Guide de LISBONNE : Les personnalités célèbres : Portugal

António Lobo Antunes

Né à Lisbonne en 1942. C'est un écrivain assez sombre mais très apprécié. Il est l'auteur, parmi une quinzaine de romans abolissant le temps, du Manuel des inquisiteurs et de, plus récemment, La Splendeur du Portugal. Si ses deux premiers romans, Mémoire d'éléphant et Le Cul de Judas, sont très vite devenus des succès, le troisième volet de son triptyque, Connaissance de l'enfer, traitant du milieu hospitalier, fit scandale ! C'est que ce vétéran de l'Angola au mordant singulier, qui publia son premier roman à 36 ans, connaît bien son sujet puisqu'il a été psychiatre. L'esprit embourbé dans un Portugal funeste et violent, il écrit à Lisbonne mais vit de l'autre côté du Tage à Barreiro. En 2007, il a obtenu le Prix Camões.

Otelo Saraiva de Carvalho

Né en 1936 à Maputo (Mozambique). Au Portugal, on appelle vite les gens par leur prénom. Pour Otelo, on a complètement oublié le nom. Stratège de la " révolution des oeillets ", en 1974, il est de ces " capitaines d'avril " à qui le pays doit le succès d'une révolution romantique et sans violence qui a libéré le Portugal de 50 ans d'immobilisme. Sa popularité intacte ne l'a pas empêché de passer quelques années en prison. Il a été accusé de n'avoir pas dénoncé d'anciens camarades devenus terroristes. Amnistié en 1996 et parfois encore menacé par ceux qu'il n'a pas voulu dénoncer, refusant de cautionner leur violence, il a été promu colonel en 2009 et indemnisé dans le cadre de sa réhabilitation.

Herman José

Né à Lisbonne en 1954, de père allemand et de mère portugaise. Chansonnier, humoriste, acteur et imitateur, c'est l'une des toutes premières figures du monde du spectacle portugais. Sa carrière est liée à la petite lucarne où il officie souvent en tant que présentateur. Cet homme intelligent entre deux âges, un rien has been, est probablement le seul qui peut se permettre de tout dire !

Manuela Ferreira Leite

Née à Lisbonne en 1940. Ancienne ministre de l'Education (1993-1995) et des Finances (2002-2004) du gouvernement PSD (parti social-démocrate), cette économiste est un peu " la dame de fer " nationale, la spécialiste des mesures impopulaires (comme le gel et le diminution des salaires...). Elle est respectée par toute la classe politique et l'ensemble de la population pour sa droiture ! Fin 2004, en désaccord avec Pedro Santana Lopes (alors leader du PSD), elle se retire momentanément de la vie politique et reprend ses fonctions au sein de la Banque du Portugal. Courant 2008, à 69 ans, elle revient sur le devant de la scène en prenant les rênes de son parti jusqu'en 2010. A présent, elle continue à être oratrice et porte-voix des sociaux-démocrates.

Fátima Lopes

Née à Funchal (Madère) en 1965. Avec Ana Salazar, c'est l'autre grande dame de la mode lisboète. Sa griffe originale, faite de silhouettes osées, de lignes fluides et de découpages asymétriques, a suscité un véritable engouement de la part des professionnels de la mode. Paris a succombé, permettant à la créatrice d'y ouvrir un magasin en 1996 et de se faire remarquer en 2000 avec son bikini en or et diams.

Madredeus

Une référence. Ce groupe musical, indissociable de Lisbonne, pratique une musique sans équivalent qui mélange allégrement le fado, le classique et des touches de musique du monde. Formé en 1985, le groupe porte le nom d'un vieux couvent lisboète du XVIe siècle, Madre de Deus, un lieu transformé en théâtre où le groupe répétait à ses débuts. En 1994, Madredeus est découvert par le réalisateur Wim Wenders qui le révèle à un public plus large grâce à son film Lisbon story. Madredeus et son envoûtante chanteuse Teresa Salgueiro (elle a démarré en 2005 une carrière en solo, puis a quitté le groupe avec deux autres membres) ont créé un univers totalement saudade, original et personnel, qui décline les thèmes du voyage et de l'errance, de l'humanité et de la beauté ! La discographie intemporelle du groupe est jusqu'à présent exemplaire ! Parmi une riche discographie : deux albums incontournables pour les découvrir : Ainda (1995) et Movimento (2001). Derniers albums en date, trois albums sous le nom reformulé Madredeus & A Banda Cósmica et Essência (2012), avec une nouvelle chanteuse Beatriz Nunes.

Mariza

Née au Mozambique en 1973, cette chanteuse de fado a grandi au Portugal, dans l'un des quartiers populaires de Lisbonne, la Mouraria. Son premier album, au titre évocateur de Fado em mim (" Fado en moi ", en 2001) soulève l'enthousiasme au Portugal et propulse Mariza sur la scène internationale. En 2004, elle a chanté l'hymne national portugais lors des célébrations de l'anniversaire de la " révolution des oeillets " et lors de la Coupe du monde de football en 2002. Dans Transparente, sorti en 2005 dans 35 pays d'Europe, d'Amérique latine et aux Etats-Unis, elle se révèle plus encore, tout comme dans le très plaisant et voyageur Terra (2008) avant Fado Tradicional (2010), où elle revient aux racines. Mariza, c'est toute l'âme du fado restituée par le chant, avec subtilité et poésie. Les concerts qu'elle donne sont d'une intensité surnaturelle (reportez-vous au CD et au DVD Concerto em Lisboa de 2006). Fado Curvo (2003) reste, à ce jour, probablement son meilleur opus.

Mario Soares

L'année 2017 fut marquée par la mort de cet homme, figure forte du Parti socialiste portugais. Né le 7 décembre 1924 à Lisbonne, Mario Alberto Nobre Lopes Soares est le père de la démocratie portugaise. Parti 4 ans en exil pendant le régime de Salazar, il revient triomphant, après la Révolution des oeillets. Il fut nommé deux fois Premier ministre et a conduit le Portugal vers l'entrée dans l'Union européenne en 1986. Il fut également président par deux fois avant de quitter le pouvoir en 1996.

Vera Mantero

Née à Lisbonne en 1966, Vera est une personnalité importante du monde de la danse et une référence majeure de la nouvelle danse portugaise. De formation classique, elle est passée par le ballet Gulbenkian de Lisbonne. Croyant en la fusion des arts, elle s'expatrie à New York où elle étudie la technique release, le théâtre, la voix et la composition. Elle s'engage très tôt dans la création de solos qui feront sa réputation. Performeuse hors pair, elle participe à des projets internationaux d'improvisation. En 1988, elle crée Poésie et Sauvagerie, en 2002 Vera Mantero and Guests présenté au Centre Pompidou et, en 2007, Nightshade. Son attachement pour le croisement des disciplines l'amène à travailler avec le sculpteur Rui Chafes, et son interprétation chantée du répertoire de Caetano Veloso fut très prisée.

Maria de Medeiros

Née à Lisbonne en 1965. A Paris, on croit parfois qu'elle est française : sacrilège ! Le Portugal ne va sûrement pas abandonner l'une des rares actrices (et chanteuses !) internationales qu'il a enfantée. Avec son visage rond, ses yeux immenses, sa jeunesse et son talent, Maria de Medeiros a notamment interprété le rôle d'Anaïs Nin dans Henry et June (1990), parallèlement elle fait carrière à la télévision et au théâtre... Et participe à des projets de Manoel de Oliveira, Jérôme Savary ou The Legendary Tigerman. On l'a également vue aux côtés de Bruce Willis, dans le film de Quentin Tarentino, Pulp Fiction, Palme d'or 1994 à Cannes, ou plus récemment dans Poulet aux Prunes (2011). En tant que réalisatrice, elle a réalisé Les Capitaines d'Avril (2000), un film plutôt sobre et digne d'intérêt retraçant les moments décisifs de la Révolution des oeillets.

Maria João Pires

Née à Lisbonne en 1944. Pianiste de renom international, Maria João Pires fait la joie des mélomanes du monde entier et la fierté des mélomanes portugais. Mais quand le très conservateur Club de la presse l'a décorée pour la féliciter du renom qu'elle apporte au Portugal, elle n'était pas à la cérémonie : cette musique-là n'était pas à son goût et elle est restée cachée. Maria João Pires a réalisé un vieux projet en créant, au fond de la campagne portugaise, un lieu utopique entièrement consacré à la musique. Au programme : un centre d'enseignement alternatif avec des cours de chant ouverts aux enfants du voisinage, des concerts...

Ana Salazar

Née à Lisbonne en 1941. Elle a prouvé que la mode portugaise n'était pas une chimère. Ana Salazar, qui a débuté dans les années 1970, possède maintenant son parfum et ses collections, qui, chaque année, prouvent que la créativité et les nouveaux matériaux sont au rendez-vous. Ce n'était peut-être pas là son rêve, mais elle a trouvé une forme de consécration puisqu'on peut dire désormais à Lisbonne que l'on s'habille Salazar sans passer pour un provincial attardé.

Álvaro Siza Vieira

Né à Matosinhos en 1933. Son architecture discrète et faussement tranquille certifie son affectivité à l'égard du lieu, de la forme, de la lumière, de l'espace. Moteur de la reconstruction du Chiado après l'incendie ou auteur du musée d'Art contemporain de Serralves, dans sa ville natale Porto, et du pavillon du Portugal (avec son incroyable et originale pala, visière de béton que nombreux avaient pronostiquée irréalisable) sur le site de l'Exposition universelle à Lisbonne. C'est l'un des rares architectes actuels à respecter les budgets !

Décès d'une légende

Eusébio, la légende du football portugais, s'est éteint à 71 ans le 5 janvier 2014 à Lisbonne, la ville dont il a porté les couleurs avec le Benfica pendant 15 ans (1960-1975) et où il a écrit sa légende en devenant d'abord l'idole des Aigles avant de devenir celle d'un pays entier lorsqu'il a mené le Portugal (64 sélections, 41 buts) à la 3e place de la coupe du Monde 1966. Vainqueur de la Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1962, Ballon d'or 1965 ou encore 11 fois champion du Portugal, c'est le plus beau palmarès du football lusitanien qui s'en est allé.

Reconnaissant, le Portugal l'a enterré dans son Panthéon.

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