Photo ancienne d’Agnibilékrou. shutterstock - ilbusca.jpg
Portrait d’Alassane Ouattara, le Président, aux portes d'Abidjan. shutterstock - BOULENGER Xavier.jpg

Un habitat contrasté entre villes et campagnes

L'habitat traditionnel diffère d'une région à l'autre : des cases rondes en banco et toits de paille aux cases rectangulaires, en passant par les cases à terrasse inspirées de l'architecture soudanaise du XIVe siècle... Cependant, cet habitat traditionnel tend à disparaître, remplacé par des logements « en dur » uniformisés, par souci de prévention et de salubrité, mais aussi pour afficher sa réussite et son opulence. On abandonne donc les matériaux traditionnels (terre, paille, palmier, raphia...) pour ériger des maisons rectangulaires construites en briques ou en parpaing et couvertes de tôles, avec un salon, des chambres et si possible, une douche et des toilettes. Dans certaines enclaves villageoises comme Blokoss à Abidjan, l'étalement résidentiel du village traditionnel a laissé place à la verticalité d’immeubles, dont chaque étage abrite les générations successives des familles de patriarches, puis des locataires venus de l'extérieur. Abidjan et les autres grandes villes comptent des barres d'immeubles semblables à nos HLM, pour accueillir une population d'ouvriers immigrés, quand d'autres, plus luxueux, regroupent une partie de la nouvelle bourgeoisie ivoirienne. Quelques localités du pays et les anciens comptoirs du littoral abritent encore de vieilles demeures coloniales ainsi que des maisons patriciennes, petites bâtisses de planteurs au toit de tôle à quatre faces et aux volets à persiennes. Mais la plupart sont aujourd'hui dans un état de délabrement avancé.

La réappropriation de l’espace urbain

Dans les quartiers populaires des grandes villes, on observe une forme de réappropriation de l'espace public à travers l'habitat sur cour, qui s'harmonise avec le concept de famille élargie à l'africaine. Ce mode de vie communautaire hérité de la tradition malinkée est très répandu à Abobo par exemple. Il regroupe plusieurs unités familiales organisées autour du chef de la résidence. Outre ses loyers attractifs, la cour commune se présente comme un mécanisme de résilience dans un espace contraignant où les ressources économiques sont difficiles à trouver, et reproduit en pleine ville une dynamique communautaire semblable à celle du village. Néanmoins, ceux qui en ont les moyens préféreront opter pour une maison individuelle dans les quartiers huppés de Riviera, Marcory ou Cocody. Ils pourront aussi choisir la solution intermédiaire des cités résidentielles, regroupant les habitats d'Ivoiriens de classe moyenne à élevée. Des maisons clôturées dans des résidences fermées, flanquées de murs d'enceinte, de portails et de gardiens, de ruelles et espaces verts. Une cour commune en version « haut de gamme » plus ou moins individualisée, où le syndicat fait office de « conseil du village ». Il faut noter que l'évolution de l'habitat ivoirien est aussi fortement liée au contexte politique et sécuritaire. Dans les années 1980, il n'y avait pas de clôtures autour des résidences. Elles sont apparues dans la décennie suivante, quand la criminalité a grimpé en flèche à Abidjan. Puis se sont élevées au fil des ans, souvent « couronnées » de barbelés dissuasifs. Dans les années 1990, on assiste aussi à une offensive populaire de réappropriation de l’espace, qui se traduit par la disparition des trottoirs, réquisitionnés pour monter des magasins, étals et marchés « sauvages ». À cela il faut ajouter le développement de « squats » et des bidonvilles et la prolifération des maquis, lieux de sociabilité urbaine érigés pour certains avec trois bouts de ficelle et de bois sur le moindre mètre carré disponible.

La valeur famille très forte

La conception la plus répandue est encore celle de la famille élargie, incluant une forte solidarité. Par un mécanisme d'intérêts et d'avidités respectives, cependant, cette « obligation de solidarité » familiale, bien que partant d'un principe fort louable, aura souvent tendance à dégénérer en parasitisme, asservissant ceux qui s'en sortent à une redistribution forcée de leurs gains. La responsabilité des cadets envers leurs aînés est encore très vivace dans les rapports sociaux et représente une pression sociale extrêmement forte : s'occuper des parents, subvenir à leurs besoins, relève quasiment du « devoir divin », et ceux qui s'y dérobent ou ne sont pas capables d'assumer cette obligation que l'on pourrait presque considérer comme « institutionnelle » sont très mal vus, voire carrément dénigrés.

La déférence aux aînés

Filles et garçons grandissent ensemble jusqu'à l'âge de sept ans, âge à partir duquel leurs vies se séparent, chacun étant orienté vers les tâches spécifiques dévolues à son genre. En Afrique, l’âge est garant de sagesse et donc de respectabilité, et que l'on attribue une très grande importance au droit d'aînesse. Ainsi, le « cadet » devra toujours se montrer déférent envers son « grand frère », « tonton » ou « vieux père », même si celui-ci appartient à une catégorie socio-professionnelle inférieure ou n'est pas particulièrement digne d'estime. Contrairement à nos sociétés occidentales où recourir au terme « le vieux, la vieille » est généralement perçu comme irrespectueux, en Côte d'Ivoire, cela traduit au contraire une forme d'attachement indéfectible à la sagesse ancestrale, qui se manifeste également par la place toute particulière qu'occupent les doyens au sein de la communauté. Lors d'une visite au village par exemple, il est de rigueur d'aller saluer les anciens, au même titre que le chef du village.

L’attribution des prénoms

Malgré un attrait certain pour le modernisme technique, qui permet surtout d'étaler sa supériorité financière (et donc sociale) de façon plus ou moins ostentatoire (voitures, téléphones portables, bijoux, vêtements, etc.), la grande majorité des Ivoiriens reste profondément attachée aux traditions et coutumes séculaires. Cela se traduit notamment au niveau de l'attribution des prénoms : en milieu traditionnel, les divers aspects de la vie quotidienne demeurent étroitement liés au temps calendaire et au découpage des semaines en jours. Dans le groupe akan par exemple, à chaque jour de la semaine correspondent des noms masculin et féminin bien précis. Certains groupes du nord, chez les Baoulés et les Sénoufos notamment, nomment l'enfant en fonction du jour et d'un événement particulier marquant le moment de la naissance. Dans l'Ouest, le prénom est choisi en fonction des circonstances de la naissance. Chez les autres, le nom est déterminé selon l'ordre de naissance. Certains enfants portent, en plus de leur prénom, le prénom de leur père, cela multiplie les cas d'homonymie, notamment chez les petits garçons (Kouassi Kouassi, Kouamé Kouamé, etc.). À signaler également, l'adoption dans les milieux chrétiens d'un nom de baptême supplémentaire (Kouakou Kouassi Ernest, Kouamé Aya Georgette, etc.). Chez les musulmans, les prénoms d’origine religieuse islamiques sont très fréquents.

Une jeunesse en décalage

Effet pervers de cette hiérarchisation par l'âge, la société reste très gérontocratique et a tendance à déconsidérer les jeunes, qui se retrouvent entravés par des carcans sociaux, religieux et traditionnels, et finissent par investir les espaces non occupés par ses aînés ou par l'État, comme les nouvelles technologies. Dans une société où plus de 75 % de la population a moins de 35 ans et où l'âge moyen des personnes détenant des responsabilités est de 60 ans (pour un âge moyen national de 20,7 ans), on voit ainsi apparaître un décalage entre le poids social et démographique de la jeunesse, et les responsabilités qu’elle occupe. Cette situation est porteuse d’une crise identitaire qui se manifeste sous des formes extrêmes, avec le phénomène des « microbes », des jeunes délinquants d'environ 8 à 25 ans qui attaquent les citoyens à l'arme blanche pour les dépouiller de leurs biens dans les quartiers déshérités. Mais aussi par l’immigration vers l'Europe, perçue comme la seule alternative pour s'émanciper d'un système perçu comme « verrouillé ». Les modèles économiques dominants sont également en cause, car ils ne permettent pas d'ouvrir d'espaces au sein desquels les jeunes puissent s'épanouir et développer leurs idées.

L’Ivoirien du XXIe siècle

L'Ivoirien du XXIe siècle se projette dans une société mondialisée structurée autour de modes de consommation et de gratification uniformes. L'avènement du téléphone portable, d'Internet et des réseaux sociaux a court-circuité les distances physiques et psychologiques, réduisant le fossé entre villes et campagnes et créant une sorte d'espace commun où les modes de vie et de consommation urbains s'imposent comme les maîtres étalons de la réussite sociale et du bonheur. Ainsi, dans le fin-fond du nord-est, le post-adolescent lobi portera un maillot du Barça et des lunettes de soleil griffées, quand la première chose que s'offrira l'orpailleur clandestin trimant à Tortiya sera un écran plasma ou un congélateur, ses frères abidjanais, eux, se retrouvant le samedi après-midi pour flâner et faire des selfies dans les allées du centre commercial Cap Sud, ou débriefant du dernier prime de The Voice Afrique autour d'un hamburger qu'ils ne manqueront pas de photographier pour le poster sur leur compte Instagram. Jusqu'aux redoutables microbes qui ont emprunté leur surnom aux gangs des favelas brésiliens filmés par Fernando Meirelles et Katia Lund dans La Cité de Dieu, adeptes, à l'instar de nombreux marginaux ghettoïsés, de cette violence totalement banalisée et esthétisée.

Un système éducatif insuffisant

Le système éducatif ivoirien est contrasté. À la campagne, il est encore profondément ancré dans l'idée qu'une descendance nombreuse est gage de prestige et de prospérité (en faisant de nombreux enfants, on s'assure en effet une main-d'œuvre abondante et on augmente ses chances de couler de vieux jours paisibles, présupposé amplifié en milieu rural). Côté ville, l’existence des enfants est conditionnée par les aléas de la vie conjugale de leurs parents. Ils pourront ainsi recevoir une éducation plus ou moins harmonieuse selon qu'ils grandissent dans un foyer épanoui ou se retrouvent ballottés d'un parent à l'autre. Leur éducation variera alors en fonction du statut social des proches qui les recueilleront, mais aussi du degré de polygamie du paternel et des différents traitements de faveur que celui-ci accorde à ses foyers respectifs, cette pratique étant encore largement répandue de nos jours malgré l'instauration officielle de la monogamie par le Code civil de 1964. Bien que le pays enregistre des améliorations dues au plan de scolarisation obligatoire des 6-16 ans initié par Alassane Ouattara en 2015, le niveau de l'analphabétisme demeure relativement élevé. Il varie de 30,1 % pour la ville d'Abidjan à 84,7 % dans la région du Folon (nord-ouest du pays) et apparaît plus marqué dans les régions du nord (plus de 70 %) que dans celles du sud autour d'Abidjan, où les chiffres se maintiennent en deçà de la moyenne nationale (63 %). Avec une prédominance des garçons sur les filles, surtout en milieu rural et dans les régions du nord.

Les grossesses précoces

Le taux de scolarisation des filles s'élevait en 2019 à 55,8 % dans le primaire contre 67,1 % chez les garçons, et 24,6 %, dans le secondaire contre 33,1 % chez les garçons. Bien que l’école soit obligatoire jusqu’à 16 ans, seulement 50 % des filles inscrites finissent le collège, et 25 % le lycée. Beaucoup de celles qui sont scolarisées, sont corvéables à merci sitôt rentrées à la maison. Premier fléau préoccupant et persistant qui cause leur déscolarisation, le phénomène des grossesses précoces. L'année 2019 a ainsi enregistré 3 700 cas de grossesse chez des mineures. Ces chiffres sont révélateurs d'une crise multiforme qui touche à la fois l'école, la société, la famille et l'économie. Car ces grossesses, si elles sont dans la majeure partie des cas le fait d'enseignants usant de leur statut pour opérer un « droit de cuissage » et délivrer ce que l'on appelle des « NST » (notes sexuellement transmissibles) en opérant un chantage sexuel auprès de mineures, sont parfois aussi imputables aux « chasseuses de notes » qui, parce que le phénomène est rentré dans les mœurs sans que cela soit réprimé, cherchent à obtenir des « biens sexuellement transmissibles » (nourriture, fournitures scolaires, règlement des frais de scolarité).

Un système de santé défaillant

Rongé par des logiques de corruption qui entravent les politiques publiques et une « déshumanisation » du personnel de santé, le système sanitaire ivoirien apparaît fortement dysfonctionnel. Un effort considérable a été fait néanmoins en 2019 avec la création de la CMU (Caisse maladie universelle), qui comprend un régime contributif financé par les cotisations d'assurés, pour un montant mensuel de 1 000 FCFA et couvre désormais 3 millions des Ivoiriens. De manière générale, ici on ne soigne pas, on fait taire la douleur à grand renfort de médicaments. En Côte d’Ivoire, 96 % des produits pharmaceutiques sont importés. Les consultations et les médicaments coûtant très cher, les populations ne vont généralement à l'hôpital que lorsqu'il n'y a plus rien à faire, celui-ci est donc assimilé à un mouroir plutôt qu'à un lieu de guérison. En conséquence, les Ivoiriens se procurent souvent des médicaments périmés ou contrefaits dans les « pharmacies par terre » (vendeuses itinérantes de médicaments). À Abidjan, le tristement célèbre marché d'Adjamé Roxy est le plus grand dépôt de médicaments contrefaits. De plus, beaucoup de personnes recourent à la médecine traditionnelle, qui présente l'avantage d'offrir des consultations gratuites et un paiement des traitements échelonnable en fonction des moyens du patient. Ce secteur, bien qu'officiellement reconnu par l'OMS et tentant de se structurer, via la Fédération des tradipraticiens de Côte d'Ivoire, n'en est pas moins gangréné par de nombreux charlatans. Résultat : de nombreux Ivoiriens meurent « cadeau », là où il serait possible de sauver une vie humaine. Les indicateurs de santé enregistrent des progrès lents, dus aux faibles investissements dans le secteur. L’espérance de vie n’est que de 53 ans et la mortalité des enfants de moins de 5 ans reste préoccupante, elle a été quasiment divisée par deux entre 2012 (108 ‰) et 2017 (57,2 ‰), ce qui est très encourageant. Les indicateurs relatifs au paludisme, à la tuberculose et au VIH/sida (2,6 % de prévalence en 2018 contre 3,7 % en 2012) enregistrent des progrès dus aux différents financements et fonds extérieurs dont bénéficie le pays. Les principales maladies infectieuses sévissant en Côte d'Ivoire sont la diarrhée d'origine bactérienne, l'hépatite A et la fièvre typhoïde (maladies d'origine hydrique) ; la malaria, la dengue et la fièvre jaune (maladies à transmission vectorielle) ; la schistosomiase ou bilharziose (maladies liées à l'eau) ; la rage (maladies liées aux animaux), et la méningite méningococcique (maladie respiratoire), infection saisonnière étroitement liée à l’harmattan.

Le « soft power » féminin

Bien sûr, la condition féminine varie selon que l'on se trouve en milieu urbain ou rural, traditionnel ou moderne. L'image typique de la femme africaine pillant le mil dans les villages résume à elle seule les responsabilités dont celle-ci est investie : de l'aube jusqu'au coucher, il s'agit en effet pour elle de subvenir aux besoins du foyer ou de la communauté en assumant, outre les tâches ménagères, les travaux de récolte et de production et l'éducation des enfants. Les petites filles sont d'ailleurs initiées dès leur plus jeune âge à leur futur rôle de mères, et ont à cœur de s'occuper de leurs frères et sœurs cadets comme s'il s'agissait de leurs propres enfants. Bien qu'officiellement, les femmes restent généralement placées en situation d'infériorité dans les rapports hiérarchiques formels et que le poids des préjugés et des perceptions culturelles les relègue presque toujours à l'arrière-plan, officieusement, leur influence à la fois discrète et ferme joue un rôle considérable sur la manière dont évoluent l'économie, la politique et la société civile. D'un point de vue économique, les femmes, très présentes dans les secteurs informels (80 % de l'économie ivoirienne) du vivrier et de l'alimentation, maîtrisent la plupart des ressources essentielles à la survie des grandes villes. Par ailleurs, en tant que mères et procréatrices, elles sont de facto l'objet d'un respect quasi sacré rattaché à toute une symbolique magico-religieuse.

Les femmes dans les sociétés matriarcales

Dans certaines sociétés matriarcales, comme les sociétés à État de type chefferie ou royaume que l'on retrouve chez les Akans (dont la figure fondatrice est la reine Abla Pokou), les femmes jouent le rôle d'éminence grise et assument des fonctions politiques d’importance. Ce sont des « reines mères » siégeant aux côtés du chef dont elles sont les intimes conseillères, elles jouent le rôle de contrôle de la « constitutionnalité », c'est-à-dire de contrôle de la charte et de la conformité des règles auprès du roi et du chef de village. Elles représentent en outre la mémoire institutionnelle et juridique du peuple. Dans les moments de risque, d'adversité, ce sont les femmes qui réquisitionnent les hommes et prennent les décisions à travers une institution dont elles ont le monopole. Dépositaires d'un savoir considérable, notamment en matière de généalogie, elles transmettent à la fois pouvoir et vie, et sont obligatoirement consultées sur le choix des héritiers. Cette perméabilité et ce partage des fonctions expliquent notamment que les parures des rois et chefs akan ressemblent à celles des femmes.

L’émancipation des femmes de pouvoir

Même si dans la plupart des autres organisations sociales la participation des femmes aux prises de décision est dérisoire, voire parfois quasi inexistante, la promotion de la femme ivoirienne a tout de même progressé, ce qui se traduit notamment dans sa représentativité au sein des institutions de l'État (Parlement et gouvernement). La nouvelle Constitution de la IIIe République, adoptée en 2016, institutionnalise un quota minimum de 30 % de femmes au Parlement. Même sous-représentées, beaucoup de femmes se retrouvent aujourd'hui en bonne place dans les milieux décisionnaires, politiques, économiques et artistiques, témoignant d'avancées notables dans le statut de la femme en Côte d'Ivoire. On peut citer Akissi Kouamé, première femme africaine promue générale de l'armée ; Yolande Doukouré, nommée présidente de l'Ordre national des architectes en 2014 ; Christelle Vougo, Cheffe du prestigieux restaurant Saakan, Édith Brou, influenceuse web et cyber-activiste… Reste que si les femmes occupent une place de plus en plus importante au sein de l'espace public, dans la sphère privée, l'épouse et mère aimante dévouée à son mari et ses enfants continue d'incarner l'image d'Épinal de la femme idéale, aussi bien pour les hommes que les femmes.

Mariage forcé et excision

Néanmoins, la nette amélioration de la condition féminine, que l'on observe surtout dans les villes, est cependant loin d'être la norme, et certaines pratiques traditionnelles discutables, voire condamnables, comme le mariage forcé ou l'excision, ont encore cours aujourd'hui, notamment dans certaines régions de l'ouest et du nord, entraînant des conséquences sociales et médicales parfois irréversibles. Selon l'OMS, la Côte d'Ivoire est l'un des pays d'Afrique les plus touchés par l'excision, avec 36 à 38 % de femmes de 15 à 49 ans. Près 3 millions de fillettes y sont encore soumises chaque année, bien que les mutilations génitales soient en principe interdites depuis 1998. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir des jeunes femmes ou des mères-filles fuir leur foyer pour échapper à ces pratiques. Les variations de statistiques dépendent du groupe ethnique et niveau d’éducation plutôt que des conditions rurales ou urbaines. On note cependant un net recul chez les 0 - 14 ans. Dans le nord et nord-ouest, là où elle est la plus pratiquée, la prévalence est de 73 %, mais de seulement 11 % chez les 0 - 14 ans.