Guide du Kirghizistan : Survol du Kirghizistan

<p>Paysage dans les Tian Shan.</p>

Paysage dans les Tian Shan.

Le Kirghizistan est l'une des cinq ex-républiques socialistes soviétiques d'Asie centrale. Un pays essentiellement montagneux encadré par le Kazakhstan au nord, la Chine à l'est, l'Ouzbékistan à l'ouest et le Tadjikistan au sud. D'une superficie de 198 500 km², il compte environ 6 millions d'habitants dont 65 % environ sont des Kirghiz, le solde étant constitué de fortes minorités russes, ouzbèkes, kazakhes...

Géographie
<p>Hauts plateaux autour du Song Kul, vue du ciel.</p>

Hauts plateaux autour du Song Kul, vue du ciel.

À quoi le Kirghizistan peut-il bien devoir son surnom de " Suisse de l'Asie centrale " ? Question incongrue pour un néophyte, évidence pour le connaisseur du pays. Glaciers, montagnes sauvages et encore bien moins domestiquées que le Jura européen, l'altitude et les décors de rêve sont bien la matière commune aux deux pays distants de plus de 5 000 km. On trouvera pourtant des différences, et de taille. La petite république d'Asie centrale couvre cinq fois la superficie de la Suisse. Ses sommets sont également bien plus élevés. Que sont les 4 634 m de la pointe Dufour comparés aux 7 439 m du pic Pobedy, aux 7 134 m du pic Lénine, au 6 995 m du Khan Tengri ? Mais au final, les montagnes escarpées, les verts pâturages envahissant leurs flancs dès le printemps, les rivières enchanteresses, les lacs d'altitude sont bien le trait commun de deux pays ne semblant avoir été façonnés que pour plaire aux amateurs d'oxygène raréfié.

Le Kirghizistan est recouvert à 95 % de montagnes, et ne peut en ce sens se comparer qu'à l'Afghanistan tout proche. Le tiers de la superficie du pays se trouve au-delà de 3 000 m. Ce qui fait du Kirghizistan le véritable château d'eau de la région, avec près de 7 500 km² de glaciers dont l'un des plus grands du monde, le glacier Inylchek, long de 54 km, et situé à plus de 4 000 m, autour du Khan Tengri. Rien de lassant pourtant dans les hauteurs : les décors varient d'une vallée à l'autre et franchir un col suffit parfois à passer d'un haut plateau désertique à une forêt verdoyante, une toundra gelée ou un glacier. Sans parler des lacs !

Régions

Le Kirghizistan est découpé en sept régions administratives. La plus peuplée est la région d'Osh, qui regroupe plus de 1,5 million d'habitants, majoritairement des Ouzbeks. Elle couvre une partie de la vallée de Ferghana kirghiz et de l'Alay Pamir, où se trouve le pic Lénine. L'autre partie de la vallée de Ferghana dépend de la région de Djalalabad, qui compte près de 1 million d'habitants, également en grande partie des Ouzbeks. Les massifs montagneux de cette région sont les chaînes des monts Ferganski au sud et Chatalski au nord. La troisième région la plus peuplée du pays, la région de Chouy, est celle de la capitale, Bichkek, avec 800 000 habitants auxquels s'ajoutent le million d'habitants de la capitale. Une population citadine qui augmente dans de fortes proportions en hiver, lorsque les saisonniers quittent les montagnes et viennent chercher du travail en ville. Elle occupe les contreforts des monts Kirghizki et la plus grande partie de la vallée de la rivière Chouy, à laquelle elle doit son nom. De part et d'autre de Bichkek s'étendent les régions de Talas, à l'ouest, avec 250 000 habitants, qui couvre les monts Talaski et une partie des Kirghizki ainsi que la vallée de la rivière Talas, et la région d'Issyk Kul, à l'est, avec 500 000 habitants, qui recouvre une grande partie du massif du Tian-Shan central, l'ensemble montagneux le plus élevé du pays, au coeur des monts Célestes. Au centre du Kirghizistan, la région de Naryn et ses 270 000 habitants est traversée par le canyon de Naryn, la plus grande rivière du pays. On y trouve le lac Song Kul, au nord, dans les monts Moldo-Tau et le lac Chatyr Kul, au sud, dans les monts At-Bach, la frontière chinoise. La dernière région, excentrée et percée de trois enclaves ouzbeks, est celle de Batken, où vivent près de 350 000 Kirghiz.

Entourée de montagnes, mal reliée au reste du pays, elle fut la cible des soldats du MIO (Mouvement islamiste ouzbek) en 1999 et demeure très isolée du reste du pays. La construction d'une route, qui s'achève à l'heure où nous imprimons ces lignes, permettra de voyager de manière plus facile et plus sûre, tout en évitant les enclaves ouzbeks, qui rendent actuellement l'excursion très difficile pour les touristes.

La division géographique nord-sud

Il existe au Kirghizistan une nette distinction entre le nord et le sud du pays. Elle est à la fois ethnique (c'est la division historique entre les Kirghiz arkalyks et les Kirghiz ishkiliks) et géographique (la chaîne des Tian-Shan du Centre forme une barrière naturelle entre les deux zones). Cette rivalité entre les deux clans est apparue très nettement lors de la révolution des Tulipes, en mars 2005, lorsque le clan du Sud, mené Kurmanbek Bakiev a renversé le président Azkar Akaev, du clan du Nord. Et de nouveau lorsque ce fut au tour de Bakiev d'être chassé du pouvoir. Pour cette raison, la route Osh-Bichkek, les deux principales villes du pays et chefs-lieux de ces deux clans, est la seule véritable autoroute du pays et constitue un axe stratégique et politique majeur. Sous la présidence d'Akaev, le clan du Nord dominait très nettement le pays, ce qui a conduit à la révolution. Cherchant dans un premier temps à apaiser les tensions, Bakiev a choisi comme Premier ministre un homme du clan du Nord, Félix Kulov. Cet ancien colonel du KGB, emprisonné en 2001 et libéré lors de la révolution des Tulipes, occupera son poste un peu plus d'un an avant de démissionner, ouvrant la voie à une crise ministérielle qui entraînera une marche arrière présidentielle sur le sujet des réformes constitutionnelles. Corrompu et décidé à durcir de plus en plus son pouvoir, Bakiev finit comme son prédécesseur, chassé du pouvoir par la rue. Une tentative de retour mènera aux tueries de la vallée de Ferghana en 2010.

Les grands massifs montagneux

Glaciers. On divise habituellement le Tian-Shan du Centre en deux zones : les glaciers nord et sud de l'Inilchek, et le glacier Kaindi. La zone des glaciers de l'Inilchek inclut les deux plus hauts sommets des Tian-Shan, le pic Pobedy (7 439 m) et le pic Khan Tengri (6 995 m). Elle comprend au total 23 sommets de plus de 6 000 m, et environ 80 sommets entre 5 000 et 6 000 m. Nombre d'entre eux n'ont jamais été gravis. Le glacier sud de l'Inilchek, avec ses 65 km, est l'un des plus longs de la planète. Sa largeur maximum et de 3,5 km, et sa profondeur de 200 m. C'est aussi le plus difficile des Tian-Shan : la météo y est très changeante, des tempêtes de neige peuvent y survenir brusquement, et, parfois, durer ensuite deux à trois jours sans interruption. La période la plus sereine s'étend d'août à mi-septembre. La température moyenne en juillet est de 5 °C ; en août, de 7 °C ; en septembre, de 3 °C. Le glacier de Kaindi est situé au sud-ouest du glacier Inilchek ; il comprend aussi le glacier Tereki. Les expéditions y sont beaucoup plus rares - la première eut lieu en 1995 - et de nombreux sommets avoisinants sont encore vierges. Le climat y est semblable à celui de l'Inilchek.

Les Terskeï Ala-Tau, qui s'étendent sur 300 km, longent la rive sud du lac Issyk Kul. Ils sont coupés de plusieurs vallées et canyons orientés nord sud : Djhuuku, Kichi-Kizilsou, Chon-Kizilsou, Djeti-Ogouz, Karakol et Ak-Sou. Les plus hauts sommets sont le Dhzigit (5 170 m), le Karakolski (5 281 m), le Ogouz-Bashi (5 158 m). Plus proche du lac Issyk Kul et de moindre altitude, les Terskeï Ala-Tau ont un climat plus doux que celui du Tian-Shan central. En juillet et en août, les orages et les chutes de neige y sont fréquents.

Les Kungeï Ala-Tau, au nord du lac Issyk Kul, forment la frontière naturelle entre le Kazakhstan et le Kirghizistan. Les Kokshaal-Tau, au sud du lac Issyk Kul, près de la frontière chinoise, sont encore peu connus des alpinistes occidentaux, avec leurs 17 sommets de plus de 5 000 m, et une soixantaine entre 4 000 et 5 000 m. Le plus élevé est le pic Dankov (5 982 m). La plupart sont vierges. Le climat des Kokshaal-Tau est particulièrement rude : les températures y dépassent rarement le zéro, même en été.

Les chaînes d'Ak-Shirak et de Kuilu sont situées au sud du lac Issyk Kul, à mi-chemin du lac et de la frontière chinoise. Le climat y est un peu plus doux que dans les Tian-Shan : la température moyenne en hiver est de -16 °C, de - 7 °C au printemps, de 2 °C en juin, de 4 °C en juillet et août, et de 0 °C en septembre. Le sommet le plus élevé atteint 5 126 m d'altitude.

Les monts du massif de l'Ala Tau kirghize s'étendent d'ouest en est au sud de Bichkek, le sommet le plus élevé est le pic Semionov Tianchanski (4 895 m). Les précipitations sont les plus fortes en mai et juin. La température moyenne en été est de 12 °C, en hiver de 7 °C en dessous de zéro, et au printemps de 3 °C.

Les chaînes Zaalaïski au sud du Kirghizistan sont très connues des alpinistes du monde entier. Le pic Lénine (7 134 m) est le plus accessible des sommets dépassant 7 000 m. Le climat des Zaalaïski est plus doux que celui des Tian-Shan, avec une température moyenne, en juillet et août, de 10 °C. Les précipitations les plus importantes ont lieu d'avril à début juin ; elles sont rares en août et septembre.

Les chaînes du Turkestan sont situées au sud-ouest du Kirghizistan. Les murs d'escalade des gorges d'Ak-Sou et de Karavchin rappellent ceux de Patagonie, mais sont plus étendus et ont un climat moins rude. La face nord du pic Ak-Sou est haute de 2 000 m. Les canyons d'Uriam, de Sabakh, Kyrk-Boulak et Karasang sont moins connus, et plusieurs sommets sont encore vierges.

La chaîne Alaïski est située au sud du Kirghizistan, à la frontière ouzbek. Elle offre de nombreuses parois d'escalade, atteignant jusqu'à 1 500 m de hauteur. Le sommet le plus élevé est le pic Gandikoul (5 444 m).

Fleuves et lacs

Le Kirghizistan n'est pas parcouru de longs fleuves mais d'une multitude de rivières nées dans les glaciers d'altitude et donnant naissance aux deux plus grands fleuves d'Asie centrale, le Syr Daria et l'Amou Daria, coulant au Kazakhstan, en Ouzbékistan et au Turkménistan. Le Naryn, " l'ensoleillée ", est la plus longue rivière du Kirghizistan qu'elle traverse sur plus de 500 km entre les monts Ak-Shyrak et la vallée de Ferghana, où elle se mêle au Kara-Daria pour donner naissance au Syr-Daria. Si chaque ville ou village semble baigné par l'une des innombrables rivières du pays, ce sont surtout ses lacs qui font le succès du Kirghizistan. Cette petite république d'Asie centrale abrite le second plus grand lac alpin du monde après le lac Titicaca, en Bolivie. Au nord-est du pays, le lac Issyk Kul étire des 180 km de long sur 60 km de large à 1 620 m d'altitude, sans jamais geler, en raison d'une légère salinité de ses eaux, ce qui lui a valu son surnom de lac " chaud " (" Issyk "). Rendez-vous balnéaire en été pour les familles fortunées du pays et des républiques voisines qui fréquentent surtout la rive nord, celle du sud, plus sauvage, n'abritant encore que peu d'infrastructures touristiques. À la pointe est, le petit port de Pristan héberge encore quelques pêcheurs dans un cadre semblant surgi de l'époque des grandes explorations. Mais le Kirghizistan possède également d'autres joyaux naturels. À 3 000 m d'altitude, le lac Song Kul, niché dans son écrin de verdure et encerclé de montagnes est sans conteste l'un des joyaux touristiques du pays. Il s'étend sur 25 km et n'est accessible que deux à trois mois de l'année, plus courte encore étant la période pendant laquelle il n'est pas gelé.

Climat
<p>Camp de Nomade : Samovars et combustibles (bouses), à 2 500m.</p>

Camp de Nomade : Samovars et combustibles (bouses), à 2 500m.

Le climat de l'Asie centrale est continental et sec. Il fait très chaud en été, très froid en hiver. Au Kirghizistan, ce caractère est encore accentué par les très hautes montagnes. Si à la saison estivale la présence des montagnes et des glaciers permet de modérer la chaleur en altitude, les écarts de température diurne et nocturne restent très importants, l'amplitude thermique pouvant fréquemment dépasser les 30 °C.

Au printemps, le Kirghizistan revit. Les flancs des montagnes verdissent et s'installent les premiers jailoo, les pâturages où les nomades kirghiz resteront tout l'été pour surveiller leurs troupeaux. Les températures sont encore fraîches, particulièrement en altitude et à la tombée du jour. Dans les villes et en vallée de Ferghana, les bazars s'animent déjà alors que les habitants commencent, en journée, à rechercher la fraîcheur près des cours d'eau qui grossissent sous l'effet du dégel. La nature fleurit et les arbres retrouvent leurs feuillages. La neige néanmoins continue de bloquer de nombreux cols et la circulation reste difficile au-delà de 2 000 m.

En été, la chaleur est étouffante à Bichkek et en vallée de Ferghana. Les températures peuvent atteindre 40 °C. Mais passé ces moments difficiles, la saison est idéale pour se lancer à la découverte des montagnes et des lacs d'altitude comme Song Kul. Les routes sont bien dégagées, les températures en altitude sont plus clémentes et le froid la nuit est plus supportable. Les pluies sans être trop embarrassantes ni durer trop longtemps sont plus fréquentes, alors mieux vaut prévoir une veste et un pantalon imperméables pour les jours de randonnée.

Les brouillards sont fréquents en automne, particulièrement à Bichkek. Les températures commencent à décliner et les montagnes se couvrent déjà de neige. Si l'hiver est en avance, il se peut que certains cols soient difficiles à franchir. Les couleurs en montagne restent séduisantes mais les températures baissent de manière hallucinante, alors prévoyez l'équipement adéquat.

En hiver, la neige tombe sur tout le pays sans exception. À Bichkek, les trottoirs se métamorphosent en patinoires et la plupart des cols sont fermés. Il reste possible de faire le tour du lac Issyk Kul, mais l'intérieur du pays, hormis la route Osh-Bichkek, est difficile d'accès et chaque étape sera une entreprise ardue.

Ne rêvez pas de découvrir les joyaux du pays que sont Song Kul ou Tash Rabat : les routes d'accès sont le plus souvent fermées et il faut parfois des semaines pour les dégager. Vers la Chine, seul le col de Torugart demeure ouvert, mais peut être fermé sans préavis en cas de fortes chutes de neige. Côté température, les -30 °C sont un lieu commun...

La meilleure saison pour partir

Vous l'aurez compris, la saison touristique est extrêmement courte au Kirghizistan. Pour un tour classique du pays, le printemps et l'automne restent praticables, mais pour les randonnées à pied ou à cheval en haute montagne, l'été reste la seule période praticable à moins d'être solidement équipé et décidé à passer du temps à effectuer le moindre déplacement. Du 15 juillet au 15 août, vous souffrirez de la chaleur dans la capitale mais serez assuré de pouvoir accéder à toutes les richesses du pays.

Les dangers de la météo

Les chutes de neige peuvent commencer dès le mois d'octobre et continuer jusqu'en mars. Mais les hivers précoces et printemps tardifs ne sont pas rares. Si vous faites de l'alpinisme autour du pic Lénine ou d'un des nombreux sommets du pays, prévenez l'ambassade de vos dates de départ et de retour et ne négligez pas votre encadrement : de nombreux voyagistes sur place se sont spécialisés dans les sports extrêmes et peuvent vous fournir équipement et assistance qui sécuriseront votre expédition. Au dégel, les cours d'eau même les plus insignifiants peuvent soudainement monter en crue et emporter avec eux ponts improvisés, rives et... promeneurs à pied ou à cheval. Soyez toujours aux aguets et conscient que la nature au Kirghizistan demeure sauvage et indomptée.

Températures et précipitations moyennes à Bichkek
MoisT (°C)Pluie (mm)
Janvier-326
Février-231
Mars547
Avril1276
Mai1764
Juin2235
Juillet2419
Août2312
Septembre1717
Octobre1243
Novembre444
Décembre-128
Environnement – écologie

L'environnement n'est pas la plus belle des pages du Kirghizistan. Pollution des villes, des fleuves, des lacs et des montagnes, exploitations d'uranium abandonnées par les Soviétiques... Pourtant, rien n'inquiète plus le Kirghizistan que la disparition de sa principale réserve : l'eau, stockée dans les glaciers des Tian-Shan et du Pamir.

Le problème de la fonte des glaciers. D'après une étude publiée en 2008, les trente dernières années auraient vu fondre près de 15 % du volume des glaciers kirghiz, qui occupent aujourd'hui un peu plus de 5 % de la surface totale du pays. Dans la seule zone des Tian-Shan, plus du tiers de la zone glaciaire aurait disparu au cours du XXe siècle. Principal responsable : le réchauffement climatique, qui entraînera à terme des modifications sensibles des comportements des lacs et des cours d'eau et des écosystèmes qui y sont liés. Le Kirghizistan n'a pas les moyens de lutter seul contre ce phénomène qui concerne pourtant tous les autres pays de la région : l'eau des glaciers kirghiz assure l'approvisionnement en eau de l'Ouzbékistan, du Kazakhstan et du Turkménistan, grands consommateurs en particulier pour la culture du coton. Dans la vallée de Ferghana, la zone la plus cultivée de la région, certaines récoltes ont déjà été mises en péril par manque d'eau en été, au Kirghizistan comme en Ouzbékistan. Le Kirghizistan a signé le protocole de Kyoto le 13 mai 2003.

Parcs nationaux

Il existe au Kirghizistan 800 000 hectares de territoires protégés pour leur biodiversité. Conscient de l'importance de son patrimoine naturel, surtout s'il souhaite jouer la carte du tourisme, le Kirghizistan a déployé, à la mesure de ses moyens, des efforts louables pour la protection de la nature. On dénombre ainsi 83 espaces protégés de statuts différents (réserves, parcs nationaux, parcs naturels). En outre, deux réserves de biosphère, dont celle du lac Issyk Kul, ont été ajoutées à la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Les réserves d'État à elles seules couvrent plus du tiers des surfaces protégées. Parmi les principales :

1941 : réserve pour la biosphère du lac Issyk Kul. Il s'agit de la plus grande réserve du Kirghizistan et fait partie des 338 réserves protégées par l'Unesco. On y trouve de nombreuses espèces animales en voie de disparition dont le mouton sauvage, ou Marco Polo, le léopard des neiges ou l'ours brun des Tian-Shan.

1959 : réserve naturelle de la biosphère de Sary-Chelek, dans la partie occidentale des Tian-Shan. Ce même parc deviendra une réserve de biosphère en 1979 (voir ci-dessous). On y trouve de vastes forêts de sapins et de noyers ainsi que cinq lacs.

1974 : réserve naturelle d'Ala Archa, à 35 km de Bichkek. Le but est de préserver la pureté de la rivière et des pâturages qui la bordent.

1979 : réserve naturelle de Besh Aral, au sud-ouest de Djalalabad, créée pour protéger les forêts de Tchatkal ainsi que la marmotte Menzbira, une espèce endémique du Kirghizistan.

1979 : réserve pour la biosphère du lac Sary Chelek, également ajoutée à la liste des parcs protégés par l'Unesco. On y trouve plusieurs espèces animales et végétales rares, endémiques et/ou en voie de disparition, dont plusieurs sont inscrites dans le Livre rouge, recensant les espèces animales et végétales les plus menacées d'extinction.

1983. réserve naturelle de Naryn, abritant, au rang d'autres espèces rares, le cerf noble.

1995 : réserve naturelle de Karatal-Japarik, dans la région de Naryn. La réserve est divisée en trois zones distinctes : les régions boisées où se trouvent de nombreuses forêts de sapins ainsi que le chat de Pallas, inscrit au Livre Rouge, le lac Song Kul et le lac Chatyr Kul où l'on observe des oies à tête barrée, également dans le Livre Rouge.

1997 : parc national de Kirghiz Ata, dans la région de Och.

1996 : réserve naturelle de Besh Tach, dans la région de Talas.

1996 : réserve naturelle de Kara Choro, dans la région d'Och, pour ses pâturages exceptionnels.

1997 : réserve naturelle de Tchon Kemin, dans la vallée de la rivière éponyme.

1997 : parc national de Karakol.

2001 : parc national de Saymali Tach, fondé pour préserver les nombreuses peintures rupestres de la région.

2001 : parc national de Salkintor, dans la région de Naryn.

2004 : réserve naturelle de Koulan Ata, créée dans le but de protéger des centaines d'espèces animales, dont une cinquantaine inscrites au Livre Rouge, essentiellement des plantes sauvages, autour du lac Kulune.

2006 : réserve naturelle de Padacha Ata, dans la région de Djalalabad.

Faune et flore
<p>Printemps dans le Tian Shan.</p>

Printemps dans le Tian Shan.

Le Kirghizistan abrite une très grande variété d'animaux et de plantes. Son environnement montagneux a permis l'adaptation d'espèces animales venues des régions voisines : léopard des neiges et ibex venus de l'Himalaya, ours brun d'Eurasie du Nord... Plusieurs espèces sont en outre spécifiques à la région : le mouton Marco Polo et le léopard des neiges (également présent dans l'Himalaya) sont les plus connus, mais également les plus menacés.

La flore des montagnes. Les montagnes kirghizes sont particulièrement riches en fleurs, champignons et plantes médicinales. Dans les camps de base en montagne, vous mangerez souvent des champignons fraîchement cueillis, agrémentés de viande de marmotte.

Jusqu'à 3 000 m, les massifs montagneux des Tian Shan et du Pamir sont couverts de prairies alternant avec des zones de forêts où cohabite une très grande variété d'arbres : trembles, pommiers, genévriers, mûriers, abricotiers... Les verdoyantes prairies d'altitude des Terskey Ala-Too sont les pâturages d'été des troupeaux d'ovins ou de chevaux. Au printemps, des milliers de fleurs sauvages envahissent leurs pentes : tulipes, iris, anémones, pivoines, etc. En sortant de votre yourte, à proximité des lacs Song Kul ou Ala Kul, vous n'aurez qu'à vous baisser pour cueillir de magnifiques edelweiss qui poussent par champs entiers en été.

Les contreforts montagneux et la vallée de Ferghana, où coulent le Syr Daria et le Zeravchan, abritent des forêts de noyers sauvages dont, dit la légende, Alexandre le Grand aurait fait rapporter des plants en Grèce. Sur les bazars du sud du pays, pistaches, amandes et noix témoignent de l'exceptionnelle richesse de la région. Les forêts de noyers et d'amandiers autour d'Arslanbob sont réputées pour être parmi les plus étendues au monde. Du côté du règne animal, c'est le domaine des marmottes dorées, des sousliks, des renards, des hermines, des coqs des neiges et des perdrix.

Le léopard des neiges. Il vit essentiellement dans les zones montagneuses des chaînes de l'Altaï et du Khangaï en Mongolie. Il est recouvert d'une épaisse et longue fourrure blanche à taches noires qui lui permet de vivre jusqu'à 6 000 m d'altitude. Pas assez loin des braconniers pourtant, qui le traquent pour revendre sa peau à prix d'or (on parle de plus de 15 000 US$ pièce). Ces dernières années, sa protection a été renforcée et on estime le nombre de léopards des neiges entre 200 et 400 individus au Kirghizistan, soit près de la moitié de la population totale sur la planète. Mais il fait toujours partie des dix espèces les plus menacées d'extinction. Vous avez très peu de chance d'en croiser, mais si cela arrivait restez bien à distance : le léopard des neiges a la réputation d'être le plus puissant sauteur parmi tous les félins et un bond de 10 m ne l'effraie pas !

Adresses Futées du Kirghizistan

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