Guide d'Ouganda : Survol de l'Ouganda

Les régions
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Géographie

Enclavé entre le Kenya, le Sud-Soudan, la république démocratique du Congo, le Rwanda et la Tanzanie, l'Ouganda s'étend de part et d'autre de l'équateur, entre les branches orientale et occidentale du Rift est-africain. Il a ceci de particulier qu'il constitue le point de rencontre entre deux univers, les savanes d'Afrique de l'Est et la jungle d'Afrique centrale. La plus grande partie du pays se situe au-dessus de 1 000 m d'altitude. A la frontière du Congo, le massif du Rwenzori, plus haute chaîne d'Afrique, culmine à 5 109 m au pic Margherita. Les autres montagnes remarquables sont les Virunga, dans l'extrême sud-ouest du pays, et le mont Elgon, que l'Ouganda partage avec le Kenya. A l'exception de la zone semi-aride du nord-est, l'Ouganda est un pays vert et fertile, irrigué par de nombreux lacs et rivières. Des contrastes se dessinent toutefois entre les savanes piquetées d'épineux du nord et du nord-est et les reliefs verdoyants et arrosés du sud-ouest et de l'ouest où les collines, luxuriantes, sont couvertes de bananeraies, de plantations de thé et de petites parcelles cultivées qui quadrillent la campagne jusque sur les pentes les plus raides. Le sud, enfin, dessine de vastes plaines ponctuées de marécages. C'est une zone propice à la culture des caféiers. Une surface importante du pays est recouverte, de façon temporaire ou permanente, d'eau. En guise d'exemple, le lac Victoria, le plus grand plan d'eau naturel d'Afrique, couvre une superficie de près de 70 000 km2 qu'il partage également avec le Kenya et la Tanzanie. Il fut ainsi baptisé au mitan du XIXe siècle par l'explorateur britannique Speke en l'honneur de sa souveraine. A l'ouest du pays, les lacs Albert (5 300 km²) et Edward (2 300 km²), traversés par la frontière ougando-congolaise, et le lac George, nettement plus petit que les précédents (250 km²), ont aussi été baptisés en l'honneur de membres de la famille royale britannique par des explorateurs venus du Royaume-Uni. Le lac Kyoga, alimenté par le Nil, est une autre grande étendue d'eau au centre du pays (1 720 km²).

Le Nil s'échappe du lac Victoria à Jinja, au niveau des Owen Falls, submergées depuis les années 1950 par le barrage du même nom. Il porte le nom de Nil Victoria jusqu'au lac Albert auquel il parvient quelque 350 km plus loin, après avoir dévalé les rapides de Karuma et les chutes de Murchison. C'est ensuite sous la dénomination de Nil Albert qu'il poursuit son cours vers le Soudan du Sud.

Climat

Bien que situé sur l'équateur, l'Ouganda jouit d'un climat très agréable, tempéré par l'altitude. Le soleil brille quasiment toute l'année et les températures moyennes oscillent de 12 à 18 °C pour les minimales et de 20 à 29 °C pour les maximales. La région la plus chaude est celle du lac Albert, au plus profond de la vallée du Rift, la plus fraîche celle du Rwenzori. On distingue deux saisons des pluies. La première, de septembre à novembre, est caractérisée par des précipitations généralement peu abondantes tandis que la seconde, de mars à mai, connaît de fortes pluies entrecoupées de belles éclaircies. On observe toutefois des nuances selon les régions. Dans le nord, au caractère semi-désertique, il ne pleut presque pas, alors que le lac Victoria et les forêts de l'ouest sont plus ou moins arrosés toute l'année. Il faut noter aussi qu'en Ouganda comme ailleurs, les changements climatiques sont à l'oeuvre et l'on peut remarquer désormais quelques décalages dans l'arrivée des pluies.

C'est bien sûr durant les saisons sèches, de mi-décembre à mi-mars et de juin à mi-octobre qu'il est le plus facile de voyager car toutes les pistes sont praticables et l'on observe facilement les animaux. D'ailleurs certains trekkings se révèlent parfois impossibles en dehors de ces périodes. En revanche, le ciel se couvre souvent de brumes de chaleur et les lumières ne sont pas très belles. Attention, les périodes de vacances scolaires de Noël et d'été qui coïncident avec la saison sèche sont assez chargées, il sera plus prudent de réserver vos hébergements (sans parler des permis pour les gorilles).

Environnement – écologie

On s'étonne assez vite de la conscience environnementale qui semble animer le pays avec, par exemple, les campagnes de propreté menées dans le centre des grandes villes ou encore le goût de certains villageois pour fleurir leur jardinet. Pourtant le pays n'est pas exempt de sérieux problèmes en la matière.

Si l'Ouganda est concerné par la pollution atmosphérique avec le grand nombre de véhicules polluants qui circulent à Kampala, c'est surtout la pollution des eaux du lac Victoria qui préoccupe les défenseurs de l'environnement. L'introduction de la fameuse perche du Nil, dans les années 1950, fut une véritable catastrophe, le poisson vorace faisant disparaître la plupart des espèces indigènes. Aujourd'hui, les villes et industries riveraines (en Ouganda mais aussi au Kenya et en Tanzanie) y déversent, le plus souvent sans traitement, leurs eaux usées. Les nutriments engendrés par des méthodes agricoles inappropriées et par la déforestation détériorent aussi la santé du lac. En termes écologiques, la dégradation du plan d'eau se traduit par de longues périodes d'anoxie dues à l'eutrophisation : les eaux profondes sont totalement dépourvues d'oxygène pendant plusieurs mois, ce qui rend le milieu mortel pour la plupart des espèces vivantes. Entre les trois pays, ce sont 30 millions de personnes qui sont directement concernées par ce problème et la santé des riverains se trouve menacée par des maladies comme la bilharziose ou le paludisme. Les spécialistes estiment que si rien n'est fait pour endiguer la catastrophe, le lac sera inexploitable d'ici quelques années et la faune lacustre pourrait totalement disparaître à l'horizon 2050. La construction de barrages et de centrales hydroélectriques sur le cours du Nil a soulevé et continue de soulever des questions environnementales, à l'instar de la destruction d'habitats naturels et de la disparition de plusieurs rapides du puissant fleuve. On peut également s'interroger sur les conséquences futures de l'exploitation pétrolière qui se dessine dans la région du lac Albert.

On voit donc que l'Ouganda se trouve, comme beaucoup d'autres pays, confronté à la difficile combinaison entre développement économique et préservation environnementale. La déforestation est un autre problème majeur, avec l'empiétement des zones agricoles et la demande en bois de chauffage qui augmentent à mesure de la croissance démographique. A titre d'exemple, dans les années 1970 et 1980, ce sont 25 000 ha de forêts qui ont été détruits dans le parc national du mont Elgon, et près de 10 000 ha qui ont été défrichés à Kibale. Aujourd'hui, c'est la déforestation commerciale qui est inquiétante avec le développement de cultures dédiées à la fabrication d'agrocarburants et d'huile végétale pour les pays du Nord. Si le projet visant à réduire la forêt de Mabira de milliers d'hectares pour y planter de la canne à sucre (notamment pour la production d'éthanol) a été annulé, grâce à la mobilisation d'écologistes, des milliers d'hectares de forêt couvrant les îles du lac Victoria ont été abattus pour faire place à des plantations d'éléis de Guinée (palmiers à huile). Dans une récente enquête, l'ONU s'inquiétait de voir disparaître tout le couvert forestier du pays d'ici 50 ans. Certes, des initiatives, soutenues par des organisations internationales, se développent. La gestion forestière communautaire, par exemple, a tendance à croître : elle est supposée plus respectueuse de l'environnement et des besoins des autochtones. Le chemin vers le développement dit " durable " reste toutefois particulièrement scabreux...

Parcs nationaux

Fondant une grande partie de son économie sur le développement du tourisme, l'Ouganda sait que sa faune et sa flore sauvages, extrêmement riches, doivent être sauvegardées. Les aires protégées comprennent dix parcs nationaux et douze réserves naturelles.

Dépendant du ministère du Tourisme, l'Uganda Wildlife Authority (UWA) a été créée en 1996 pour gérer ces espaces naturels et réglementer la chasse en établissant les quotas (qui malheureusement ne sont pas toujours respectés) et le prix des trophées. Une attention toute particulière est heureusement portée à la protection des gorilles, et Kampala a conclu un plan transfrontalier avec la RDC et le Rwanda pour une protection accrue de ces grands singes toujours menacés par la déforestation et l'instabilité politique de la région.

Les deux premiers parcs nationaux du pays (les actuels Queen Elizabeth et Murchison Falls), par ailleurs les plus visités, furent créés dans les années 1950 par l'administration coloniale britannique. Toutefois, la faune sauvage fut durement touchée par le braconnage incontrôlé et terriblement lucratif qui fit des ravages entre le milieu des années 1960 et le mitan des années 1980, entraînant notamment l'extinction du rhinocéros sur le sol ougandais.

Aujourd'hui, c'est le tourisme qui doit permettre, par les taxes élevées qui ont été instaurées, de financer une partie du budget du pays, notamment les dépenses nécessaires à la gestion de ces espaces naturels (la charge salariale des personnes qui les gèrent et des rangers chargés de les protéger). Il semble assez normal qu'en compensation des nuisances inévitablement causées par les véhicules de safari (encore qu'elles restent très limitées comparativement aux désordres que connaissent le Kenya et la Tanzanie), le tourisme paie la construction et l'entretien des pistes qui lui sont réservées. Il faut reconnaître que ceci s'est souvent fait au détriment des populations locales, à qui l'on a imposé de nombreuses contraintes comme l'interdiction de chasser sur des terres où elles le faisaient depuis des siècles, ou pire, l'exclusion de leur territoire, l'exemple le plus dramatique étant celui des Batwa, chassés de la forêt lors de la création du parc de Bwindi en 1991. L'enjeu consiste donc à intégrer ces populations dans les programmes de développement.

Dans une Afrique minée par la pauvreté, la protection de la nature ne peut s'envisager que dans la mesure où cette nature devient source de profit pour les plus défavorisés. Un villageois renoncera plus facilement à se nourrir de viande d'éléphant s'il sait que ce même éléphant attire les touristes et fournit par là même un emploi (guide de safari, ranger, employé dans un lodge) à un membre de sa famille.

Règlement des parcs

Tout véhicule, ou à défaut toute personne pénétrant dans un parc ou une réserve, doit préalablement s'acquitter de ses droits d'entrée (contrairement à certains pays, ceux-ci ne sont pas compris dans les tarifs des lodges). Gardez vos reçus pour un éventuel contrôle.

Le camping n'est autorisé que sur les emplacements prévus à cet effet. Si vous souhaitez utiliser un des campements de l'UWA, vous devrez également payer vos nuits à l'entrée du parc.

La conduite n'est autorisée qu'entre 6h et 19h (afin de laisser les animaux chasser et de ne pas les perturber avec les phares).

La vitesse à l'intérieur des parcs est limitée à 40 km/h. L'utilisation du klaxon et des appareils sonores est prohibée.

Il est interdit de sortir des pistes afin de ne pas détériorer l'environnement.

Il est strictement interdit de descendre de son véhicule.

Les animaux doivent être tenus à distance raisonnable. Il est interdit de les nourrir pour ne pas perturber leur instinct naturel. Evitez de conserver des fruits ou autres aliments dans votre tente pour ne pas les y attirer.

Concernant les gorilles, le temps de la rencontre est strictement limité à 1 heure.

Aucun déchet (surtout pas vos mégots !) ne doit être jeté ou laissé par terre.

Tarifs

Dans ce guide sont exclusivement mentionnés les droits d'entrée pour les personnes étrangères ne résidant pas en Ouganda (Foreign Non Residents). Les expatriés et les ressortissants est-africains jouissent de tarifs plus avantageux. Les enfants de moins de 15 ans bénéficient d'une réduction.

Pour les personnes qui voyagent avec une agence, ces droits sont normalement inclus dans la prestation.

Murchison Falls, Queen Elizabeth, Lake Mburo, Bwindi, Mgahinga, Kibale, Kidepo : 40 US$ pour 24 heures (20 US$ pour un enfant de 5 à 15 ans).

Semuliki, Rwenzori, Mont Elgon, réserve de Semliki, Katonga et Pian-Upe : 35 US$ pour 24 heures.

A ces dépenses, il vous faudra ajouter, pour les parcs de Murchison Falls, Queen Elizabeth, Lake Mburo et Kidepo, un droit d'entrée de 5 à 15 US$ pour un véhicule immatriculé en Ouganda et de 30 à 50 US$ pour un véhicule immatriculé à l'étranger. Il vous faudra encore ajouter entre 20 et 40 000 Ush par véhicule pour la traversée du Nil (bac à Paraa, dans le parc national de Murchison Falls), 30 US$ par personne pour une croisière sur le Nil ou le Kazinga Channel, 20 US$ par véhicule pour louer les services d'un guide du parc sur un safari (ce n'est pas obligatoire), 30 US$ par personne pour une nature walk, 150 US$ par personne pour un tracking de chimpanzés à Kibale (50 US$ à Kyambura et 30 US$ dans la réserve de Semliki)... Bref, un sacré budget ! Le permis gorille est à 600 US$ et il pourrait atteindre les 700 US$ dans les prochaines années. L'entrée dans le parc de Bwindi est comprise, mais vous devrez la payer si vous souhaitez y faire une autre balade. Enfin, les vidéastes professionnels doivent s'acquitter d'une taxe comprise entre 1 050 US$ par jour de filmage des chimpanzés à 4 200 US$ par heure de filmage des gorilles (sans compter le prix du permis).

Faune et flore

L'Ouganda est sis sur deux biomes (forêt hygrophile et savane) qui lui confèrent une richesse faunistique et floristique exceptionnelle. Dans les pages qui suivent, nous vous exposons quelques-uns des animaux emblématiques et plusieurs végétaux caractéristiques de la " perle de l'Afrique ".

Le tisserin, architecte de nids

Un peu plus gros que les moineaux dont ils sont de proches parents, les tisserins (weavers) se distinguent par leur plumage éclatant. Ils abondent dans le pays, où l'on trouve une quarantaine d'espèces différentes. En plus de ses couleurs ravissantes, cet oiseau fascine par ses talents d'architecte de nids qui participent au jeu de la séduction. Bâtisseur infatigable, le mâle construit un nid après l'autre lorsque la saison de reproduction arrive. Il utilise des herbes fraîches et souples et commence toujours par le toit auquel il accorde un soin particulier en raison des pluies. Vient ensuite la mise en place d'un anneau vertical dont la partie inférieure lui sert de perchoir pendant la construction. Après avoir renforcé les structures de base, il commence le tissage en suivant la forme de l'anneau : d'abord les parois de ce qui sera la future chambre de ponte, puis une antichambre qui protégera le couple des prédateurs. D'apparence fragile, le nid en forme de boule est pourtant robuste et solidement arrimé. Une fois terminé, il est soumis à l'appréciation de la femelle. Si le nid lui convient, elle s'y installe, sinon le mâle doit entreprendre une nouvelle construction. Après la ponte, monsieur part courtiser une autre dame pour laquelle il relance le processus de séduction.

Face à face

Voici quelques conseils sur le comportement à adopter si vous croisez un animal en brousse ou sur le parcours qui sépare votre tente des toilettes. Mais avant toute chose, et c'est quand même une bonne nouvelle, sachez que vous ne représentez pas pour la bête une proie naturelle et qu'il n'y a pas de raison a priori pour que la rencontre se termine en bain de sang !
En règle générale, il est fortement déconseillé de séparer un petit de sa mère ou un individu du troupeau. Faire sentir à l'animal que son espace se rétrécit est aussi le meilleur moyen de le voir se retourner contre vous. En dehors de ces deux conseils de base, les réactions à adopter varient selon les mammifères (ceux en tout cas qui peuvent constituer une menace).

Face à un éléphant

L'éléphant est un animal généralement paisible qui cherche davantage à imposer son autorité qu'à engager un vrai combat. S'il charge sur vous d'un air menaçant, pas de panique : restez tranquille et il s'arrêtera toujours quasiment à quelques mètres. Méfiez-vous toutefois des femelles accompagnées de leurs petits (c'est valable pour la plupart des mammifères et plus particulièrement des lionnes). Sachez dans tous les cas différencier une charge factice (tête levée, barrissements, battements d'oreilles), d'une charge véritable (tête baissée, oreilles plaquées en arrière, vitesse de course maximale).

Face à un buffle

Ces mammifères inconstants et imprévisibles, dotés d'une vue médiocre mais d'un excellent odorat, ne sont absolument pas fiables. D'allure plutôt paisible, ils peuvent décider de charger sans motif apparent et sans même qu'il y ait eu provocation (la simple sensation de sentir quelque chose se faufiler vers eux peut suffire à les exciter brusquement). S'agissant de cet animal, il est donc fortement conseillé de garder ses distances. Si la charge venait à se produire par accident, si vous le pouvez, grimpez à toute allure sur l'arbre le plus proche, ou sautez sur le côté pour l'esquiver au dernier moment. Cette solution peut paraître rocambolesque, mais elle est pourtant la seule qui serve en terrain découvert ; veillez à bien attendre la dernière minute avant de sauter : il y a alors toutes les chances pour que le buffle vous manque.

Face à un hippopotame

Malgré ses petites oreilles frémissantes et son bon gros rire qui lui donne l'air jovial, l'hippopotame, que l'on imagine gauche et pataud, est l'animal le plus dangereux d'Afrique - celui en tout cas qui cause le plus de décès chez les humains. Son énorme gueule carrée dissimule de grosses canines capables de sectionner une pirogue en deux ; et si ce mastodonte semble court sur pattes, cela ne l'empêche pas de se déplacer, sur l'eau ou sur la terre, à une vitesse surprenante (scène à couper le souffle !). Mieux vaut donc faire copain de loin avec cet animal qui n'hésite pas à charger sur quiconque pénètre dans son périmètre. Si, sur votre pirogue, vous apercevez une petite paire d'oreilles, donnez plusieurs coups de rames sur la coque de votre embarcation : ces vibrations devraient suffire à faire émerger le restant du groupe, ce qui permettra de voir où vous en êtes. Ensuite, passez le plus au large possible. Sur terre, veillez à ne jamais vous trouver entre un hippopotame et l'eau.

Face à un lion ou une hyène

La règle des règles est de ne jamais s'enfuir et tourner le dos : l'animal vous assimilerait aussitôt à une proie et se lancerait neuf fois sur dix à votre poursuite. Restez donc le plus calme possible et faites preuve d'assurance. Si l'animal se montre agressif, montrez-vous agressif à votre tour : tapez des mains, poussez des cris, levez les bras et avancez même de quelques pas (un peu comme vous le feriez avec un chien errant un peu trop collant). Si l'animal se met à charger, courez vers lui en faisant le plus de bruit possible. Cela peut paraître complètement délirant mais c'est néanmoins le moyen le plus efficace de repousser un prédateur. S'agissant du lion, par exemple, tout est question de défi et de confiance en soi : si vous semblez sûr de vous, la bête le sentira et vous considérera comme supérieur. D'ailleurs, elle s'enfuira généralement avant que vous n'arriviez et si vous vous retrouvez face à face, elle s'écartera d'elle-même.

Quelques références bibliographiques

Jonathan Kingdon, Mammifères d'Afrique, Delachaux et Niestlé, 2017. Traduction française simplifiée du célèbre Field Guide to African Mammals. Très pratique, cette édition constitue une excellente entrée en matière pour l'étude de la faune avec ses dessins permettant d'identifier les différentes espèces.

Chris and Tilde Stuart, A Field Guide to the Tracks and Signs of Southern and East African Wildlife, Random House Struik, 2013. La bible du traqueur de brousse ! Tout sur l'approche des animaux, l'identification des empreintes et des excréments.

Dian Fossey, Gorilles dans la brume, Presses de la Cité, 1988. Le témoignage de Dian Fossey reste l'une des plus belles sources de connaissance sur les gorilles.

Jane Goodall, Ma vie avec les chimpanzés, L'école des loisirs, 1991. L'expérience de la célèbre primatologue en Tanzanie. Pour tout savoir sur le comportement de ces sympathiques singes.

Nick Greaves, When Hippo was Hairy and Other Tales from Africa, David Bateman, 2007. Contes africains relatifs à la vie sauvage et répondant à toutes les questions que vous vous posez sur les animaux de la brousse (pourquoi l'hippopotame n'a pas de poil, pourquoi le guépard est si rapide, pourquoi le cobe à croissant a le postérieur barré d'un croissant de lune...). Une vraie merveille !

Terry Stevenson et John Fanshawe, Field Guide to the Birds of East Africa, Christopher Helm, 2003. L'ouvrage indispensable pour les ornithologues, utilisé par les guides locaux. Plus de 1 300 espèces répertoriées et superbement illustrées.

Jonathan Rossouw et Marco Sacchi, Where to Watch Birds in Uganda, Uganda Tourist Board, 1998. Description des meilleurs sites du pays pour l'observation des oiseaux, prenant en compte les périodes de migration.

Nanny Carder et Laura Tindimubona, Butterflies of Uganda, Uganda Society, 2002. Guide répertoriant les 200 espèces de papillons les plus communes du pays.

Primates

Babouin (Papio). Ordre : primates. Famille : Cercopithecidae. Nom anglais : baboon. Taille : 70 cm. Poids : 15 à 30 kg. Longévité : jusqu'à 33 ans. Gestation : 6 à 7 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : léopards, hommes.

Omnivore, le babouin se nourrit aussi bien de fruits, de bulbes, de feuilles et de tubercules que d'oiseaux, d'oeufs, d'insectes, voire de jeunes antilopes. Il vit en groupe d'une centaine d'individus. Les mâles, beaucoup plus gros que les femelles, sont impressionnants. Armé d'une puissante mâchoire et de canines démesurées (plus longues que celles d'un lion), c'est un redoutable combattant.
Où l'observer ? L'unique espèce de babouins, présente un peu partout dans les parcs d'Ouganda, est le babouin olive (Papio anubis).

Chimpanzé (Pan troglodytes). Ordre : primates. Famille : Hominidae. Nom anglais : chimpanzee (chimp). Taille : 1 à 1,50 m. Poids : jusqu'à 70 kg. Longévité : 45 ans. Gestation : 210 jours. Nombre de petits : 1. Prédateurs : hommes.

Singe à la fois terrestre et arboricole, marchant debout sur de courtes distances, le chimpanzé vit sur un territoire bien marqué, en bandes irrégulières de 2 à 50 individus qui peuvent se scinder à tout moment. Seule la relation entre la mère et l'enfant est stable, elle peut même se poursuivre toute une vie. Plus bruyants et bavards que les gorilles, ils expriment leurs émotions par un grand nombre de gestes et de mimiques et leurs vocalises variées sont l'un des grands symboles de la nature africaine. Diurnes, ils sont souvent actifs le matin, se reposent en général l'après-midi et mangent à nouveau le soir, dormant chaque nuit dans un nouveau nid. Omnivores, ils se nourrissent de fruits et de graines, de feuilles, d'insectes et tuent parfois des oiseaux, des petits mammifères et même des singes d'autres espèces. A l'heure actuelle, les chimpanzés intéressent particulièrement les scientifiques pour leur capacité à varier leur régime alimentaire afin de se soigner, Ils sont ainsi capables d'avaler des végétaux très amers pour se débarrasser d'un parasite. La fabrication sommaire d'outils et leur utilisation, les luttes régulières pour le pouvoir et la reconnaissance d'autorité, la faculté d'anticipation sont autant de preuves d'une intelligence depuis longtemps reconnue et utilisée. Menacé par les activités humaines (déforestation, braconnage...) et des maladies comme la fièvre Ebola, leur nombre est en diminution dans toute l'Afrique et ils font partie des espèces protégées.
Où l'observer ? Dans les parcs et réserves de Semliki, Semuliki, Queen Elizabeth, Kibale et Budongo. On peut également visiter un groupe de chimpanzés orphelins sur l'île de Ngamba.

Colobe guéréza (Colobus guereza). Ordre : primates. Famille : Cercopithecidae. Nom anglais : black and white colobus. Taille : 70 cm. Poids : 10 à 15 kg. Longévité : 20 à 25 ans. Gestation : 6 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : aigles, léopards, chimpanzés.

Superbe singe arboricole au long pelage noir et blanc. Sa longue queue se termine par un joli panache immaculé. Il vit généralement par groupes d'une dizaine d'individus, composés d'un mâle dominant, de femelles et de leurs petits. Il passe la plupart de son temps au sommet des arbres à se nourrir paresseusement de feuilles et de bourgeons, ce qui le rend assez difficile à observer. Il est capable de sauts spectaculaires : jusqu'à 30 m ! Très recherché par les braconniers pour sa fourrure au début du XXe siècle, la population de colobes noir et blanc a diminué, mais l'espèce n'est pas menacée. Ils aboient ou grognent lorsqu'ils se sentent en danger.
Où l'observer ? On les trouve pratiquement dans toutes les forêts d'Ouganda.

Galago (Galago senegalensis). Ordre : primates. Famille : Lorisidae. Nom anglais : bushbaby. Taille : 23 cm. Poids : 150 à 200 g. Longévité : 14 ans. Gestation : 4 mois. Nombre de petits : 1 ou 2. Prédateurs : hiboux, genettes, serpents.

Ce petit mammifère très attachant, qui rappelle les lémuriens de Madagascar, est affublé de grands yeux globuleux et d'oreilles impressionnantes. Sa queue, longue et touffue, lui sert de balancier mais lui permet également de se suspendre aux branches. Très habile et doté d'une acuité visuelle remarquable, il est capable d'effectuer des sauts de plusieurs mètres. On l'observe difficilement car il n'est actif qu'à la nuit tombée. Insectes, petits vertébrés, fruits et sève font partie de ses mets favoris, et il n'hésite pas à parcourir près d'1 km pour les débusquer.
Où l'observer ? La nuit, dans les savanes et forêts.

Gorille des montagnes (Gorilla beringei beringei). Ordre : primates. Famille : Hominidae. Nom anglais : gorilla. Taille : 1,80 m pour le mâle et 1,50 m pour la femelle. Poids : 90 kg pour la femelle et jusqu'à 200 kg pour le mâle. Longévité : 50 ans. Gestation : 9 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : hommes.

Le gorille des montagnes est le plus grand des singes, le véritable seigneur de la forêt équatoriale dont personne n'ignore à quel point il est menacé, avec seulement quelque 1 000 individus subsistant entre l'Ouganda, la RDC et le Rwanda. Ils forment une espèce différente de leurs cousins qui vivent plus à l'ouest sur le continent. C'est un animal sociable et pacifiste qui passe la moitié de sa journée à manger (feuillages, pousses de bambous, écorces...).
Les gorilles vivent en groupes d'une dizaine à une trentaine d'individus, qui incluent un mâle dominant (parfois deux), trois ou quatre femelles et plusieurs petits, du bébé à l'adolescent. Les jeunes gorilles acquièrent vers 14-15 ans des poils blancs dans le bas du dos, signe de leur maturité, sexuelle notamment, d'où leur nom de dos argenté. Ils prennent alors en charge la protection du groupe. 
Où l'observer ? En Ouganda, la rencontre avec ces doux géants au regard de velours est possible dans la forêt impénétrable de Bwindi et dans le parc de Mgahinga.

Samango (Cercopithecus mitis). Ordre : primates. Famille : Cercopithecidae. Nom anglais : blue monkey. Taille : 40 à 60 cm. Poids : 3 à 10 kg. Longévité : jusqu'à 25 ans. Gestation : 6 à 7 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : léopards, aigles.

Bien plus petit que le babouin, le samango vit en groupe d'une dizaine d'individus même s'il n'est pas rare d'observer des rassemblements plus importants. Il se distingue par son pelage gris bleuté. Son repas se constitue principalement de végétaux et parfois d'oeufs, de lézards ou d'insectes. Comme le babouin, le samango s'est habitué à l'homme et vous le verrez souvent traîner autour des campements à la recherche de nourriture. Vous aurez alors l'occasion d'apprécier le comportement curieux et taquin de ce petit animal, mais de grâce, aussi attendrissants soient-ils, ne les nourrissez pas et jetez vos détritus dans les endroits adéquats !
Où l'observer ? Dans tous les parcs, sauf au lac Mburo et à Murchison Falls.

Vervet (Cercopithecus aethiops). Ordre : primates. Famille : Cercopithecidae. Nom anglais : vervet monkey. Taille : 40 à 50 cm. Poids : 4 kg. Longévité : jusqu'à 20 ans. Gestation : 7 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : léopards, aigles, pythons.

Petit singe au pelage gris vert, à la face noire cernée de poils blancs et à la queue longue et mince, on reconnaît surtout les mâles à leurs testicules d'un bleu fluorescent étonnant. Il vit en groupes de vingt à trente individus. C'est un animal curieux, malin et habile qui peut se montrer très familier avec les hommes, comme pourront le constater les campeurs. Pour communiquer entre eux, les vervets (ou grivets) utilisent une soixantaine de signes et sont capables d'émettre près de quarante sons différents.
Où l'observer ? Dans toutes les savanes et zones peu boisées, y compris en dehors des parcs.

Félins

Caracal (Felis caracal). Ordre : carnivores. Famille : Felidae. Nom anglais : caracal. Hauteur au garrot : 40 à 50 cm. Poids : 10 à 15 kg. Longévité : 15 ans. Gestation : 70 à 80 jours. Nombre de petits : 1 à 6. Prédateurs : hyènes, lycaons, hommes, léopards.

Avec ses oreilles surmontées d'un long pinceau de poils noirs, le caracal est souvent appelé lynx d'Afrique. De longues pattes, un corps élancé et une queue courte le caractérisent. Son pelage est brun roux mais devient blanc sur son ventre et sa gorge. Le caracal est capable de s'adapter à de nombreux environnements, mais préfère la savane sèche et les régions semi-arides. Excellent chasseur, il rampe en silence, se tapit dans l'ombre avant de bondir sur sa proie qu'il égorge de ses crocs. Rongeurs, oiseaux et jeunes antilopes sont ses mets favoris, même s'il est capable de s'attaquer à des animaux bien plus gros que lui. Solitaire comme la plupart des félins, il ne vit en couple qu'à la saison des amours.
Où l'observer ? Dans le parc national de Kidepo.

Chat sauvage africain (Felis silvestris). Ordre : carnivores. Famille : Felidae. Nom anglais : african wild cat. Hauteur au garrot : 35 cm. Poids : 6 kg. Longévité : 15 ans. Gestation : 65 jours. Nombre de petits : 2 à 4. Prédateurs : hyènes, lycaons, hommes, léopards.

Présent du nord au sud du continent, le chat sauvage africain (sous-espèce du chat sauvage) aurait été domestiqué par les Egyptiens plus de 2 500 ans avant notre ère et serait à l'origine de toutes les races de chats domestiques à poil court. Il lui ressemble d'ailleurs de façon étonnante avec sa robe tabby, bien que son allure générale soit plus élancée et qu'il présente des traces rougeâtres derrière les oreilles. Le chat sauvage africain se nourrit de petits mammifères, de reptiles, d'oiseaux et parfois d'insectes. Il vit en solitaire, sauf durant la période des amours et lorsque la femelle donne naissance aux chatons. Comme son cousin européen, le chat sauvage africain s'accouple librement avec le chat domestique lorsqu'il se trouve à proximité d'un habitat humain, ce qui représente probablement le plus grand danger pour l'intégrité de l'espèce.
Où l'observer ? Dans les parcs et les réserves de savane.

Guépard (Acinonyx jubatus). Ordre : carnivores. Famille : Felidae. Nom anglais : cheetah. Hauteur au garrot : 80 à 95 cm. Poids : 43 à 54 kg. Longévité : 16 ans. Gestation : 90 à 95 jours. Nombre de petits : 2 à 6. Prédateurs : hommes, hyènes, lions.

Le guépard est célèbre pour sa vitesse de course. C'est en effet l'animal le plus rapide puisqu'il est capable d'atteindre, sur de courtes distances, des vitesses de plus de 110 km/h. Contrairement à celles des autres félins, ses griffes ne sont pas rétractiles. Sa tête est arrondie et facilement reconnaissable à ses deux sillons lacrymaux partant du coin des yeux jusqu'à la commissure des lèvres. Son corps fluet est soutenu par de longues et fines pattes. Son cri est identifiable parmi tous puisqu'il ressemble à s'y méprendre à celui d'un oiseau. Enfin, s'il mesure environ 80 cm au garrot, sa taille réelle atteint en fait près de 90 cm grâce à une crête de poils rétractiles recouvrant les épaules et le cou. Ce carnivore, à la fois diurne et nocturne, aime à chasser au coucher du soleil et au lever du jour, sur de grandes plaines découvertes. Sa technique de chasse repose essentiellement sur sa vitesse de course. Le guépard chasse en effet à vue, repère sa proie, la course sur une distance inférieure à 400 m, la dépasse grâce à sa rapidité puis la déséquilibre à l'aide de ses pattes avant. La mise à mort se fait par strangulation avant que la proie ne soit dévorée sur place. Le régime principal du guépard est constitué d'antilopes de taille moyenne, de pintades, d'outardes, de lapins, et parfois d'animaux domestiques... Ce dernier aspect, ajouté à l'âpre compétition alimentaire que livre le guépard aux lions, aux hyènes, aux chiens sauvages, voire aux vautours, est responsable de son extinction progressive. En effet, chassant à vue et approchant à découvert ses proies, il devient dès lors une cible facile pour des chasseurs en mal de trophées. Le guépard fait ainsi partie de la triste liste des espèces d'animaux en voie de disparition.
Où l'observer ? Dans le parc de Kidepo uniquement.

Léopard (Panthera pardus). Ordre : carnivores. Famille : Felidae. Nom anglais : leopard. Hauteur au garrot : 70 cm. Poids : 60 à 80 kg. Longévité : 21 ans. Gestation : 105 jours. Nombre de petits : 2 à 3. Ennemis : lions. Bien qu'assez commun, le léopard fait partie des animaux les plus difficiles à observer. C'est le félin le plus secret d'Afrique. Très farouche, il passe la journée à l'ombre, allongé sur une branche, pour ne sortir qu'à la tombée du jour. Le menu de ce carnivore est très varié : petites antilopes, insectes, poissons, reptiles, oiseaux, damans... et parfois animaux domestiques. Une rumeur tenace prétend que le babouin fait partie de ses mets les plus courants, ce qui est faux ! En effet, même si, parfois, la nuit tombée, il lui arrive de s'attaquer à un babouin isolé, le léopard ne s'aventurera jamais au sein d'un groupe constitué, où il risquerait une confrontation avec les mâles dominants, pourvus de canines redoutables. Ce prédateur, très agile et grimpeur averti, est doté d'une force hors du commun. Afin de mettre en sûreté ses proies et ainsi éviter de se les faire dérober par d'autres carnivores (lions, hyènes, chiens sauvages), le léopard les hisse dans un arbre. Il est ainsi capable de transporter dans sa gueule des proies de 110 kg !

Où l'observer ? Il est présent dans la plupart des parcs d'Ouganda, mais c'est sur les rives du Kazinga Channel (parc national Queen Elizabeth) que l'on a le plus de chances de l'observer.

Lion (Panthera leo). Ordre : carnivores. Famille : Felidae. Nom anglais : lion. Hauteur au garrot : 100 cm. Poids : 120 à 200 kg. Longévité : 15 à 30 ans. Gestation : 3 à 5 mois. Nombre de petits : 1 à 5. Ennemis : hommes.

Le roi des animaux est aussi le plus grand des félins. La couleur de son pelage varie du brun fauve au brun roux foncé, tandis que le ventre est toujours plus clair. Apanage des mâles, la crinière qui les protège des morsures au cou pendant les bagarres et leur donne un aspect très imposant, commence à pousser vers 18 mois pour atteindre sa taille définitive à 4 ou 5 ans. Les lions sont des animaux sociables qui vivent en groupes pouvant être composés d'une trentaine d'individus (en général plutôt 15). Bien que passant 20 heures par jour à dormir (d'où leur réputation de grands fainéants), les lions mâles maintiennent la cohésion du groupe, ils délimitent et défendent le territoire, assistent les lionnes quand elles chassent le gros gibier et surveillent les proies attrapées... Les lions s'attaquent le plus souvent à des antilopes de taille moyenne ou à des zèbres. Parfois (notamment lorsqu'ils sont en groupe), ils s'en prennent à des animaux plus imposants comme les buffles, les girafes ou les éléphanteaux. Lorsque la situation est critique (lors de sécheresse prolongée par exemple), ils n'hésitent pas à se nourrir de serpents, d'oiseaux ou de petits mammifères. Ce sont plutôt les lionnes qui chassent, et les techniques mises en oeuvre dépendent souvent du type d'habitat : en terrain découvert, l'habitude est d'opérer de nuit ; lorsque la végétation est dense, la chasse de jour est tout à fait possible. Dans tous les cas, les lions cherchent toujours à s'approcher le plus possible de l'animal traqué, afin de profiter de l'effet de surprise, car la vitesse de leurs victimes est souvent supérieure à la leur. Ils tuent leur proie par asphyxie en la prenant à la gorge ou au museau.
L'un des traits caractéristiques du lion est son rugissement extrêmement grave et puissant, audible à plusieurs kilomètres à la ronde en terrain découvert ! Le rugissement est émis lorsque le lion cherche à marquer son territoire (lors de l'approche d'un intrus par exemple). Les grondements graves sont signe d'avertissement tandis que les ronronnements expriment satisfaction ou plaisir.
Dans le domaine de la reproduction, les lions ont des moeurs un peu particulières : lorsqu'une femelle est en chaleur, le premier mâle qui s'en aperçoit reste avec elle pendant quatre jours et la saillit quelques secondes, à raison de quatre fois par heure ! A la suite de cette performance, nos amoureux partent se reposer et se nourrir, à moins qu'un autre mâle exprime à son tour le désir de s'occuper de la femelle... Celle-ci connaît une période de gestation de trois mois et demi et donne naissance à cinq petits au maximum. Elle met bas dans les rochers ou parmi de hautes herbes et cache ses lionceaux durant un ou deux mois. A la suite de cette période, la lionne amène ses petits dans la troupe, tout en surveillant du coin de l'oeil les autres femelles. A cet âge précoce, les lionceaux commencent à manger des morceaux de viande ; l'allaitement se poursuit parallèlement jusqu'à sept ou huit mois. Fait notable, les lionnes d'un même clan essaient de synchroniser leur période de gestation afin de donner naissance à leurs petits environ à la même époque. Les lionceaux ont en effet l'habitude de téter n'importe quelle femelle donnant du lait, ce qui leur permet de ne pas mourir de faim si leur mère vient à être tuée. Incapables de chasser au début de leur vie, les lionceaux n'apprennent cet art salvateur que par eux-mêmes, en suivant et en observant les adultes. Au bout de plusieurs mois, ils peuvent assurer la relève et participer comme les autres au gain de la pitance journalière. C'est à cette époque que les jeunes mâles quittent le groupe familial pour déambuler quelque temps dans la savane hostile ; devenus forts, fiers et glorieux, ils délogent de son territoire un vieux mâle adverse pour régner à leur tour sur des troupes de femelles serviles...
Où l'observer ? En Ouganda, soyez à peu près sûr de pouvoir observer des lions lors de vos safaris dans les parcs de Murchison Falls et Queen Elizabeth, ce parc étant célèbre pour sa population de lions arboricoles dans le secteur d'Ishasha, une particularité qui ne se retrouve que dans le parc national du lac Manyara en Tanzanie.

Serval (Felis serval). Ordre : carnivores. Famille : Felidae. Nom anglais : serval. Hauteur au garrot : 55 cm. Poids : 10 à 15 kg. Longévité : 20 ans. Gestation : 90 à 95 jours. Nombre de petits : 2 ou 3. Prédateurs : hyènes, lycaons, hommes, léopards.

Egalement appelé chat-tigre, le serval ressemble en réalité à un guépard en miniature avec sa robe fauve tachetée de noir, son corps élancé et ses longues pattes. Animal solitaire et nocturne, il est rarement observé, mais pourtant très présent dans les savanes inondables, les marais et les zones boisées. Il se nourrit de petits mammifères (souris, rats des marais, lièvres), ainsi que d'oiseaux et éventuellement de très jeunes antilopes. Il a pour habitude de jouer avec sa proie avant de s'en délecter.
Où l'observer ? Un peu partout dans les zones boisées et dans les forêts.

Autres carnivores

Chacal à flancs rayés (Canis adustus). Ordre : carnivores. Famille : Canidae. Nom anglais : side-striped jackal. Hauteur au garrot : 40 cm. Poids : 8 à 12 kg. Longévité : 10 à 14 ans. Gestation : 60 jours. Nombre de petits : 3 à 8. Prédateurs : lions, léopards, hyènes.

Le chacal vit généralement seul ou en couple mais peut être observé en plus grand nombre aux abords d'une carcasse abandonnée par des lions. Son alimentation est constituée de rongeurs, d'insectes, d'oiseaux, d'oeufs, de fruits et de jeunes antilopes. Comme le chien sauvage, le chacal prend particulièrement soin de sa progéniture, les parents nourrissant leurs petits en régurgitant leur repas prédigéré. Le chacal passe le plus clair de la journée à se prélasser et ne s'active qu'à la nuit tombée. Il a la réputation d'être un animal lâche et poltron, mais il suffit d'observer son comportement hardi pour se convaincre qu'il n'en est rien. En effet, il est le seul à oser s'approcher de la proie d'un lion, quand les hyènes et les vautours n'osent esquisser le moindre mouvement.
Où l'observer ? Il est présent dans les savanes d'Ouganda, mais rarement observé. Dans le parc de Kidepo, on trouve également le chacal à chabraque.

Hyène tachetée (Crocuta crocuta). Ordre : carnivores. Famille : Hyaenidae. Nom anglais : spotted hyena. Hauteur au garrot : 70 à 80 cm. Poids : 65 à 70 kg. Longévité : 40 ans. Gestation : 105 jours. Nombre de petits : 1 à 3. Ennemis : lions.

Ce carnivore, à la réputation de charognard, est également un redoutable prédateur. Dotées de mâchoires extrêmement puissantes, capables de broyer les os les plus volumineux, les hyènes chassent en meute. Généralement, elles encerclent leur proie, la fatiguent, puis la renversent avant de la dévorer. Par ailleurs, ne craignant rien ni personne, elles n'hésitent pas à s'attaquer aux autres prédateurs pour leur subtiliser le fruit de leur chasse. De nature très curieuses, les hyènes s'attaquent à tout et à n'importe quoi. Si d'aventure, vous vous laissez tenter par le camping sauvage, surtout ne laissez rien traîner aux abords des tentes (et encore moins à l'intérieur).
La hyène est un animal nocturne et s'observe plutôt à la tombée de la nuit, seule, par deux ou parfois, autour d'une proie, par meute de plus de 30. Leur système de vie social est très structuré et d'ordre matriarcal. La femelle est plus large que le mâle et est dotée d'un appareil génital considérablement développé, semblable à un pénis. Généralement, la femelle dominante transmet son statut à sa fille, cette dernière n'hésitant pas à tuer ses soeurs dès la naissance afin d'éliminer toute concurrence. Sans les hyènes, l'Afrique ne serait plus l'Afrique. Et vous ne serez pas près d'oublier les vocalises nocturnes caractéristiques de ces animaux hors du commun.
Où l'observer ? Dans toutes les savanes du pays et a fortiori dans le parc national Queen Elizabeth.

Lycaon (Lycaon pictus). Ordre : carnivores. Famille : Canidae. Nom anglais : wild dog. Hauteur au garrot : 65 cm. Poids : 24 à 30 kg. Longévité : 10 à 12 ans. Gestation : 3 à 5 mois. Nombre de petits : 1 à 5. Ennemis : hommes, lions, hyènes.

Ce grand chien sauvage, en voie de disparition, possède une robe parsemée de larges taches noires, jaunes et blanches qui expliquent son surnom de " loup peint ". Son museau est noir et la pointe de sa queue blanche. Le lycaon vit en meute de 5 à 40 individus et mène une vie sociale très développée. Il chasse en meute selon une technique originale et élaborée. Après avoir isolé une proie, la meute la poursuit sans répit. Les lycaons accélèrent leur vitesse progressivement et se relaient à la tête de la course jusqu'à l'épuisement de l'antilope, qui sera dévorée en quelques minutes. Décimé par la rage et chassé par l'homme comme animal nuisible, le lycaon a quasiment disparu.
Où l'observer ? Les scientifiques estiment que le lycaon est aujourd'hui éteint en Ouganda, comme dans la moitié des pays où il vivait.

Ratel (Mellivora capensis). Ordre : carnivores. Famille : Mustelidae. Nom anglais : ratel (ou honey badger). Hauteur au garrot : 30 cm. Poids : 6 à 12 kg. Longévité : 8 ans (25 ans en captivité). Gestation : 6 mois. Nombre de petits : 1 à 2. Ennemis : hommes, lions, hyènes.

Ce petit carnivore est physiquement assez proche du blaireau européen. Il arbore une épaisse fourrure bicolore, blanche sur le dessus, et noire sur le reste du corps. Il dispose de redoutables griffes de 4 cm de long et d'une peau très épaisse qui le protège des morsures. De nombreuses caractéristiques en font un animal très particulier et intéressant à étudier. Le ratel est connu comme l'un des animaux le plus courageux de la planète, voire le plus courageux eu égard à sa petite taille. En effet, c'est un chasseur redoutable, qui en plus de ses proies traditionnelles (rongeurs, reptiles, oiseaux, vers de terre...), n'hésite pas à s'attaquer à des animaux bien plus gros que lui, comme des gnous et des antilopes. Extrêmement teigneux, il est même prêt pour défendre ses proies à se battre avec un lion, un guépard ou une hyène, quitte à se faire lui-même dévorer. Concernant les serpents, un de ses mets favoris, le ratel ne se contente pas des petits spécimens inoffensifs mais se délecte de longs cobras qu'il va débusquer en haut des arbres ou encore de vipères heurtantes dont le venin peut terrasser un lion. Les scientifiques ne parviennent pas à expliquer par quel processus physiologique le ratel est immunisé contre les espèces venimeuses. Autre péché mignon du ratel : le miel. D'ailleurs, comme en anglais, on utilise souvent la terminologie de "blaireau mangeur de miel" pour le désigner. Pour s'adonner à sa gourmandise, il travaille en association avec un oiseau, l'indicateur, qui localise la ruche avant de l'abandonner aux griffes du mammifère, là encore immunisé contre les piqûres des abeilles. Lorsque ce dernier est rassasié, l'oiseau vient se repaître à son tour.
Le comportement social du ratel est assez mal connu. Observé parfois par groupe de 3 ou 4 individus, il est habituellement solitaire, et plutôt nocturne, passant la majeure partie de la journée au frais dans son terrier. Sa viande est encore parfois consommée et l'animal fait partie des espèces semi-protégées. Omnivore, le ratel s'approche parfois des campements où il va visiter les poubelles, fournissant alors au voyageur une rare occasion d'observation de l'espèce.
Où l'observer ? Le ratel occupe tous les parcs du pays, mais il est très difficile à voir.

Viverridés. Parmi les autres carnivores, vous pourrez croiser des petits mammifères de la famille des Viverridae comme la civette (Civettictis civetta, poids autour de 10 kg) et la genette (Genetta, poids autour de 3 kg).

Par leur pelage rayé et tacheté et leur allure, la civette et la genette ressemblent à de petits félins avec une longue queue touffue et un museau allongé, pourvu de dents très acérées. Elles se nourrissent essentiellement de petits rongeurs, d'oiseaux, de reptiles et d'insectes, mais peuvent compléter ce régime alimentaire par des végétaux. Grandes chasseuses, elles sont aussi agiles sur la terre ferme que dans les arbres où elles peuvent utiliser les griffes (en partie rétractiles) de leurs cinq doigts. Ce sont des animaux nocturnes et solitaires (contrairement à certaines mangoustes qui se regroupent en famille) qui passent leurs journées cachées dans le creux d'un arbre ou dans un terrier abandonné. Recherchée pour son pelage, la civette est également connue pour la substance très odorante qu'elle produit pour marquer son territoire. Diluée, cette sécrétion devient le musc utilisé en parfumerie depuis l'Antiquité (civette signifie " parfum " en arabe). Aujourd'hui encore, l'Ethiopie est un grand producteur de musc, mais heureusement pour les civettes, le musc est de plus en plus remplacé par des produits de synthèse de substitution.

Grands herbivores

Buffle d'Afrique (Syncerus caffer). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : African buffalo. Taille : 150 cm. Poids : 600 kg. Longévité : 20 à 25 ans. Gestation : 330 jours. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions.

Sous ses allures de vache exotique, le buffle d'Afrique se révèle en réalité un animal extrêmement dangereux, si ce n'est l'animal terrestre le plus dangereux dans cette partie du continent. Regroupés en troupeaux de quelques dizaines à quelques centaines d'individus, les buffles ne craignent rien ni personne. A la moindre alerte, les mâles n'hésitent pas à charger. Les deux sexes sont dotés de cornes, mais chez les mâles, elles enveloppent la partie frontale de la boîte crânienne de façon à leur constituer un véritable casque. Le buffle, qui fait partie des Big Five, est dépendant d'un apport régulier en eau et se nourrit principalement de graminées. Très bon nageur, il n'hésite pas à traverser une rivière ou un fleuve pour aller paître de l'autre côté de la rive.
Où l'observer ? Dans tous les parcs. Les buffles du Queen Elizabeth sont parfois plus petits car croisés avec des buffles de forêt.

Eléphant d'Afrique (Loxodata africana). Ordre : proboscidiens. Famille : Elephantidae. Nom anglais : African elephant. Taille : 3 m. Poids : entre 4 000 et 7 000 kg. Longévité : 55 à 70 ans. Gestation : 22 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : hommes.

L'éléphant, avec sa démarche aérienne qui se fait flottante et agile lorsque le pachyderme accélère le pas, surprend autant qu'il fascine. Extraordinairement silencieux compte tenu de sa masse imposante, ce mammifère, jadis victime d'un terrible massacre, fait aujourd'hui l'objet de nombreuses recherches qui tendent à mettre au jour l'extraordinaire unicité de l'espèce.
L'éléphant est l'animal terrestre le plus gros. C'est aussi le seul mammifère à posséder une trompe : cet organe curieux et caractéristique, dont l'extrémité est formée de deux " doigts " extrêmement sensibles, constitue le membre principal de l'animal. Pouvant s'abaisser au ras du sol ou s'élever jusqu'à 5 m de hauteur, la trompe sert à sentir, saisir et réunir la nourriture, boire et même respirer (lorsque l'éléphant traverse un cours d'eau profond, il se sert de sa trompe comme un tuba). La trompe est entourée à la base de deux défenses. Ces incisives modifiées servent à soulever, creuser, découper, tailler, abattre et frapper. L'ivoire pousse de 10 cm par an, si bien que les défenses cassées se trouvent régulièrement remplacées. L'éléphant possède également quatre énormes molaires qui se renouvellent six fois au cours de sa vie. Une fois qu'elles sont définitivement usées (ce qui survient au bout d'une soixantaine d'années), l'éléphant, incapable de mâcher sa nourriture, meurt de malnutrition, de maladie ou de faim.
L'éléphant se nourrit d'herbe, laquelle représente 80 % de son alimentation journalière, de rameaux, graines, feuilles, écorces, racines... soit une consommation de 150 à 250 kg par jour ! Très friand de fruits (ceux du marula en particulier), il peut s'en gaver jusqu'à l'indigestion. Il dort assez peu (pas plus de 4 à 5 heures), passe la majorité de son temps (16 heures en moyenne) à manger et parcourt de larges distances afin de diversifier au possible son alimentation. L'eau joue également un rôle important dans la détermination de ses déplacements. Si un éléphant peut rester plusieurs jours sans boire, cette situation ne saurait se prolonger outre mesure et contraint l'animal à bouger pour satisfaire son besoin impératif en eau (ce qui explique certaines migrations en saison sèche).
Parmi les traits les plus intéressants de la race figure son complexe système social car l'éléphant évolue dans une société matriarcale. La structure de base repose sur la famille, constituée de plusieurs femelles adultes et de petits dirigés par la matriarche, femelle la plus ancienne et donc la plus expérimentée du troupeau. C'est elle qui conduit le troupeau et prend la décision de fuir ou de charger en cas de danger. Devenue trop vieille ou trop faible, la matriarche s'écarte du groupe et est remplacée par celle qui était la femelle la plus âgée immédiatement après elle. Curieusement, les mâles adultes n'ont aucun pouvoir dans la famille ; ils ne restent pas dans le troupeau mais se mêlent sporadiquement à différents groupes, en particulier lorsque les femelles sont fécondes. Le reste du temps, ils vivent seuls ou en petits groupes de 2 à 20 individus, dont la composition est variable et se modifie très souvent d'une semaine à l'autre.
Une famille est constituée d'une quinzaine de membres ; au-delà, elle a tendance à se scinder : si l'une des troupes reste dirigée par la mère, l'autre est placée sous la tutelle d'une " soeur " ou d'une " cousine ". Cependant, pendant la saison sèche, les familles, attirées par les mêmes plans d'eau et points de nourriture, tendent à se regrouper en immenses troupeaux. Les éléphants sont donc des animaux sociables. Ce caractère qui se manifeste à maintes reprises s'exprime souvent par le jeu des troupes et des cris : quand deux individus se saluent, ils se sentent, se touchent, se caressent ou placent respectivement leur trompe dans la bouche de l'autre. Lorsque deux familles proches se retrouvent après une séparation de plusieurs jours ou plusieurs semaines, elles laissent éclater leur joie en barrissant, grondant, déféquant et multipliant les frottements de trompes... Tous ces signes et attouchements, sans aucun doute marqués d'une signification précise, témoignent des multiples moyens de communiquer dont semble disposer la race. Des recherches récentes ont montré que les éléphants disposaient d'un véritable langage et pouvaient émettre des sons à basse fréquence bien en deçà des seuils de l'oreille humaine. De tels sons, très utiles, élimineraient les interférences que cause la végétation et permettraient aux pachydermes de rester en contact dans un rayon de 10 km.
Essentiels chez les éléphants, le contact et la sociabilité se manifestent également par l'instinct de protection.
Au sein d'une même famille, l'entraide n'est pas une notion vaine et il arrive fréquemment que deux éléphants maintiennent debout l'un de leur congénère malade ou blessé. Ce soutien est clairement perceptible dans la relation des mères envers leurs petits. En cas de danger, les femelles se mettent à galoper en rangs serrés et maintiennent les éléphanteaux au milieu. Si la fuite n'est pas suffisante, elles se regroupent en ligne et forment un mur de défense derrière lequel les petits s'abritent. De même, la matriarche se montre, au quotidien, extrêmement attentive et attentionnée envers sa progéniture : elle touche régulièrement son petit de la trompe, le relève quand il tombe, le pousse quand la pente est trop raide, l'asperge et le frotte pendant les séances de baignade, le tient par la queue pour le diriger, l'aide à franchir certains obstacles. Elle se transforme en véritable ange gardien jusqu'à ce que le petit atteigne sa puberté (10-12 ans). Il est alors temps pour le jeune mâle d'aller faire ses preuves en solitaire dans la grande brousse africaine... La jeune femelle, en revanche, reste dans la famille et, à partir de 13-14 ans, se met à procréer à son tour. Chez les éléphants, les femelles sont fécondes tous les deux ou trois mois, sauf quand elles sont grosses ou allaitent. Elles attendent environ trois ou quatre ans avant de remettre bas.
La vie des éléphants s'achève comme celle des humains : il est prouvé que les pachydermes enterrent leurs morts. Tout individu de l'espèce trouvé immobile sur le sol est ainsi recouvert de poussière et de branchage par les autres.
Où l'observer ? L'éléphant des savanes se repère facilement dans tous les parcs, à l'exception de celui du lac Mburo. On trouve également en Ouganda l'éléphant des forêts, qui se caractérise par des oreilles plus petites et circulaires, et des défenses plus minces et plus droites. Beaucoup plus difficile à observer, il est présent à Kibale et à Bwindi.

Girafe (Giraffa camelopardalis). Ordre : artiodactyles. Famille : Giraffidae. Nom anglais : girafe. Taille : 5 à 6 m. Poids : 700 à 1 000 kg. Longévité : 28 ans. Gestation : 15 mois. Nombre de petits : 1, parfois 2. Prédateurs : lions, hyènes.

Symbole de l'Afrique par excellence, la girafe est le plus grand animal terrestre. Comme chez les autres mammifères, son long cou est supporté par 7 vertèbres, mais leur espacement de 40 cm est exceptionnel. Ces vertèbres représentent la moitié de sa colonne vertébrale, une hypertrophie très vraisemblablement due à la lente adaptation de la girafe à son habitat et à sa quête de nourriture dans les hauteurs.
Les girafes se nourrissent de jour comme de nuit et ne sont pas dépendantes d'un apport en eau régulier. Leur régime est composé de feuilles (elles sont particulièrement friandes de feuilles d'acacias) et parfois d'herbes. Les deux sexes sont dotés de cornes qui sont chauves chez les mâles et recouvertes de poils chez les femelles.
Animaux grégaires, les girafes possèdent un odorat, une vue et une ouïe très aiguisés. Malgré leur grande taille, elles sont parfois la proie de lions ou de groupes d'hyènes, notamment lorsqu'elles se penchent pour boire. Leur meilleure défense est leur vitesse de course (50 km/h), mais elles sont aussi capables de tuer leurs prédateurs par de violents coups de sabots.
La taille démesurée de ce mammifère ne va pas sans nécessiter quelques adaptations anatomiques. Ainsi, si le coeur d'une girafe pèse 12 kg, c'est qu'il doit être capable de pulser le sang vers un cerveau situé à plus de 3 m de lui. Sa pression sanguine est trois fois supérieure à celle de l'homme. Cette puissance cardiaque est par ailleurs contenue par des vaisseaux sanguins très élastiques qui évitent l'hypertension. Enfin, les veines principales sont dotées de valves qui permettent de contrôler l'arrivée ou le départ massif de sang à partir du cerveau, lorsque la girafe se penche pour boire, par exemple. Autre conséquence étonnante de sa grande taille : la girafe met bas debout et le nouveau-né fait une belle chute de plus de 2 m ! La girafe est l'animal le plus paisible du continent.
Où l'observer ? L'espèce présente en Ouganda est la girafe de Rothschild que l'on trouve dans le nord du parc de Murchison Falls (et éventuellement à Kidepo) mais qui est rare sur le reste du continent.

Hippopotame (Hippopotamus amphibus). Ordre : artiodactyles. Famille : Hippopotamidae. Nom anglais : hippopotamus. Taille : 140 cm. Poids : 1 400 à 2 000 kg. Longévité : 30 à 40 ans. Gestation : 8 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions.

L'hippopotame signifie littéralement " le cheval de rivière ". Ce mammifère semi-aquatique passe la majeure partie de la journée dans l'eau. Sa peau grise et rosée, quasiment glabre, est très fragile et craint le soleil. Il nage avec aisance et est capable de plonger pendant plus de 6 minutes, bien qu'il n'excède généralement pas 2 minutes. Son squelette est constitué d'os lourds (non pneumatiques), ce qui lui permet de marcher tranquillement au fond de l'eau. Ce sont des animaux sédentaires et grégaires, vivant souvent en bande de 15 à 30 individus. Ils sont très territoriaux, et peuvent se révéler extrêmement agressifs et dangereux pour une embarcation qui s'en approcherait trop près. Si le buffle est l'animal le plus craint sur terre, l'hippopotame est celui dont il faut le plus se méfier sur l'eau. Brisant sans vergogne les embarcations jugées trop envahissantes, il est le mammifère le plus meurtrier pour l'homme en Afrique.
Où l'observer ? Assez commun dans les grands lacs et rivières d'Ouganda, il est pourtant inscrit sur la liste des espèces menacées d'extinction.

Phacochère (Phacoecerus aethiopicus). Ordre : artiodactyles. Famille : Suidae. Nom anglais : warthog. Taille : 70 cm. Poids : 60 à 100 kg. Longévité : 15 ans. Gestation : 170 jours. Nombre de petits : 2 à 6. Prédateurs : lions, léopards, guépards.

Le phacochère est le sanglier de la savane, où il vit en famille dans des terriers abandonnés. Il présente de grosses verrues de chaque côté de la face, l'une sous l'oeil, l'autre un peu en arrière des défenses. Celles-ci sont les canines de la mâchoire supérieure et peuvent atteindre 50 cm. Elles lui servent d'arme et d'outils pour déterrer bulbes et racines. Sa mauvaise vue est en partie compensée par une très bonne ouïe. Comme son voisin européen le cochon, il aime à se vautrer dans la boue. D'aspect peu agréable, l'animal est néanmoins fort sympathique avec sa crinière lui tombant dans les yeux, sa façon de trottiner en dressant sa queue déplumée et de fouiller le sol frénétiquement agenouillé sur ses pattes antérieures. Lors de la fuite, il est cocasse de voir s'enfoncer dans le bush toute une petite troupe de phacochères, crinière hérissée et queue dressée. Attention toutefois, bien que craintif, le phacochère, s'il se sent menacé est capable de charger.
Où l'observer ? A peu près partout dans le bush.

Rhinocéros blanc (Ceratotherium simun - Diceros bicornis). Ordre : périssodactyles. Famille : Rhinocerotidae. Nom anglais : white rhino. Taille : 180 cm. Poids : 2 000 kg. Longévité : 40 ans. Gestation : 18 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : hommes.

Le rhinocéros est le grand mammifère le plus menacé d'Afrique. On distingue deux espèces : le rhinocéros blanc et le rhinocéros noir. Contrairement à ce que laissent penser les deux adjectifs visant à les différencier, ces deux espèces de rhinocéros sont de la même couleur, c'est-à-dire gris. En fait rhinocéros blanc est la traduction du nom anglais white rhino, lui-même dérivé phonétiquement du terme afrikaans witte renoster. Dans la réalité, le rhinocéros blanc se différencie du rhinocéros noir par sa corpulence plus forte (il est deux fois plus gros !), un port de tête bas et surtout des lèvres carrées. C'est d'ailleurs ce dernier point qu'ont retenu les Anglais pour le rebaptiser square-lippered rhino. Malheureusement, la confusion risque de ne pas durer puisque ces deux espèces sont en voie de disparition, avec des individus abattus les uns après les autres par les braconniers. En effet, leur corne (faite de kératine et non d'ivoire) posséderait selon les Asiatiques qui l'achètent à prix d'or, des vertus aphrodisiaques. Le rhinocéros d'Afrique possède deux cornes, contrairement au rhinocéros asiatique qui n'en a qu'une.
Le rhinocéros blanc se montre plus docile que son cousin noir enclin à charger au moindre danger. Le premier est également plus sociable pouvant former des groupes de 10 individus tandis que le second vit en solitaire et ne se mêle à ses semblables que pendant la saison des amours.
Où l'observer ? A l'origine, les deux espèces de rhinocéros étaient présentes dans les parcs d'Ouganda mais ils ont disparu avec le braconnage. Des programmes de réintroduction sont en cours, mais à l'heure actuelle, la seule possibilité d'en voir dans le pays, hormis démarche scientifique, est de se rendre au Wildlife Education Centre à Entebbe qui abrite un couple de rhinocéros blancs.

Zèbre de Burchell (Equus burchelli). Ordre : périssodactyles. Famille : Equidae. Nom anglais : Burchell's zebra. Taille : 130 cm. Poids : 300 kg. Longévité : 30 ans. Gestation : 12 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions, hyènes, léopards.

Les zèbres vivent en troupeau de 5 à 30 individus, souvent en compagnie des gnous. Grâce à leurs lèvres mobiles et leurs incisives, ils sont capables de se nourrir d'herbes très courtes que les autres herbivores, comme les gnous, ne peuvent attraper. Leur régime alimentaire est complété par des tubercules et des racines. Dépendant d'un apport régulier en eau, ils ne s'éloignent guère d'un point d'abreuvement. Lors de périodes de sécheresse, ils sont capables de parcourir plusieurs kilomètres, voire de creuser à la recherche du précieux liquide. Leurs rayures noires et blanches sont au nombre de 25 à 30 et agissent comme mécanisme de camouflage et signe de reconnaissance entre les individus. Pour échapper à leurs prédateurs, ils sont capables de courir à 60 km/h.
Où l'observer ? On les rencontre dans les parcs de Kidepo et du lac Mburo, mais ils sont étrangement absents de Murchinson Falls et du Queen Elizabeth.

Antilopes

Antilope rouanne (Hippotragus equinus). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : roan antelope. Taille : 130 à 150 cm. Poids : 230 à 250 kg. Longévité : 18 ans. Gestation : 270 jours. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions.

L'antilope rouanne, appelée également antilope-cheval, est la seconde plus grande antilope d'Afrique après l'éland et c'est peut-être l'une des plus belles. Sa robe est fauve, ses épaules sont larges et sa face, noire et blanche, est dotée de grandes oreilles. Les deux sexes possèdent des cornes, mais celles de la femelle sont plus fines et courtes. Un troupeau d'antilopes rouannes est généralement constitué d'une douzaine d'individus, menés par une femelle dominante. L'espèce a gravement souffert du braconnage sur tout le continent.
Où l'observer ? Quelques spécimens subsistent dans la réserve de Pian Upe au nord du mont Elgon. L'antilope rouanne a disparu des parcs de Kidepo et du lac Mburo.

Bubale de Jackson (Alcelaphus buselaphus jacksoni). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : hartebeest. Taille : 1,30 m au garrot. Poids : 150 à 200 kg. Longévité : 15 à 20 ans. Gestation : 270 jours. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions.

Sa taille, son allure générale, sa tête longue et étroite, ses cornes incurvées en guidon de vélo, son galop bizarre font de cette antilope rousse une bête curieuse et sympathique. Sa vue et son ouïe excellentes et son odorat développé le protègent des prédateurs. Volontiers sédentaires, les bubales s'observent en troupeau de 5 à 18 individus, dirigés par un mâle dominant et gardés par des sentinelles.
Où l'observer ? Peu farouches, les bubales de Jackson se laissent facilement observer dans le parc de Murchison Falls.

Céphalophe (Sylvicapra grimmia - Cephalophus). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : duiker. Taille : 60 cm. Poids : 12 à 16 kg. Longévité : 10 à 12 ans. Gestation : 6 à 7 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : léopards, lycaons, hyènes.

Minuscule antilope, essentiellement nocturne, qui habite le bush ou les forêts denses selon les espèces. Cet animal craintif, qui vit seul ou en couple, se caractérise par son dos arqué et sa tête courbée vers le sol. Ses cornes, séparées par une petite touffe de poils, sont très courtes et droites. Le nom de duiker dérive d'un terme afrikaans signifiant plongeur. En effet, le céphalophe plonge vers le sol à la moindre alerte avant de prendre la poudre d'escampette.
Où l'observer ? Neuf sous-espèces de céphalophes se répartissent dans les savanes des parcs nationaux et dans les forêts. Il est toutefois rare de les apercevoir.

Cobe d'Ouganda (Kobus kob thomasi). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : Uganda kob. Taille : 70 cm à 1 m. Poids : 85 kg. Longévité : 12 à 15 ans. Gestation : 220 jours. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions, léopards, hyènes.

Sous-espèce endémique du cobe de Buffon, le cobe d'Ouganda est l'antilope nationale. Il se distingue par son allure massive et son pelage de couleur fauve. Seul le mâle arbore de longues cornes striées en forme de lyre. On le confond facilement avec l'impala.
Où l'observer ? Des troupeaux de centaines d'individus peuplent les savanes proches des points d'eau dans et autour de Queen Elizabeth, Murchison Falls, Semliki et Katonga.

Cobe à croissant (Kobus ellipsiprymnus). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : waterbuck. Taille : 130 cm. Poids : 200 à 250 kg. Longévité : 18 ans. Gestation : 240 jours. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions, crocodiles.

Waterbuck, ou l'antilope des eaux. Ce surnom, le cobe à croissant le doit à sa faculté de se mouvoir dans l'eau, ce qui lui permet d'échapper à ses prédateurs. Cette antilope est facilement reconnaissable à la cible blanche et circulaire de son arrière-train et à son allure hirsute. Seuls les mâles sont dotés de cornes. Les cobes à croissant sont des animaux grégaires, dépendants d'un apport régulier en eau. Ils vivent en troupeaux de 6 à 12 individus, et parfois plus. On trouve des troupeaux de femelles accompagnées de leur progéniture et d'un mâle dominant, ainsi que des troupeaux de mâles célibataires. L'organisme du cobe à croissant sécrète une fragrance grasse qui a la particularité de conférer à la viande une odeur de térébenthine. Cette singularité est à l'origine de la légende selon laquelle les lions répugneraient à chasser cette antilope.
Où l'observer ? Les cobes à croissant d'Ouganda sont de la famille Defassa (avec un cercle blanc plein sous la queue). Ils occupent les zones humides des parcs de savanes.

Dik-dik (Madoka kirki). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : dikdik. Taille : 30 cm. Poids : 3 à 5 kg. Longévité : 10 ans. Gestation : 6 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : aigles, pythons, félins...

Le dik-dik est une minuscule antilope à la drôle de tête allongée par un museau qui ressemble à une petite trompe. Sa légère fourrure est grise sur le dos et blanche au niveau du ventre. Sur le haut du crâne, une touffe de poils cache partiellement les petites cornes du mâle. On remarque sous ses yeux de grosses taches noires, qui comme chez d'autres antilopes sont des glandes qui servent au marquage territorial. Le dik-dik se déplace en couple, et reste d'ailleurs fidèle toute sa vie, une légende voulant que le survivant meure peu de temps après son conjoint. Son nom vient sans doute du son qu'il émet en cas d'alerte.
Où l'observer ? Le dik-dik apprécie les terrains broussailleux arides, ce qui fait qu'en Ouganda, on ne le rencontre que dans la vallée de Kidepo.

Eland du Cap (Taurotragus oryx). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : eland. Taille : 150 à 175 cm. Poids : 550 à 700 kg. Longévité : 15 à 25 ans. Gestation : 250 jours. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions. L'éland est la plus grande antilope d'Afrique. Malgré sa haute taille, il est très agile et capable de franchir des obstacles de plus de 3 m de haut. Les femelles, qui sont moins larges que les mâles, sont également dotées de cornes. La couleur de leur pelage oscille entre le brun et le gris avec quelques fines rayures blanches sur le flanc. L'éland a une petite tête et un cou musculeux au large fanon (peau qui pend sous le cou). Il se nourrit d'herbes, de fruits sauvages, de feuilles et de bulbes. C'est un animal très timide qui a longtemps été chassé pour sa viande excellente.

Où l'observer ? On le trouve essentiellement dans le parc du lac Mburo mais aussi à Kidepo.

Grand Koudou (Tragelaphus strepsiceros). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : greater kudu. Taille : 130 cm. Poids : 180 à 270 kg. Longévité : 15 ans. Gestation : 210 jours. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions, hyènes.

Les koudous peuvent être facilement identifiés à leurs grandes oreilles, leur marque blanche séparant les deux yeux, et, surtout, chez les mâles, leurs superbes cornes torsadées. Cette antilope se nourrit de feuilles (d'acacia), de fruits et de jeunes pousses. Elle n'est pas dépendante d'un apport régulier en eau et est capable de se contenter de la rosée et de l'eau contenue dans son alimentation. Les koudous sont des animaux grégaires, observables en troupeaux d'une douzaine d'individus. Remarquables sauteurs, ils sont capables de franchir des obstacles de plus de 2,50 m de hauteur. Les femelles sont dépourvues de cornes, lesquelles, chez les mâles peuvent mesurer jusqu'à plus de 1,50 m.
Où l'observer ? Quelques rares spécimens peuvent être vus dans le parc national de Kidepo.

Guib harnaché (Tragelaphus scriptus). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : bushbuck. Taille : 80 cm. Poids : jusqu'à 75 kg. Longévité : 12 ans. Gestation : 6 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions, léopards, hyènes.

Petite antilope au dos arrondi et au pelage fauve ou acajou rayé de blanc. Son arrière-train est constellé de petites taches blanches. Le guib vit souvent en solitaire sur des territoires clairement marqués, dans des terrains boisés ou broussailleux. Bien qu'il soit craintif, c'est un animal batailleur qui se défend grâce à ses cornes qui peuvent atteindre 30 cm (les femelles n'en ont pas).
Où l'observer ? On le trouve un peu partout mais ses moeurs nocturnes et son environnement boisé rendent son observation difficile.

Impala (Aepyceros melampus). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : impala. Taille : 90 cm. Poids : 45 à 55 kg. Longévité : 15 ans. Gestation : 180 à 210 jours. Nombre de petits : 1 ou 2. Prédateurs : lions, léopards, guépards, lycaons.

Cette antilope gracieuse, à l'allure très fragile, se reconnaît facilement grâce à ses deux bandes noires, verticales, situées de part et d'autre de la queue. Les troupeaux, de 15 à 30 individus (et parfois bien plus), sont constitués de femelles, de leur progéniture, de mâles impubères et d'un mâle dominant. Les autres mâles se regroupent pour former des troupeaux de célibataires. La saison des amours donne lieu à de violents combats entre les mâles (les seuls à être dotés de cornes). Responsable d'un troupeau de dizaine de femelles, le mâle dominant se doit de faire face à des rivaux potentiels. Ce qui donne lieu à des situations cocasses : trop occupé à pourchasser ses concurrents, le mâle dominant n'a plus le temps d'assumer ses fonctions de reproducteur et délaisse son harem, une faute que des petits malins s'empressent de réparer... Remarquables sauteurs, les impalas sont capables de franchir des obstacles de 12 m de long ou de 3 m de haut !

Où l'observer ? Très commun dans de nombreux parcs du continent, mais en Ouganda, l'impala ne se rencontre qu'au lac Mburo et dans la réserve de Katonga.

Ourébi (Ourebia ourebia). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : oribi. Taille : 50 à 60 cm. Poids : autour de 15 kg. Longévité : 15 ans. Gestation : 210 jours. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions, léopards, guépards, hyènes.

L'ourébi, ou oribi, appartient au groupe des antilopes naines, à cornes droites, proches parentes des gazelles. Il fréquente les prairies ouvertes et la brousse. Il est diurne et préfère se nourrir tôt le matin, quittant sa retraite nocturne avant le lever du soleil, et se retire pour ruminer tranquillement dans l'herbe haute lorsqu'il commence à faire chaud. L'ourébi vit généralement en couples, mais on observe fréquemment de petits groupes de cinq ou six individus.
On le reconnaît grâce à une tache ronde de peau noire localisée en arrière de l'oeil, sous l'oreille. En raison de sa petite taille, I'ourébi connaît de nombreux ennemis. Les pythons eux-mêmes peuvent l'engloutir entièrement. Heureusement pour lui, l'animal dispose de sens étonnamment fins et s'éveille au moindre bruit suspect pour prendre la fuite. Il effectue souvent des bonds verticaux qui lui permettent de voir par-dessus les herbes pour déceler les prédateurs tapis dans les hautes herbes.
Où l'observer ? Dans toutes les zones de savane à l'exception du Queen Elizabeth.

Sitatunga (Tragelaphus speckei). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : sitatunga. Taille : 90 cm. Poids : jusqu'à 15 kg. Longévité : 15 ans. Gestation : 225 jours. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions, léopards, crocodiles.

Egalement appelé guib d'eau, le sitatunga est une antilope très farouche qui habite les zones marécageuses.
Pour s'y déplacer, elle présente la particularité d'avoir des pattes écartées et des sabots très longs, légèrement palmés entre les onglons. Leur allure est un peu maladroite. Mâles et femelles présentent des rayures dorsales mais la robe de la femelle est de couleur rousse tandis que le mâle est marron.
Seul ce dernier porte des cornes en spirale qui peuvent atteindre 80 cm. Le fait qu'il dispose toute l'année de beaucoup de verdure lui permet de vivre sur des zones restreintes et autorise potentiellement de fortes densités.
Où l'observer ? Dans les zones inondables des savanes et en particulier dans la réserve de Katonga.

Topi (Damaliscus lunatus). Ordre : artiodactyles. Famille : Bovidae. Nom anglais : topi. Taille : 1,20 m. Poids : environ 120 kg. Longévité : 15 à 20 ans. Gestation : 8 mois. Nombre de petits : 1. Prédateurs : lions, hyènes, chacals.

Avec sa tête allongée, le topi ressemble au bubale, mais est légèrement plus petit. Sa robe luisante est d'un brun plus foncé tirant vers le roux et il a des marques noires sur la face et le haut des pattes. Les mâles sont généralement plus sombres que les femelles et possèdent de plus grandes cornes. Ils règnent sur un troupeau de 6 à 20 femelles qui peuvent se scinder lors des migrations. Le damalisque topi peut se passer de boire si l'herbe lui procure suffisamment d'eau, mais lorsque l'herbe est sèche, il doit boire au moins tous les deux jours. Là où la nourriture est abondante toute l'année, le topi n'est pas migrateur.
Où l'observer ? Cette drôle d'antilope apprécie les grandes plaines peu arborées et les savanes, mais on le rencontre également dans les forêts broussailleuses. En Ouganda, on le rencontre surtout dans le parc de Queen Elizabeth.

Rongeurs

Porc-épic à courte queue (Hystrix africaeaustralis). Famille : Hystricidae. Nom anglais : porcupine. Taille : 60 cm. Poids : 15 à 25 kg. Longévité : 15 ans. Gestation : 3 mois. Nombre de petits : 1 à 4. Prédateurs : lions ; léopards, hyènes, aigles.

Le porc-épic est le plus gros rongeur du continent. Il se reconnaît très facilement avec ses superbes piquants (jusqu'à 15 cm de long) à bandes noires et blanches qui, par milliers, le couvrent des épaules à la queue. Solitaire, le porc-épic se nourrit de racines et de tubercules ainsi que d'écorces et de certaines plantes. C'est un animal très timide qui creuse ses propres terriers. Lorsqu'il est attaqué, le porc-épic redresse ses épines, devenant énorme et menaçant. Il tourne le dos à l'adversaire et le frappe de sa queue épineuse qu'il secoue violemment. Ses piquants se détachent alors pour se planter dans la peau de son ennemi.
Où l'observer ? Trois sous-espèces de porc-épic se répartissent dans les différentes savanes du pays.

Oiseaux

Si la plupart des voyageurs se montrent attirés surtout par les mammifères, ils n'en sont pas moins captivés par la beauté de certains oiseaux dont le plumage multicolore ou la taille démesurée forcent l'admiration. Avec sa végétation préservée et sa grande diversité d'habitats naturels, l'Ouganda est sans conteste la destination favorite des ornithologues et des amoureux des oiseaux qui peuvent observer plus de 1 000 espèces différentes, un record sur le continent. Le parc Queen Elizabeth compte à lui seul près de 600 espèces, et leur nombre ne cesse d'augmenter. Bien sûr, toutes les espèces ne sont pas présentes dans le pays au même moment puisqu'il faut prendre en considération les flux migratoires. A cet effet, l'ouvrage édité par l'Uganda Tourist Boad s'avère un outil indispensable. Si une seule espèce (le tisserin de Fox) est endémique au pays, on trouve en Ouganda une vingtaine d'espèces endémiques de la vallée du rift albertin. Outre cette diversité, on appréciera la facilité avec laquelle on peut découvrir le petit monde des volatiles. Quel que soit l'endroit, il suffit de s'immobiliser quelques minutes pour entendre le chant d'au moins une dizaine d'espèces différentes.
Il nous est impossible de décrire ici de façon exhaustive la multitude d'espèces d'oiseaux observables en Ouganda, mais en voici quelques-unes parmi les plus communes ou les plus remarquables qui vous permettront de vous repérer dans l'avifaune.

L'autruche (ostrich). Cet oiseau emblématique de la savane mérite bien un traitement à part, mais en Ouganda, seules les personnes se rendant à Kidepo auront la chance de l'observer.

Le plus grand oiseau de la planète (jusqu'à 2,50 m) ne vole pas, mais peut courir à une vitesse de 50 km/h sur de très longues distances. Ses ailes lui servent de balanciers pendant la course. Les mâles ont un plumage noir profond et quelques plumes blanches sur les ailes, les femelles sont uniformément brun gris. Elles pondent une vingtaine d'oeufs de près de 2 kg chacun, mais dont la moitié seulement pourront éclore.

La grue couronnée (crowned crane). L'emblème du pays. Souvent visible près des fleuves et des lacs, c'est un magnifique échassier atteignant 1,20 m de haut. Son corps est à la fois gris, ocre et marron. Sa tête est une véritable palette de couleurs éclatantes : yeux bleus, joues blanches et rouge vif, crâne noir profond, crête dorée et petit pli de peau rouge sous le cou. C'est un animal craintif qui ne se laisse pas approcher de trop près. La grue couronnée vit en couple et reste fidèle à son compagnon tout au long de sa vie.

Le héron goliath (Goliath heron). Perché sur ses 1,40 m, c'est le représentant le plus grand et le plus robuste de sa famille. Son dos et ses ailes sont ardoise, son cou et son ventre sont roux. Parmi les autres espèces résidant en Ouganda, vous pourrez observer le héron cendré, capable, s'il n'est pas dérangé, de se tenir durant des heures sur une seule patte. Ce dernier niche en colonie tandis que le héron goliath est plus solitaire. On les voit souvent près des grands herbivores.

Les cigognes (stork). Mesurant de 0,75 m à 1,50 m, les cigognes sont dotées de longues et fines pattes ainsi que d'un long bec. Plusieurs espèces sont recensées en Ouganda dont la cigogne blanche, la cigogne noire, le jabiru d'Afrique avec son superbe bec rouge et noir, le bec-ouvert... Le marabout (marabout stork), grand charognard qui se distingue par son aspect disgracieux avec sa tête déplumée, est présent partout dans le centre-ville de Kampala où il remplace presque nos pigeons ! Le bec-en-sabot du Nil (shoebill stork) fait également partie de la famille des cigognes. C'est l'un des oiseaux les plus recherchés par les ornithologues en Afrique et c'est en Ouganda, dans le delta de Murchison Falls, le parc national de Semliki et les marais de Mabamba, qu'il est le plus facile à observer. D'une hauteur de 1,20 m, il tient son nom de son bec énorme. Il se distingue également par sa couleur grise et son aspect préhistorique. C'est un oiseau menacé de disparition.

Les ibis (ibis). L'ibis sacré au plumage blanc ponctué de noir, et l'ibis terrestre, plus grand, noir avec des parties rouges sous le bec, présentent un bec très caractéristique épais et recourbé. Ils sont particulièrement élégants lorsqu'ils déploient leurs grandes ailes. Le soir, les ibis se réunissent par dizaines d'individus, généralement dans les arbres, et passent la nuit ainsi groupés.

Les rapaces. Il y a près d'une centaine d'espèces d'oiseaux de proie différentes en Ouganda, et seuls les spécialistes sont capables de toutes les reconnaître. On dénombre une demi-douzaine de vautours (vulture), de nombreux faucons (falcon) et une douzaine d'aigles. Parmi les plus faciles à identifier on citera le bateleur des savanes (bateleur eagle), reconnaissable à sa grosse tête et son bec rouge, l'aigle huppard (long-crested eagle), oiseau noir bruyant qui se distingue par sa superbe crête et aime se percher sur les poteaux électriques, et l'aigle pêcheur (fish eagle), dont la tête blanche, le corps couvert d'un plumage marron et surtout le cri caractéristique lui assurent une irrésistible cote d'amour. Enfin, l'aigle martial (martial eagle) est l'aigle le plus gros d'Afrique. D'une taille de près de 1,30 m (de la tête à la queue), son envergure atteint les 2,50 m. Ce puissant oiseau de proie est capable de tuer et d'emporter des petites antilopes ! S'il est un rapace que vous ne pourrez confondre avec aucun autre, il s'agit du serpentaire (secretary bird). Evoluant souvent par deux, les serpentaires mesurent 1,40 m. Quelques particularités les rendent reconnaissables, comme les plumes ébouriffées qui parsèment le dessus de leur tête et de leur cou, les lunettes orange qu'ils arborent et leur bec gris et jaune. Ce sont des oiseaux qui chassent plutôt à pied, progressant sur la terre ferme à la recherche de quelques rongeurs ou serpents qu'ils tuent à coup de pattes avant de les ingurgiter. Enfin, parmi les rapaces nocturnes les plus impressionnants, citons la chouette africaine (african wood-owl), le grand duc africain (spotted-eagle-owl) et le hibou du Cap (marsch owl).

Les martins pêcheurs (kingfisher). Leur taille oscille entre 13 et 46 cm. Plus d'une dizaine d'espèces sont recensées. Leur plumage chatoyant mêle les teintes fauves et toutes les nuances de bleu jusqu'au turquoise, le tout relevé par un bec rouge vif. L'alcyion pie est un kingfisher noir et blanc très commun faisant exception. Tous vivent près des points d'eau et c'est un véritable enchantement que d'observer leur technique de pêche. On peut les voir près de n'importe quel point d'eau.

Les guêpiers (bee eater). Ces petits oiseaux brillamment colorés (le vert et le rouge sont souvent présents), mesurent de 17 à 36 cm et sont facilement identifiables grâce à leur long bec incurvé, et surtout à un fin bandeau noir allant du bec à la nuque et recouvrant les yeux. On en compte 14 familles différentes en Ouganda qui évoluent selon les migrations. Ce sont des oiseaux craintifs qui évoluent notamment dans les savanes, hélas difficiles à photographier.

Les rolliers (roller). Ils doivent leur nom à leur vol très particulier. En effet, ils aiment à s'élancer dans les airs et prendre de l'altitude avant de se laisser choir bruyamment en tournant sur eux-mêmes. Le plus séduisant d'entre eux est le fameux rollier à gorge lilas (lilac breasted roller), également appelé rollier à longs brins, qui offre une palette digne de concurrencer le plus bel arc-en-ciel.

Espèces forestières. Les forêts sont les lieux les plus riches en oiseaux, mais du fait de l'épaisseur des feuillages, leur observation s'avère beaucoup plus difficile. Avec de la chance et de la patience, vous pourrez, entre bien d'autres, admirer quelques espèces de perroquets (perroquet de Meyer, perroquet Jaco), des perruches, toutes sortes de touracos, dont le grand bleu, impressionnant par sa taille autant que sa couleur, le coucou émeraude ainsi que diverses espèces de calaos (hornbill).

Reptiles
Caméléon.
Caméléon.

Au pays du Nil, le crocodile est roi. Bien qu'ils semblent pulluler, l'espèce du plus gros reptile au monde est menacée d'extinction après avoir fait l'objet d'une chasse intensive. Aquatique, il peut se déplacer jusqu'à 20 km/h sur la terre. Cet animal venu des temps préhistoriques mesure entre 2 et 4 m de long. Si on lui en laisse l'opportunité, il peut vivre jusqu'à 100 ans. Couleur avocat à la naissance, il fonce avec le temps jusqu'à devenir pratiquement noir. A moins que vous n'ayez l'idée saugrenue de barboter dans l'eau (ou la malchance de tomber de votre canoë), le crocodile du Nil ne représente pas de danger pour l'homme.

La plupart des serpents craignent l'homme et il est peu probable que vous les voyiez. Le python, qui vit dans les zones humides des savanes, peut dépasser 5 m de longueur. Non venimeux, il étouffe ses proies (le plus souvent de jeunes antilopes) par strangulation. On trouve différentes espèces de cobras, dont le naja, et de vipères très dangereuses comme la vipère heurtante et la vipère du Gabon qui vit dans les forêts. Le black mamba est le serpent le plus rapide au monde et le plus venimeux. On le surnomme " serpent minute " en raison de la fulgurance de son venin. Il est heureusement très rare. En revanche, vous croiserez une multitude de lézards, hébergerez probablement un petit gecko qui, parfaitement inoffensif, contribuera à réduire le nombre d'insectes dans votre chambre, et en safari, vous rencontrerez peut-être une tortue, un gros varan d'eau ou, si votre guide a de très bons yeux, un caméléon.

Flore

Savane. Véritable royaume de l'herbe, les savanes sont parmi les paysages les plus remarquables de la planète. Il s'agit de zones de transition entre la forêt et le désert. D'une façon générale, elles existent dans les régions où il tombe chaque année de 500 à 1 500 mm de pluies et où alternent saisons humides et périodes de sécheresse. Chaque année, les couleurs des savanes passent ainsi du vert au jaune puis au brun roussi. La durée de la saison sèche détermine la nature de la végétation. Quand les pluies sont rares, la savane prend l'aspect de steppe semi-désertique, que l'on peut qualifier de brousse : seuls quelques arbres de 3 à 5 m, en majorité des acacias, mets favori des éléphants et des girafes, mais aussi des euphorbes candélabres, sorte de cactus, et des arbres à saucisses se dressent au milieu des buissons épineux. La plupart des touristes qui visitent l'Ouganda le font pendant la saison sèche et n'ont donc pas la chance de circuler au milieu d'une savane d'un vert éclatant couverte de fleurs multicolores et parfumées.

Forêts. On en distingue deux types. Les forêts pluviales (en faible altitude comme sur le lac Victoria par exemple) ont besoin d'une température annuelle moyenne de 25 °C et d'au moins 1 500 mm de précipitation par an. Elles se caractérisent par une flore extrêmement variée. Les cimes des arbres forment un véritable couvercle qui laisse à peine pénétrer les rayons du soleil. Chaque arbre est recouvert d'une multitude d'épiphytes (orchidées, fougères...) et de lianes. Ce sont des lieux qui dégagent une force impressionnante. Les forêts d'altitude, à l'ouest du pays, se caractérisent par une végétation étagée. Entre 1 500 et 3 000 m, elles se composent de résineux, comme les cèdres, et ont cédé pas mal de terrain aux parcelles de cultures paysannes et aux plantations de bananes. Elles laissent ensuite place à une végétation de moyenne montagne avec des arbres plus petits, des bruyères et des fougères géantes. Dans les zones les plus humides se dressent de véritables forêts de bambous qui peuvent atteindre 12 m de haut, c'est là que se trouvent les gorilles. Autour de 3 500 m, on trouve une forêt dite de nuages : les arbres sont rabougris et complètement recouvert d'épiphytes (plantes parasites). Mousses, orchidées, fougères et lichens pendent comme des barbes aux branches. Enfin, au-delà de 3 800 à 4 000 m, comme dans le Rwenzori, commence l'étage afro-alpin où foisonnent les buissons d'hélichrysums aux fleurs jaunes et les touffes de graminées. Mais c'est surtout le royaume de plantes gigantesques tout à fait exceptionnelles, des espèces herbacées ou arborescentes comme les séneçons ou les hallucinantes lobélies géantes dont les petites fleurs bleues n'éclosent qu'une fois au cours de leur vie.

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