Comportements sociaux et mœurs

Les Norvégiens sont en général assez réservés, certes, mais leur froideur légendaire n’est qu’un mythe. En tant que voyageur, il vous suffira de demander un conseil dans la rue ou de discuter avec un inconnu pour vous rendre compte qu’ils sont très ouverts et souriants. En revanche, et c’est peut-être logique après tout, les liens forts s’établissent avec le temps. Les Norvégiens aiment beaucoup la France et nombre d’entre eux ont même un bon bagage linguistique appris à l’école ou en voyage. Si vous êtes invité chez des particuliers, n’oubliez pas de remercier votre hôte pour le repas en quittant la table en disant « takk for maten ». D’autre part, sachez que les Norvégiens ne s’embrassent pas pour se dire bonjour : ils se serrent la main pour la première rencontre et se donnent volontiers l’accolade (le klem) s’ils se connaissent déjà. Et puis en Norvège, les gens se remercient pour tout ou presque. Par exemple, si l’on rencontre quelqu’un vu récemment (la notion de récent peut ici aller jusqu’à plusieurs mois !), « takk for sist » (prononcer « tac for chiste ») est d’usage : « merci pour la dernière fois ». Un autre aspect important de la mentalité locale réside dans l’honnêteté dont chacun fait preuve. Dans les entreprises par exemple, il demeure fréquent de trouver une corbeille à friandises, une autre pour l’argent et enfin une liste de prix au-dessus : chacun s’acquittera du prix mentionné sans même imaginer tricher. Cette confiance implicite devient rapidement l’un des aspects plus appréciables en Norvège. L’un des rendez-vous majeurs de l’année dans la vie d’une entreprise est incontestablement le fameux julebord (table de Noël). Cette fête de Noël où tous les employés et les patrons partagent la même table donne lieu souvent à des scènes cocasses d’échanges amicaux, voire plus, entre employés de tout rang. Côté discipline, la Norvège est un pays où l’on respecte à la lettre les lois et les codes sociaux.  En soirée, il faut par exemple vraiment choisir entre boire et conduire. Ici, on ne plaisante pas avec certaines choses, et on retire le permis sur-le-champ. Pas ou peu d’excès de vitesse sur l’autoroute ou en ville. On laisse traverser les piétons même si ces derniers ne sont pas engagés sur la route. On respecte l’ordre d’arrivée à la poste, dans les banques, dans les magasins et on ne gare pas sa voiture n’importe où. La société norvégienne peut apparaître très rigide à nos yeux, mais ce respect des règles facilite en réalité la vie de chacun et le respect de l’autre. Les mœurs de la société norvégienne constituent donc un tout, axé autour d’une mentalité positive et joviale. Contrairement à certains préjugés, les Norvégiens ne sont pas des gens froids ! Faire leur connaissance demeure assez simple, d’autant plus que les contacts internationaux les intéressent beaucoup, et l’étranger attire la curiosité et l’intérêt plus que la méfiance.

Éducation

Le peuple norvégien est proche et respectueux de son environnement. Ici, le tri sélectif est ancré dans les mœurs et l’éducation se fait dans une approche presque culturelle de la nature. La grande majorité des Norvégiens a son propre chalet, le hytte, à la montagne ou sur la côte, où ils se rendent les week-ends en famille. L’occasion d’activités de plein air, de la randonnée à la cueillette de baies sauvages, en passant par le ski. Le système éducatif norvégien est basé sur le non-élitisme. Il n’existe pas de classe préparatoire aux grandes écoles pas plus que de grandes écoles ! Le redoublement n’existe pas sauf en cas d’échec au baccalauréat. Le système scolaire bannit toute forme de concurrence et d’élitisme. Il est fondé sur trois principes : démocratie, solidarité et égalité. L’instruction (ou plutôt les « activités d’éveil ») ne donne pas lieu à une évaluation notée avant l’âge de 14 ans. Le jardin d’enfants débute à partir de 2 ou 3 ans et il en existe des publics et des privés. À 6 ans l’enfant démarre en première classe jusqu’à la dixième où il accède au cycle final de 2 ans menant au baccalauréat à 18 ans. La notation ne commence qu’à l’entrée au collège : de 1 pour la pire notation (jamais attribuée en Norvège) à 6 pour les meilleurs élèves. La véritable sélection se fait au moment d’accéder au lycée. Plus ou moins cotés, les lycées se réservent un droit de regard sur les élèves qu’ils souhaitent accueillir. Une note de comportement sous forme de mention est adjugée à chaque élève à sa sortie du collège et pourra bloquer un éventail de possibilités à cet élève. Il existe également des lycées professionnels, traités comme des lycées d’enseignement général. Une autre sélection est opérée à l’entrée dans la vie estudiantine. Les facultés et les quelques écoles supérieures filtrent leurs élèves en fonction de leur note. Les quotas d’élèves admis dans des sections à débouchés réputés limités sont contrôlés. Les écoles d’ingénieurs, par exemple, recrutent dès la sortie du baccalauréat et la plus cotée (NTNU) se situe à Trondheim. Comme dans de nombreux pays, le système éducatif norvégien se mue perpétuellement et fait l’objet de nombreux débats enflammés. Inquiets du taux d’échecs scolaires et du manque de professeurs (leur salaire se trouve en deçà des salaires du secteur du secteur privé), les réformes se succèdent.

Égalité homme-femme

La Norvège est l’un des pays les plus féministes qui soient. Les femmes jouent un rôle important dans la vie politique. Le travail de longue haleine des féministes a réussi à changer les mentalités. La première vague du féminisme intervient en 1879, portée par des écrivains norvégiens. Henrik Ibsen, pour ne citer que lui, embrasse la cause des femmes dans Une maison de poupée. La femme mariée devient majeure en 1888, et la tutelle du mari est levée. Le droit de vote des femmes est progressivement instauré entre 1884 et 1913 (contre 1944 en France). Malgré un retour en arrière dans les années 1920 (la femme mariée a interdiction de travailler), le principe de l’égalité des salaires est adopté. À partir de 1960, une nouvelle vague de féminisme intervient, afin de modifier plus en profondeur le caractère de l’État. Des rencontres ont lieu à Oslo, des mouvements se forment, les origines sociales se mêlent et les alliances se créent. Le libre avortement est questionné, avancé puis finalement voté au Parlement en 1978. Bjorg Vik, Eldrid Lunden, Liv Køltzow, Cecilie Løveid et Tove Nielsen inventent une littérature dite « de femme ». La vie politique se féminise peu à peu, des lois sont votées pour coordonner travail et vie de famille. Malgré ces nombreux progrès, on constate aujourd’hui une certaine stagnation et malgré les diverses lois, les salaires ne sont toujours pas égaux et la maltraitance des femmes existe toujours. Question congé parental, la Norvège assure ! 49 semaines (15 semaines sont réservées à chacun des parents) à 100 % ou 59 semaines à 80 %. Chaque parent indique ses souhaits sur papier libre envoyé à la Sécu et les hommes ont le droit de prendre la majorité du congé parental. Pour comparaison, la durée du congé paternité en France est fixée à 25 jours calendaires et le congé maternité à 16 semaines. Alors regardez bien autour de vous lorsque vous vous baladez en Norvège : il y a tout autant d’hommes que de femmes qui promènent les enfants, que ce soit en poussette, à pied, à vélo ou en porte-bébé.

Droits LGBTQ+

La Norvège a été l'un des premiers pays à adopter des lois pour accorder les mêmes droits à tous. La plupart des Norvégiens ont une attitude tolérante à l'égard des LGBTQ+. Les couples homosexuels ont les mêmes droits que les hétérosexuels : droit au mariage, même à l’église, procréation assistée et adoption. De nombreux événements LGBTQ+ sont organisés, surtout dans les grandes villes, à l’instar du festival de cinéma Oslo Fusion, le Skeive Ski Festival (à Hemsdal), la Oslo Pride. Depuis 2019, l'Association norvégienne de randonnée pédestre (DNT) propose même à la vente des bonnets aux couleurs arc-en-ciel !