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Survol démographique

La Norvège est peuplée depuis environ le Xe millénaire av. J.-C. Les Sâmes, qui habitent aujourd’hui en partie le nord de toute la Scandinavie, sont parmi les descendants de ces premiers habitants des terres nordiques. La Norvège occupe les deux tiers de la surface de la France pour une population de seulement 5,4 millions de personnes. Avec une densité de population très faible (13,94 habitants/km²), la Norvège compte de grands espaces inhabités, même si l’on trouve des fermes et des hameaux isolés répartis dans tout le pays. La surpopulation est donc ici un problème inconnu, même en milieu urbain où vit la majorité de la population, comme la capitale Oslo qui concentre le plus grand nombre d’habitants (1,5 million d’habitants). Les trois autres plus grandes villes sont situées sur la côte ouest : Bergen (285 900 habitants), Trondheim (279 000) et Stavanger (145 000). La croissance démographique est assez faible (0,70 %/an), tout comme l’indice de fécondité (1,53 enfants/femme). Le taux de chômage en Norvège est très faible (aux alentours de 4 % en 2021). Les Norvégiens peuvent prendre leur retraite à l’âge de 62 ans mais un système dit « flexible » encourage les départs plus tardifs, ce que font bon nombre de Norvégiens. Plus on part tard à la retraite, plus le montant de la pension est important. Nature, richesse et technologie obligent, l’espérance de vie est d'environ 83 ans dans ce pays dont le système de santé est l’un des plus performants au monde.

Immigration

La population s’est aujourd’hui relativement diversifiée avec l’arrivée progressive de personnes issues de nationalités différentes et provenant de pays développés et en développement. En 2020, 38 075 personnes ont immigré en Norvège, dont 23 607 venant de l’Espace économique européen (EEE) (Statistics Norway - ssb.no). Des systèmes de quotas d’accueil de migrants permettent à la Norvège d’accueillir correctement les migrants qui arrivent au bout d’un voyage parfois long et difficile ! Le gouvernement a mis en place des stratégies d'intégration qui visent à offrir davantage de possibilités aux réfugiés et autres immigrés de participer à la vie active et communautaire et à renforcer les mesures d'éducation et de formation. La formation à la culture, aux valeurs norvégiennes et à la langue norvégienne sont obligatoires pour les demandeurs d'asile dans les centres d’accueil depuis septembre 2018. Il existe de nombreuses entreprises et associations pour favoriser l’insertion, à l’instar par exemple de Moving Mamas (movingmamas.no), fondée par Kirstine Holst, qui permet à des premières générations de femmes immigrées, la plupart du temps réfugiées, de s’insérer dans le monde du travail. Le taux de chômage est en effet plus élevé chez les populations d’immigrants, ce qui conduit à de plus fortes inégalités.

La langue norvégienne en quelques mots

Le norvégien est la branche scandinave de la famille des langues germaniques qui descend du vieux norrois, langue des pays scandinaves depuis le Moyen Âge et qui ressemble beaucoup à l’actuel islandais. Rappelons que les langues germaniques sont elles-mêmes une sous-famille des langues indo-européennes (le français faisant quant à lui partie des langues romanes, autre sous-famille des langues indo-européennes).

Il existe aujourd’hui deux langues écrites officielles norvégiennes :

 le bokmål (« la langue des livres »), dérivé du riksmål, la langue dano-norvégienne qui s’était répandue lors que la domination danoise. Il est utilisé par environ 85 % de la population

 le nynorsk qui provient du landsmål. Il est plutôt utilisé à l’ouest et dans le nord du pays. Vers Bergen par exemple le « r » est prononcé à la française (alors qu’il est roulé dans le reste du pays) et cela tirerait ses origines des échanges commerciaux avec la France.

 

Il existe plusieurs autres dialectes parlés dans différentes régions mais globalement tout le monde se comprend et les identités norvégiennes sont ainsi façonnées. Les dialectes éloignés entre eux ont aussi comme souvent un rapport avec le relief du pays qui rendait alors le contact difficile entre différentes communautés.

La langue norvégienne est ce qu’elle est aujourd’hui grâce aux travaux d’Ivar Andreas Aasen (écrivain, poète et linguiste 1813-1896) qui a sillonné la Norvège au milieu du XIXe siècle afin d’élaborer une langue norvégienne indépendante et nationale. À l’époque, le danois était imposé et les questions de langues faisaient débat car parler la langue de « l’oppresseur » danois revenait en quelque sorte à mettre de côté sa langue à soi, son identité et ses origines. Ivar Andreas Aasen étudie ainsi de façon systématique les différents dialectes et publie une grammaire et un Dictionnaire du parler populaire norvégien. Il est considéré comme le père du landsmål, qui a donné le nynorsk aujourd’hui.

Les peuples minoritaires en Norvège

Les Sâmes. Certains historiens, archéologues et anthropologues considèrent les Sâmes (ou Samis) comme les premiers habitants du nord de la Norvège. La population est aujourd’hui estimée à 400 000 personnes qui vivent principalement dans le nord de la Norvège. Attention au terme « lapon » qui est péjoratif car issu du terme lapp en suédois qui signifie « porteur de haillons ». La langue sâme est une branche de la famille des langues finno-ougriennes et diffère ainsi grandement du norvégien. Plusieurs dialectes cohabitent et sont reconnus par le gouvernement norvégien comme langues officielles qui sont utilisées à l’oral comme à l’écrite par les Sâmes. Interdite au début du XXe siècle, cette langue et ce peuple sont aujourd’hui reconnus juridiquement par la Norvège.

Les Juifs. Jusqu’en 1851, interdiction était faite aux Juifs d’entrer en Norvège. Depuis, 1 800 Juifs s’y installèrent, essentiellement à Oslo et à Trondheim. Mais à partir de fin 1942 et jusqu’à la fin de la guerre, sous le gouvernement Quisling, environ 700 juifs furent déportés à Auschwitz. Aujourd’hui la population juive est d’environ un millier de personnes.

Les Kvènes. Ce sont des éleveurs et pêcheurs finnois qui ont immigré dans le nord de la Norvège aux XVIIIe et XIXe siècles. Ils parlent une langue très proche du finnois. Interdite jusqu’aux années 1970, le kvène a obtenu en 2005 le statut de langue minoritaire. On dénombre environ 4 000 locuteurs qui vivent principalement dans l’extrême nord de la Norvège.

Les Roms. La communauté de Roms est d’environ 500 personnes réparties dans plusieurs villes.

Les Skogfinns (littéralement les « Finlandais de la forêt »). D’origine finlandaise, ils ont émigré dans les forêts de l’Est Norvège et au centre de la Suède entre la fin des XVIe et le début du XVIIe siècles. Il n’existe aucunes statistiques sur leur nombre, peu élevé. Dans la commune de Grue se trouve le Norsk Skogfinsk Museum. La loi norvégienne stipule que toute personne a le droit d’apprendre sa langue minoritaire et des dispositifs sont ainsi prévus pour assurer un enseignement bilingue à ceux qui le souhaitent.