Guide du Pérou : Le Pérou en 20 mots-clés

Adobe

Cette brique est utilisée depuis des temps immémoriaux. Mélange d'argile et de paille, elle est séchée au soleil, dans des gabarits. Peu coûteuse, si ce n'est le travail auquel sont souvent astreints les enfants, la brique d'adobe entre dans la construction de la plupart des habitations de la campagne et de la sierra. Un mur d'adobe ne résiste pas à un séisme de force 6, ce qui explique les très lourds bilans en vies humaines dûs à des catastrophes naturelles qui frappent régulièrement le pays.

Ají

Il en existe de toutes les couleurs et des plus doux aux plus relevés. Du tendre aji amarillo (jaune) au féroce rocotto (rouge), il est de tous les plats.

Ceviche

La formule magique pour se faire des amis taxis et des amis péruviens tout court : "me gusta el ceviche". Tout le monde aime le ceviche, ce plat très frais de poisson cru mariné. Surtout sur la côte. Plus largement l'engouement pour la gastronomie est vraiment un point culturel clé du pays.

Chicha

La boisson concoctée à partir de maïs que l'on boit pendant les repas. Elle peut être alcoolisée (de jora) ou non (morada), et les indigènes de la sierra en font une consommation immodérée.

Coca
<p>Feuilles de coca, maïs, quelques uns des produits agricoles typiquement péruviens.</p>

Feuilles de coca, maïs, quelques uns des produits agricoles typiquement péruviens.

Le Pérou est, avec la Bolivie, le principal producteur de la coca, la plante sacrée des Incas. De la feuille de coca est extraite la pâte qui, envoyée dans les laboratoires de Colombie ou du Brésil, est transformée en cocaïne. Mâchée, la feuille de coca est excellente pour combattre le mal d'altitude.

Condor

Il n'est pas rare d'apercevoir le plus grand oiseau du monde (jusqu'à 4 m d'envergure) quand on marche le long d'un canyon, à Arequipa notamment. Un condor adulte fait entre 10 et 12 kg et pond un oeuf tous les 2 ans. Il est noble et fidèle ; en effet, si le pire devait arriver à sa moitié, le condor plongerait d'une falaise et se suiciderait sur les rochers. Simon et Garfunkel avaient rendu hommage à ce géant en reprenant une célèbre chanson andine, El condor pasa !

Cultures en terrasse

Elles sont omniprésentes dans le pays, particulièrement dans la région du Canyon del Colca ou près de Pisac. Elles existaient avant les Incas et avaient trois fonctions : pratique, car les terrasses empêchaient les éboulements et les glissements de terrain ; agricole ; et aussi esthétique, car les Incas, en véritables artistes, leur donnaient différentes formes (en demi-lune notamment) afin qu'elles servent aussi d'ornement.

Emoliente

Etrange boisson chaude servie par des petits vendeurs ambulants et où sont mélangés plusieurs liquides de couleur et consistance différentes (notamment une espèce de gel extrait d'une plante de cactus) qui lui donnent un aspect visqueux. Il paraît que c'est bon pour le transit intestinal, l'estomac et les reins. A essayer absolument, mais seulement sin amargo (sans goût amer).

Football

On n'étonnera personne en disant que le football est au Pérou, comme sur tout le continent latino-américain, LE sport par excellence. Le pays vit toujours dans la nostalgie des grands joueurs du passé : Juan Carlos Oblitas, Teófilo Cubillas, Héctor Chumpitaz et autres Ramón Quiroga hantent les nuits des supporters qui rêvent de voir la sélection " blanche et rouge " retrouver son lustre d'antan. Pendant la Copa América, tout le monde se retrouve autour d'un écran géant de fortune.

Hora peruana

Comme dans la plupart des pays d'Amérique du Sud, le temps, au Pérou, n'est pas vraiment quantifiable.

Ainsi, on vous dira ahorita pour dire " tout de suite ", mais on vous fera attendre des heures. Inutile donc de donner un rendez-vous précis à un Péruvien, la ponctualité n'est pas son fort, et c'est contagieux.

Inca kola

Cette boisson au goût de bubble-gum pétillant, d'un jaune fluo très reconnaissable, bat dans son pays tous les records de vente ! Inca Kola est l'une des grandes fiertés des Péruviens. Elle a été racheté par le géant Coca-Cola.

Mamita/papito

C'est ainsi que les gens s'appellent en signe d'affection, même lors d'une première rencontre, ce qui témoigne encore une fois de la proximité naturelle des habitants de ce pays, surtout dans les campagnes andines.

Orchidées

Parmi les 30 000 espèces d'orchidées recensées à ce jour, presque 3 000 d'entre elles se trouvent au Pérou, dans les zones tropicales à haute altitude. Leur diversité de couleur et de taille est unique : ces fleurs peuvent être minuscules, ou mesurer jusqu'à 70 centimètres. Au temps des Incas, les orchidées, déjà très appréciées, portaient le nom de tika (en quechua). Une légende prétend même que la variété alors connue sous le nom de wakanki serait née des larmes d'une jeune princesse inca à qui l'on aurait ordonné d'oublier son bien-aimé.

Pisco

Alcool de raisin blanc, cette boisson nationale est fabriquée à Ica et non pas à Pisco... Généralement appréciée sous la forme de pisco sour (cocktail avec blanc d'oeuf, jus de citron vert, sucre, glace pilée et bitter). Le Pérou se bat avec le Chili sur la question de la paternité du pisco, mais il paraît qu'on ne le fabrique pas de la même façon dans les deux pays...

Quechua

Deuxième langue officielle avec l'espagnol, c'est la langue parlée par la plupart des indigènes de la sierra, l'aymara étant plus utilisé sur les rives du lac Titicaca. Environ 45 % de la population du Pérou est d'origine indigène et, même si la plupart des habitants sont bilingues, ils utilisent le quechua comme première langue. Le Pérou compte 47 langues natives dont la majorité sont encore parlées en Amazonie.

Séismes

Riche en volcans, situé sur une fracture appelée plaque de Nazca, s'étendant du nord du Chili au sud de l'Equateur, le Pérou connaît une activité sismique intense, se traduisant par des tremblements de terre fréquents. Le tremblement de terre récent le plus meurtrier a pratiquement rasé les villes du Callejón de Huaylas (Caraz, Yungay, Huaraz), en 1970. En 1996, un séisme a ravagé la moitié des habitations de Nazca. En août 2007, un séisme de magnitude 7,9 sur l'échelle de Richter a détruit la région de Pisco et d'Ica. Depuis, une règlementation antisismique a été mise en place sur les nouvelles constructions (vous pouvez repérer un S majuscule en vert), mais cela reste artisanal.

Sentier lumineux

Le " Sendero Luminoso ", groupe de guérilleros venus des montagnes d'Ayacucho, a semé la terreur dans le pays pendant plus de 20 ans. 1980-2000 ont été les années les plus violentes (bombes, attentats, massacres de civils...), et la population reste aujourd'hui encore très choquée. Deux musées ont ouvert pour commémorer la mémoire des disparus : à Ayacucho (Museo de la Memoria) et à Lima (Lugar de la Memoria, Miraflores). Les mouvements qui en découlent aujourd'hui comme le Movadef sont très critiqués. le sujet du terrorisme rouge reste très sensible.

Sol

Depuis la nuit des temps, le soleil régit la vie des Péruviens... Ils se lèvent et se couchent très tôt afin de suivre le même rythme de vie que leur divinité. C'était le dieu des Incas, c'est aujourd'hui également le nom de la monnaie nationale (sol). Comme quoi, la religion et les finances...

Soroche

Au Pérou, on passe sans transition, notamment lors des voyages en avion, du niveau de la mer aux hauts plateaux andins : gare au soroche, le mal de l'altitude ! On passe aussi de la chaleur humide au froid sec et vif. L'organisme peut souffrir de ces changements brutaux. Une règle d'or : ne jamais forcer la mécanique !

¡ Ya pues !

Le " ya " (bien, voilà, déjà, oui) et le " pues " (donc, puisque, bon) sont utilisés à outrance dans le vocabulaire péruvien. L'association des deux marque l'insistance : " naturellement, bien sûr " et constitue une expression typiquement péruvienne. Dans la série, " claro " n'est pas mal non plus...

Faire – Ne pas faire

Faire

Parler espagnol et pas anglais : il est préférable pour toute communication de bafouiller quelques mots d'espagnol plutôt que d'engager la conversation en anglais ; vous gagnerez ainsi la sympathie de votre interlocuteur.

S'extasier sur la cuisine locale : depuis Gaston Acurio et le renouveau de la cuisine péruvienne, c'est l'un des piliers de l'identité nationale. Tous les chauffeurs de taxi n'auront qu'une question à la bouche " y le gusto nuestra cocina ? ". A cela il n'y a qu'une réponse : " por supuesto " (bien sûr) et vous êtes partis pour des palabres sans fin. Et un chauffeur revigoré dans son orgueil !

Bise ou abrazo : pour se dire bonjour entre connaissances, la coutume veut qu'on se fasse une bise (sur la joue droite en principe) ou qu'on se prenne dans les bras pour témoigner du bonheur que l'on a de se revoir.

" Chau ! " (ciao) pour dire au revoir. Ça passe aussi bien qu'un " hasta luego ! "

Manifester le respect le plus souriant pour les forces de l'ordre. Quand l'on s'adresse à un agent de police, l'appeler par exemple jefe (chef).

Veiller à toujours avoir de la monnaie sur soi, surtout pour payer les vendeurs de rue ou les taxis. Sinon on vous regardera avec des yeux effarés et vous attendrez le vendeur partir chercher de la monnaie chez ses voisins !

Ne soyez pas gêné par tous les vendeurs ambulants et les petits métiers de la rue ; ils permettent souvent à des familles de se nourrir. Donnez une pièce si l'on garde votre voiture, si on lave votre pare-brise, etc.

Ne jamais sortir sans votre rouleau de PQ, car les toilettes péruviennes n'en sont que très rarement pourvues...

Ne pas faire

Ne pas vous énerver si l'on vous appelle " gringo ", le terme n'est pas spécialement péjoratif et, à dire vrai, un Péruvien de la ville qui voyage dans les lointains villages sera aussi appelé de la sorte.

Eviter le deuxième degré. Les expressions françaises classiques comme " ce n'est pas mauvais " ne sont pas comprises comme " c'est bon " mais " c'est très passable ". Et ainsi de suite. Pareil si vous essayez de plaisanter, évitez de vous égarer dans des considérations métaphysiques. Forcez votre caractère et allez y franchement sur l'enthousiasme, vous gagnerez des points.

Danser seul : question de fierté ou de machisme, vous ne verrez jamais un homme danser seul dans une peña ; il invitera forcément une femme pour l'accompagner, faites-en autant !

Parler politique : dans la mesure du possible, évitez de parler politique avec des inconnus. Soit votre interlocuteur n'y connaît pas grand-chose, et ça l'ennuie, soit il est très virulent et peut être choqué par vos propos...

Prendre les indigènes en photo : une très mauvaise idée, surtout si vous ne demandez pas la permission. Beaucoup de brochures disent que les autochtones croient que l'objectif vole leur âme. Ce n'est pas tout à fait vrai : en réalité, vous n'aurez aucun problème à photographier si vous connaissez les gens. Le contact humain avant tout !

Conduire comme si vous étiez en France sur une route de campagne : ici, tout est possible, et l'on change plus souvent de voie que de chemise. Ne pas se fier aux clignotants, les routes du Pérou figurant parmi les plus dangereuses d'Amérique latine. Les morts se comptent par milliers chaque année, et les nombreuses croix qui bordent le tarmac en sont un triste rappel.

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