Guide de Porto Rico : Survol de Porto Rico

<p>Vue aérienne du centre de San Juan.</p>

Vue aérienne du centre de San Juan.

Géographie
<p>Bosque Estatal de Guánica.</p>

Bosque Estatal de Guánica.

La forme de l'île de Porto Rico est des plus simples, un rectangle de terre qui flotte sur l'eau, bordé au sud par la mer des Caraïbes et au nord par l'océan Atlantique. Quatrième île des Caraïbes par sa taille derrière Cuba, Hispaniola (Haïti et la République dominicaine) et la Jamaïque, Porto Rico possède un territoire d'une superficie de 9 100 km² et comporte 438 km de côtes. Située bien en dessous du tropique du Cancer, l'île a longtemps joui d'une position stratégique de premier plan, très appréciée à l'époque coloniale. D'ouest en est, la plus longue ligne continue de terre atteint 170 km, alors que du nord au sud, la largeur du rectangle ne fait que 60 km. Sa plus proche voisine de l'ouest, la République dominicaine, n'est qu'à 120 km à vol d'oiseau. À l'est, bien plus proches, se trouvent les îles Vierges américaines.

Relief terrestre

Comme beaucoup d'îles de la région, Porto Rico n'est en rien une terre plate. Et comme la plupart de ses voisines, elle est née de l'activité volcanique, il y a plusieurs millions d'années. Vous pouvez donc distinguer 3 types de terrain : les plaines côtières, les montagnes du centre appelée Cordillera central, et la région du karst, ce paysage façonné dans des roches solubles carbonatées appartenant aux formations rocheuses. En plein coeur de l'île, domine le Cerro de Punta à 1 338 m, le pic le plus haut du pays. Le Karst Country (pays du Karst), comme l'appellent ses habitants, se trouve le long de la côte nord, au nord-est de Mayagüez, dans les collines situées entre Manatí et Quebradillas. Au sud d'Arecibo, vous pouvez visiter de nombreuses caves et apercevoir pléthore de mogotes, des collines résultant de l'érosion d'un mont, issu d'un ancien fond marin suite à des mouvements de la croûte terrestre.

Relief marin

Porto Rico comporte une cinquantaine de rivières qui descendent dans l'océan Atlantique ou la mer des Caraïbes. Aucune d'entre elles n'est navigable. La grande majorité trouve sa source dans les montagnes. En raison de la forme très particulière de l'île, elles sont courtes. La plus longue, le Río Grande de Loíza, mesure tout de même 64 km. Il existe quelques rivières souterraines, vastes réservoirs d'eau fraîche. Le relief accidenté donne naissance à de superbes cascades, en particulier dans le parc national el Yunque ou encore dans celui de Toro Negro.
Du côté du relief purement marin, les vents, les courants, les marées et les mouvements sismiques ont créé autour de Porto Rico quelques points particulièrement remarquables, dont ne manqueront pas de profiter les amateurs chevronnés de plongée. Autour de l'île de Culebra notamment, il existe une formation parfaite de cavernes souterraines. En eau profonde, les abords de Porto Rico vont chercher loin. La dépression de Porto Rico qui longe plus ou moins parallèlement l'ensemble de la côte nord plonge jusqu'à 9 000 m. Au sud, les profondeurs marines atteignent 5 100 m.

Les petites îles

Outre l'île principale, Porto Rico regroupe également des petites îles, dont à l'est la Isla Mona et à l'ouest, les îles de Vieques et Culebra. De ces soeurs, Mona est à l'écart des autres, située à 66 km des côtes ouest et à seulement 41 km de la République dominicaine. Rattachée à la ville de Mayagüez, on ne lui compte pas d'habitants permanents, c'est pourquoi elle demeure l'île la plus sauvage du pays. Vieques et Culebra sont les plus visitées. Vieques, tout en longueur, est la plus grande étendue de terre de ce qui formait, autrefois, les îles Vierges espagnoles.

Climat

Porto Rico bénéficie d'un climat de type subtropical. Deux saisons dominent : la saison sèche qui s'étend de novembre à mai, et la saison humide, de juin à octobre. Entre les deux, les températures varient peu et se stabilisent autour d'une moyenne de 25 °C. La différence entre l'une et l'autre réside essentiellement dans le niveau de précipitations enregistré. Néanmoins, même lors de la saison humide, le soleil brille généreusement après des averses souvent brèves mais intenses.

La température est relativement constante : 25 °C en moyenne annuelle à San Juan, un peu plus au sud du pays. Les côtes portoricaines bénéficient de courants chauds venus de la mer des Caraïbes ; la température de la mer les baignant varie entre 23 °C et 24 °C en période sèche, et entre 26 °C et 30 °C en saison humide. À noter la particularité de la zone sud, entre Guánica et Ponce, qui connaît peu ou pas du tout de saison pluvieuse. Guánica et son bois sec illustrent le manque de précipitations dans cette région.

La chaleur de la saison sèche est très supportable et agréable. La saison humide est plus éprouvante avec de nombreux orages et des pluies torrentielles.

Les ouragans

Comme l'ensemble de la région des Caraïbes, Porto Rico n'est pas à l'abri des ouragans. Des stations météorologiques efficaces et des radars puissants permettent d'en rapporter la formation et la trajectoire. À l'approche d'un ouragan, la population en est immédiatement alertée et s'informe sur les consignes de sécurité et les mesures préventives à suivre, par le biais en priorité de la radio, de la télévision et sur Internet. Les plans mis en place par la prévention civile préconisent l'évacuation des populations résidant dans des zones inondables et à hauts risques vers les abris anticycloniques les plus proches.

Malheureusement, en dépit des précautions prises, des catastrophes cycloniques majeures tel qu'Hugo en 1989, Luis en 1995 et George en 1998 ont engendré des pertes humaines. Plus récemment, l'ouragan Maria en 2017 a causé la mort de 3 000 personnes. Par son passage en catégorie 5, la plus élevée sur l'échelle de Saffir-Simpson, Maria se classe comme le plus puissant ouragan ayant frappé Porto Rico depuis San Felipe Segundo en 1928 avec des vents soutenus à 280 km/h et une pression atmosphérique centrale inférieure à 908 hPa, faisant de Maria le dixième plus intense des cyclones de l'Atlantique depuis la création d'archives fiables.

Cela dit, il est important de prendre en considération le fait que la majorité des pertes humaines se comptabilise dans les secteurs les plus reculés de l'île, compliquant ainsi l'acheminement postcyclonique des autorités et des secours.

Environnement – écologie

Il est fort triste de constater qu'en matière d'environnement, les Portoricains ne reçoivent pas l'éducation nécessaire afin d'être sensibles à sa préservation. De la négligence des citoyens résulte notamment la pollution des plages et des rues avec des déchets plastiques en tout genre, même en campagne. Il suffit de voir et de sentir les bus n'arrêtant pas le moteur lors de leur arrivée au terminal pour comprendre que la réduction de la pollution par les voitures est loin d'être à l'ordre du jour, et que les réflexes écologiques ne sont toujours pas au rendez-vous. Une illusion pour un pays qui compte plus de voitures que d'habitants ? Le problème de l'eau de ville est aussi grave. Avec des taux de contamination dépassant les limites fédérales autorisées, l'eau de ville de Porto Rico est la plus polluée des États-Unis.

Cependant, conscients de vivre dans une société dépendante, de plus en plus d'actions et d'organisations non gouvernementales se forment pour sensibiliser la population en déployant divers projets environnementaux. Nombre d'entre eux ont vu le jour suite au passage de l'ouragan Maria, qui a ravagé les joyaux naturels et la biodiversité de l'île. On retrouve des arbres dévêtus, des fonds marins griffés, des parcs nationaux fermés... Une dizaine d'années seront nécessaires pour rétablir son écosystème. Les réseaux électriques ont également subi les dommages cycloniques et ont plongé l'intégralité du territoire dans le noir. La population s'initie à l'énergie solaire, grâce aux dons de panneaux et de batteries solaires d'une entreprise des États-Unis. Espérons que les efforts qui tendent à s'engager vers la création et l'utilisation des énergies renouvelables se multiplient et portent enfin leurs fruits.

Certains problèmes étaient présents bien avant Maria. Revenons quelques décennies en arrière. L'apparition des premières tares de l'influence américaine engendre de nombreux problèmes environnementaux notamment la destruction des mangroves de la côte nord. L'urbanisation de la zone a fait disparaître de nombreuses plantes. San Juan en est un exemple frappant. Alors que la baie du Condado était entourée de mangroves jusqu'au milieu du XXe siècle, elles ont complètement disparu aujourd'hui. C'est en 1972 que des mesures en matière de protection environnementale ont été mises en place, permettant de ralentir sensiblement la destruction des mangroves.

Dans un contexte plus historique, un autre souci environnemental énorme de Porto Rico fait suite aux essais militaires américains sur l'île de Vieques. La terre y a été bombardée pendant des décennies et les opérations ne sont arrêtées que depuis 2003. Essais qui ont engendré des problèmes de santé de la population locale à plus d'un titre. Certains terrains militaires de Vieques, désormais patrimoine de la réserve naturelle, sont toujours fermés au public tout comme certaines plages.

Parcs nationaux
<p>Chutes de la Mina.</p>

Chutes de la Mina.

Porto Rico, île aux 50 nuances de vert, compte une vingtaine de parcs nationaux reconnus. Il est impardonnable de venir et de ne pas en visiter au moins un. Il est important de noter que certains parcs ne seront peut-être pas à la hauteur de vos espérances, dû au travail de restauration en cours de certains d'entre eux.

 

Bosque Nacional El Yunque, au nord-est, est le plus connu de tous. Y joue sa proximité avec San Juan, à seulement 45 minutes en voiture. Il s'agit encore aujourd'hui de la seule forêt vierge subtropicale des États-Unis protégée par le Service des forêts américain et reconnu par ce dernier comme la plus diversifiée sur le plan biologique. Cependant seule une petite parcelle du parc est ouverte au public depuis le cyclone Maria.

Bosque Estatal de Toro Negro, au centre du pays, est une plus petite version d'El Yunque, moins fréquentée et qui s'offre donc comme une belle alternative dans l'attente d'une complète réouverture du parc El Yunque et pour fuir l'afflux touristique. C'est dans ses environs que se trouve le point culminant de l'île, Cerro de Punta, qui s'élève à 1 338 mètres d'altitude.

Bosque Estatal de Piñones, à l'est de San Juan, est le plus grand système naturel continu de mangroves de l'île et s'étend sur 630 hectares. Représentant un habitat naturel pour une grande diversité de vie marine et terrestre, on y retrouve une très grande variété de ressources naturelles depuis la zone côtière au lagon.

Bosque Estatal de Cambalache, entre Barceloneta et Arecibo est connue pour ses plantations d'eucalyptus et de teck. La forêt recouvre les collines calcaires côtières appelées " mogotes ". Là aussi, nous retrouvons une nature quelque peu griffée par l'ouragan. Paisible et aux températures agréables, il est possible d'y camper de préférence entre les mois de février et juin pour éviter les pluies.

Bosque Estatal de Guánica, au sud-ouest de Porto Rico est l'unique forêt sèche de l'île et en est aussi le meilleur exemple des Caraïbes. Couvrant près de 1 000 hectares, elle abrite aussi bien chemins de randonnées forestiers et sentiers côtiers le long de la plage. Elle satisfait les fervents amateurs d'ornithologie.

Faune et flore
<p>Tortue sur la plage de Porto Rico.</p>

Tortue sur la plage de Porto Rico.

Faune

La faune portoricaine est unique. Bien entendu, elle abrite les espèces communes aux pays de la région ; puis, comme les autres îles des Caraïbes, des espèces endémiques. Les scientifiques ont relevé environ 350 espèces d'oiseaux peuplant l'île, dont un tiers est historiquement originaire de Porto Rico.

Pour les mammifères, ils sont tous importés ou presque. Hormis la chauve-souris, ils ont tous été introduits sur l'île lors de l'arrivée des colons espagnols. Même les singes ne sont installés à Porto Rico que depuis quelques siècles. L'une des meilleures illustrations de l'île en la matière, est la présence des Paso Finos, chevaux issus du croisement entre des montures berbères et espagnoles. Eux aussi furent débarqués sur l'île par les Espagnols. Il en existerait près de 9 000 à Porto Rico, dont beaucoup vivent à l'état sauvage. L'autre attraction animale de l'île est l'Eleutherodactylus, une petite grenouille endémique, connue sous le nom plus commun de coqui. On peut l'entendre surtout la nuit dans les montagnes. Il en existait au départ une douzaine d'espèces et trois ont déjà disparu. Du côté de la faune marine, l'ensemble des espèces de poissons nageant en eau douce a été importé par l'homme.

Pour observer des animaux uniques au monde, il est conseillé de se rendre sur des îlots isolés, tels que La Mona. On peut y rencontrer des boas ou des iguanes dont le corps s'allonge facilement jusqu'à 1 m. Y résident également les macaques rhésus, cas connu de l'îlot Santiago, célèbre entre autres pour sa forte population de singes. Ces petites bêtes sont normalement originaires de Chine ou d'Afghanistan, mais elles ont été introduites à Santiago dans le cadre d'une étude scientifique en 1938, avant d'être laissées en liberté depuis plusieurs décennies.

Flore

Pour ce qui est des plantes, là encore il existe une grande variété d'espèces malgré la taille relativement petite de l'île. Ce phénomène s'explique par la différence de relief entre la côte et le centre montagneux de Porto Rico, mais aussi par les différents climats qui y apparaissent. Les amateurs de fruits exotiques se régaleront, entre bananes, papayes, caramboles, ananas... La plante la plus connue des visiteurs est probablement la mangrove, que l'on rencontre un peu partout, surtout le long de la côte nord et dans les zones marécageuses. Plus à l'intérieur des terres, c'est le flamboyán (flamboyant) qui attire l'oeil avec son trésor de fleurs rouges ou jaunes. Les Portoricains s'amusent souvent à dire qu'il suffit d'avoir un beau flamboyán dans son jardin pour donner l'impression d'avoir une belle maison.

Les forêts subtropicales du coeur de l'île renferment également leurs bijoux végétaux. Plus de 50 espèces d'orchidées ont ainsi pu être enregistrées à Toro Negro ou au Yunque. Il est également possible d'y trouver de très beaux mahoganys comme il en existe en Martinique.

Enfin, l'autre phénomène intéressant est la végétation de la forêt sèche de Guánica, si rare en zone subtropicale. Des espèces familières de la côte méditerranéenne ou du Mexique y ont élu domicile, telles que des petits cactus et beaucoup de broussailles.

Des grenouilles uniques au monde

À Porto Rico, il existe 17 espèces différentes de grenouilles, dont 13 vivent à l'intérieur du parc El Yunque. Mieux, 11 espèces de la réserve sont endémiques, c'est-à-dire qu'elles ne se trouvent nulle part ailleurs dans le monde. Actuellement, deux d'entre elles sont menacées de disparition, à cause du changement environnemental observé ces dernières années dans le parc. La plus petite grenouille, la Dente, ne mesure pas plus de 15 mm, alors que la plus grande peut atteindre 9 cm de long, comme c'est le cas pour la Palmeado. Ouvrez l'oeil !

Les Portoricains aiment leur donner le terme générique de coquí, à cause du son qu'elles produisent. Mais en réalité, seules les grenouilles de montagne et communes poussent un cri qui s'en approche. Les coquis commencent à chanter au coucher du soleil. Selon les spécialistes, chaque espèce émet un bruit différent, dû principalement à la différence de taille d'une espèce à l'autre. Les observateurs sont persuadés qu'elles chantent pour trois raisons différentes : pour désigner leur liaison avec une autre grenouille, pour signaler leur présence sur un territoire et donc se l'approprier, et enfin pour indiquer une source de nourriture. L'un des coquís le plus facilement visible est le Palmeado qui se trouve près des petits cours d'eau ou au pied des cascades. Bien sûr, lorsque le flot de visiteurs investit la chute d'eau de La Mina, elles se cachent. Mais le matin venu, lorsque tout est encore bien calme, il n'est pas rare de les voir se balader. La grande majorité des espèces vit dans les arbres. Les coquís se différencient également des autres grenouilles par leur manière de se reproduire. Elles n'ont pas besoin de période d'accouplement. Elles placent leur ponte dans la terre humide. On estime que les portées vont de 25 à 30 oeufs. Sur les 13 espèces résidant dans le Yunque, 5 d'entre elles imposent au mâle de couvrir et protéger les oeufs. Dans tous les cas, les femelles sont chassées une fois que les oeufs ont été pondus ! C'est avec le symbole du coquí que Porto Rico mène désormais ses campagnes de communication. Et vous pourrez en acquérir sous forme de bijoux puisque la bête a inspiré de nombreuses créations locales.

Adresses Futées de Porto Rico

Où ?
Quoi ?
Avis