Juste de l'autre côté du pont depuis Ndar, Guet-Ndar grouille. Quand on passe en voiture, on sent l'activité, on a l'impression d'une certaine agressivité, à moins que ce ne soit le résultat de sa réputation. Guet-Ndar n'est pas des plus propres, ne sent pas toujours bon et la concentration d'humanité effraie souvent. Depuis des années, depuis presque le début du siècle, le gouvernement a prévu un plan d'urbanisation pour dégorger le village des pêcheurs et reloger la population ailleurs. Pourtant, derrière l'insalubrité, derrière le fouillis apparent et la pauvreté affichée, de l'autre côté, des gamins qui jouent presque nus et des calèches remplies du précieux poisson, des pirogues à l'abandon ou en attente de réparation, de minuscules ruelles et des mosquées improvisées, Guet-Ndar surprend aussi par son organisation. Pas celle des rues bien balayées et des quartiers numérotés, mais celle, économique, de la pêche, avec ses règles et ses contacts. La grande saison de pêche s'étale d'avril à juillet et, comme tout village de pêcheurs de Pikine à Mbour, Guet-Ndar brasse beaucoup d'argent liquide. Avoir un aperçu du départ des pêcheurs commence par une visite matinale. Au petit matin, les chauves-souris donnent une représentation de leur ballet quotidien. A l'aube, les pêcheurs embarquent pour franchir la barre, exercice périlleux et acrobatique. Le soleil levé, c'est le tout Guet-Ndar qui vient se soulager sur la plage. Dans ce modèle mille fois répété, les touristes débarquent souvent après la dernière étape. Choisissez bien votre heure. Pour les lève-tard, il faut savoir que le retour de la pêche à la tombée du jour n'est pas mal non plus, la magie du franchissement de la barre vers le large en moins. Un peu plus au sud, le cimetière musulman des pêcheurs se dresse sur une colline, un amas non savant de tombes et de piquets recouverts de filets. Un très bel hommage à tous ceux qui ont laissé quelqu'un au large, chaviré et noyé. Pour le moment, toutes les infrastructures sont prêtes pour déplacer le marché au poisson un peu plus loin, dans de meilleures conditions d'exploitation, mais personne ne sait vraiment quand cela va se faire...

Guet-Ndar passé, le paysage devient moins dense, la perspective s'éclaircit, et voilà l'autre facette de Saint-Louis, celle de la longue plage, magnifique en début et en fin de journée, ou à marée basse en 4x4 ou à moto, lorsqu'on se rapproche de l'extrémité de cette péninsule si particulière en longeant de si près la mer. C'est le Saint-Louis de l'Hydrobase, où aucun avion n'a atterri, et des refuges au vent, havre de tranquillité face aux déferlantes. Les hôtels et petits campements se succèdent le long de la plage. Il fait bon y vivre ou venir y manger. Même si ce décor idyllique est un peu gâché par la saleté des plages. Aujourd'hui, le banc de sable s'est raccroché au continent, empêchant le fleuve de se jeter dans la mer. Des travaux ont été réalisés pour lui redonner une embouchure artificielle. La Langue de Barbarie est donc maintenant coupée en deux à plusieurs kilomètres du centre de Saint-Louis. Il n'est donc plus possible d'aller jusqu'au bout par la plage en voiture, mais on peut s'approcher de l'embouchure à pied, le chemin d'accès est facile. Le spectacle des pirogues empruntant le chenal est passionnant. Prévoir crème solaire et bouteille d'eau, indispensable.

À voir / À faire à GUET-NDAR

Organiser son voyage à GUET-NDAR

Photos de GUET-NDAR

Il n'y a actuellement pas de photos pour cette destination.

13.95 €
2019-09-18
456 pages
Avis