Guide de Papouasie-Nouvelle-Guinée : Survol de la Papouasie Nouvelle-Guinée

Géographie

La Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui appartient au continent océanien, est un pays insulaire de 462 840 km2. Situé au nord de l'Australie et à l'est de l'Indonésie, il est constitué principalement par la partie est de l'île de la Nouvelle-Guinée, la partie ouest (province d'Irian Jaya) appartenant à l'Indonésie (l'île de la Nouvelle-Guinée est considérée comme la plus grande île du monde, Groenland et Australie mises à part.) La Papouasie-Nouvelle-Guinée comprend par ailleurs un nombre impressionnant d'îles qui la bordent au nord et au nord-est, notamment les îles de la Nouvelle-Bretagne, de la Nouvelle-Irlande et l'île Manus, qui forment l'archipel de Bismarck, et les îles de Buka et de Bougainville, qui forment les îles Salomon ; à ces îles, il faut encore ajouter, à l'extrême ouest du pays, les archipels d'Entrecasteaux et Trobriand ; soit, en tout, plus de 600 îles et atolls qui se répartissent entre le Pacifique Sud, la mer de Bismarck, la mer de Salomon et la mer de Corail, et qui constituent un ensemble de 45 000 km2 et de 17 000 km de côtes. Géologiquement, la Nouvelle-Guinée appartient à l'Australie, dont elle s'est détachée il y a 10 000 ans à la suite de la montée des eaux qui forma le détroit de Torres. L'ensemble de la Papouasie couvre 462 840 km2. Sa seule frontière terrestre est celle qui, à l'ouest, sur 820 km, la sépare de l'Indonésie. Les autres pays frontaliers sont, au nord, les États fédérés de Micronésie et celui de Nauru ; à l'est, les îles Salomon ; au sud, l'Australie. La Nouvelle-Guinée présente un relief particulièrement montagneux et abrupte, avec des sommets dépassant les 4 000 m, ce qui explique la rareté de ses terres cultivables (15 % des sols). Située sur la ceinture de feu du Pacifique, elle subit régulièrement des tremblements de terre.

La partie continentale 
de la Papouasie

On distingue les hautes terres et les basses terres.

Les hautes terres

Elles sont parcourues d'est en ouest par une chaîne montagneuse d'une largeur de 100 à 300 km. Constituée de roches métamorphiques d'origines tant magmatiques que sédimentaires (calcaires coralliens soulevés), elle présente un caractère très tourmenté, avec une alternance de nombreux sommets dépassant les 3 000 m, de hauts plateaux, de vallées parcourues de rivières qui creusent parfois des canyons et des gorges aux parois vertigineuses. Les points les plus élevés de cette chaîne sont les monts Wilhelm (4 509 m) et Giluwe (4 368 m). C'est dans les vallées et sur les plateaux situés à une altitude d'environ 1 500 m que se sont installées la plupart des communautés humaines.

Les basses terres

De part et d'autre de cette chaîne, on trouve deux importantes dépressions :

Au nord-ouest, la vaste plaine formée par le fleuve Sepik, de près de 1 100 km de long et de 150 km dans sa partie la plus large, qui est parcourue d'est en ouest par des reliefs montagneux pouvant atteindre jusqu'à 1 200 m d'altitude.

Au sud, la plaine formée par la Fly River et ses affluents, une plaine marécageuse qui vient se perdre dans le golfe de Papouasie, ce vaste complexe d'estuaires et de mangroves.

Les îles

On peut en distinguer deux types :

Des îles montagneuses, d'origine volcanique et cernées par des barrières de corail, comme celles de l'archipel des Bismarck, les plus faciles d'accès, avec notamment les îles de la Nouvelle-Bretagne et de la Nouvelle-Irlande, ou comme la grande île de Bougainville, de caractère assez similaire, entourée de sable blanc.

Des îles de type corallien, plutôt plates et entourées de lagons, comme celles de l'archipel des Trobriand et leurs voisines à l'extrémité orientale du pays.

Une terre de volcans

La Papouasie est parsemée de nombreux volcans, éteints ou actifs. La mer de Bismarck, par exemple, n'en abrite pas moins d'une centaine. Ces volcans sont créés par la rencontre de deux plaques tectoniques, celle du Pacifique, à l'est, et l'indo-australienne, au sud-ouest, la première recouvrant la seconde moyennant un déplacement de quelques centimètres par an, ce qui provoque irruptions et fréquents séismes. Cette influence volcanique marque d'une profonde empreinte non seulement les paysages du pays mais aussi les croyances et les pratiques de ses habitants.

Climat

Si l'extrême diversité géographique du pays interdit l'énoncé de généralités sur le climat, on peut néanmoins qualifier celui-ci d'équatorial : opposition entre une saison des pluies (de décembre à début mai) et une saison plus sèche, mais faible variation des températures durant toute l'année. On peut par ailleurs distinguer, en simplifiant, entre le climat des côtes et celui des hautes terres :

Sur les côtes, le temps est très chaud, avec des températures comprises toute l'année entre 26 et 30 °C, un soleil ardent dans la journée et des averses fréquentes en soirée. Avec la saison des pluies, de novembre à fin avril ou début mai, la mer se fait houleuse. La période la plus sèche va de fin juin à début octobre. C'est celle qui convient le mieux au tourisme.

Dans les hautes terres, la température fraîchit nettement, avec des écarts de température sensibles à partir de 1 500 m. Si les journées restent chaudes (de 26 à 30 °C), les nuits peuvent ne pas dépasser les 12-15°C. Il arrive même que les plantations situées plus haut soient recouvertes au matin de gelée blanche. Enfin, sur les sommets les plus élevés, la température peut tomber franchement en dessous de zéro. Les hautes terres sont également affectées, de novembre à mai, par la saison des pluies, et il n'est pas rare alors de voir des tronçons de route emportés par les eaux.

Le changement climatique n'épargne pas la Papouasie, de sorte que les saisons y sont encore moins marquées qu'elles n'étaient. Cette modification du climat se traduit par des sortes de mini saisons, sèches ou humides, de quelques semaines, avec les conséquences fâcheuses que cela peut avoir pour l'agriculture mais aussi pour... le voyageur. De plus, l'élévation du niveau de la mer menace les nombreuses îles de l'archipel, dont beaucoup ne dépassent pas 1 ou 2 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Environnement – écologie
<p>Au pied du volcan Tavurvur.</p>

Au pied du volcan Tavurvur.

Les transformations de l'environnement dans la région ont des conséquences qui ne sont pas seulement locales ; elles concernent la planète entière. La Papouasie est exceptionnelle par la variété et la singularité de ses écosystèmes. Sa faune et sa flore sont riches d'espèces endémiques dont beaucoup restent encore à découvrir. Son immense forêt vierge, la plus grande après la forêt amazonienne, en fait l'un des principaux poumons du monde. Ses eaux territoriales sont plus riches encore en espèces coralliennes que la Grande Barrière australienne et elles abritent la plus importante réserve de thon de la planète. C'est bien évidemment à la grande variété de sa géographie que la Papouasie doit celle de ses écosystèmes : mangroves, barrières de corail, lagons, pour les rivages ; basses terres avec leurs grandes étendues marécageuses ; régions montagneuses du centre où se succèdent, au fur et à mesure que l'on gagne en altitude, forêts denses, milieux à caractère alpin, forêts pluviales et, enfin, ces vastes étendues herbeuses dépourvues de tout arbre, les " grasslands ". La faible densité de population du pays (moins de 13 hab./km2), son peu d'industrialisation expliquent la remarquable conservation de ces différents milieux.
Avec l'augmentation de la population (2,21 % par an) et, parallèlement, le développement des activités humaines, ces milieux n'en sont pas moins menacés. Il est urgent d'en prendre conscience, le plus grand danger venant de l'exploitation forestière en liaison avec la culture intensive du palmier à huile, l'une et l'autre longtemps encouragées par le gouvernement. On connaît le processus, il est également à l'oeuvre ailleurs : déforestation intensive, accompagnée de corruption, de menaces et, si nécessaire, de violences quand les populations locales tentent de s'y opposer ; location aux planteurs de palmiers des terres ainsi arasées ; dénigrement des ONG qui tentent d'alerter les opinions sur les dangers de cette politique (ruine des sols lessivés par les pluies, pollués par les engrais, pesticides et produits chimiques divers dont la culture du palmier à huile fait un usage faramineux ; eaux des rivières devenues non potables en raison des écoulements de boue et de la pollution causée par le lessivage des sols). Il y a quelques années, on estimait qu'à ce rythme la forêt papouasienne aurait disparu en 2030.
Heureusement, les choses sont peut-être en train de changer. Les populations locales constatent que les promesses qu'on leur a fait miroiter (emplois, construction de routes, d'hôpitaux, d'écoles...) ne sont pas tenues et que leur situation matérielle, loin de progresser, se dégrade. Reste que leur désir de voir s'améliorer cette situation est légitime et que des solutions de remplacement doivent être trouvées. De son côté, l'Etat doit également se procurer des sources de revenus propres à favoriser l'équipement du pays. L'une des solutions est certainement à chercher du côté d'un tourisme écologique : trekkings, randonnées centrées sur la découverte de la faune et de la flore (orchidées)... Si les populations locales étaient amenées à constater que leur environnement naturel pouvait leur apporter une source régulière de revenus, il y aurait de fortes chances pour qu'elles s'impliquent dans sa préservation. Le gouvernement papouasien s'intéresse fort, semble-t-il, aux systèmes compensatoires relatifs aux émissions de dioxyde de carbone, systèmes élaborés par les instances internationales. On sait que ce système consiste, pour les entreprises à forte émission de CO2, à verser, par compensation, de l'argent à des gouvernements de pays disposant de vastes espaces naturels, grands " dévoreurs " de gaz à effet de serre. Pour qu'un tel système fonctionne de façon satisfaisante, encore faut-il que les sommes versées échappent à la corruption et puissent être redistribuées aux populations locales propriétaires des terres. De plus, ce système est maintenant en concurrence avec ces autres sources de profit au rendement beaucoup plus immédiat, important et... menaçant pour l'environnement que sont l'exploitation des gisements de gaz, de pétrole, de cuivre, de nickel et d'or, actuellement en pleine expansion.

Parcs nationaux

La Papouasie compte plusieurs de ces lieux privilégiés pour l'observation de la faune et de la flore. Cependant, ceux-ci ne correspondent pas exactement à ce qui est généralement désigné sous ce terme dans la mesure où les particularités des droits coutumiers locaux interdisent que l'on puisse exclure de ces zones des populations dont c'est l'habitat et le cadre d'activité traditionnels.

Port Moresby

Le Varirata National Park, à 42 km de la capitale (compter environ 1 heure de voiture), couvre la partie occidentale du plateau de Sogeri, dans les Astrolabe Mountains, sur une étendue d'environ 1 000 hectares. Parcouru par tout un réseau de sentiers offrant de beaux points de vue, le parc est bien aménagé, avec des aires de pique-nique, des abris équipés de barbecues et des possibilités de campement. Il offre un espace idéal pour l'observation de la flore et de la faune, notamment du fameux paradisier de Raggi, l'emblème du pays. La visite du parc, qu'elle soit d'une journée ou plus longue, nécessite la présence d'un guide compétent qui en assurera l'organisation.

Province de Morobe

Le McAdam National Park qui s'étend sur 2 076 hectares entre les villes de Wau et Bulolo, est une autre importante réserve d'espèces endémiques rares, végétales (dont le pin Klinkii, disparu ailleurs) et animales, en particulier d'oiseaux (oiseaux de paradis) et de papillons. Il abrite aussi des animaux comme le casoar, l'échidné, une sorte de gros hérisson, et le couscous, un marsupial (mammifère à poche ventrale où s'abrite le nouveau-né après sa naissance) très populaire auprès des visiteurs.

Le Labu Tali Conservation Area et le Kamiali Wildlife Management Area. Dans un but de protection des tortues luth, ces deux sites côtiers du district de Salamaua, à proximité de Lae, sont attentivement étudiés par la communauté scientifique internationale. Chaque année, entre novembre et février, leurs plages sont en effet un lieu de ponte de ces tortues géantes. Et, pour une fois, la présence de touristes n'aurait pas ici un effet négatif puisqu'elle contribuerait à convaincre les populations locales de cesser de consommer les oeufs de cette espèce menacée. L'endroit est accessible au tourisme toute l'année, que ce soit dans la journée (Labu Tali est à environ 50 minutes de Lae par bateau " banane ") ou en dormant dans un des villages du parc, tous équipés de petits gîtes d'accueil (guesthouses).

Province des Eastern Highlands

Le Mount Gahavisuka Park. Situé sur le mont éponyme, ce petit parc forestier, d'une surface de 80 hectares, est à 11 km de Goroka, mais 1 000 m plus haut. Il n'est accessible qu'en 4x4 et sa visite implique, elle aussi, d'être accompagné d'un guide. Ses sentiers balisés, équipés d'aires de pique-nique, donnent sur des panoramas de toute beauté. Il offre aussi à l'admiration des visiteurs un " sanctuaire botanique ", où sont réunies quelques espèces rares, ainsi qu'un jardin d'orchidées. Une journée suffit pour avoir un bon aperçu du parc, mais il est également possible d'y passer la nuit : un dortoir aux équipements entièrement écologiques peut y abriter plus d'une vingtaine de personnes.

Province 
des Southern Highlands

Le Lake Kutubu National Park englobe le lac lui-même et ses îles ainsi que quelques hectares de forêt alentour. De hauts sommets le dominent de toute part, ce qui ne rend pas son accès aisé (on l'atteint à partir de Mendi, par une route difficile). Ce relatif isolement explique sans doute la présence dans ses parages d'une flore et d'une faune abondantes : oiseaux, papillons, pas moins de 12 rares espèces endémiques de poissons et plusieurs espèces endémiques d'orchidées.

Le Wasi Falls Wildlife Management Area. A proximité du lac Kutubu, ce parc protège une forêt pluviale préservée, dont la faune et la flore sont également d'une richesse exceptionnelle. Mais, bien évidemment, ce sont surtout les chutes de Wasi, les plus hautes du pays, extraordinairement spectaculaires, qui sont la principale attraction du parc. Le visiteur doit cependant savoir que, contrairement au lac Kutubu, elles ne sont accessibles qu'à pied, et dans des conditions difficiles puisqu'il lui faudra passer au moins une nuit sur place, chez l'habitant.

Tout aussi intéressants que les parcs nationaux, mais gérés directement par des communautés locales, voici quelques autres lieux qui méritent d'être visités :

Le Crater Mountain Wildlife Management Area, d'une superficie de plus de 2 600 km2, enjambe les trois provinces de Goroka, de Simbu et du Gulf. On y accède en petit avion à partir de Goroka. Le site est constitué principalement par des forêts primaires mais il englobe également, au fur et à mesure qu'on s'élève, une végétation de type alpin puis des étendues herbeuses. La forêt abrite une faune abondante, dont 220 espèces d'oiseaux, parmi lesquelles 49 sont endémiques, et 85 espèces de mammifères, dont un grand nombre sont endémiques également. Ce sont les communautés locales, appuyées par des ONG, qui assurent la gestion de ce projet destiné à lutter contre les menaces que l'exploitation forestière et minière font peser sur la région ; ce sont elles aussi qui hébergent le visiteur dans leurs villages et qui l'assistent dans sa découverte des lieux.

Le Kumul Lodge (le lodge de l'oiseau de paradis) est lui aussi entièrement géré par la communauté locale. Il est situé dans la province d'Enga, au coeur d'une petite forêt pluviale qui a la particularité d'être à une altitude relativement élevée (2 700 m). C'est un des sites d'observation des oiseaux, et notamment des paradisiers, le plus fréquenté de Papouasie.

Le volcan Bosavi, dans les Southern Highlands, fait l'objet d'un projet entrepris à l'initiative de la communauté locale, avec le soutien du WWF. Ce projet a pour but de protéger un espace de forêt vierge incluant le cratère du volcan, dans lequel ont été découvertes, en 2009, de nombreuses espèces non répertoriées jusque-là. Cette excursion est réservée aux visiteurs les plus téméraires.

Le fleuve Sepik, sur la totalité de son parcours, avec ses affluents, ses bras morts, ses marécages, se présente, lui aussi, comme une zone préservée offrant un champ d'observation exceptionnel aux passionnés de la nature.

YUS Conservation Area

Les contraintes du droit coutumier des populations locales présentes dans les parcs nationaux du pays empêchent, sur le plan écologique, une législation trop contraignante de ces parcs. Aussi, plusieurs organisations internationales ont-elles souhaité créer un espace régi par des règles strictes de préservation de l'environnement. Elles ont choisi pour cela, dans la péninsule du Huon, à proximité de Lae, une zone de 76 000 hectares qui part de la côte et va jusqu'au sommet de la chaîne de Saruwared, à 4 000 m d'altitude. Elles lui ont donné le nom de YUS Conservation Area, formé à partir des initiales des trois rivières principales de la région : Yopno, Uruwa et Som. La réalisation de ce projet n'a pas été sans rencontrer de multiples difficultés. Il a fallu convaincre les autorités, modifier les habitudes de penser, négocier avec les populations des 35 villages à qui appartiennent les terres concernées. Ont également participé à cette aventure des institutions, des zoos notamment, et des associations de sauvegarde de la nature du monde entier. L'accord auquel on est finalement parvenu apporte à la population locale la garantie d'un soutien financier, l'installation d'écoles et d'hôpitaux, et la création de nombreux emplois. A terme, 10 000 personnes devraient profiter des retombées du projet. Le YUS Conservation Area abrite une espèce extrêmement menacée, le kangourou arboricole de Matschie, mais également diverses espèces endémiques très rares. Pour davantage d'information, contacter l'office du tourisme de Lae.

Faune et flore
<p>Perroquet à observer notamment à Tufi.</p>

Perroquet à observer notamment à Tufi.

Isolée, en même temps que carrefour naturel entre l'Asie, l'Océanie et les îles du Pacifique Sud-Ouest, la Papouasie-Nouvelle-Guinée jouit d'une situation exceptionnelle. A l'origine reliée à l'Australie, elle-même très isolée, elle partageait avec elle une partie de sa faune si spécifique. Mais elle s'en est séparée, il y a 10 000 ans, et l'isolement encore plus prononcé qui s'en est suivi est venu multiplier le nombre et la variété de ses espèces endémiques, tant animales que végétales. Son territoire, couvert aux trois quarts par une forêt primaire ou secondaire, abrite plus de 300 espèces de mammifères, 700 espèces d'oiseaux (dont le célèbre oiseau de paradis), 200 espèces de reptiles, dont une centaine pour les seuls serpents, 250 espèces de grenouilles et autres batraciens, une variété extraordinaire d'insectes, dont 400 espèces de papillons, et plus de 9 000 types de plantes, dont les deux tiers des espèces d'orchidées du monde. A cela il faut ajouter que certaines régions restent d'un accès très difficile et que nombreuses sont probablement les découvertes encore à venir. En 2008, une expédition scientifique découvrait 50 nouvelles espèces animales ; une autre, en 2009, plus de 40 ; et il ne s'agissait pas là de petits insectes mais de vertébrés : mammifères, oiseaux ou reptiles !
Cependant, l'observation de ces animaux n'est pas choses aisée. Ils demeurent pour la plupart cachés dans la profondeur des forêts, à l'écart des villages, chassés par les flèches ou la destruction de leur habitat, les Papous continuant en effet à vivre de la chasse et, pour la plupart, de l'horticulture. Il ne faut donc pas pas s'attendre, même en zone protégée, à voir ces animaux débouler ou s'envoler sous vos pas. Il s'agit d'animaux sauvages, autrement dit méfiants et fuyant l'homme, à l'exception de quelques rares endroits où on les attire par de la nourriture. De plus, ils ne sont pas de grosse taille, les plus grands étant les cochons sauvages et les crocodiles. Les passionnés d'ornithologie sont les premiers à en convenir, même les oiseaux sont difficiles à observer. Ce sont pour la plupart des oiseaux de jungle qui vivent par conséquent cachés dans l'épaisseur des frondaisons. On trouvera ci-après une liste de quelques animaux parmi les plus caractéristiques que l'on puisse rencontrer en Papouasie :

Les marsupiaux

Les marsupiaux vivent majoritairement en Nouvelle-Guinée et en Australie. Ils ont la particularité de naître prématurés (2 semaines à 1 mois après leur conception) et de poursuivre leur croissance dans la poche ventrale de leur mère, accrochés à sa mamelle. Le groupe des marsupiaux compte plusieurs espèces : le koala, le wallaby, le kangourou... Plusieurs d'entre elles sont menacées d'extinction.

Les phalangers ou couscous

Le couscous est un marsupial nocturne. Vivant plutôt dans les arbres, il se nourrit d'insectes et de végétaux. Sa queue, qui est un peu plus grande que le corps (elle mesure de 20 à 50 cm), est préhensile. La couleur du pelage varie entre le blanc, le gris ou le brun selon l'espèce et le sexe. Le couscous est un mammifère de petite taille. La Papouasie-Nouvelle-Guinée en abrite plusieurs espèces : le couscous tacheté, le phalanger terrestre et le couscous soyeux. Toutes sont aujourd'hui menacées.

Le dendrolague
 ou kangourou arboricole

On compte douze espèces de dendrolagues. Certains, par leur aspect, s'apparentent au kangourou, d'autres font plutôt penser à des oursons. S'ils ont tous, comme les kangourous, un arrière-train massif, leurs pattes avant sont plus puissantes afin de leur permettre de grimper aux arbres. Ils sont pourvus d'une très longue queue (elle peut atteindre 90 cm alors que leur corps ne dépasse pas 75 cm) qui joue un grand rôle dans leur équilibre. Leurs pieds, plus courts et plus larges, sont pourvus de griffes et de coussinets adhérents qui contribuent à faire d'eux de bons grimpeurs et d'excellents sauteurs, avec des bonds d'un arbre à l'autre pouvant atteindre jusqu'à 9 m. Essentiellement végétariens, ils peuvent cependant enrichir leur régime avec des oeufs et des oisillons. Sur les 12 espèces de dendrolagues, 8 sont endémiques de la Nouvelle-Guinée et malheureusement presque toutes menacées de disparition. Citons ces trois espèces, toutes gravement menacées :

Le dendrolague de Doria, l'un des plus grands marsupiaux arboricoles. Il est caractérisé par des oreilles noires, une épaisse fourrure brun rouge et une queue brun clair. On le rencontre entre 600 et 3 500 m d'altitude, dans les montagnes du centre du pays.

Le dendrolague de Matschie, dont l'habitat est la péninsule du Huon, entre 1 000 et 3 000 m. On le reconnaîtra à sa fourrure brun rouge, à la ligne sombre qui parcourt toute la longueur de son échine et à son ventre clair, presque blanc. Il est également fort menacé.

Le tenkile, qui vit dans les montagnes du nord-ouest du pays, entre 900 et 1 500 m. Il est assez proche du dendrolague de Doria, mais sa fourrure tire vers le noir et sa queue est plus longue.

Le phalanger volant

Cet animal arboricole et omnivore (appelé aussi écureuil volant, à tort car c'est un authentique marsupial) est certainement l'un des animaux les plus attachants de Papouasie (il est d'ailleurs élevé comme animal de compagnie). En fait, il ne vole pas réellement, mais les larges membranes (patagiums) qui rejoignent, de chaque côté du corps, ses pattes avant et arrière, lui permettent de faire d'extraordinaires vols planés qui peuvent dépasser les 50 m.

L'échnidé

Ce marsupial, qui peut atteindre jusqu'à 45 cm, est l'un des animaux les plus singuliers de la Papouasie. Il a des allures de gros hérisson et s'apparente en même temps au fourmilier par son mode d'alimentation. Il est en effet couvert de piquants et pourvu d'une longue langue gluante qui lui permet d'attraper fourmis et termites. Il appartient à l'ordre des monotrèmes, c'est-à-dire qu'il est à la fois ovipare et mammifère. Ses petits sont dépourvus d'épines à leur naissance et jusqu'à deux mois, de sorte qu'ils peuvent terminer leur croissance à l'abri de la poche ventrale de leur mère sans risquer de la blesser.

Les reptiles

On en compte de nombreuses espèces : serpents, varans, lézards, salamandres... Mention particulière doit être faite au crocodile, qui tient une place importante dans l'imaginaire collectif (mythes, sculptures...) 
des populations papouasiennes vivant à proximité des grandes rivières ou dans les zones marécageuses. On en trouve souvent des représentations sculptées, notamment, bien sûr, dans le Sepik.

La tortue de Papouasie

C'est une espèce endémique, une tortue d'eau douce qui vit dans les terres basses du sud de la Nouvelle-Guinée.

Le python carpette

C'est le plus impressionnant des serpents de Nouvelle-Guinée, dont il habite les forêts humides. Sa longueur va de 2 à 4 m. Petits mammifères et oiseaux font l'essentiel de sa nourriture. Comme tous les pythons, il n'est pas venimeux mais tue ses proies en les étouffant. Et sa morsure peut être sévère. Les collectionneurs l'apprécient pour ses belles taches noire et jaune, mais leur couleur peut varier beaucoup d'un individu à l'autre.

L'acanthophis

Appelé parfois " vipère de la mort " ou " serpent faiseur de mort ", l'acanthophis est un des serpents les plus venimeux du monde. Bien que sa morphologie présente plusieurs points communs avec les vipères, dont un corps un peu trapu et une tête triangulaire, il ne fait pas du tout partie de la même famille. C'est un élapidé. Sa couleur est très variable : brun, roux, gris, gris-vert, souvent avec des anneaux réguliers aux tons plus ou moins clairs ou foncés. Sa caractéristique principale est de disposer, au bout de sa queue, d'un leurre dont il se sert pour chasser et qui peut attirer ses proies de très loin. Ce leurre se présente comme un ver que l'acanthophis agite de façon rapide devant sa gueule quand il se met à l'affût, merveilleusement camouflé, le corps entièrement enterré sous du sable ou des feuilles, à l'exception de la tête et de la queue. C'est le plus rapide à l'attaque de tous les serpents du monde. Son venin paralyse et, sans sérum, la mort peut survenir en quelques heures.

Le lézard à collerette

Vivant caché dans les forêts chaudes du sud de la Papouasie, craintif et fuyant, tout à fait inoffensif, ce grand lézard aux allures de dragon n'en est pas moins impressionnant. Il peut mesurer jusqu'à 90 cm, queue comprise, celle-ci faisant les deux tiers de son corps. Il doit son nom à une grande collerette qui, normalement, reste appliquée contre son cou. Mais, quand il se croit découvert, l'animal se dresse sur ses puissantes pattes arrière, gueule grande ouverte, en déployant cette collerette sur toute sa largeur (elle peut atteindre 30 cm), offrant ainsi un spectacle plutôt impressionnant !

Les crocodiles

On en trouve deux espèces le long des côtes du pays et dans les grands marécages des basses terres : le crocodile de mer, également présent en Australie, et le crocodile de Nouvelle-Guinée. Le premier, de très grande taille (il peut atteindre jusqu'à 7 m, c'est le plus gros reptile actuel), est capable de vivre à la fois dans la mer, comme l'indique son nom, et dans l'eau douce. Il est très recherché pour sa peau. Le second, le crocodile endémique de Nouvelle-Guinée, ne vit qu'en eau douce. Il est protégé car sa population diminue sensiblement.

La faune aviaire

Avec plus de 800 espèces, dont certaines particulièrement spectaculaires, comme les paradisiers, le casoar, le goura, dit " plus gros pigeon du monde ", la Papouasie est un vrai paradis pour les ornithologues. Si ce n'était le manque d'infrastructures et les difficultés d'accès aux sites, peu de pays sont susceptibles de rivaliser avec elle. Et, de toute façon, les passionnés savent que l'observation et la photographie d'oiseaux est un art difficile qui demande efforts, patience et méticuleuse organisation. Ci-après quelques-uns des oiseaux les plus intéressants du pays :

Les paradisiers. Les oiseaux de paradis, ou paradisiers, appartiennent à la famille des Paradisaéidés. Ils comptent certainement parmi les oiseaux les plus fascinants du monde. Beaucoup arborent un plumage d'une particulière splendeur. Un paradoxe quand on sait qu'ils descendent de la même famille que les corbeaux ! Ils habitent les forêts de Nouvelle-Guinée et des petites îles proches, mais aussi celles d'Australie et des Moluques. On en compte 43 espèces, dont 38 pour la seule aire papouasienne. Pour deux tiers de ces espèces, des différences d'apparence importantes apparaissent entre les deux sexes (dimorphisme sexuel), le mâle présentant un plumage beaucoup plus somptueux que celui de la femelle - ce caractère, qu'il faut bien appeler esthétique, jouant alors un rôle important dans la compétition amoureuse. La taille varie également beaucoup entre les espèces. Le paradisier royal est le plus petit, le mâle ne dépassant pas les 15 cm et les 50 gr, tandis que le paradisier fastueux est le plus grand avec ses 112 cm (pour 277 gr), et le paradisier d'Entrecasteaux, le plus lourd avec ses 448 gr (pour 43 cm).

Les parades nuptiales très élaborées des mâles de plusieurs espèces ont également un caractère fascinant. Elles peuvent être assez différentes d'une espèce à l'autre, tout en présentent cependant des points communs, le mâle commençant par aménager soigneusement une aire de parade, à même le sol ou sur une branche, avant de procéder à ce qui se présente comme un rituel complexe où se combinent poses, danses et manifestations sonores de type cris et, parfois même, chants.
Les paradisiers vivent pour la plupart dans une zone et à une altitude données. La variété et la multiplicité des aires géographiques de la Nouvelle-Guinée, leur isolement entre elles, ont favorisé la différenciation des espèces. Cet isolement, combiné à des conditions de subsistance extrêmement propices (protection constituée par la forêt, nourriture abondante, menaces naturelles rares) a favorisé chez ces oiseaux une sorte de prééminence donnée à la compétition sexuelle, une compétition passant par la singularité et la beauté du plumage. Une beauté qui, en fait, a bien failli les perdre ! Pendant plusieurs décennies, l'engouement de l'Europe pour leurs plumes a été à l'origine d'une chasse et d'un commerce intensifs. Vers 1900, c'était environ 80 000 plumes qui partaient chaque année de Nouvelle-Guinée pour orner les chapeaux des Européennes (aujourd'hui, sauf pour raisons scientifiques, aucun paradisier n'est autorisé à quitter l'île.) Parmi les paradisiers les plus courants, citons :

Le paradisier de Raggi, présent et relativement abondant dans tout le pays, en dessous de 1 800 m. C'est l'espèce qu'on aura le plus l'occasion d'observer, notamment en captivité. Il faut voir les mâles à la saison des amours, quand, parés des splendides plumes rouges de leurs flancs et gonflant avantageusement le plumage doré de leur cou, ils dansent à plusieurs sur une branche pour séduire la femelle dont ils se disputent les faveurs.

Ne pas confondre le Raggi avec les non moins beaux Grand Emeraude et Petit Emeraude, aux longues touffes de plumes dorées, ni avec le paradisier rouge, aux deux traînes filiformes rouges, à extrémités grises, partant des ailes.

Le paradisier fastueux, celui à bec blanc et l'Epimaque de Meyer, qui se caractérisent tous les trois par un plumage plutôt sombre ainsi que par la longueur de leur bec et de leurs plumes caudales. Ils vivent entre 1 800 et 2 300 m d'altitude. On pourra les observer au Kumul Lodge, dans la province d'Enga.

Les oiseaux " jardiniers " 
ou " à berceau ". Ces oiseaux fascinent également beaucoup les ornithologues. Non pas, cette fois, à cause de leur plumage, moins spectaculaire que celui des paradisiers, mais en raison de leur savoir-faire. Ce n'est pas par leur apparence que les mâles cherchent à se mettre en valeur afin d'assurer leur conquête, mais par leur habileté ou par leur sens décoratif. Pour attirer les femelles, les convaincre de la qualité de leurs aptitudes, ils construisent de véritables chefs-d'oeuvre, soit sous forme de litière, ou berceau, ornés de différents éléments empruntés à la nature, et qui ne semblent être mis là que pour leur vertu décorative, soit sous forme d'abris, huttes ou tonnelles, à l'élaboration ingénieuse. Il est difficile de voir ces oiseaux sans l'accompagnement d'un guide compétent, mais leurs oeuvres pourront facilement être observées à l'occasion de promenades dans la jungle.

Le casoar. Avec son 1,80 m pour 70 kg, ce cousin de l'autruche impressionne. Comme l'autruche, il est dit " ratite ", inapte au vol, mais il est capable d'atteindre 50 km/h en courant. Sa tête est surmontée d'une crête osseuse caractéristique. Ses plumes sont d'un beau bleu ciel sur le cou et d'un noir profond sur le reste du corps, où leur masse, d'une apparence très particulière, fait d'ailleurs moins penser à un plumage qu'à une fourrure à long poil. Le casoar est convoité par les chasseurs pour ses plumes et sa chair, et il est difficile de le rencontrer à l'état sauvage, mais on aura souvent l'occasion d'en voir en captivité dans les villages. Sa valeur d'échange traditionnel est très élevée.

Le pigeon couronné. Vivant dans les marécages des basses terres, en petites bandes, le pigeon couronné occidental, appelé aussi goura de Victoria, dispute au notou de Nouvelle-Calédonie le titre de plus gros pigeon du monde, un titre qu'il semble mériter compte tenu des 70 cm de haut qu'il peut atteindre parfois. Quoi qu'il en soit, il est vraiment superbe avec son plumage bleu électrique et la vaporeuse aigrette de plumes, proche de celle du paon, qui pare le sommet de son crâne.

La faune marine

Dans ce domaine également, les naturalistes continuent de découvrir régulièrement de nouvelles espèces. La Papouasie abrite en effet la plus grande biodiversité marine du monde, avec deux fois plus d'espèces que la mer Rouge et dix fois plus que les Caraïbes, ce qui s'explique sans doute partiellement par la conjonction de la mer de Bismarck, de la mer de Corail et des Salomon, par les échanges qu'elle favorise, et par la relative faiblesse dans les parages de l'activité humaine, notamment industrielle. Avec de merveilleux récifs coralliens, d'innombrables variétés de coquillages ou de nudibranches, une extraordinaire variété de poissons tropicaux (poisson pierre, poisson clown, poisson crapaud, poisson scorpion, poisson arlequin, poisson feuille, poisson mandarin, platax, gobie, gaterin...) et une abondante macrofaune, cette richesse et cette diversité se manifestent autant au niveau des côtes et des fonds marins que dans la zone pélagique. En dehors des poissons, citons parmi les animaux marins les plus intéressants et spécifiques de cette zone :

Le dugong est, avec le lamentin, le dernier représentant de l'ordre des siréniens. Herbivore, il est tout à fait inoffensif malgré ses impressionnantes mensurations (de 3 à 4 m pour 900 kg !). C'est à lui que l'on doit peut-être la naissance du mythe des sirènes, en raison de la grâce avec laquelle il se meut dans l'eau et de l'étonnant attachement dont il peut faire preuve à l'égard des humains. Il vit à proximité des côtes de l'océan Indien et du Pacifique. Mais leur urbanisation le menace et il est en grand danger d'extinction. Il arrive qu'on l'aperçoive en Papouasie, quelquefois simplement en se tenant en bordure de la plage.

La tortue luth, la plus grande de toutes les tortues, peut approcher les 2 m et peser plus de 600 kg. Elle est capable de plonger jusqu'à 1 300 m de profondeur et de rester sous l'eau plus de 80 minutes. Elle doit son nom au dessin des sept lignes en relief qu'elle a sur le dos. Elle n'a pas de carapace dure, de sorte qu'elle n'est pas chassée pour celle-ci ni d'ailleurs pour sa chair, considérée comme toxique. En revanche, nombreux sont les prédateurs (dont l'homme) qui s'attaquent à ses oeufs. C'est une des principales raisons qui mettent l'espèce en grand danger de disparition, l'autre étant la pollution des mers (noyade dans les filets de pêche dont elle ne peut se délivrer, ne sachant nager en arrière, et, surtout, ingestion mortelle des sacs en polyéthylène qu'elle confond avec des méduses, sa principale nourriture). Les tortues luth sont de grandes migratrices ; elles parcourent des milliers de kilomètres, passant chaque année des eaux chaudes du Pacifique au froid des eaux polaires. A l'époque de leur ponte, il est possible de les voir à proximité de Lae, dans la province de Morobe.

Le dauphin à aileron retroussé d'Australie peut s'observer également le long des côtes de Nouvelle-Guinée, principalement dans des eaux côtières, peu profondes et protégées, dans des criques et à proximité de l'embouchure des fleuves. Endémique de la Papouasie et de l'Australie, il n'y a pas longtemps que ce dauphin a été reconnu comme une espèce différente d'un dauphin très proche, le dauphin Irrawaddy. Il doit son nom à sa principale caractéristique : son tout petit aileron dorsal, plus petit que celui de l'Irrawaddy.

La flore

La biodiversité végétale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée n'a rien à envier à celle de sa faune, et elle est due aux mêmes raisons : isolement du pays, variété de sa géographie et de son climat. Le nombre de ses espèces endémiques est tout à fait exceptionnel. C'est ainsi, par exemple, que sur les 30 000 orchidées recensées dans le monde, on en compte plus de 3 200 en Papouasie, et on continue encore régulièrement d'en découvrir de nombreuses.
Ce foisonnement touche bien sûr d'autres espèces, comme celles du genre hibiscus, dont ses habitants raffolent, ou celles appartenant à la famille des zingibéracées, aux fleurs parfois très spectaculaires, pour ne pas dire extravagantes, de sorte qu'elles sont souvent investies de pouvoirs magiques par les cultures locales. Mentionnons, par exemple, le gingembre rouge, dont les tiges peuvent dépasser les 3 m de hauteur et les fleurs mesurer entre 30 et 70 cm. Une autre plante très caractéristique du pays est le pandanus, dont différentes espèces sont très répandues depuis la côte jusqu'aux régions hautes. Les paysages marqués par la présence de ces arbres ont une atmosphère assez singulière. On les reconnaîtra à leurs feuilles épineuses, en forme de gouttières, mais surtout à leurs racines aériennes rigides qui, partant de différents endroits du tronc, descendent en formant une sorte de cône qui s'évase vers le sol. Leurs fruits, du moins ceux qui sont comestibles, comme le grand fruit rouge et allongé de la variété des montagnes, ont une importante valeur d'échange dans les cultures locales.

La forêt

Soixante-cinq pour cent de la Papouasie est couverte par une forêt de type tropical équatorial, c'est-à-dire bénéficiant toute l'année de pluies abondantes ainsi que d'un ensoleillement et de températures aux variations de faible amplitude. Cette forêt se caractérise par une canopée fermée (autrement dit, assez dense pour que la lumière du soleil ne puisse pas atteindre le sol directement) et une grande variété d'espèces. Selon sa latitude, son altitude, la différence des sols, les conditions climatiques, elle se mêle à d'autres types de forêts, ce qui conduit à différencier en fait trois grands types : les forêts tropicales de basses terres, jusqu'à 1 000 m d'altitude ; les forêts de montagne, jusqu'à 2 500 m ; et les forêts humides, dites parfois " de nuages ". Les premières, de basse altitude, sont celles qui présentent la plus grande diversité biologique et dont la canopée est la plus dense ; ce sont aussi les plus menacées car leurs arbres ont la plus grande valeur marchande (ceux de plus grande taille et au bois le plus dur), et elles sont en outre les plus faciles d'accès. Les secondes, les forêts de montagnes, sont encore variées mais avec une taille d'arbres sensiblement moindre. Enfin, les troisièmes doivent leur nom de " forêts de nuages " au fait que la plus grande part des précipitations qu'elles reçoivent provient de la brume ou du brouillard ; leur canopée est moins dense, leurs arbres nettement plus petits que dans les forêts des basses terres ; en revanche, ils sont souvent très verts, 
en raison d'une forte humidité, laquelle favorise en outre le développement de plantes parasites (mousses, lianes, orchidées...) dont la présence crée une atmosphère très particulière. Etant très isolées les unes des autres, les forêts de nuages abritent souvent de nombreuses espèces endémiques. Enfin, au-dessus de 3 300 m, la forêt subalpine et alpine vient se substituer à la forêt de nuages. Recevant de plus faibles précipitations, elle est beaucoup moins dense et d'une diversité biologique sensiblement 
réduite.

Forêt primaire et secondaire

Par forêt primaire, on entend la forêt vierge, celle dont les activités n'ont pas, ou très peu, modifié la nature originelle. Il va de soi que c'est dans les forêts de type primaire que l'on observe la plus grande diversité biologique. Elles sont souvent constituées de différentes strates et d'une canopée qui ne présente aucune brèche. Ce couvert, d'une grande densité, ne laissant filtrer que très peu de lumière jusqu'au sol, la végétation y est relativement clairsemée. Il arrive cependant que la chute occasionnelle d'un arbre fasse un trou dans la canopée et permette alors la pousse d'espèces se développant au niveau du sol ou des strates intermédiaires. La forêt secondaire est celle qui naît d'une modification de son état naturel provoquée par une intervention humaine. Cette modification de l'état d'origine peut prendre un caractère spontané (comme dans les zones de défrichage laissées à l'abandon, celles éclaircies par la pratique de la culture sur brûlis, celles où ont été pratiquées des coupes sélectives) ou être orientée sciemment à la suite d'une décision humaine (comme quand il y a remplacement volontaire de certaines essences par d'autres). La forêt secondaire est donc généralement caractérisée par une biodiversité plus pauvre, par de plus petits arbres et par une structure de canopée moins dense, plus lacunaire, qui va permettre à plus de lumière d'atteindre le sol, où sera favorisé ainsi le développement d'une végétation herbacée.

Adresses Futées de Papouasie-Nouvelle-Guinée

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