Des Uros, on sait peu de chose, sinon qu'ils venaient sûrement du nord du Chili actuel, qu'ils étaient reliés aux Puquina dont ils partageaient une langue encore parlée en Bolivie, et qu'ils avaient du sang noir dans les veines. Les Uros se sont éteints complètement, vers 1950, abandonnant leur terre de roseaux aux indigènes Aymaras de Puno. Ces derniers - dont certains seraient issus d'un métissage avec les Uros - ont occupé les îles, y perpétuant les traditions tout en sachant profiter de l'attrait qu'exerce sur le visiteur un mode de peuplement unique au monde. Qu'on en juge : une soixantaine d'îles artificielles entièrement faites de totora (roseaux), amarrées à des piquets leur évitant la dérive, et dont la superficie varie de quelques dizaines à quelques centaines de mètres carrés. Chaque semaine, une nouvelle couche de roseaux est ajoutée pour remplacer celle qui a coulé ; et tous les dix ans, il faut déménager et construire une autre île. Les îles flottantes font environ 15 à 20 mètres de longueur avec 3 mètres d'épaisseur. Les habitants vivent de pêche, d'artisanat, de chasse (ils utilisent le sang des cormorans pour soigner l'épilepsie) et de collecte d'oeufs vendus à Puno qu'ils rejoignent sur leurs canots. Ils se nourrissent également de la partie blanche du roseau, qu'ils appellent plátano del lago (banane du lac) et de poissons d'élevage dont la truite introduite dans le lac.

Même si on décrit souvent ces îles flottantes comme un piège à touristes, ces visages burinés de soleil, ces vêtements colorés et ces pompons font partie de l'image d'Epinal du Pérou. Ici ce sont les femmes qui vous reçoivent et une ribambelle d'enfants rieurs. La visite se déroule selon un rituel bien cadré mais on a plaisir à partager ce mode de vie hors du commun, grimper dans les canoés de totora (jonc) ou acheter une réplique fragile de ce mode de vie comme suspendu. Pour autant la modernité est présente et visible : panneaux solaires, télés, téléphones portables... Une célèbre banque locale avait même mis en place un distributeur automatique flottant. Les enfants aujourd'hui étudient pour la plupart à terre, à Puno mais il reste quelques écoles primaires flottantes. Et les Uros sont devenues pour la plupart un habitat transitoire qu'on partage avec les voyageurs pour une nuit chez l'habitant. En y restant une nuit ou en les visitant par vous-mêmes, vous aurez l'occasion d'une rencontre plus approfondie et sympathique qu'en y passant les 20-30 minutes que proposent les agences lors des visites groupées. Faut-il ou ne faut-il pas y aller ? Si vous craignez qu'on vous pousse à la consommation et à l'achat, passez votre chemin car vous serez en tous les cas sollicités. Si vous voulez expérimenter ce qui fût un temps un mode de vie traditionnel, qui reste spectaculaire et quasi unique au monde, allez-y sans hésiter.

Les lieux incontournables d'ISLAS FLOTANTES DE LOS UROS

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Photos d'ISLAS FLOTANTES DE LOS UROS

14.95 €
2017-11-22
552 pages
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