Sur la route de Saint-Louis, à 70 km au nord-est de Dakar en passant dans une magnifique forêt d'anacardiers ou en empruntant la nouvelle route à péage, Thiès est la capitale de la région ouest, voire de tout le Centre-Ouest - et la deuxième ville du Sénégal.

Histoire. A l'origine, racontent les autorités locales, cette grande cité était un petit village sérère appelé Dankhène au XVIIe siècle, dans le royaume du Cayor. Le nom Thiès serait issu d'une déformation de " caisse ", pour les caisses de munitions que les colonisateurs apportaient avec eux lorsque les populations les virent pour la première fois près du village. En plus de trois siècles marqués par une histoire mouvementée et de déplacements de population convergeant vers elle, elle est devenue un vrai carrefour, une ville-mosaïque d'ethnies et de cultures.

Des nombreuses écoles supérieures s'y sont installées, lui donnant également les traits d'une ville étudiante. On y croise aussi des expatriés - obligés de passer par cette ville pour mettre leurs papiers à jour - ainsi que des militaires : si la base militaire française a fermé ses portes, c'est maintenant au tour des Américains de s'y installer.

Jusqu'à l'élection présidentielle de février 2007, Thiès a été plusieurs mois durant au devant de l'actualité sénégalaise avec une affaire devenue un feuilleton politico-judiciaire autour de son maire, Idrissa Seck. Ex-Premier ministre et ancien bras droit de l'ancien président Abdoulaye Wade, Seck est accusé de malversations financières à la faveur de grands travaux de construction et embellissement d'infrastructures à Thiès, donnant lieu à ce que la presse sénégalaise a surnommé " l'affaire des chantiers de Thiès " ou " l'affaire Idrissa Seck ". Le maire de Thiès, qui a toujours nié ces accusations, a été emprisonné pendant près de sept mois, puis a été libéré à la faveur d'un non-lieu. Près d'un an plus tard, il s'est présenté comme candidat à la présidentielle. Thiès, elle, reste un vaste chantier démesuré.

Ses larges avenues viennent d'être regoudronnées et une nouvelle fois élargies. A la sortie vers Tivaouane, on tombe sur un immense rond-point dont on ne comprend pas bien l'utilité. Et ces chantiers, suspendus depuis les ennuis judiciaires du maire de la ville, lui donnent des airs de ville-fantôme en certains endroits. La plupart des panneaux ont été retirés le temps des travaux et ne sont toujours pas réinstallés.

Résultat : on peut errer pendant de longues minutes avant de trouver son chemin. On s'arrête finalement à Thiès essentiellement pour visiter la Manufacture sénégalaise des arts décoratifs et pour se promener dans des allées ombragées et bien entretenues.

A la sortie de la ville, on sera surpris de croiser sur la route de très nombreux camions remplis à ras bord de phosphate. Deux usines se trouvent non loin de la ville, et fonctionnent en continu. Une fois rempli, les camions prennent la route de Dakar, pour charger les bateaux arrimés au port de la capitale.

À voir / À faire à THIÈS

Organiser son voyage à THIÈS

Photos de THIÈS

Il n'y a actuellement pas de photos pour cette destination.

13.95 €
2019-09-18
456 pages
Avis