Plage de Grand-Bassam. shutterstock -  Roman Yanushevsky.jpg
La rivière Comoé dans le Parc éponyme. shutterstock -  Jake Brooker.jpg

Le relief faiblement contrasté

Son histoire géologique se confond avec celle du craton Ouest‐Africain, la « vieille plate-forme africaine », certaines roches datant de trois milliards d'années.

La quasi‐totalité de la Côte d’Ivoire est couverte par un socle précambrien, excepté la côte, occupée par les formations du bassin sédimentaire. Le relief de la Côte d'Ivoire pourrait donc se résumer au « triomphe de l'horizontalité ».
On distingue cependant trois grands types de relief. Le sud du pays présente l'allure générale d'une plaine, constituée en fait d'un moutonnement de petites collines peu élevées. Le nord, succession de plusieurs plateaux de deux cents à cinq cents mètres d'altitude, est caractéristique de cette planéité d'ensemble du paysage. La monotonie de ces deux types d'horizons est rompue par la présence de reliefs isolés prenant la forme d'alignements de collines, buttes tabulaires ou dômes granitiques. Les sols sont souvent meubles, de couleur rougeâtre, allant de l’ocre au rouille.

Les montagnes de Man

Seuls l'ouest et le nord-ouest du pays, qui constituent l'extrémité orientale d'une région montagneuse, la dorsale guinéenne qui assure le prolongement des montagnes du Fouta-Djalon, se distinguent par un relief plus contrasté et la présence de sommets de plus de 1 000 mètres d’altitude. La région des Dix-Huit Montagnes autour de la ville de Man concentre les sommets du pays, là où vivent les Yacoubas. Le point culminant, le Mont Nimba, s’élève à 1 752 mètres. Il est situé sur la triple frontière Côte d’Ivoire - Guinée et Libéria, et il est englobé dans une réserve éponyme classée réserve de biosphère et site au patrimoine mondial à l’UNESCO. Dans son prolongement, on trouve le mont Richard-Molard (environ 1 280 mètres d'altitude). On peut aussi citer le fameux mont Tonkpi ou Tonkoui (qui veut dire grande montagne en yacouba), qui s’élève à 1 189 m.

Les fleuves, lacs et lagunes

Quatre grands fleuves irriguent le pays du nord au sud. Le réseau hydrographique, également constitué de plusieurs petits fleuves côtiers et de quelques affluents du Niger, assure des apports en eau très importants, mais l'irrégularité saisonnière est grande. Les lagunes ponctuent le littoral ivoirien dans la région éponyme, façonnant le paysage.

  Le fleuve de la Comoé. Long de 900 km, cet immense fleuve prend sa source au Burkina Faso et coule du nord au sud pour se jeter dans l'océan au niveau de Grand-Bassam. La reine Pokou aurait précipité son fils dedans pour sauver son peuple lors de son franchissement.

Le fleuve Bandama. Il s'étire sur 950 km et il est entièrement ivoirien. Il traverse le pays en son milieu et se jette dans l'océan Atlantique à Grand-Lahou. Le delta du fleuve est particulièrement beau et la rencontre des eaux fluviales et océaniques spectaculaire. Au centre du pays, à Kossou, un barrage a été construit sur le Bandama. Ses principaux affluents sont le Marahoué, le N'Zi, le Tiemba, le Bafing, le Lobo et le Davo. 

Le fleuve Sassandra. Long de 650 km, il prend sa source en Guinée et rejoint l'océan à Sassandra. Le nouveau et immense complexe hydroélectrique de Soubré a été construit par les Chinois et inauguré en 2019 sur ce fleuve, promettant de doubler la capacité énergétique du pays. Un autre projet de barrage a été annoncé en 2020 sur ce même fleuve, dans le département de Meagui.

Le fleuve Cavally. Il s'étire sur 515 km de long et prend sa source au nord des monts Nimba, côté Guinée. Il sert de frontière naturelle avec le Liberia tout le long de la frontière. Il alimente en eau la forêt primaire de Taï qui l’entoure et débouche à 21 km à l’est de Harper, au Liberia. Son nom provient de celui de certains poissons se trouvant à son embouchure.

Lac Kossou. Ce lac artificiel de 150 km de long a été formé pour construire le barrage de Kossou entre 1969 et 1978 en terre Baoulé, non loin de Yamoussoukro, sous l’ère Houphouët. Il a permis l'irrigation de 50 000 hectares de terre, mais il a aussi coûté le déplacement de près de 100 000 habitants par le recouvrement de 1 700 km² de terre, dont 200 000 hectares de forêt, soit trois fois le lac Léman ! Près de 3 600 anciens paysans sont devenus pêcheurs. Leur production s’élève à 20 000 tonnes. Beaucoup ont cependant abandonné la pêche pour se consacrer aux plantations de café et cacao grâce à l'irrigation possible.

Lac de Buyo. Comme le lac de Kossou, ce lac artificiel a été créé pour construire le barrage de Buyo sur le fleuve Sassandra des années 1970 à 1980. Il est situé juste au-dessus de la forêt de Taï, pas loin de Daloa. Il a nécessité l’engloutissement de 900 km², le déplacement de près de 22 000 personnes, la région n'était pas fortement peuplée, de Bébé et Kouzié, rejoints plus tard par des Akan, Krou, Mandé.

La région des lagunes. Les lagunes en Côte d'Ivoire se concentrent sur 60 % du littoral et occupent environ 1 200 km² sur près de 350 km. La région des lagunes s’étale autour d’Abidjan. On peut les citer d'est en ouest : Ehi, Tendo, Aby, Kodouobé, Ouladine, Potou, Adjin, Ono, Aghien, Ebrié, Makey, Tiagba, Brigna, Niouzoumou. La Lagune Ébrié est la plus importante. Plus loin vers Assinie la lagune Ehotilé est également l’une des plus importantes, dont le parc national éponyme est classé à l'UNESCO. Les principales lagunes sont reliées entre elles par les canaux d’Assinie et d’Asagny, creusés dans les années 1950. Il est donc possible de voyager par voie lagunaire entre Assinie et Grand-Lahou sur environ 40 km ! Elles abritent nombre d’oiseaux sédentaires et migrateurs, et nourrissent des communautés de pêcheurs traditionnels. Les bords de lagune sont marécageux, constitués de mangrove, tandis que les eaux sont saumâtres.

La lagune Ébrié. Également appelée lagune Ahizi, elle s’étire sur 130 km de long, sur une largeur maximale de 7 km, soit une surface de 560 km². Elle est reliée à l’océan par le canal de Vidri pour permettre l’ouverture du port d’Abidjan sur les eaux de la lagune, mais sa connexion naturelle était l’estuaire du fleuve Comoé, son affluent majeur, jusqu’à ce qu'il soit colmaté. Elle est reliée au Bandama et à la lagune de Grand-Lahou par le canal d’Asagni. C'est la plus vaste de la région, qui baigne Abidjan (plus exactement les quartiers de Treichville, Marcory et Koumassi), Grand-Bassam, Bingerville et Dabou. Elle compte aussi les îles Boulay, Vitré, Désirée et Morin.