Voyage cinématographique dans les îles

Cinéphile et intrigué par les îles Baléares ? Sachez que si vous vous y rendez, un joli parcours du 7e art vous y attend. Pour vous plonger dans la magie de Formentera, ne ratez pas le film Lucía y el sexo (2001) du cinéaste espagnol Julio Médem. Il raconte l'histoire de Lucía (Paz Vega), une serveuse dans un restaurant de Madrid qui décide de s'échapper à Formentera pour faire le deuil de son ancien amour. Son itinéraire la conduira d'abord jusqu'à la plage Ses Illetes, où elle s'offre un bain solitaire à la hauteur du Molí des Carregador ; puis elle rejoint en mobylette l'énigmatique phare de Barbaria ou encore l'île d'Espalmador, au cours de la fameuse scène du bain de boue. En 2018, les caméras investissent de nouveau l'île pour planter le décor de Formentera Lady, réalisé par Pau Durà. Samuel, arrivé dans l'archipel dans les années 1970, suit son petit bout de chemin au lendemain de la révolution hippie. En 2013, la comédie romantique Loving Ibiza, réalisée par le Hollandais Johan Nijenhuis, a par ailleurs pour effet de multiplier le nombre de Hollandais visitant et s'installant à Ibiza. Plus récemment, en 2019, la ville est au cœur d’une œuvre homonyme, Ibiza, avec Christian Clavier et Mathilde Seigner dans les rôles principaux. Dans Isla Bonita de Fernando Colomo (2015), c’est Minorque qui est à l’honneur. En 2012, le tournage du film de science-fiction Cloud Atlas (avec Tom Hanks et Halle Berry), prend ses quartiers à Majorque, majoritairement à Escorca, Soller et dans la Serra de Tramuntana. Et enfin, en 2020, la ville est l’héroïne principale de la série policière britannique The Mallorca Files, diffusée sur France 2.

Agustì Villaronga et Barbet Schroeder

Originaire des îles Baléares (plus précisément de Palma de Majorque), le réalisateur Agustì Villaronga rend hommage à sa terre natale dans nombre de ses œuvres, notamment dans Prison de Cristal (1987) ainsi que dans El mar (2000), dont l’intrigue se déroule à Majorque. Le réalisateur est l’un des chouchous espagnols du monde du 7e art puisqu’on retrouve plusieurs de ses films dans de prestigieux festivals du monde entier tels que la Berlinale (nomination pour El mar et Prison de Cristal), le Festival de Cannes (en sélection pour la compétition officielle avec El Niño de la luna, en 1989) ainsi qu’à l’Académie espagnole, où son film Pain noir remporte le Prix Goya de meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur film de 2011. Le réalisateur suisse Barbet Schroeder est également un fervent serviteur des îles. En 1969, Schroeder y tourne More, l’une de ses œuvres les plus célèbres. Ce long-métrage met en scène l’aventure d’un jeune Allemand qui découvre les plaisirs puis l’enfer de la drogue, initié par une Américaine dont il tombe amoureux. Tourné il y a plus de 50 ans, ce film dévoile l’île d’Ibiza encore vierge de toute urbanisation. En 2015, Barbet Schroeder remet le couvert avec Amnesia. Si les deux œuvres comportent une intrigue similaire (deux personnages dont la vision de leur pays sera renouvelée), il permet aussi de prendre la mesure des changements que le temps a pu opérer sur l'île blanche entre les deux tournages.