Ville industrielle à majorité bosniaque, Tuzla possède un joli petit centre-ville qui constitue une agréable étape pour 1 ou 2 jours. Elle est le 3e pôle démographique du pays derrière Sarajevo et Banja Luka. Elle doit son développement et son nom aux mines de sel exploitées ici depuis l'Antiquité : d'abord appelée Σαλήνες en grec (" salines "), elle a été rebaptisée Soli (" sel ") en langue slave, puis Tuzla (" l'endroit du sel " en turc) durant la période ottomane. Située à 250 m d'altitude dans la plaine, au pied du massif de la Majevica qui culmine à 916 m d'altitude au mont Stolice (15 km à l'est), la cité s'étire sur 10 km de longueur sur les berges de la rivière Jala (37 km de longueur), un affluent de la Spreča, qui elle-même rejoint la Bosna. Ville de fréquentes rébellions, Tuzla a été en 2014 à la pointe " printemps bosnien ", grand mouvement social qui a secoué le pays.

Démographie - Tuzla compte 80 500 habitants (120 500 avec l'agglomération), dont environ 73 % de Bosniaques, 14 % de Bosno-Croates et 3 % de Bosno-Serbes. Elle est la capitale du canton de Tuzla (477 000 habitants) qui fait partie de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine. Avant la guerre de 1992-1995, elle était considérée comme un exemple de mixité avec environ 48 % de Bosniaques, 17 % de Yougoslaves, 16 % de Bosno-Croates et 15 % de Bosno-Serbes pour une agglomération de 130 000 habitants.

Economie et pollution - Moins touchée par la pauvreté et le chômage que le reste du pays, Tuzla tire une partie de ses richesses du sel qui est toujours exploité dans les environs. Mais surtout, la ville est devenue un important site industriel avec notamment le complexe Termoelektrana, dont les centrales thermiques fournissent environ 20 % de la consommation nationale d'électricité. Signalé par d'immenses tours de refroidissement, 7 km à l'ouest du centre-ville, ce site créé en 1963 est l'un des plus vétustes d'Europe. Fonctionnant avec du charbon provenant de mines voisines (Kreka, Banovići et Đurđevik), il fournit des emplois à des milliers de personnes. Mais il fait de Tuzla une des villes les plus polluées du continent. Avec également une importante activité dans le secteur de la chimie (sodium, polyuréthane...), les rejets industriels divers contaminent tout l'environnement aussi bien les sols, les sédiments, l'eau que l'ensemble de la chaîne alimentaire. La modernisation de Termoelektrana, ainsi que des projets de création de nouvelles centrales moins polluantes ailleurs dans le pays et l'augmentation de la part de l'hydroélectricité devraient permettre à Tuzla de retrouver un peu d'air dans les années à venir. Déjà, la ville connaît un nouvel essor avec la présence de deux universités : l'une publique, Univerzitet u Tuzli (Université de Tuzla), créée en 1976, qui compte 14 000 étudiants (1976) et l'autre privée, l'American University in Bosnia and Herzegovina, créée en 2005, regroupant environ 500 étudiants. Tuzla diversifie également son activité dans le tourisme grâce à la création, entre 2006 et 2102, de lacs artificiels d'eau salée qui attirent environ 400 000 visiteurs chaque année.

Histoire - Continuellement habitée depuis 6 000 ans, Tuzla a constitué l'une des places fortes des Breuci, tribu illyrienne de la plaine de Pannonie. Rattachée à Rome, puis au royaume de Bosnie, la ville passe sous le contrôle de la famille croate des Berislavići avant d'être prise par les Ottomans dans les années 1530. Faisant alors partie du sandjak de Zvornik, Tuzla devient un important centre commercial et une ville principalement musulmane. Au XVIe siècle, de grands mouvements migratoires ont lieu avec la Slavonie voisine (Croatie actuelle) : des familles musulmanes fuient la domination austro-hongroise pour se réfugier à Tuzla, tandis que des familles chrétiennes quittent la ville pour s'installer au nord de la rivière Save, frontière entre les deux Empires. En 1878, lorsque la Bosnie-Herzégovine passe sous domination austro-hongroise, Tuzla est un des principaux foyers d'insurrection contre le nouveau pouvoir. Elle connaît ensuite un fort développement. C'est à la fois le nouveau centre administratif de la région et un grand site industriel d'Etat grâce à l'exploitation des mines (charbon et sel), du tabac, du bois et même, à partir de 1880, avec la production de bière, dont la fameuse Tuzlanski est l'héritière. Vers 1900, seule 50 % de la population vit encore de l'agriculture. En septembre 1920, les mineurs de Tuzla sont le fer de lance de la " rébellion de Husino " qui secoue la Bosnie centrale. Ce mouvement qui dénonçait l'exploitation esclavagiste des ouvriers sera durement réprimé par les forces du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Mais il servira de référence au mouvement communiste yougoslave qui fera de Tuzla un modèle de ville ouvrière. Durant la Deuxième Guerre mondiale, Tuzla est un bastion des partisans et parvient à se libérer des nazis et des Oustachis croates dès le 2 octobre 1943. Parmi les premières villes libres d'Europe, elle est à ce titre l'objet d'attaques fréquentes, notamment de la part des tchetniks serbes combattant aux côtés des Allemands. La période socialiste est ensuite marquée par un nouvel essor de l'industrie.

Guerre de Bosnie-Herzégovine - En 1990, alors que les nationalistes s'imposent dans presque toutes les municipalités, Tuzla élit des représentants réformistes, qui restent attachés à la mixité entre communautés. À ce titre, c'est une des rares villes à avoir échappé aux destructions. Mais Tuzla est marquée par deux événements. Au début du conflit, le 15 mai 1992, une colonne de l'armée yougoslave (sous contrôle de la Serbie) quitte sa caserne de Tuzla et est prise en embuscade par la garde territoriale bosnienne. L'attaque, qui fait 92 morts dans les rangs yougoslaves, est considérée comme une des principales " bavures " commises par les Bosniaques durant la guerre. Autre fait marquant, le " massacre de Tuzla ". Le 25 mai 1995, lors d'une manifestation de la jeunesse pour célébrer l'anniversaire de la naissance de Tito, l'armée bosno-serbe tire dans la foule faisant 71 morts et 240 blessés. Ces deux bains de sang attisent les tensions entre communautés, si bien que depuis la fin du conflit, Tuzla a perdu son caractère multi-communautaire avec le départ de la majorité de ses habitants bosno-serbes.

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