté textile, Klinches et T-Shirt Mania sont à la pointe de la créativité carolo et décalée avec des collections à l'humour très local. Dans le même temps, la région qui sort d'une certaine léthargie voit poindre de jeunes créateurs novateurs, comme Luca Arcangeli (RallyRaiders) et ses jeans ultrarésistants utilisant le kevlar. De son côté, le collectif 6001 is the new 1060 (référence respective aux codes postaux de Marcinelle et de Saint-Gilles, en région bruxelloise, connu pour être une commune où fourmillent les idées rafraîchissantes) organise chaque année le Festival Papier Carbone rassemblant les amateurs et éditeurs de graphisme, fanzine, reliure, gravure, etc.

Enfin, la musique et l'audiovisuel en général ont désormais aussi une identité forte avec des noms et un style électro-pop qui ont dépassé les frontières locales depuis longtemps : Mélanie Di Biasio, Kid Noize, Mochélan, Mademoiselle Luna, Dirty Monitor, etc.

Littérature

Entre les deux guerres mondiales du XXe siècle, la BD francophone naissante va connaître un bouleversement radical lorsqu'en 1926, Georges Rémi (Hergé) publie la première aventure d'un héros désormais célèbre dans le monde entier : Tintin. À la même époque, Jean Dupuis, imprimeur à Marcinelle, est à la recherche de nouveaux débouchés. Il pense à la presse pour la jeunesse et aux modèles qu'offrent les publications françaises, Le Journal de Mickey en tête. Dupuis a alors l'intuition géniale de faire appel principalement à des auteurs du cru, plutôt que de racheter les droits de séries américaines. En 1938, il lance l'hebdomadaire Spirou d'après la série homonyme dessinée par Rob-Vel. Le magazine Spirou et Tintin, son pendant bruxellois articulé autour des aventures du célèbre reporter et de son chien Milou, vont bouleverser le paysage du neuvième art et lancer un nombre impressionnant d'auteurs devenus aujourd'hui incontournables. Cette double orientation des publications destinées à la jeunesse fait qu'il faut en réalité parler de deux écoles belges de bande dessinée : Bruxelles et Marcinelle (parfois appelée " école de Charleroi " depuis la fusion des communes en 1977).

Mais limiter l'art littéraire de Charleroi Métropole à la bande dessinée serait évidemment réducteur. De tout temps et aujourd'hui encore, chantres, romanciers, essayistes, pamphlétaires, poètes, conteurs, philosophes et écrivains sont nés ou ont vécu dans la région. Dans leurs écrits, ils ont souvent mis en exergue les particularités paysagères, sociales ou humaines de leur terre, qu'elle soit de naissance ou d'adoption. On peut citer ainsi, au risque d'en oublier :

Jacques Bertrand (1817-1884). Plus chansonnier et poète que réellement écrivain, Jacques Bertrand est néanmoins l'auteur de textes mis en musique passés depuis longtemps à la postérité. Repris par de nombreux chanteurs contemporains et ayant traversé les époques, ils sont aujourd'hui encore connus des plus jeunes. À commencer évidemment par le célèbre Pays de Charleroi, authentique hymne local repris en choeur depuis les fêtes populaires jusqu'aux travées du Sporting de Charleroi. On lui doit aussi le toujours émouvant Lolotte ou encore El quézenne au Mambourg.

Pol Vandromme (1927-2009). Écrivain, critique littéraire, journaliste, il fut rédacteur en chef puis directeur du journal carolo Le Rappel (aujourd'hui absorbé dans le groupe Vers l'Avenir). On lui doit de nombreux essais consacrés à des écrivains et érudits de son époque, belges et français. Il est aussi l'auteur d'évocations de sa terre natale : Charleroi 1940-1945, Le Pays de la terre noire, Les Fumées de la Sambre. Pol Vandromme fut administrateur de la RTBF et détenteur de plusieurs prix littéraires, en Belgique et en France.

Maurice Desombiaux dit Maurice des Ombiaux (1868-1943). Né à Beauraing et mort à Paris, Maurice des Ombiaux a longtemps vécu à Thuin d'où sa famille était originaire. Outre de très nombreux romans et essais ayant justement pour cadre la Thudinie chère à son coeur, il fut l'auteur des tous premiers guides touristiques consacrés à sa région (dans les premières années du XXe siècle) et fut reconnu pour ses ouvrages consacrés au vin et à la gastronomie. Une rue de Thuin porte son nom et un monument fut installé de son vivant à côté de l'église Notre-Dame-d'el-Vaux. Chef de cabinet du ministre Charles de Brocqueville durant la Première Guerre mondiale et résidant à cette époque en région bruxelloise, une rue proche de la gare de Schaerbeek lui est aussi dédiée.

René-Pierre Hasquin (1919-2015). René-Pierre Hasquin fut le sémillant directeur du journal L'Indépendance. Sous le nom de plume de Miroton, il fut chroniqueur gastronomique pour le magazine Le Vif. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages, romancés ou non, consacrés à sa terre natale. Parmi ceux-ci : Le vieil homme qui tutoyait la Sambre, L'Adieu au pays noir ou le très visionnaire De Charnoy-Village à Charleroi-Métropole qui jetait les bases de la région dans sa définition actuelle.

Arthur Masson (1896-1970). Docteur en philosophie et lettres, grammairien, professeur, Arthur Masson fut un ardent défenseur de la langue française. Il est l'auteur d'un ouvrage de référence portant sur le bon emploi du vocabulaire. Pourtant, Masson est surtout connu pour avoir été le chantre d'une certaine ruralité wallonne qu'il met en scène, au travers de nombreux romans, comme Toine Culot, l'obèse ardennais. Son oeuvre dépeint avec humour et profondeur une série de personnages truculents qu'il n'hésita pas à faire parler en dialecte. À ce titre, il est considéré comme le " Pagnol " ou le " Daudet " wallon. Le village de Treignes (Viroinval), où Masson situe l'action de ses personnages, lui a rendu le plus beau des hommages en lui consacrant une muséologie complète (Espace Arthur Masson).

Philippe Genion (né en 1962). Véritable touche-à-tout, Philippe Genion est ou a été entre autres fonctions artificier, rockeur, chroniqueur gastronomique, oenologue et gérant d'un bar à vins. Il se définit lui-même comme " épicutout ", néologisme plus révélateur qu'épicurien, selon son humour si particulier. Philippe Genion est également l'auteur de différents ouvrages mettant en avant les caractéristiques de ses contemporains belges et carolos : Comment parler le belge et surtout le comprendre, Inventaire des petits plaisirs belges, L'Encyclopédie du barakî ou encore Le Guide ultime de la Belgitude, paru en novembre 2018.

L'école de Marcinelle

Dans le Spirou de l'après-guerre, la cheville ouvrière est sans conteste Joseph Gillain, dit Jijé : il assume à lui seul un nombre incroyable de tâches, passant sans complexe du réalisme (Don Bosco) à la caricature (Blondin et Cirage). Débordé, il fait appel à des débutants talentueux pour l'aider : André Franquin (Spirou, Le Marsupilami, Gaston Lagaffe) et Morris (Lucky Luke). Ils seront rejoints plus tard par Peyo (Johan et Pirlouit, Les Schtroumpfs), Roba (Boule et Bill), Maurice Tillieux (Gil Jourdan) et bien d'autres. Ensemble, ils forment l'école de Marcinelle. Ils ont en commun un sens aigu de la caricature, un goût prononcé pour l'humour et la parodie, une certaine rondeur du trait. La vocation humoristique du magazine Spirou s'affirmera encore dans les années 1960, lorsque Charles Dupuis engagera comme rédacteur en chef Yvan Delporte, un ancien typographe dont l'humour ravageur s'infiltre dans bien des scénarios. Dans le courant des années 1980, quelques auteurs autodidactes vont parvenir, à force d'opiniâtreté, à briser le carcan du style de l'école de Marcinelle et à le faire évoluer lentement. On peut citer Franck (Broussailles), Hislaire (Bidouille et Violette) devenu Yslaire (Sambre), ou Geerts (Jojo). À cette même époque, paraît également dans Spirou "Germain et nous", élucubrations existentielles d'une bande d'ados brossée par le bien connu Frédéric Janin.

À l'origine pourtant peu enclin à l'innovation, Dupuis va peu à peu se moderniser, s'ouvrir à de nouvelles tendances, à de nouveaux formats et à de nouveaux supports, en créant par exemple les studios DreamWall et Key Wall en partenariat avec la RTBF. Mais ceci est une autre histoire et ne relève plus de la littérature.

Peinture et arts graphiques

Industrielle pour une part et très rurale pour une autre, la région de Charleroi Métropole, articulée autour de la jeune ville de Charleroi (fondée en 1666 pour rappel) ne bénéficie pas d'un long passé dans le domaine de la peinture et de la sculpture, à l'inverse de Bruxelles, Liège, Tournai et évidemment de la Flandre. Cela dit, loin d'être un désert artistique, Charleroi Métropole regorge depuis longtemps d'artistes amateurs ou de renommée locale. On se bornera cependant ici à présenter ceux qui ont acquis une dimension (inter) nationale.

François-Joseph Navez (1787-1869). Peintre néoclassique né à Charleroi, Navez a réalisé l'intégralité de son oeuvre en dehors de sa région natale. Il est toutefois souvent considéré comme le premier peintre carolorégien reconnu. Spécialiste du portrait ainsi que scènes religieuses ou historiques d'un grand raffinement, plusieurs de ses tableaux sont exposés au musée des Beaux-Arts et à l'église Saint-Antoine de Charleroi. Le Portrait d'un jeune homme songeur est visible au Louvre. Une rue porte son nom à Charleroi et une autre à Schaerbeek, en région bruxelloise.

Pierre Paulus (1881-1959). Peintre, céramiste et lithographe né à Châtelet, Paulus a été fortement influencé par l'impressionnisme et le luminisme au début de sa carrière. Il s'imprégna ensuite de l'atmosphère industrielle des rives de la Sambre pour donner à son oeuvre un tournant expressionniste sombre, facilement identifiable. Pierre Paulus a dessiné en 1913 le coq wallon (un coq hardi) qui orne le drapeau de la Wallonie.

René Magritte (1898-1967). Né à Lessinnes et décédé en région bruxelloise, le célèbre peintre surréaliste a laissé de nombreuses traces de sa jeunesse vécue à Châtelet. Le musée des Beaux-Arts de Charleroi possède huit tableaux de Magritte.

Marcel Delmotte (1901-1984). Peintre surréaliste inspiré par la mythologie et les représentations bibliques, il fut aussi sculpteur. Il peignit aussi bien des portraits et des nus que des paysages.

Gustave Camus (1914-1984). Né à Châtelet, Gustave Camus était un peintre expressionniste. Il fut détenteur du prix de Rome (1940), membre du groupe Nervia mettant en valeur les artistes hennuyers et directeur de l'académie des Beaux-Arts de Mons de 1961 à 1966. Défenseur de la beauté de la terre wallonne, il a peint les terrils et les châssis à molettes.

Charles Delporte (1928-2012). Peintre et sculpteur issu d'une famille où l'on retrouve aussi son frère, le chanteur Paul Louka et son cousin, le scénariste de bd Yvan Delporte. Éclectique dans son style et dans son oeuvre, on lui doit plusieurs sculptures monumentales dont l'une des plus connues est Chantre de la Liberté, surnommée Les Trois Coqs. Longtemps installée au centre du rond-point du boulevard Tirou, elle fait partie de la collection de la Ville de Charleroi.

Charles Szymkowicz (1948). Carolo d'origine polonaise, Szymkowicz appartient au courant néo-expressionniste. Son oeuvre a été fortement marquée par des artistes comme Bernard Buffet, Renato Guttoso et Gustave Camus. Auteur de plusieurs oeuvres monumentales, il a réalisé la décoration de la station de métro Ouest à Charleroi.

Bernard Tirtiaux (1951). Écrivain, chanteur, acteur et surtout maître-verrier, on lui doit les fonts baptismaux, luminaires et lutrins de l'église Saint-Christophe de Charleroi ainsi que la Cathédrale de Lumière, oeuvre symbolisant le centre de l'Europe (à l'époque où elle était composée de quinze nations et située à Oignies-en-Thiérache). Bernard Tirtiaux est également créateur et restaurateur de vitraux.

Gil Hautois (1969). Louviérois pure souche comme il aime se définir, le peintre Gil Hautois réside depuis plusieurs années dans la région de Charleroi Métropole. Il consacre la plupart de ses oeuvres au patrimoine local : la Bourlette d'Anderlues, le musée des Beaux-Arts de Charleroi, les villes de Charleroi ou Thuin, par exemple. Autodidacte, son style est personnel et reconnaissable. Il s'apparente au travail de réalisation de vitraux, où les couleurs sont séparées les unes des autres.

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