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Des modes de vie et opinions différents

La Belgique vit au rythme des différences qui l’ont constituée. La césure socio-linguistique s’étend sur la quasi-totalité des sujets du royaume. Seule l’équipe de football nationale, les Diables Rouges, est à même de réunir les trois communautés dans un même élan patriotique. Les particularités de ces différentes communautés font qu’il est difficile de décrire un mode de vie et des caractéristiques uniques de la population. On peut considérer selon les opinions de votes que dans leur majorité, les Flamands sont plus conservateurs et traditionnels et les Wallons, plus progressistes. La flambée de l’extrême droite xénophobe et séparatiste en Flandre aux dernières élections de 2019 montre aussi qu’une partie des Flamands a choisi le repli sur soi, quand les Wallons ont gardé le cap du socialisme ou versent désormais davantage à l’extrême gauche communiste. On remarquera cependant un certain nombre de traits de caractère qui se retrouvent chez la plupart des Belges.

D’abord, le niveau et le confort de vie des Belges sont généralement bons… malgré des disparités évidentes. La société belge est basée sur la solidarité. Malgré le vieillissement de la population, le système de Sécurité sociale fonctionne. Des allocations familiales, des pensions, une assurance maladie, des allocations de chômage et des congés payés sont distribués à ceux qui y ont droit. Et les soins de santé sont parmi les meilleurs au monde.

Le compromis à la belge

Ainsi, les Belges sont généralement modestes et modérés. Comme leur pays, la plupart ont adopté un comportement de résolution pacifique des conflits. C’est le fameux compromis à la belge (néanmoins en voie de disparition). Les Belges sont aussi de bons hôtes et, surtout, de bons vivants. Il suffit de voir le nombre de cafés et de restaurants que compte le pays pour s’en persuader. On remarquera également que le langage est généralement très familier, dans le bon sens du terme, et l’utilisation de métaphores, de plus ou moins bon aloi, est monnaie courante. Contrairement aux Français, réputés champions des râleurs au niveau mondial, les Belges sont patients et courtois. Ils peuvent attendre des heures dans une administration sans souffler, trépigner, taper du poing. Mais aussi pour aller à un concert ou au cinéma, en faisant la queue calmement.

La bière, tradition sociale séculaire

Depuis le XIVe siècle, les brasseurs de Bruges, Lièges et Bruxelles sont fédérés pour préparer la boisson maltée favorite des Belges. Le pays compte plus de 200 brasseries de production et plus de 2 500 variétés de bières. Même dans les kermesses d’école, elle coule à flots ! Vous en trouverez partout et de toutes les sortes, été comme hiver. La consommation moyenne annuelle et par habitant s’est réduite à 68 litres en Belgique actuellement contre 202 litres dans les années 1930. On est loin des 104 litres par habitant en Allemagne, mais on est à plus que le double de la consommation moyenne française de 33 litres par habitant ! Mais, si le Belge boit moins, il boit « mieux ». Si la pils est toujours sa bière favorite, la consommation de spéciales représente 35 % du total. Depuis 2016, la bière belge est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco sous le titre « La culture de la bière en Belgique ». Tout un programme.

L’humour à la belge

Si les Français font volontiers des blagues lourdes sur les Belges et leurs frites depuis des décennies, les Belges ont un humour décapant, débridé, raffiné et impertinent. Le Belge manie l’ironie à merveille, surtout le Bruxellois, qui a le sens de l’humour gouailleur, insolent, politiquement incorrect et l’esprit naturellement mal tourné. Résumé en un mot : la zwanze. La fameuse statue sur la fontaine du Manneken Pis à Bruxelles (« le petit homme qui pisse ») est le symbole le plus connu de la ville, qui personnifie aussi leur sens de l’humour. Les acteurs et humoristes Benoît Poelvoorde et Yolande Moreau, que l’on connaît bien en France, en sont un parfait exemple.

Le vélo, le train, le tramway

Si la Belgique est très urbanisée, elle peut se vanter d’avoir développé dans nombre de villes, et plus spécialement les cités flamandes influencées par les Pays-Bas, des moyens de transport en commun écologiques. Le plus emblématique des moyens de transport dans le plat pays, c’est bien sûr le vélo. Il n’y a qu’à voir les forêts de deux-roues parqués devant les gares pour s’en rendre compte ! Les pistes cyclables sont développées aussi bien en ville que dans les campagnes. Le tramway électrique dans les grandes villes comme Bruxelles, Anvers ou Gand a un réseau très développé. Le train est facile à prendre pour rayonner dans toutes les villes de ce petit pays, tout comme prendre son vélo à bord du train ! Enfin, les canaux, existant depuis le Moyen Âge, ont segmenté certaines villes en aires piétonnes vertes et calmes, comme à Bruges.

La famille, une valeur bien ancrée

Bien que le nombre de mariages ne cesse de diminuer dans le pays, la famille reste l’une des valeurs essentielles de la société belge. Plus d’un nouveau-né sur deux à des parents non mariés. Dans le même esprit, les Belges sont aussi réputés pour investir considérablement dans leur logement (plus de 75 % des ménages sont propriétaires) et aiment y recevoir amis et famille.

La communauté LGBT bien acceptée

La communauté homosexuelle est assez importante en Belgique, assez visible (surtout à Anvers, à Bruxelles et, dans une moindre mesure, à Liège) et bien acceptée. En 2003, la Belgique fut le second pays, après les Pays-Bas, à légaliser le mariage entre deux personnes du même sexe. Chaque année, on compte entre 1 800 et 2 200 unions.

La PMA élargie

Depuis le 20 avril 2006, les couples homosexuels sont autorisés à adopter un enfant ainsi que les femmes célibataires, au même titre que les couples hétérosexuels. Mais dans la pratique, il existe de nombreuses difficultés liées au nombre d’enfants à adopter en Belgique, et aux pays refusant l’adoption aux couples homosexuels. En cas de PMA au sein des couples lesbiens, autorisée depuis 2015, si les homosexuelles sont mariées au moment de la naissance de l’enfant, le statut de « mère légale » est donné automatiquement à la conjointe de la mère biologique de l’enfant. Refusant de « privilégier un modèle familial plutôt qu’un autre », le législateur avait alors autorisé l’accès à cette technique à tout « auteur de projet parental », incluant les femmes lesbiennes et célibataires. Là encore, la Belgique est pionnière dans ce type de loi.

Des naissances en baisse

Le taux de natalité est en baisse pour la 7e année consécutive, avec 10,5 naissances pour 1 000 femmes. En 2018, 117 800 bébés ont vu le jour en Belgique, soit une baisse de 1,1 % par rapport à 2017. De plus, il est déséquilibré de part et d’autre de la frontière linguistique. L’indice conjoncturel de fécondité diminue donc encore à 1,61 enfant par femme. C’est insuffisant pour renouveler la population (il faudrait un taux égal à 2 enfants par femme). Il est également plus élevé dans la capitale (1,75) que dans les autres régions (1,59). L’âge moyen à la maternité est de 30,7 ans. Il est sensiblement plus élevé à Bruxelles (31,8 ans) qu’en Flandre et en Wallonie (30,6 ans et 30,5 ans). La proportion des naissances de mères étrangères reste majoritaire à Bruxelles avec 51,6 % des naissances ! Elle n’est que de 21,8 % en Région flamande et 18,5 % en Wallonie. Les prénoms les plus utilisés diffèrent aussi selon l’appartenance communautaire.

Une espérance de vie élevée

L’espérance de vie à la naissance s’est élevée en Belgique en 2018 à 81,5 ans pour l’ensemble de la population, selon les données de Statbel, l’office belge de statistiques. Pour les femmes, elle atteignait 83,7 ans et 79,2 ans pour les hommes. Ainsi, l’espérance de vie la plus longue est constatée en Flandre (82,3 ans). Bruxelles suit (81,5 ans) devant la Wallonie (79,9 ans)

L’euthanasie légalisée

En 2002, l’euthanasie dite « active » est votée après deux ans de débats. Celle-ci est définie comme un « acte, pratiqué par un tiers, qui met intentionnellement fin à la vie d’une personne à la demande de celle-ci ». Elle est autorisée uniquement sur un patient majeur, qui a formulé de façon volontaire, réfléchie et répétée sans pression extérieure, la volonté de mourir en raison d’une situation médicale sans issue. Une rareté en Europe où le débat sur l’euthanasie est très vif et revient régulièrement sur le devant de la scène. La Belgique l’a adoptée il y a 15 ans alors qu’aujourd’hui, seuls quatre pays dans le monde la pratiquent : la Colombie, mais aussi les voisins de la Belgique avec qui elle partage cette ouverture d’esprit et de liberté, les Pays-Bas et le Luxembourg.

Un système éducatif performant

Le système éducatif de la Belgique est l’un des plus performants d’Europe : il arrive au troisième rang au niveau européen. Seulement 15 % des personnes âgées de 18 ans ne poursuivent pas d’études. L’école est obligatoire de 6 ans à 16 ans. Pour simplifier, on retiendra que l’enseignement est divisé en deux catégories : le réseau officiel ou public, organisé par l’État, et le réseau libre ou privé, où les écoles sont généralement confessionnelles, la majorité catholiques, même s’il existe quelques écoles religieuses protestantes et juives. Il est intéressant cependant de remarquer que de nombreux parents non pratiquants, athées ou même adoptant une autre religion, préfèrent inscrire leurs enfants dans une école catholique car elles ont meilleure réputation. Aujourd’hui, l’enseignement public et l’enseignement libre représentent chacun environ 50 % des élèves inscrits. La scolarisation est répartie en deux tranches de six ans (on passe un degré tous les deux ans) et le panel de choix du cursus est assez varié de la formation générale, à une formation artistique, technique ou professionnelle. Le système éducatif belge est fortement décentralisé, bien plus qu’en France, tant au niveau des matières que du recrutement des personnels.