Le guide touristique BELGIQUE du Petit Futé : Histoire

Histoire

Chronologie

-1600 > L'âge du bronze commence en Belgique.

-600 > Des populations celtiques entament de violentes incursions à partir de l'Europe centrale et s'emparent progressivement de ces contrées.

-57 > Jules César conquiert la Gaule et vainc les derniers bastions de résistants belges. On se souvient encore du mot de César : " De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves ".

482-511 > Clovis règne sur la grande Gaule.

771-814 > Règne de Charlemagne.

843 > Traité de Verdun, l'empire de Charlemagne est divisé en trois. La Flandre est rattachée à la France, les territoires de l'Est à l'Empire germanique. Le territoire belge sera finalement absorbé par ce dernier.

Du XIIe au XIVe siècle > Prospérité des villes flamandes, telles Bruges, Gand et beaucoup d'autres, grâce aux échanges économiques.

1302 > Bataille des Eperons d'Or : la Flandre bat les troupes du roi de France à Courtrai.

1337 > La guerre de Cent ans entre la France et l'Angleterre éclate et Jacob Van Artevelde, un Gantois représentant les corporations, prend le parti de l'Angleterre.

1384 > Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, hérite du comté des Flandres.

1477 > Mariage de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, avec Maximilien d'Autriche, ce qui fait passer les Pays-Bas sous la tutelle des Habsbourg.

1519 > Charles Quint devient empereur ; il hérite de l'Espagne et des Pays-Bas.

1555 > Abdication de Charles Quint au profit de son fils, Philippe II d'Espagne. Son autre fils, Ferdinand, reçoit les pays de l'Empire avec la couronne d'Autriche.

1579 > Traité d'Arras qui constitue l'Union d'Utrecht, acte fondateur des Provinces-Unies regroupant sept provinces du Nord, tandis que les provinces du Sud sont à nouveau sous l'autorité espagnole.

1648 > Traité de Munster, qui consacre diplomatiquement la séparation des 17 provinces. Philippe IV d'Espagne reconnaît l'indépendance des Provinces-Unies.

1667-1713 > Les guerres successives de Dévolution et de Succession d'Espagne, opérées par Louis XIV, mettent les Pays-Bas à mal, détruisant bon nombre de places et de monuments.

1713 > Traité d'Utrecht. L'Espagne, défaite, cède les Pays-Bas aux Habsbourg d'Autriche.

1740-1748 > Nouvelle guerre de succession de Hollande. Cette fois, la Belgique, un moment envahie par les troupes de Louis XV, revient à l'Autriche.

1789-1790 > La Révolution française trouve très vite des échos en Belgique ; s'ensuivent les révolutions brabançonne et liégeoise.

1790 > Proclamation des Etats belges unis.

1792-1795 > Les Autrichiens tentent de reprendre leur domination, mais sont vaincus par les Français qui annexent la Belgique.

1804 > Code Napoléon : les Belges deviennent citoyens français.

1815 > Congrès de Vienne. La défaite de Napoléon à Waterloo entraîne l'incorporation de la Belgique aux Provinces-Unies pour former le royaume des Pays-Bas sous l'égide de Guillaume Ier d'Orange.

1830 > Sous l'impulsion du soulèvement polonais et de l'insurrection parisienne, Bruxelles se soulève et la Belgique proclame son indépendance.

1831 > Léopold Ier de Saxe-Cobourg-Gotha devient le premier roi des Belges. La monarchie se dote d'une constitution qui garantit la liberté de culte, la liberté d'enseignement, la liberté de la presse et d'opinion.

1865 > Léopold II accède au trône. Il nourrit de grandes ambitions territoriales et fait de Bruxelles une ville superbe, grâce à ses nombreuses constructions.

1885 > Le congrès de Berlin reconnaît la souveraineté du roi des Belges sur l'Etat indépendant du Congo.

1909 > La souveraineté du Congo passe à l'Etat belge et Albert Ier succède à son père.

1914-1918 > La neutralité de la Belgique est violée. Le gouvernement se retire au Havre. Le roi Albert Ier résiste dans la partie nord-ouest délimitée par l'Yser.

1919 > Traité de Versailles : Eupen, Malmédy, Saint-Vith et Moresnet vont à la Belgique. Le suffrage universel est proclamé en Belgique.

1922 > Union économique entre le Luxembourg et la Belgique.

1934 > Léopold III succède à son père sur le trône de Belgique.

1940-1945 > Seconde Guerre mondiale. La Belgique, neutre, est de nouveau envahie.

1944-1950 > Question royale et régence du prince Charles, frère de Léopold III.

1948 > Création du Benelux, qui regroupe la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

1951 > Léopold III abdique en faveur de son fils Baudouin Ier.

1957 > La Belgique adhère à la CEE.

1960 > Indépendance du Congo.

1977 > Le pacte d'Egmont découpe le pays en trois Régions : la Flandre, la Wallonie et la Région de Bruxelles.

1993 > Ratification de la Constitution qui transforme la Belgique en un Etat fédéral.

1999 > Lors des élections législatives, les partis sociaux-chrétiens perdent leur leadership. Les libéraux et les partis verts sont désormais au sommet. Le Premier ministre est Guy Verhofstadt.

17 avril 2001 > Premier procès avec jury populaire de participants (4) à un génocide (celui du Rwanda).

Juillet 2003 > Premier mariage homosexuel.

Juin 2004 > Marc Dutroux est condamné à la réclusion à perpétuité par la cour d'assises d'Arlon, à l'issue d'un procès très médiatisé.

8 octobre 2006 > Elections communales où, pour la première fois, les étrangers autres que les ressortissants de l'UE peuvent voter.

18 novembre 2007 > Environ 35 000 personnes, dont 3/4 de francophones, manifestent dans les rues de Bruxelles pour défendre l'unité du pays.

1er janvier 2010 > Herman Van Rompuy devient le premier président du Conseil européen et le poste de Premier ministre belge revient (à nouveau) à Yves Leterme (de la même famille politique).

26 avril 2010 > Démission d'Yves Leterme, suite à un nouveau désaccord sur le dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde qui précipite la chute de son gouvernement d'union.

6 décembre 2011 > Après 541 jours sans gouvernement, la formation du gouvernement Di Rupo met fin à la plus longue crise politique de l'histoire contemporaine européenne. Elle doit son existence aux nombreux désaccords entre le Parti Socialiste (PS) de Wallonie et la N-VA, parti socialiste de droite en Flandre, qui remportèrent respectivement les élections législatives fédérales au Sud et au Nord du pays en juin 2010. Un parti francophone de gauche attaché à l'unité du pays face à un parti néerlandophone de droite qui a pour but de créer une république flamande,... il faut dire que les conditions étaient loin d'être optimales pour pouvoir s'entendre.

13 décembre 2011 > A Liège, lors d'un marché de Noël place Saint-Lambert, un déséquilibré s'attaque à la foule à l'aide de grenades puis tire dans le tas avant de se donner la mort. Bilan : 6 morts et 120 blessés.

13 mars 2012 > Le drame de Sierre émeut la Belgique entière. Un bus scolaire

revenant de classe de neige percute un mur dans un tunnel en Suisse. Le bilan est
particulièrement lourd : sur les 52 passagers, 28 personnes sont mortellement blessées,
dont 22 enfants.

21 juillet 2013 > Le Roi Albert II abdique et cède ainsi son trône à son fils Phillipe. Dans son discours, Albert remercie sa femme, la reine Paola, pour avoir servi le peuple belge à ses côtés tout au long de son règne. Il lui envoie un " gros kiss " spontané qui émouvra toute la Belgique !

11 octobre 2014 > Charles Michel devient Premier ministre et ainsi le chef de gouvernement le plus jeune de l'histoire de la Belgique.

22 mars 2016 > Bruxelles est frappée par deux attaques consécutives revendiquées par l'état islamique. La première a lieu à l'aéroport de Zaventem dans le hall des départs alors que la seconde se déroule 30min plus tard dans le métro, à la station de Maelbeek. Le deuil national est déclaré en mémoire des 32 victimes et des 340 blessés.

Les originesHaut de page

Les plus anciennes traces humaines en Belgique ont été découvertes à Hallebaye (nord de Liège) et datent d'environ 800 000 ans. Vers 400 000 av. J.-C., l'homme de Néandertal s'installe dans nos régions. Au Néolithique (4 000 av. J.-C.), ses descendants se mettent à la culture et à l'élevage. Ils s'installent en Hesbaye, région très fertile située entre le Geer, la Meuse et la Mehaigne. Ils se répartiront ensuite rapidement sur tout le territoire. Aux environs de 600 av. J.-C., les populations celtiques, originaires d'Europe centrale, entament de violentes incursions, s'emparant progressivement de l'aire géographique comprise entre le Rhin, les Alpes et les Pyrénées, désignée comme " la Gaule ". Les Celtes, dont la culture fut largement assimilée par les populations conquises, travaillent le fer, se déplacent à cheval, pratiquent la religion druidique. Ils s'adonnent surtout à l'agriculture (grâce à la charrue à roue en fer) et à l'élevage, vendant également des esclaves aux marchands méditerranéens contre des produits ouvragés. Au Ier siècle av. J.-C. l'instabilité permanente occasionnée par les Germains fournit le prétexte à l'envoi de légions romaines. La conquête des Gaules commence (57 av. J.-C.). Il faudra cinq ans pour qu'elle s'achève par la destruction de la vigoureuse résistance des Belges, menée notamment par Ambiorix, roi des Eburons. Jules César reconnaîtra que " de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves ". Avec l'imposition de la Pax Romana s'ouvre une longue période de prospérité. Un réseau de chaussées est déployé, ouvrant des communications commerciales et permettant l'essor économique de la région. L'agriculture domine et les fabrications textiles, l'artisanat de céramique ainsi que les productions métalliques (armes) sont exportés vers les autres régions. Des cités naissent et se développent au carrefour de ces grands axes de déplacement (Tongres, Tournai, Arlon). Les populations belges sont romanisées, adoptant progressivement la langue, la religion et les manières de vivre de leurs envahisseurs. Le christianisme, quant à lui, apparaît en Belgique dès le IIIe siècle. L'occupation romaine durera 400 ans. Mais l'affaiblissement de l'Empire enhardit les populations extérieures qui commencent à s'installer dans les provinces romaines. Ainsi, les Francs Saliens, qui ouvrent l'ère mérovingienne, occupent le nord de l'actuelle Belgique et font de Tournai la capitale de leur royaume (Childéric Ier y est enterré). Sous le règne de son fils, Clovis (482-511), qui se convertit au christianisme, ils partent à la conquête de toute la Gaule et renforcent son évangélisation. C'est à cette époque que se dessine la frontière linguistique en Belgique. Le Sud du pays, fortement romanisé, est moins affecté par l'immigration franque que le Nord, où celle-ci s'impose à un peuplement dispersé. Le parler roman prévaut donc dans le Sud, tandis que le parler franc s'impose dans le Nord. Le terme " wallon " dérive d'ailleurs du franc walha, qui signifie " étranger ", " autre ".

De l'Empire aux royaumesHaut de page

Lieu de passage et de contact entre grands ensembles de population, l'espace belge, qui ne dispose pas de frontières naturelles, vivra désormais son histoire au gré des guerres et des conflits entre ses grands voisins, servant au fil des siècles de champ de bataille de l'Europe. En attendant, l'histoire de la France et celle de l'ancienne Gaule belge se confondent. Lors du déclin de la dynastie mérovingienne (époque des Rois fainéants), une puissante famille noble de Hesbaye régnant sur de grands domaines féodaux va fournir de nombreux maires de palais (vice-rois) de plus en plus énergiques. L'un d'eux, Charles Martel, se fait reconnaître par sa victoire à Poitiers en 732. Son fils, Pépin le Bref, est consacré roi des Francs en 751, ouvrant la période carolingienne tandis que son successeur, Charlemagne (771-814), étendra la chrétienté vers l'est et sera couronné à Rome empereur d'Occident en l'an 800.

LotharingieHaut de page

Après la mort de Charlemagne, le traité de Verdun (843) conclut les guerres fratricides entre ses trois héritiers par un partage de l'empire entre Charles le Chauve, qui se voit attribuer les terres située à l'ouest de l'Escaut (futur royaume de France), Louis le Germanique, qui obtient la partie orientale (Saint Empire) et Lothaire, disposant des territoires intermédiaires (région s'étendant de la Hollande à l'Italie). La création de la Lotharingie, Etat éphémère, laissera des traces dans l'Europe actuelle, puisque les régions rassemblées continueront jusqu'à nos jours à hésiter entre les deux autres domaines. La partie belge de la Lotharingie ne résiste pas à l'étau de ses puissants voisins et, en 925, elle sera absorbée formellement par l'empire, dont l'Escaut devient la frontière. Déjà, à l'époque, la situation administrative de la future Belgique est complexe. La Flandre, au parler majoritairement germanique, dépend du roi de France, tandis que les territoires de langue romane sont les vassaux de l'Empire germanique. Dès le Xe siècle, les grands seigneurs commencent à s'émanciper, et l'espace belge se morcelle en de nombreuses seigneuries féodales, s'organisant derrière de hautes murailles et des châteaux fortifiés (donjons) pour résister aux razzias des envahisseurs vikings. Un de ces seigneurs, Godefroy de Bouillon, va jouer un rôle décisif durant la première croisade et sera proclamé roi de Jérusalem en 1099.

Prospérité médiévaleHaut de page

Au Moyen Age, les échanges économiques reprennent. Des entités féodales plus grandes se constituent en principautés, duchés, comtés, à l'intérieur desquels le dynamisme des villes est prépondérant. Le comté des Flandres, à l'ouest de l'Escaut, relevant du royaume de France, connaît un important développement économique. Un puissant corps de marchands et d'artisans se constitue. Vers 1200, le tissage de la toile donne du travail à 20 000 tisserands dans la ville de Gand, alors que Bruges est un des centres du commerce européen. L'octroi de libertés communales entérine ce premier essor d'une bourgeoise capitaliste. La construction d'hôtels de ville et de beffrois symbolisant la prospérité bourgeoise, l'épanouissement des arts (cathédrales, gothique flamboyant), l'esprit de fronde et de liberté font de cette période l'âge d'or de l'histoire des Flandres. La puissance marchande inquiète les patriciens et le roi de France, qui sont défaits à la bataille des Eperons d'Or à Courtrai, en 1302. Cette victoire consolide encore l'indépendance des villes. Fief d'empire, le duché de Brabant, qui contrôle la route du Rhin à la mer du Nord, joue un rôle stratégique important et fait le lien avec la principauté ecclésiastique de Liège, qui, bien que vassale de l'Allemagne, jouit d'une certaine indépendance. Cet ensemble géographique se resserre au gré d'alliances prévoyant l'entraide et l'arbitrage, de préférence à la guerre, en cas de litige.

Duché de BourgogneHaut de page

En 1369, Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne et frère du roi de France Charles V, épouse Marguerite de Maele, fille du dernier comte de Flandres, et devient par cette alliance héritier du comté des Flandres. Cette unification des régions qui composent la Belgique actuelle se poursuivra par mariages, alliances, rachats et conquêtes. Ainsi se constitue une entité politique nouvelle appelée les Pays-Bas, avec Bruxelles pour capitale. Le petit-fils du Hardi, Philippe III le Bon (1419-1467), mène la guerre contre les Armagnacs et le dauphin Charles VII de France aux côtés de l'Angleterre. Il est promu grand-duc d'Occident et devient le souverain le plus puissant d'Europe. Mécène, il développe les arts à Bruxelles, embellit la ville et en fait une grande capitale européenne. La centralisation administrative qui accompagne l'expansion bourguignonne s'oppose au maintien des libertés communales au travers de nombreuses péripéties sanglantes.

Entrée en scène des HabsbourgHaut de page

Le mariage de Marie de Bourgogne, fille unique de Charles le Téméraire, avec Maximilien Ier d'Autriche fait passer les Pays-Bas sous la tutelle des Habsbourg. Ceux-ci seront contraints d'accorder le Grand Privilège diluant l'autorité centrale au bénéfice des autonomies régionales. Après le règne de Philippe le Beau, marié à Jeanne de Castille (dite Jeanne la Folle), leur fils Charles Quint, né à Gand, hérite d'un immense territoire incluant l'Espagne et les Pays-Bas. Il est élu empereur en 1519 et reprend l'oeuvre centralisatrice dans une âpre lutte pour l'hégémonie en Europe contre le roi de France, François Ier. Il annexe Tournai, signe une alliance avec le prince-évêque de Liège, fait renoncer la France à sa suzeraineté sur la Flandre et l'Artois et supprime la frontière qui, depuis 813, partage le territoire belge (transaction d'Augsbourg en 1548). En 1548, Charles Quint institue le Cercle de Bourgogne, ensemble des provinces des Pays-Bas qui ne peuvent désormais plus être dissociées lors de successions ultérieures. Ce Cercle de Bourgogne est considéré comme l'ancêtre d'une destinée commune des dix-sept provinces dont les territoires correspondent à peu près au Benelux actuel.

Apogée et destruction des anciens Pays-BasHaut de page

L'étendue de l'empire, la découverte du Nouveau Monde et de ses richesses, le mercantilisme stimulent les échanges commerciaux. A l'ensablement de Bruges répond le développement accéléré du port d'Anvers et de sa Bourse. Des financiers venus de toute l'Europe (Juifs, Portugais, Lombards) y fondent des comptoirs. Cependant, cette unification administrative des Pays-Bas n'empêche pas les provinces et les villes de garder leurs particularismes. La propagation d'une nouvelle doctrine, prêchée par un moine allemand nommé Luther, ne fait qu'accentuer ces divisions. Charles Quint décide alors d'interdire le protestantisme et de rétablir l'Inquisition. En 1555, il abdique en faveur de son fils Philippe II, qui hérite de l'Espagne, des Pays-Bas, des possessions italiennes et des colonies. Son frère, Ferdinand, hérite des pays d'empire avec la couronne d'Autriche. Philippe II (1556-1598), roi espagnol avant tout et culturellement très éloigné des Pays-Bas, souhaite soumettre les provinces des Pays-Bas aux instructions de Castille. Très autoritaire, il intensifie également les persécutions des calvinistes. La Révolte des Gueux éclate et se généralise. Pour mater la révolte, Philippe II envoie un représentant, le duc d'Albe. Celui-ci met les Pays-Bas à feu et à sang. L'or des Amériques qui, en temps de paix, est passé des coffres des hidalgos (nobles espagnols) à ceux des marchands et artisans des Pays-Bas, sert désormais à payer les armées chargées de mater les provinces autonomistes. Le duc d'Albe ordonne également la création d'un tribunal d'exception qui prononcera 8 000 condamnations à mort, dont celles des comtes d'Egmont et de Hornes, qui seront décapités sur la Grand-Place de Bruxelles. Les armées espagnoles repoussent les attaques protestantes, et les insurgés doivent alors se réfugier dans le nord des Pays-Bas. En 1579, les provinces du Sud (Flandres, Hainaut, Artois), saignées à blanc et épuisées, doivent se soumettre par la signature du traité d'Arras, en 1579. Se constituent de la sorte les Pays-Bas espagnols dont fait partie le Luxembourg. Les provinces du Nord, quant à elles, font sécession et forment leur propre État : les Provinces-Unies. C'est la fin de l'union des dix-sept provinces de Charles Quint. Peu après, sous l'impulsion du gouverneur des Pays-Bas, Alexandre Farnese, les villes de Bruges, Gand, Malines, Bruxelles et Anvers sont reprises aux calvinistes (1581-1585). Une longue stagnation économique résultera de cette guerre. Des milliers d'ouvriers flamands émigrent vers l'Angleterre, emportant leurs méthodes de fabrication, tandis que l'intelligentsia et la bourgeoisie s'installent en Hollande, jusqu'alors province moins développée.

Rémission partielleHaut de page

En 1598, Philippe II cède la souveraineté des Pays-Bas à son neveu, l'archiduc Albert, et à son épouse Isabelle. Après la reprise d'Ostende, ceux-ci, extrêmement pieux, travaillent au triomphe du catholicisme. Cette Contre-Réforme va de pair avec un retour à la paix, la reconstruction économique de la région et de grands travaux de génie civil (assèchement des Moeren, creusement du canal Bruxelles-Willebroek). Mais l'archiduc, mort en 1621, n'ayant pas laissé d'héritier, les Pays-Bas méridionaux retourneront à l'Espagne, et les hostilités reprennent. Les cessions par traité de territoires dessinent progressivement le tracé frontalier de la Belgique contemporaine : perte du Brabant-Septentrional et de la Flandre-Zélandaise au profit des Provinces-Unies, abandon de l'Artois, d'une partie de la Flandre et du Hainaut à la France. Le traité de Westphalie, en 1648, consacre diplomatiquement la séparation des dix-sept provinces. Ce siècle de malheurs pour les Pays-Bas espagnols, voués à la neutralisation militaire par les puissances européennes, s'achève par le bombardement de Bruxelles et de sa Grand-Place, à l'initiative du maréchal de Villeroi (1695), sujet du roi de France Louis XIV.

Période autrichienneHaut de page

L'extinction de la branche espagnole des Habsbourg, au début du XVIIIe siècle, ouvre une guerre de succession. Défaite et en déclin, l'Espagne cède les Pays-Bas aux Habsbourg d'Autriche par le traité d'Utrecht en 1713. Le territoire a cependant été fortement réduit par les conquêtes du roi de France (Arras, Lille...). Des terres sont gagnées à l'agriculture et les rendements améliorés, de nombreuses industries sont créées, échappant aux entraves corporatistes. Les droits de passage sur les marchandises sont supprimés, unifiant le marché intérieur des Pays-Bas autrichiens, abrité par une politique protectionniste de la concurrence étrangère. Sous le règne de Marie-Thérèse (1740-1780), les arts et le commerce se développent, la Belgique est prospère. Mais les réformes visant à la réduction du pouvoir de l'Eglise et à la diminution de l'autonomie provinciale et locale rencontrent de nombreuses résistances. Elles prennent la forme de la contestation ouverte et de révoltes contre le despote éclairé Joseph II (1780-1790). Au même moment, une partie de la population devient de plus en plus réceptive aux idées nouvelles qui viennent de France.

La révolution brabançonne et la domination françaiseHaut de page

Les événements parisiens de 1789 trouvent très vite écho en Belgique avec les révolutions brabançonne et liégeoise. Les garnisons autrichiennes sont défaites dans des combats de rue, laissant quelques mois d'indépendance aux provinces soulevées. Ambiguë dans ses objectifs, la révolution brabançonne résulte d'une alliance précaire et ponctuelle entre statistes et patriotes contre l'ennemi commun. Les premiers regroupent le clergé et la noblesse féodale, alors que les seconds mobilisent le Tiers Etat et sont progressistes, sensibles aux idées des Lumières. Dans le même temps, la principauté de Liège connaît aussi sa révolution, d'inspiration nettement républicaine, animée par la Révolution française. Conséquence de ces révolutions, les Etats belges unis sont proclamés en janvier 1790. Mais ceux-ci ne résistent pas à des intérêts antagonistes et les Autrichiens rétablissent provisoirement leur domination. Définitivement vaincus à la bataille de Fleurus par l'armée révolutionnaire française (1794), les Autrichiens abandonnent la Belgique, qui est annexée par la France. Assimilée aux autres provinces de la République, la Belgique est divisée en départements : " les neuf Départements réunis ". Les principes révolutionnaires (liberté des personnes, égalité devant la loi), puis le code Napoléon sont appliqués. Le marché français, s'ouvrant au pays, engage la Belgique dans la révolution industrielle et dans une courte période de prospérité. Ces vingt années de régime français laisseront des traces définitives dans la future Belgique indépendante. La suprématie de la langue française sur l'ensemble du territoire est établie, l'idée de la centralisation administrative et les principes du droit romain et catholique façonnent plusieurs générations. Les Belges participeront aux campagnes napoléoniennes comme conscrits, mais on les retrouve aussi dans les armées des Alliés (Anglais et Prussiens) à Waterloo. Si le régime français est plutôt bien supporté dans les contrées francophones, des voix, sur le moment peu entendues, s'élèvent contre l'écrasement de la culture néerlandaise dans les villes de Flandre, notamment à Bruxelles.

Le royaume des Pays-Bas et la révolution de 1830Haut de page

La défaite de la Grande Armée à Waterloo (18 juin 1815) face aux armées de la Sainte-Alliance signe l'échec de la tentative d'expansion impériale française et commande son repli forcé. A l'initiative de l'Angleterre, la Belgique est incorporée aux Provinces-Unies pour former le royaume des Pays-Bas sous l'égide de Guillaume Ier d'Orange, l'intention étant d'établir une barrière contre la France. Mais les deux siècles de séparation entre le sud et le nord des anciens Pays-Bas ont forgé des différences profondes. Différences économiques entre la bourgeoisie industrielle (d'ailleurs encouragée par le régime) au sud, et commerçante au nord, différences religieuses (Belges catholiques, Hollandais protestants), différences linguistiques : la bourgeoisie belge est francisée, même en Flandre, et récuse l'usage officiel du néerlandais, pourtant très timidement réintroduit. Les parties de la Belgique qui tirent profit de l'ouverture des colonies hollandaises restent favorables au régime, tandis que les secteurs de la société dominés par le libéralisme naissant ou par son contraire, l'obscurantisme catholique rural, lui sont de plus en plus hostiles. Le soulèvement polonais et l'insurrection parisienne de 1830 exaltent une nouvelle fois Bruxelles, qui se révolte à son tour le 25 août 1830. Les patriotes chassent l'armée hollandaise et un gouvernement provisoire se constitue le 25 septembre. Les Belges choisissent alors un régime de monarchie constitutionnelle. Un Congrès national vote la Constitution le 7 février 1831. Celle-ci est l'une des plus libérales de l'Europe d'alors, garantissant de nombreuses libertés aux citoyens. Cependant, le droit de vote reste réservé aux riches qui paient un certain niveau d'impôt, soit 1 % de la population. La couronne est proposée au prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha. Celui-ci prête serment et devient premier roi des Belges, le 21 juillet 1831. L'Etat indépendant de Belgique est reconnu par les principaux pays européens (la Hollande le fera seulement en 1839) qui proclament sa neutralité. Ainsi, " la Belgique est la clé de voûte de l'ordre européen ", selon les mots du roi Louis-Philippe, dont Léopold Ier épouse la fille Louise-Marie d'Orléans, s'assurant ainsi l'appui de la France. Quant au Luxembourg, érigé en grand-duché en 1815 et intégré aux Pays-Bas, il se joint à la révolution de 1830 et les puissances décident alors son partage. La partie occidentale échoit à la Belgique (province du Luxembourg) et la partie orientale germanique forme le grand-duché indépendant. Celui-ci s'intègre économiquement à la Prusse en 1842  (Zollverein).

La Belgique indépendanteHaut de page

La nouvelle vie politique belge est dominée par le Parti catholique et le Parti libéral (libres-penseurs), qui sont les deux seuls partis existants. Durant ses premières années, la Belgique connaît des gouvernements d'union nationale qui permettent de surmonter les contradictions de sa société partagée en modernistes libéraux et conservateurs catholiques, ayant rejeté le régime hollandais pour des motifs opposés. L'essor industriel est soutenu (la première ligne de chemin de fer du continent européen relie Bruxelles à Malines en 1835). Au bout de quelques années, l'opposition entre les libéraux et les catholiques se fait de plus en plus forte. Cette guerre idéologique s'exprimera notamment à travers le débat sur l'école : en 1830, la liberté de culte et d'enseignement a été inscrite dans la nouvelle Constitution belge. Du point de vue des crédits publics, l'Etat traite de façon égale écoles privées catholiques et écoles publiques. Progressivement, le prolétariat s'organise sous la direction de jeunes bourgeois éclairés, issus des milieux libéraux. Le Parti ouvrier belge, d'inspiration réformiste, est fondé en 1885. Petit à petit, on assiste alors à quelques avancées sociales. Le droit de grève est reconnu et, en 1892, le suffrage universel est acquis. Ce suffrage universel est cependant tempéré par le vote plural : chaque homme dispose d'une voix, les titulaires d'un diplôme de deux et les plus riches de trois. Il faudra attendre 1919 pour que le suffrage universel, égal pour tous, soit instauré. Et 1948 pour que les femmes puissent également voter.

Colonisation du CongoHaut de page

Succédant à Léopold Ier en 1865, Léopold II nourrit des ambitions coloniales. Prétextant la lutte contre la traite des Noirs, il crée l'Association internationale africaine et finance des expéditions en Afrique centrale dont celle de Stanley. Le roi finance toutes ces explorations lui-même, avec l'aide de partenaires américains. Avant que les grandes puissances ne se partagent entièrement le continent, il s'attribue un immense territoire de chasse qui deviendra " l'Etat indépendant du Congo " sur lequel le Congrès de Berlin reconnaît la souveraineté du roi des Belges en 1885. La superficie de ce territoire est égale à 80 fois celle de la Belgique... Cette colonie est fabuleusement riche, son sol recelant de l'or, de l'argent, du cuivre et des diamants. Mais les polémiques nombreuses sur l'exploitation des masses indigènes et l'affectation des richesses coloniales (prosaïque contrepartie à la mission civilisatrice proclamée) conduisent le roi à transférer la souveraineté sur le Congo à l'Etat belge (1908). Le besoin de grandeur incite également Léopold II à redessiner Bruxelles selon les canons de l'urbanisme haussmannien (voûtement de la Senne, jardins et arc de triomphe du Cinquantenaire, grands boulevards, etc.). Sous le règne de Léopold II, les revendications flamandes reçoivent une première écoute. A l'époque le néerlandais était parlé par les ouvriers flamands alors que la bourgeoisie, y compris en Flandre, parlait le français. La justice était donc rendue en français, l'administration était unilingue et l'Etat ne tenait aucun compte de la population néerlandophone. En 1898, le mouvement national flamand obtient le statut de langue officielle pour le néerlandais. Mais on est encore loin de l'égalité entre les langues.

La Belgique au début du XXe siècleHaut de page

L'empire allemand viole la neutralité belge le 2 août 1914. Le gouvernement se retire au Havre. Le roi Albert Ier (1909-1934), à la tête de l'armée belge, maintient la résistance et sa souveraineté sur le réduit territorial dans le nord-ouest du pays délimité par l'Yser. Cela, tout au long d'une guerre de tranchées atroce (premier usage du gaz ypérite). Au sortir de la Grande Guerre, la Belgique se voit attribuer par le traité de Versailles les cantons allemands d'Eupen et Malmedy. La fin de la guerre entraîne également l'adoption de mesures sociales. Le suffrage universel égal pour tous est notamment accordé (1919). Afin de prévenir l'agitation révolutionnaire, une Commission nationale du travail, composée de représentants patronaux et syndicaux, est instituée avec charge de négocier les conditions d'embauche, de salaire et de grève. En 1921 est créée l'Union économique belgo-luxembourgeoise (parité monétaire, suppression des droits de douane). Celle-ci sera la trame du Benelux (associant la Hollande) et des autres espaces économiques supranationaux, dont la Belgique est à chaque fois partie prenante et moteur par sa vocation exportatrice et son étroitesse territoriale. Le Mouvement flamand obtient quelques mesures, telles que la néerlandisation de l'université de Gand en 1932. Les épreuves de la Première Guerre mondiale ont fait naître un esprit belge, presque nationaliste, qui ne survivra pas à la guerre suivante. La crise économique des années 1930 provoque l'émergence de mouvements fascistes : le Rex de Léon Degrelle à Bruxelles et en Wallonie, le VNV en Flandre. Ceux-ci fourniront les cadres politiques de la collaboration avec l'occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale. Le 10 mai 1940, l'armée nazie pénètre en Belgique et occupera le territoire en l'espace de 18 jours. Parti en exil à Londres, le gouvernement belge participe à l'effort de guerre allié (entre autres, l'uranium du Congo servira à la fabrication des premières bombes atomiques). Le roi Léopold III (1934-1950) refuse, quant à lui, de partir et décide de rester au pays pour partager le sort des Belges. Mais toute activité politique lui sera interdite par le régime nazi, et le roi se tient à l'écart des affaires dans son château de Laeken après avoir signé la capitulation. Transféré en Allemagne au moment de l'évacuation nazie, Léopold III aura un entretien avec Hitler à Berchtesgaden. De plus, les prisonniers de guerre lui reprocheront son remariage en captivité, en 1941  (sans l'accord du Parlement et, qui plus est, avec la fille d'un collaborateur), pendant que les Allemands pratiquent un traitement sélectif des communautés belges, libérant les prisonniers flamands avant les francophones. Ce régime de faveur provoquera d'ailleurs une hostilité entre les deux communautés après la guerre. Tous ces faits constituent la toile de fond de la question royale qui déchire le pays après la Libération, entre partisans (animés par les catholiques) et adversaires du retour du roi (réseaux de résistants, mouvements ouvriers et libéraux). Le prince Charles, frère du roi, assure la régence dans l'attente du référendum du 12 mars 1950, qui donne la victoire aux partisans du retour du roi à 57,5 %. Mais le clivage communautaire apparaît nettement entre la Flandre (70 % pour) et la Wallonie (58 % contre). Les manifestations sanglantes de Grâce-Berleur et la menace d'une marche insurrectionnelle sur Bruxelles incitent finalement le souverain à abdiquer au profit du prince Baudouin, qui montera sur le trône à sa majorité, en 1951.

L’après-guerreHaut de page

Après la guerre, l'économie belge va se relever assez rapidement. La reconstruction du pays passe par l'augmentation de la production, notamment de charbon. Dès 1946, l'Etat fait appel à la main-d'oeuvre étrangère. Des milliers d'Italiens arrivent en Belgique. A la même époque, le minerai du Congo afflue au port d'Anvers et l'industrie sidérurgique prospère. Pourtant, dès la fin des années 1950, ce tissu industriel wallon, basé principalement sur le charbon et la sidérurgie, commence à décliner irréversiblement, alors que la Flandre, au contraire, développe une activité commerciale dynamique, encouragée par la création du Marché commun européen dont Bruxelles devient la capitale financière et politique en 1959.

DécolonisationHaut de page

La Belgique, qui n'échappe pas à la tourmente des mouvements de lutte anticoloniale, sera contrainte de reconnaître l'indépendance du Congo le 30 juin 1960. Le Congo accède à l'indépendance sans s'y être aucunement préparé, sans élite universitaire, sans embryon d'économie moderne autre que les exploitations coloniales. La perte des ressources naturelles du Congo est durement ressentie et oblige le gouvernement belge à prendre un ensemble de mesures (appelées Loi unique) pour transformer un appareil industriel vieilli, instaurer une nouvelle productivité et assurer le passage de l'activité extractive déclinante à la nouvelle production manufacturière de masse. Cette Loi unique instaure de nouvelles taxes et réduit les dépenses sociales. Les travailleurs réagiront par le plus grand mouvement de protestation sociale de la Belgique contemporaine (hiver 1960-1961), bloquant l'activité du pays durant de longues semaines. C'est en Wallonie que l'opposition est la plus virulente et, aujourd'hui encore, le souvenir de cette grève générale reste plus vivace dans les mémoires d'une Wallonie désemparée que dans celles du Bruxelles bourgeois et de la Flandre sociale chrétienne. La Loi unique est abrogée le 13 juillet 1961, mais cette grève laissera des traces durables dans le pays, consacrant la rupture entre la Flandre et la Wallonie. La régionalisation de la Belgique est devenue inéluctable. Enfin, s'il est un pays qui a conservé et expose aujourd'hui une partie des archives de cette époque coloniale, c'est bien la Belgique. Le musée royal de l'Afrique centrale a d'ailleurs été conçu (à Tervuren), puis agrandi, sous le règne du roi Léopold II.

FédéralismeHaut de page

Alors que la Flandre prospère exprime sous diverses formes sa détermination à obtenir avant toute chose l'autonomie culturelle, les milieux syndicaux et progressistes de Wallonie comprennent la nécessité d'obtenir le fédéralisme. Seule cette réorganisation de la Belgique leur paraît pouvoir garantir au sud du pays une politique économique adaptée à ses difficultés. En 1962, une frontière linguistique est tracée. Les ministères de l'Education et de la Culture sont dédoublés et de nouveaux (Economie régionale, Relations communautaires) sont créés. Fin 1970, la Constitution est révisée. Elle instaure trois Communautés culturelles : française, flamande et germanophone. Des réformes successives seront ensuite apportées à la Constitution pour former l'Etat fédéral belge actuel. Une nouvelle réforme importante, visant à donner encore plus d'indépendance aux Régions, devrait d'ailleurs avoir lieu prochainement, et la Belgique semble se diriger à grands pas vers un système confédéral. Si, à la mort du roi Baudouin en 1993, le deuil national démontra que, malgré les divergences communautaires, les Belges pouvaient encore éprouver un sentiment national, celui-ci semble s'amenuiser de plus en plus, particulièrement au nord du pays.

Ailleurs sur le web

Liens utiles Belgique

Rejoignez la communauté Petit Futé en 1 clic
Suivez-nous sur
Participez
à la communauté