Près de la ville moderne de Jerash se dressent les ruines de l'ancienne cité romaine Gerasa. Situé à 50 km au nord de la capitale, sur la route menant à Irbid, ce site historique est une visite immanquable de tout séjour en Jordanie. Les ruines sont les mieux conservées de la Décapole, la confédération romaine des dix villes dont faisait partie Gerasa, et font partie des plus beaux sites romains du Moyen-Orient. Les ruines de ce qui fut l'une des cités romaines les plus riches du Proche-Orient furent redécouvertes par hasard en 1806 par un heureux explorateur allemand, Ulrich Seltzen, ensevelies sous un épais manteau de sable. Il a ensuite fallu plus d'un siècle avant que des fouilles sérieuses ne soient entreprises, sous le mandat britannique.

Histoire

Des vestiges retrouvés à Jerash indiquent que l'endroit était déjà habité pendant la période néolithique. Cependant, la ville ne prit de l'importance que sous le règne d'Alexandre le Grand. La légende veut que ce soient les vétérans de son armée qui aient fondé la ville en 322 av. J.-C (Gerasa : " cité des Gérontes "). La ville devient par la suite une cité hellénistique prospère et est baptisée Antioche Chrysorrhoas, qui signifie littéralement " Rivière d'Or ". Sous la domination des Seleucides (successeurs d'Alexandre le Grand dans la gouvernance de la partie syro-iranienne de l'Empire), elle est intégrée à la Décapole tout juste créée. Elle est soumise un temps à la pression des Nabatéens puis des juifs, mais, en 63 av. J.-C., le général romain Pompée s'empare de la région. Gerasa devient alors la ville la plus puissante de la Décapole. La cité devient l'un des points de passage les plus importants des caravanes chargées de marchandises (riz, épices, soie...). En 106 apr. J.-C., l'empereur romain Trajan soumet Petra à son autorité, et crée la Province romaine qui permet à Gerasa de s'enrichir grâce au commerce avec le royaume nabatéen, avec l'accord tacite de Rome. Au Ier siècle apr. J.-C., la ville est partiellement reconstruite. La visite de l'empereur Hadrien en 129 encourage sensiblement son essor : de nouveaux monuments sont construits pour embellir la ville. C'est aussi à ce moment que fut érigé l'arc d'Hadrien. On pense qu'à cette époque la ville comptait plus de 20 000 personnes.

Au IIIe siècle, Gerasa connaît son âge d'or et s'étend sur près de 800 000 m2. Mais, par la suite, la ville va commencer à décliner. Les routes maritimes se développent, remplaçant les caravanes auxquelles la cité doit l'essentiel de sa prospérité. S'ajoutent à cela des soulèvements contre les Romains, comme ce fut l'exemple à Palmyre, en 273 : les chameliers diminuent considérablement leurs échanges de peur de s'aventurer sur les routes. Vers l'an 300, Dioclétien essaie tout de même de redorer son blason et construit de nouveaux bâtiments.

Au Ve siècle, alors que le christianisme est devenu la religion dominante, les Byzantins détruisent les temples et construisent des églises. L'essor du christianisme, à partir du IVe siècle, va initier un nouvel élan et la création, sous l'empereur Justinien, de la cathédrale et des églises à proximité du temple d'Artémis. Viendront ensuite, au VIIe siècle, des conquêtes violentes des Sassanides (venus de Perse), puis des Arabes musulmans, qui accélèrent le déclin de Gerasa. A cette période, la ville s'est déjà vidée d'une grande partie de ses habitants, qui ne sont plus qu'environ 4 000. Un tremblement de terre vers les années 750 achèvera de la détruire.

Habité brièvement par les croisés au XIIe siècle, Gerasa tombe dans l'oubli à la fin des croisades, ses ruines seront ensevelies sous le sable pendant des siècles.

La ville moderne

A l'ouest du site antique, à moins de 250 m, sur la rive droite de la rivière, la ville nouvelle présente moins d'intérêt, à part peut-être ses marchés locaux, hauts en couleur, à proximité de la grande mosquée. Elle s'est construite autour du village de Souf, peuplé un temps par des Ayyoubides, des Mamelouks puis des Ottomans ; durant la seconde moitié du XIXe siècle par des Syriens (Shwam), des Circassiens et enfin par de nombreux réfugiés palestiniens en 1948 et 1967.

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