Guide de TORONTO : Arts et culture

Architecture
Le Scharp Centre for Design par l'architecte Will Alsop.
Le Scharp Centre for Design par l'architecte Will Alsop.

L'architecture torontoise a considérablement évolué du XVIIe siècle à nos jours, qu'elle soit religieuse, domestique ou urbaine.

L'influence anglaise. Après la conquête anglaise, l'influence de l'Angleterre se fait prépondérante et va progressivement modifier le paysage architectural de l'Ontario. Le modèle est désormais la maison anglo-saxonne, à cheminées massives et toit à quatre pentes peu inclinées. Les rives du Saint-Laurent deviennent les lieux de villégiature d'une bourgeoisie aisée. Les demeures de Kingston et d'Ottawa sont, à ce titre, représentatives de l'architecture du début du XVIIIe siècle. Très prisé des Anglais, le style palladien, emprunté à Palladio, architecte italien du XVIe siècle, domine l'architecture des villes canadiennes pendant le premier quart du XIXe siècle : inspiré du modèle antique, il affectionne frontons, pilastres, colonnes doriques ou ioniques et corniches moulurées. Le patrimoine architectural canadien, établi dans le courant du XIXe siècle, constitue toujours le reflet des styles en vogue en Grande-Bretagne à cette époque. Ainsi, le Parlement du Canada et de nombreuses universités construites à cette époque (Toronto, Hamilton) sont d'inspiration néogothique, et cela, dans l'ensemble du pays.

Courants modernes et postmodernisme. L'architecture métallique qui triomphe aux Etats-Unis avec l'école de Chicago (début du XIXe siècle) conquiert à son tour l'Ontario, plus particulièrement Toronto, annonçant l'ère des gratte-ciel et des ascenseurs. Lui succède le style Art déco dans les années 1930, avec des édifices tels le Commerce Court North dans le quartier financier de Toronto (1931). Après la Seconde Guerre mondiale, le Style international s'impose jusque dans les années 1970. Une des réalisations de premier plan durant cette période est sans conteste le Toronto Dominion Centre (ou TD Centre) conçu par l'architecte Ludwig Mies van der Rohe au début des années 1960. C'est à ce moment que survient le boom des buildings à travers tout le pays, mais aussi celui des banlieues dont la ville de Don Mills au nord de Toronto, première communauté construite selon le modernisme rigide. Puis vient le brutalisme, issu du modernisme et qui rassemble toutes les constructions dures et imposantes en béton, généralement des édifices institutionnels, scolaires, commerciaux et résidentiels. Un bel exemple est la Tour CN, réalisée entre 1973 et 1976 par l'architecte brutaliste australien John Andrews. A la même époque, on réhabilite des quartiers et édifices patrimoniaux comme ce fut le cas avec le Queen's Quay Terminal, un ancien entrepôt situé sur les rives du lac Ontario à Toronto. Dans les années 1980, le courant postmoderniste domine le paysage, mouvement qui déclinera au début des années 2000. C'est alors que l'architecture se diversifie et voit de superbes réalisations comme le Royal Ontario Museum de Daniel Libeskind,

le Sharp Centre for Design de l'École d'art et de design de l'Ontario, par l'architecte Will Alsop, sans oublier le projet de rénovation et d'agrandissement de l'Art Gallery of Ontario par Frank Gehry, l'architecte vedette né à Toronto.

Architecture : Toronto, la ville horizontale

Les premiers édifices construits par les colons en 1793 autour de Fort York, sur les rives du lac Ontario, étaient des bâtisses de bois à l'architecture rudimentaire censées les protéger des rigueurs du climat. Plus tard vinrent les églises et les maisons de style géorgien.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, durant le règne de la reine Victoria, les habitants les plus riches lui préférèrent le style gothique ou le style roman des villas italiennes. C'est aussi à cette époque qu'apparurent les premières maisons " Bay & Gable ", propres à Toronto. Il s'agissait de maisons comportant deux logements jumelés, avec une baie vitrée en façade et un pignon très pointu de style victorien, sans oublier la petite pelouse devant. Nombreuses sont aujourd'hui les habitations de Toronto qui s'inspirent encore de ce style.
A partir de 1834, il fut décidé que les immeubles seraient dorénavant construits en briques. C'est certainement ce qui épargna à la ville une plus vaste destruction lors des grands incendies de 1849 et de 1904. Le Gooderham Building est un bel exemple de cette époque.

Au début du XXe siècle furent bâtis les premiers grands édifices publics dignes de la grande ville que devenait Toronto, tels que le Old City Hall, le Royal Ontario Museum et la gare de Union Station. Dessinés par E.-J. Lennox, l'architecte de la ville, selon le Edwardian style de la Belle Epoque, ces immeubles faisaient partie d'un vaste projet d'urbanisme, appelé " City Beautiful ", qui imaginait de larges avenues partant en étoile de Downtown. En fait, de ce projet, seule University Avenue a vu le jour, en raison de la Grande Dépression. C'est aussi à partir de 1905 que s'élevèrent les premiers gratte-ciel, aspirant à la fonctionnalité, mais sans la démesure de leurs homologues new-yorkais.

Parmi les édifices plus récents, notons ceux signés Moriyama & Teshima. Elégants, dynamiques, imprévisibles, dessinés pour être au service et à la dimension de l'homme, ils abritent entre autres le Bata Shoe Museum, le Ontario Science Centre et la Metro Toronto Reference Library.

Mais Toronto est resté une ville " horizontale ", qui s'est davantage développée en surface qu'en hauteur, hormis pour le coeur du centre-ville et le Harbourfront, ce qui en fait une ville agréable à vivre malgré ses allures et sa culture de grande métropole américaine.

Artisanat

Les traditions ontariennes sont celles d'un peuple soumis aux influences anglaises et françaises et confronté à un climat rude aux hivers interminables. Aujourd'hui, le paysage ontarien a conservé cette empreinte et l'artisanat est demeuré très vivace. C'est celui, entre autres, d'une société rurale qui privilégie le travail du bois et la ferronnerie pour créer des objets utilitaires : ustensiles de cuisine, moules de bois pour le sucre d'érable (feuilles ou coeurs), girouettes, meubles. Dès les débuts de la colonisation, la nécessité de se protéger des grands froids de l'hiver a contribué au développement du tissage et de la broderie, pour la confection de couvre-lits en patchwork (assemblage de bouts de tissu de diverses couleurs), de châles, d'écharpes de laine, de mitaines (gants), de tuques (bonnets) et de chaussons. De nos jours, la création de bijoux modernes a pris le relais de cet artisanat traditionnel.

Artisanat traditionnel amérindien. Les peuples nomades de langue algonquienne qui vivent dans la forêt boréale, s'étaient spécialisés dans le travail des perles d'os, de pierre, de coquillages ou de graines, ainsi que dans la broderie au poil d'orignal et de caribou ou aux piquants de porcs-épics. Autrefois, ils s'échangeaient des ceintures de wam-pum, ornées de perles de coquillages, pour conclure des traités ou lors des cérémonies de paix. Ils continuent à décorer leurs vestes et leurs mocassins, en peau de caribou ou d'orignal, de motifs perlés et à fabriquer des objets usuels en écorce de bouleau, décorés de motifs géométriques incisés et peints où domine la couleur rouge. Les femmes huronnes, sédentarisées depuis toujours, consacrent beaucoup de temps à la confection des broderies en poil d'orignal dont on peut admirer de superbes exemplaires, tandis que les hommes sculptent des masques en bois, confectionnent des raquettes à neige, des canots et de la corde. Les Mohawks créent des bijoux en argent ornés de perles et des sculptures traditionnelles en pierre. Quant aux nations du Grand Nord, elles ont développé un artisanat particulier fondé exclusivement sur le caribou, transformant les peaux, les bois, la corne et les os en vêtements, outils, bijoux et sculptures.

Que rapporter de son voyage ?

Sirop d'érable. Si vous n'avez pas pu vous procurer du sirop d'érable auprès d'un producteur, achetez-le en boîte de conserve ou en bouteille. Mais attention, prenez-le 100 % pur, de catégorie A, pour ne pas vous retrouver avec du " sirop de poteau ".

Vin. On n'oubliera pas non plus d'emporter dans ses valises du vin de l'Ontario, notamment du vin de glace de la région de la péninsule de Niagara.

L'artisanat autochtone, très cher quand il est beau et authentique (recherchez le sceau), notamment les sculptures inuites. Vous pourrez vous y procurer mocassins, raquettes à neige, calumets, bijoux, peaux, boîtes en écorce de bouleau, etc.

Maillots et casquettes des grandes équipes sportives de la région de Toronto : Toronto Maple Leafs pour le hockey ; Toronto Raptors pour le basket ; Toronto Blue Jays pour le base-ball ; Hamilton Tiger Cats ou Toronto Argonauts pour le football canadien ; Toronto FC pour le soccer.

Cinéma

Toronto est la ville de l'ombre dans l'immense industrie cinématographique nord-américaine. De l'ombre, car nombreux sont les films a avoir emprunté son " décor classique ", avec ses rues et parcs typiquement américains, afin de la faire passer pour d'autres grandes villes, telles New York ou Chicago. Ainsi, des films à succès comme Good Will Hunting, censé se dérouler dans une célèbre université de Boston, X-Men (premier opus) et même Chicago - pour n'en citer que quelques-uns -, ont été tournés en partie dans la cité reine. Si son architecture attire, ce sont surtout des raisons économiques, les tournages coutant bien moins chers au Canada, qui décident les producteurs américains à passer la frontière. La ville se voit ainsi souvent surnommée " Hollywood North ".

Jusqu'au milieu des années 1960, la production cinématographique canadienne est presque inexistante. Toutefois, six longs métrages anglophones voient le jour pendant les années 1950. Parmi ceux-là, on compte la version d'oedipe roi de Sophocle (oedipus Rex, 1956) de Tyrone Guthrie, un des fondateurs du théâtre shakespearien de Stratford (Ontario). Un autre jeune Canadien, Sidney Furie, réalise deux excellents films, A Dangerous Age (1957) et A Cool Sound from Hell (1959), qui attirent l'attention des Britanniques. Face à l'indifférence des Canadiens envers ses films, Furie émigre définitivement en Grande-Bretagne. Le cas de Furie est un exemple typique de l'exode dans les années 1960 du talent canadien vers l'Europe. Dans les années 1960, grâce à un cinéaste et réalisateur originaire d'Ottawa, Crawley, dit Budge, le cinéma ontarien prend un nouveau tournant. Ses longs métrages et films comme Amanita Pestilens (1963) ou The Luck of Ginger Coffey (1964) séduisent les Canadiens. Au début des années 1960, l'ONF se lance également dans la production de films.

En 1970, le Torontois Don Shebib avec son film En roulant ma boule (Goin' Down the Road) contribue à l'essor du cinéma canadien-anglais en attirant les foules des quatre coins du pays. Dans cette lignée suivent de nombreux films, mais sans réel succès commercial. Des pressions sont exercées par les cinéastes et réalisateurs auprès des organismes subventionnaires afin qu'ils mettent en valeur les créations canadiennes et favorisent les partenariats entre le cinéma américain et canadien. Dans les années 1970, deux films de qualité symbolisent cette forme de partenariat et sont de véritable succès : L'Apprentissage de Duddy Kravitz (The Apprenticeship of Duddy Kravitz, 1974) et Les Mensonges que mon père me contait (Lies my Father told me, 1975). Toutefois, la grande majorité des films sortis durant ces années sont des films commerciaux à faible valeur ajoutée.

A partir de la fin des années 1970, un mouvement formé de jeunes cinéastes défend l'idée d'un cinéma d'auteur. Débute alors une nouvelle génération de cinéastes et de producteurs talentueux dont le célèbre Phillip Borsos et son film The Grey Fox (1982). C'est aussi à cette période que de nouvelles politiques gouvernementales voient le jour et favorisent la production et la distribution cinématographique. C'est à Toronto que l'on retrouve les cinéastes canadiens-anglais les plus connus, parmi lesquels il faut citer Atom Egoyan et David Cronenberg, qui séduit le public dès ses premiers films, Rage (Rabid, 1977), La Clinique de la terreur (The Brood, 1979) et Scanners (1980).

Pendant les années 1990 émergent des réalisateurs qui reflètent la diversité ethnique de la province, dont Srinivas Krishna aves ses films Masala (1991) et Lulu (1996), et Deepa Mehta avec Sam and me (1990) et Fire (1996). John Greyson, particulièrement connu dans le monde du cinéma queer, réalise The Making of Monsters (1991), Zero Patience (1993) et Lilies (1996, en VF Les Feluettes).

En 2010 est inaugurée la Bell Lightbox, nouveau siège du prestigieux Festival international du film de Toronto (TIFF). Depuis l'édition de 2011, le festival se tient au centre-ville, dans les locaux de cette superbe tour de 45 étages. Nouveaux également, les Pinewood Toronto Studios, situés près du centre-ville, se positionnent comme le plus grand plateau de tournage d'Amérique du Nord.

Récemment, la scène cinématographique indépendante torontoise s'affirme plus dynamique que jamais. Le LIFT (Liaison of Independent Filmmakers of Toronto), fondé dans les années 1980, continue à soutenir un cinéma d'auteur que l'on peut apprécier dans plusieurs salles historiques du réseau indépendant de Toronto. The Royal Theater, ou les projections " Camera " organisées tous les samedis par la Stephen Bulger Gallery, font la part belle à un cinéma " New Wave ". Le prestigieux festival de films documentaires Hot Docs possède désormais sa propre salle de cinéma, Hot Docs Ted Rogers Cinema, où sont diffusés des documentaires canadiens et internationaux issus de sa programmation.

Littérature

Comme dans le cas de la peinture, les premiers écrivains et poètes ontariens étaient fascinés par la nature canadienne, sauvage et resplendissante. Les premiers livres ou recueils publiés en faisaient son éloge. Ce mouvement littéraire, que certains qualifient de réaliste, se penchait sur les préoccupations de la société de l'époque qui tournaient autour de l'occupation et de la maîtrise de cet immense territoire qu'est le Canada. Au début du XXe siècle, des écrivains contestent la tutelle de la Grande-Bretagne sur la culture canadienne et travaillent à la création d'un style nord-américain. Plusieurs auteurs contribuent à mieux définir l'écriture canadienne anglaise.

Quelques écrivains célèbres

William Kirby (1817-1906). Né à Kingston, il a été réputé pour son livre The Golden Dog, édité les deux premières fois en anglais et en français sans sa permission. Ce n'est qu'en 1896 qu'il publie enfin son livre, cette fois-là en s'assurant de conserver ses droits d'auteur. La plupart de ses oeuvres sont à saveur historique.

Morley Callaghan (1903-1990). Journaliste au Toronto Star, il rencontra et fréquenta de grands auteurs dont Ernest Miller Hemingway, James Joyce et Francis Scott Fitzgerald. Ces grands écrivains ont vécu de nombreuses années à Paris à l'époque du Jazz Age. Callaghan écrira un beau roman d'amitié sur ces belles années passées à Paris. Ses nouvelles relatent les différents aspects de la vie canadienne en lien avec les grands thèmes de l'époque (la grande crise économique des années 1930, la religion, les clivages sociaux de l'après-guerre, etc.).

Pierre Berton (1920-2004) était un écrivain, un journaliste et un animateur de télévision canadien. Il a rédigé une quarantaine d'ouvrages. Reconnu comme un spécialiste de l'histoire du Canada, il a aussi reçu trois fois le prix littéraire du Gouverneur général.

Alice Munro (1931) est une écrivaine canadienne de langue anglaise née à Wingham, à l'ouest de Toronto. Ses nouvelles, parfois liées entre elles et centrées autour de personnages féminins, se déroulent principalement en Ontario ou en Colombie-Britannique, des années 1940 à aujourd'hui. Récompensée à maintes reprises, dont trois prix du Gouverneur général et le Prix international Man Booker, elle a reçu le plus grand honneur possible, soit le Prix Nobel de littérature en 2013, faisant d'elle la " souveraine de l'art de la nouvelle contemporaine ".

Margaret Atwood (1939). Margaret Eleanor " Peggy " Atwood est une romancière, poétesse et critique littéraire canadienne née à Ottawa. Elle fait partie des écrivains canadiens les plus célèbres. Elle a remporté plusieurs prix et distinctions dont le prix Arthur C. Clark en 1987 pour son roman La Servante Ecarlate et le Booker Prize en 2000 pour son oeuvre Le Tueur Aveugle, sans oublier sa décoration de l'Ordre du Canada en 1981. Son style, toutes oeuvres confondues, est la romance, mais surtout, la fiction dans toutes ses déclinaisons (historique, scientifique, contre-utopique, etc.)

Médias locaux
Presse

L'Express est l'hebdomadaire canadien-français le plus important à l'extérieur du Québec. Il est disponible partout dans la grande région métropolitaine de Toronto, ainsi que dans tout le centre-sud de l'Ontario. Vous pouvez vous le procurer chez les marchands de journaux, mais aussi au coin de la rue, à l'intérieur de bornes métalliques, où vous devez déposer de la monnaie pour les obtenir (www.l-express.ca).

The Globe and Mail. Quotidien de langue anglaise, basé à Toronto et publié dans tout le pays à raison de 2 millions d'exemplaires par semaine. Il est le second quotidien d'importance après le Star. Tout d'abord orienté vers le conservatisme et le monde des finances, il est dorénavant plus centriste et libéral (www.theglobeandmail.com).

Toronto Sun. Quotidien canadien de langue anglaise publié à Toronto, écrit en format tabloïd. Ses positions éditoriales sont populistes et conservatrices (www.torontosun.com).

Toronto Star. Tout comme le Toronto Sun, le Star est publié dans la grande région de Toronto avec une large distribution dépassant 400 000 exemplaires par jour. Il couvre les nouvelles régionales et son axe éditorial est libéral (contrairement au Sun) : justice sociale, libertés civiles et individuelles, droits des travailleurs, engagement communautaire, etc. (www.thestar.com).

NOW. Hebdomadaire gratuit disponible dans les cafés, bars et lieux publics, il contient toutes les informations utiles sur les sorties de la semaine : spectacles, " Open Mic ", concerts, événements spéciaux, etc. Une bonne lecture pour prendre le pouls de la ville (www.nowtoronto.com).

Radio

CHOQ (FM 105,1), Toronto. La radio des francophones de la Ville Reine.

ICI Radio-Canada Première (AM 860), Toronto. Intéressant, un monument incontournable des ondes canadiennes.

CBC Radio 2 (FM 94,1), Toronto. Musique canadienne et internationale, principalement anglophone. Pour se tenir au courant des dernières tendances.

Kiss (FM 92,5), Toronto. La radio #1 des hits Top 40.

The Edge (FM 102,1), Toronto. Musique rock, punk et alternative.

Virgin Radio 99,9 (FM 99,9), Toronto. Musique commerciale, une des stations les plus écoutées de la Ville Reine.

Z103,5 (FM 103,5), Toronto. Musique Top 40.

Radio universitaire à programmation variée : CHRY (FM 105,5 - York University, Toronto).

Télévision

Le câble permet de visualiser des centaines de chaînes différentes, de jouer à des jeux vidéo, et même de bénéficier de la télévision dite " interactive ". On y retrouve les chaînes anglophones et francophones de Ici Radio-Canada/CBC, des stations privées/publiques provenant du Canada et des Etats-Unis.

Chaînes d'intérêt sur place :

TFO, la télévision francophone de l'Ontario, diffuse principalement des émissions éducatives, culturelles et des documentaires.

ICI Radio-Canada, la télévision d'Etat, peut être captée partout au pays et elle est, dans bien des régions, la seule chaîne francophone. La version anglophone est CBC (Canadian Broadcasting Corporation).

CTV est probablement la chaîne anglophone généraliste la plus regardée au pays. Elle présente bon nombre de séries américaines.

TV5, disponible uniquement sur le câble, retransmet une partie des émissions françaises, belges et suisses. Les journaux de France 2 y sont retransmis. En Ontario, le plus souvent, c'est RFO qui prend la relève.

Musique

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'histoire de la musique canadienne suit de près l'évolution des courants stylistiques européens, de l'époque baroque à la musique moderne. Il faut attendre le début du XXe siècle, avec l'essor économique et démographique que connaît la ville, pour voir apparaître une scène musicale spécifiquement torontoise. La ville construit des auditoriums et salles de spectacle qui attirent progressivement des artistes internationaux. Dès le milieu du XXe siècle, on assiste à l'affirmation d'une musique singulière, puisant sa créativité dans son propre territoire : une musique populaire commence à émerger. Dans les années 1960, l'avenue Yorkville devient un haut lieu de la scène musicale nord-américaine.

La musique folk est un incontournable. Présente depuis l'arrivée des colons français et britanniques, cette musique traditionnelle a des origines françaises, anglaises, irlandaises et écossaises. L'artiste Gordon Lightfoot et les chanteurs Ian and Sylvia font leurs premiers pas dans les cafés et bars avant-gardistes de Yorkville. Neil Young, né à Toronto en 1945, est considéré comme une légende de la musique folk. Son album Harvest, enregistré en 1972, est le plus vendu et celui que l'artiste considère comme le plus réussi.

En musique classique, Glenn Gould est l'emblème de Toronto. Ce jeune prodige entre à 14 ans au sein de l'Orchestre symphonique de Toronto (TSO) et se fait particulièrement connaître avec ses Variations Goldberg, deux enregistrements de Bach (1955 et 1981). Au 250 Front Street Ouest, devant les locaux de CBC Radio-Canada, vous pouvez vous asseoir au côté de la statue en bronze du musicien.

L'opéra jouit à Toronto d'une histoire riche. Alors qu'au tournant du XXe siècle la plupart des salles du Canada sont inadéquates à la réception d'opéras, Toronto inaugure le Massey Hall. Construite en 1894, cette superbe salle de concert est la plus ancienne du pays. Elle accueillait jusqu'en 1982 l'Orchestre symphonique de Toronto (TSO) et le Choeur Mendelssohn de Toronto.

En matière de musique rock, Toronto peut s'enorgueillir d'avoir fait naître nombre d'artistes et groupes réputés. Le groupe The Band, qui accompagna Bob Dylan lors de ses tournées, connu un large succès avec la chanson The Weight et le film The Last Waltz (1978), concert d'adieux du groupe filmé par Martin Scorsese. Citons également le groupe des Cowboy Junkies qui a connu un grand succès avec son album The Trinity Session enregistré dans les années 1980 au sein de la Holy Trinity Church, située à côté du Eaton Centre.

Du côté des tendances actuelles, le groupe Timber Timbre, la chanteuse Feist, les rappeurs Drake, K'naan et K-os comptent au nombre des célébrités originaires de la cité ontarienne. Parmi les groupes récents de la scène rock, les Death from Above 1979, ou encore Metric, sont à découvrir ; de même que la musique envoûtante de Broken Social Scene originaire de la scène indie-rock torontoise.

Peinture et arts graphiques
Street art à Toronto.
Street art à Toronto.

Les premiers artistes ontariens voient le jour à la fin du XVIIIe siècle. Les clients étant principalement l'Eglise et la bourgeoisie, l'art est essentiellement à caractère religieux. Chaque village possédait son église qui faisait l'objet de grands efforts de décoration (sculptures, dorures, autels, retables, baldaquins, orfèvrerie) dans le style baroque.

Au milieu du XIXe siècle, quelques artistes se différencient en dessinant des toiles qui décrivent l'immensité du territoire canadien. C'est le cas notamment de l'Irlandais Paul Kane (1810-1871), célèbre pour l'intérêt ethnologique de ses tableaux d'Amérindiens, ou encore de Cornélius Krieghoff (1815-1872), d'origine hollandaise, peintre de la vie quotidienne des nouveaux habitants du continent.

Au XXe siècle, l'influence de l'école de Paris continue de se faire sentir chez les peintres ontariens, notamment chez le célèbre James Wilson Morrice (1865-1924). C'est également au début de ce siècle qu'un grand peintre paysagiste se fait connaître et lance le début d'un art typiquement canadien : il s'agit de Tom Thomson (1877-1917). Il est le fondateur de l'un des groupes de peintres le plus marquant de l'Ontario et du Canada : le Groupe des Sept. Ce regroupement était constitué des peintres paysagistes suivants : J. E. H. Macdonald, Frank Johnston, Arthur Lismer, Frederick Varley, Franklin Carmichael, Lawren Harris, et le Montréalais A. Y. Jackson.

Avec la Première Guerre mondiale, des artistes délaissent la peinture des paysages pour s'attaquer à des thèmes plus sociaux. C'est le cas notamment des tableaux de Peraskeva Clark et de Carl Schaefer, sans oublier Alex Colville qui s'engage dans l'armée canadienne dans le cadre du programme d' " artiste de guerre ". Durant ses quatre années de service en Europe, il est l'un des artistes de guerre canadiens les plus célèbres. Il peint entre autres le débarquement à Juno Beach lors de l'Opération Neptune. Le musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa lui a d'ailleurs consacré une superbe exposition en 2015.

Après la Seconde Guerre mondiale, la peinture est dominée par le groupe des automatistes (Riopelle), puis par celui des plasticiens qui lance le mouvement de l'art abstrait. Ce dernier prend son envol au Québec avec des peintres comme Riopelle et Borduas et attirera Lawren Harris et le Groupe des Onze (Painters Eleven, actifs entre 1954 et 1960). Nous ne pourrions passer sous silence un des membres éminents de ce groupe, John Hamilton Bush dit " Jack Bush ", considéré comme un représentant canadien majeur de l'expressionnisme abstrait et du Colorfield Painting. Notons d'ailleurs qu'il a reçu la Bourse Guggenheim des arts pour les Etats-Unis et le Canada.

En art contemporain, quelques artistes actuels à retenir : Mary Anne Barkhouse, Panya Clark Espinal, John Dickson, Soheila Esfahani, FASTWÜRMS, Martin Golland, Sherri Hay, Kelly Jazvac, Gareth Lichty, Gavin Lynch, Lisa Myers, David Ruben Piqtoukun, Su Rynard et TH&B. Ils ont d'ailleurs tous participé à l'exposition Nature humaine lors de l'événement Scène Ontario à Ottawa en 2015. Le thème faisait référence à l'observation de l'état du monde naturel et notre impact sur celui-ci en tant qu'innovateurs et exploiteurs, créateurs et destructeurs.

Art contemporain amérindien. Les artistes amérindiens ont su renouveler l'art traditionnel en employant d'autres matériaux et de nouveaux procédés artistiques, tout en continuant à puiser leur inspiration dans leur patrimoine culturel, inventant un nouveau langage dans la tradition des chamans. On assiste aujourd'hui à l'émergence d'un art amérindien d'avant-garde. C'est le cas notamment de l'artiste Kent Monkman, né à St. Mary's en Ontario. Bien connu pour ses représentations des Amérindiens dans l'art, il traite de la relation de pouvoir entre les communautés blanche et autochtone à travers les thèmes de la conquête, de la xénophobie et de l'homophobie. Sans oublier Christi Belcourt, artiste métis nommée lauréate de 2014 du prix du Conseil des arts de l'Ontario pour les arts autochtones. On retrouve ses oeuvres dans de nombreuses collections, notamment au musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa, au musée des Beaux-Arts de l'Ontario à Toronto, et au musée des Beaux-Arts de Thunder Bay.

Le Groupe des Sept et l’identité canadienne

J.E.H. Macdonald et Tom Thomson, deux artistes ontariens originaires de Toronto qui travaillaient dans une boîte de publicité au début du XXe siècle, sont à l'origine d'un mouvement artistique qui allait donner un nouveau sens à l'identité canadienne. Ces deux collègues de travail n'avaient que faire de vanter les mérites d'une nouvelle marque de savon à vaisselle ou d'un réfrigérateur. Ils avaient plutôt l'intention de peindre le Canada, sa nature, son territoire et l'essence d'une identité affranchie du colonialisme. Graduellement, Thomson et Macdonald rencontrèrent Frank Jonhston, Arthur Lismer, Frederick Varley, Franklin Carmichael, Lawren Harris et le Montréalais A.Y. Jackson. A cette époque, la révolution industrielle permit aux habitants du Canada de découvrir leur pays, à bord du train ou de la voiture. L'esprit d'aventure et le désir commun d'exploration des huit artistes les amenèrent à la conquête des grands espaces afin de peintre la nature du Canada. Tom Thomson, celui qui était l'inspiration du groupe, se noya tragiquement en 1917, dans le parc Algonquin, un endroit qu'il adorait peindre. Cet événement survint trois ans avant la première exposition du Groupe des Sept. Après la Première Guerre mondiale, le sentiment d'unité et de fierté nationale qui régnait sur le pays eut pour cause de propulser le travail du Groupe des Sept au premier plan de l'art canadien. Leurs peintures devinrent une source d'inspiration à travers le pays car, à l'image du Canada qui se libérait du Commonwealth, leurs oeuvres se libéraient du raffinement des courants artistiques européens au profit d'une quête d'espace et de nature à l'état sauvage, en somme une reconnaissance du territoire canadien. Le musée McMichael à Kleinburg, près de Toronto, leur est dédié.

Traditions

Les diverses communautés autochtones se sont efforcées de mettre en valeur leur patrimoine culturel. Celui-ci est avant tout un patrimoine vivant détenu par les anciens, un héritage spirituel reposant sur le respect des coutumes ancestrales ainsi que des lieux sacrés ou profanes. Ces communautés ont créé des musées, des boutiques d'artisanat, des galeries d'art, des centres d'interprétation, des reconstitutions de villages traditionnels. Elles organisent aussi, en juillet et en août, une grande fête culturelle (ouverte au public) appelée " pow wow ", consistant en mets traditionnels, folklore, chants au tambour, danses, musique, contes et légendes, rites et cérémonies, et diverses activités comme le montage d'une tente, l'allumage d'un feu, la préparation de la bannique, etc.

En Ontario, comme ailleurs au pays, c'est surtout dans les domaines de la musique, de la télévision et du cinéma, et des arts visuels que l'expression artistique des autochtones connaît aujourd'hui une véritable explosion.

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