Situé au nord-ouest de Tunis, Bizerte, par sa position au coeur de la Méditerranée et à proximité d'un vaste lac qui communique avec la mer, est une station balnéaire de plus en plus fréquentée, en particulier par les Tunisiens et principalement les Tunisois qui aiment bien venir s'y reposer le dimanche. Ancien comptoir phénicien du premier millénaire avant J.-C., la ville passe sous l'influence de Carthage après la défaite d'Aghatocle pendant les guerres puniques. Elle est ensuite occupée par les Romains après neuf siècles d'histoire punique, élevée à cette époque au rang de colonie (Hyppo Diarrhytus). La ville est ensuite conquise par les armées musulmanes qui lui donnent son nom actuel. En 1535, les troupes de Charles Quint prennent la ville, puis les Turcs les chassent en 1574. Début XVIIIe, Bizerte est une ville prospère qui profite de son port, une base de pirates avec bon nombre de captifs chrétiens.

Théâtre de nombreuses guerres, c'est d'abord le roi de France qui ordonne un bombardement de la ville à la fin XVIIe siècle, puis le comte de Broves en 1770 et une quinzaine d'années plus tard les Vénitiens. La ville a connu la prospérité sous les Hafsides et plus encore lors de l'arrivée de la dernière vague des Andalous chassés d'Espagne. Ceux-ci l'agrandirent d'ailleurs de tout un nouveau quartier. Grâce à la généreuse pêche du lac, la ville résiste en exportant des tonnes de poissons vers la capitale, mais également en France et en Italie. L'exclusivité de la pêche du corail est attribuée par décret à la France en 1786. Cela attire évidemment les convoitises des contrebandiers qui affluent de Marseille, de Corse, de Sicile, etc. Cinquante années suffisent pour anéantir le corail : on est passé de 8 000 corailleurs en 1800 à 2 000 en 1850.

La ville de Bizerte s'est toujours montrée accueillante. En 1917, elle laissa s'amarrer un bateau de cadres russes qui venaient se réfugier en Tunisie ; certains vivent encore à Bizerte. Une autre tournée d'Espagnols, des républicains chassés eux aussi de leur pays, vint s'installer à Bizerte. A l'avènement du protectorat, la France y installa une base navale, qu'elle n'abandonna qu'en 1963.

Pas tellement touristique, la ville a gardé une authenticité certaine ; le vieux port, la casbah, ancienne forteresse du XVIIe siècle, et le petit fort de Sidi el Henni, aujourd'hui transformé en un théâtre de plein air, présentent un bel ensemble architectural. Les ruelles qui descendent de la médina vers le vieux port offrent à l'admiration du promeneur mosquées, maisons mauresques et souks. Une nouvelle marina, malheureusement assez moche et peu appréciée par les locaux, est en construction et devrait métamorphoser le bord de mer dans les prochaines années. Bizerte est aussi un centre militaire important concentrant trois bases : terre, mer et air. La ville se prolonge au nord par une corniche, et au sud par la plage d'El Remel. Les plages de la corniche sont bondées et pas vraiment des plus agréables : mieux vaut s'éloigner vers celles des environs de Bizerte, plus sauvages et nettement plus aérées. A noter que Bertrand Delanoë, l'ancien maire de Paris, né à Tunis, a passé son adolescence à Bizerte. Il nourrit une tendresse indéfectible pour cette ville qu'il visite régulièrement.

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11.95 €
2018-03-28
456 pages
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