Sourire en coin et vue sur le Pacifique, bienvenue à San Francisco, l'éternelle cité du bonheur ! Tolérante, dynamique, la ville a de multiples atouts pour séduire tous les voyageurs aux jugements impétueux. Rues cosmopolites et musées aux arts de tous horizons vous accueilleront dans cette métropole où la Transamerica Pyramid perce les nuages en contemplant l'immense silhouette de fer rouge, nommée Golden Gate, qui galope sur l'océan. Face aux visions de ce monde moderne fait de béton, les maisons victoriennes d'un autre temps survivent aux ravages des années et des troubles géologiques. Car San Francisco a contemplé la fin en 1906, mais même un séisme d'envergure couplé à un incendie ne peuvent mettre à terre la belle. Dévalez ses collines à bord du Cable Car, appropriez-vous les habitudes des locaux au Ferry Building et profitez-en pour y mener une douce balade en navire. À votre retour des mers, les lettres géantes " San Francisco " vous accueilleront encore une fois, et c'est avec des yeux émerveillés que vous réaliserez que vous ne rêvez pas. Oui, le rêve américain est bel et bien à votre portée !

Golden Gate Bridge.© S Greg PANOSIAN

Golden Gate Bridge

Cet édifice de 2 727 m de long et 27 m de large survol l'océan à plus de 60 m. C'est grâce à Joseph Strauss que ce pont légendaire a pu voir le jour. Pendant des années, son constructeur a vu son idée être maintes fois rejetée ! Trop coûteux ou trop compliqué, c'est un architecte inconnu, Irwin Morrow, qui fut le chaînon manquant à la réalisation de cette splendeur américaine. On peut se demander d'où vient le nom " Golden ", signifiant " doré ", à la vue de sa couleur rouge. À cela la réponse est simple, ce pont surplombe le Golden Gate Strait. Mais pourquoi appeler ce fleuve bleu profond " Golden " ? Certainement pas à cause de la ruée vers l'or. C'est le capitaine John Fremont qui nomma ce détroit ainsi en référence au Golden Horn, un canal d'Istanbul reliant la mer Noire à la Méditerranée. Si ce pont est le plus célèbre et le plus aimé des Américains, il possède aussi une macabre dénomination : " le spot des suicides ". Plus de 1 200 suicides s'y déroulent chaque année, ce qui en fait le pont le plus funèbrement populaire du monde...

Golden Gate Bridge au crépuscule.© Stéphan SZEREMETA

Alcatraz

C'est en 1770 que les Espagnols y débarquèrent. Cette île fut baptisée " île des pélicans ", d'où son nom Alcatraz, " pélican " en espagnol. Ce n'est qu'en 1870 qu'elle est devenue le fameux pénitencier d'où il est impossible de s'évader. À juste titre ! L'eau y est gelée, les courants y sont puissants et les requins affamés. Cette prison avait la particularité d'être la seule aux Etats-Unis à disposer de douches chaudes, de telle sorte que le corps ne puisse s'habituer aux températures froides de l'océan en cas d'évasion. Au total, 14 tentatives d'évasion eurent lieux. Les plus célèbres sont " la bataille d'Alcatraz " et la fuite de deux frères qui s'évadèrent en creusant un trou à la cuillère et en leurrant les gardes par des sculptures d'eux-mêmes en mie de pain sous la couette ! Astucieux ! Lors de votre visite, n'oubliez surtout pas votre audioguide qui, en plus d'être gratuit, est l'un des meilleurs aux USA par sa capacité à nous mettre en immersion dans les lieux !

Alcatraz.© Phillip Bond - Fotolia

Castro et l'histoire gay

Environ 15 % des San-Franciscains appartiennent à la communauté LGBT, ce qui fait de San Francisco la ville avec le plus fort pourcentage de citoyens gay des Etats-Unis. Sa réputation d'ouverture et de tolérance en a fait un eldorado pour tous les homosexuels américains. C'est dans les années 1940 que l'histoire gay de San Francisco commence à s'écrire. De nombreux jeunes viennent s'y installer, dont des aspirants militaires gay, qui voient en ce lieu l'espoir de vivre leur vie paisiblement. Parmi ces jeunes voulant rejoindre l'armée américaine au Japon, certains furent refusés dans l'armée par la " blue discharge ", un papier administratif qui interdisait l'entrée dans l'armée aux homosexuels. Afin d'éviter l'humiliation du retour dans leurs familles, beaucoup restèrent dans la ville. Petite anecdote, on rapporte que l'armée délivrait à ses soldats la liste des endroits à ne pas fréquenter à San Francisco. Aujourd'hui, on s'amuse à raconter que c'est l'armée américaine qui a créé le premier guide touristique gay !

© Daphné DELGRANGE-MATHIEU

Japanese Tea Garden

Véritable havre de paix, ce parc abrite une pagode qui fut créée pour la Panama Pacific Exposition de 1915. La configuration de ce jardin japonais est ici maîtrisée et illustrée par la présence de bonsaïs, de statues de Bouddha et de ponts de bois. Sa position géographique en fait aussi un lieu idéal pour la visite d'autres sites culturels d'exception : De Young Museum et California Academy of Sciences. Le premier bâtiment, De Young Museum, est reconnaissable par sa structure recouverte de cuivre. À l'intérieur, des peintures modernes et contemporaines côtoient des oeuvres du XVIIe au XXIe siècle provenant de différents pays. Quant au California Academy of Sciences, il propose trois pôles qui recréent de nombreux espaces terrestres et marins mais aussi l'espace. Dans un registre tout autre, on peut y faire la fête tous les jeudis soir grâce à des bars improvisés et des DJ ! Attention, réservé seulement pour les plus de 21 ans !

Japanese Tea Garden.© Christian Colista / Shutterstock.com

Cable Car

L'un des symboles de San Francisco ! Qui n'a pas rêvé de se laisser porter, les cheveux au vent, par ce tramway en direction du Pacifique ? Créé en 1873 par un Ecossais du nom de Andrew Hallidie, le but de ce wagon, inspiré des chariots utilisés dans les mines d'or, était de faciliter la montée des collines. En ce temps, les chevaux s'épuisaient à traîner les calèches sur les collines de la ville et les riches habitants refusaient de les gravir à pied. Accueilli avec bonheur, le Cable Car était pourtant destiné à être supprimé. En effet, suite à des tremblements de terre et la création des bus électriques, l'administration de la ville voyait le Cable Car comme inutile. C'est grâce à la mobilisation des San-Franciscains que 3 lignes fut conservées et déclarées monuments historiques. Il est possible de connaître en profondeur l'histoire de cette icône des transports en visitant le Cable Car Musuem. Si vous voulez réaliser votre rêve et vous déplacer en Cable Car, soyez patient ! Au terminus la file est très longue...

Cable car sur Powell Street.© Stéphan SZEREMETA

Fresques murales et influence latino dans Mission

Quartier de métissage entre les cultures sud-américaines, on peut y déguster des délicieux poulets frits salvadoriens ou y croiser de nombreux stands de tacos. Le 1er novembre est aussi un événement très jovial dans le quartier puisque la fête mexicaine le Dia de los muertos, la fête des morts, y est célébrée par des défilés. Outre ces événements et ces spécialités gastronomiques venues d'ailleurs, ce microcosme ethnique est particulièrement bien représenté grâce aux peintures murales. Pour apprécier à leur juste valeur ces oeuvres murales, l'idéal est de se rendre au Precita Eyes Murals qui propose des tours guidés dans les rues dont Balmy Alley. Avec la plus importante collection de peintures murales de la ville, cette rue possède des fresques critiquant les abus politiques d'Amérique centrale, mais traitant aussi de phénomènes divers comme le sida en Afrique. En perpétuelle évolution, cette rue se renouvelle au jour le jour grâce à la San Francisco Art Commission.

Fresque murale dans le quartier de Dolores.© Stéphan SZEREMETA

Ferry Building & Fisherman's wharf

Si vous désirez voir des otaries se prélasser grassement au soleil, Fisherman's Wharf est une destination faite pour vous ! Avec son ambiance de fête foraine, vous pouvez pendant vos observations vous rassasier avec des barbes à papa ou des gaufres. Pour une atmosphère plus locale made in San Francisco, il est idéal de se rendre au Ferry Building, bâtiment magnifique imaginé par un artiste new-yorkais, Arthur Page Brown. Construit comme remplaçant à un premier édifice en bois, il était dans le passé le deuxième terminal de transit du monde. Son style architectural avec sa grande tour rappelle la Giralda de Séville. Face à l'édifice se dresse le Ferry Plaza Farmers Market. Etant un des marchés locaux les plus connus de la ville, il y aura foule mais l'expérience vaut le détour ! Des étalages colorés jalonneront vos pas, légumes de toutes les nuances, fruits et même fromages sont à la vente. Un must pour manger de bons produits américains à moindre coût !

Restaurant de crustacés sur Fisherman's Wharf.© Stéphan SZEREMETA

Alamo Square et les maisons victoriennes

C'est le quartier fétiche du cinéma américain. Présentes dans de nombreux films, les Painted Ladies, maisons victoriennes colorées, sont la fierté de la ville ! Ajoutez à ces magnifiques demeures Alamo Square, un parc s'étendant sur quatre blocs possédant une vue imprenable sur San Francisco, et vous avez un des endroits les plus cultes des Etats-Unis. Ces maisons victoriennes sont un bon moyen de plonger dans le passé afin d'imaginer San Francisco avant le terrible tremblement de terre de 1906. Cependant, d'autres de ces édifices colorés sont présents dans la ville dont Haas-Lilienthal House dans Pacific Heights. Géré par des bénévoles, il est possible de visiter ce rare vestige ayant survécu à la catastrophe de 1906. Construit en 1886, l'intérieur baigne de lumière grâce à une magnifique baie vitrée. C'est uniquement à la vue d'une bâtisse de ce genre que l'on comprend pourquoi San Francisco était surnommée à l'époque victorienne " la ville des baies vitrées ".

Painted Ladies, maisons victoriennes près d'Alamo Square.© Gregobagel - iStockphoto

Transamerica Pyramid

Mesurant 260 mètres, la Transamerica Pyramid est la plus haute tour de San Francisco. Symbole du Financial District, le quartier des affaires de San Francisco, elle fut le plus haut bâtiment de l'Ouest des Etats-Unis à la fin de sa construction en 1972. Novateur pour l'époque, le projet esquissé par William Pereira faillit ne jamais voir le jour. Par sa forme futuriste et inhabituelle, le public craignait un dépaysement urbain. Au-delà de ces motifs se cachent aussi des raisons sociales. En effet, la tour remplaça un petit immeuble de quatre étages abritant des artistes et des écrivains. Le journaliste Johan Pastier écrivit pendant la construction de l'édifice que " c'est de l'architecture antisociale à son pire niveau. Une forme d'anarchie et de perturbation "... Malgré ces reproches, le maire tint bon et la tour est à présent visible et aimée de tous. Construite sur un système antisismique, la tour a résisté au tremblement de 1989.

Crépuscule sur San Francisco depuis Treasure Island.© Stéphan SZEREMETA