Cayenne et ses deux communes voisines, Rémire-Montjoly et Matoury, font partie de la Communauté d'agglomération du centre littoral (CACL). Elles réunissent plus de 100 000 habitants, soit un peu moins de la moitié de la population totale de la région. C'est ici que se concentre une grande partie du pouvoir institutionnel, politique et économique (mis à part le CSG à Kourou) de la Guyane.

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Population et langues

Randonnée en forêt.
Randonnée en forêt.
Population
Petites filles mangeant une mangue.
Petites filles mangeant une mangue.

Dès l'arrivée en Guyane, les surprises ethnologiques sont saisissantes. On qualifie ici les autres du nom de leur communauté : les Métros, les Créoles, les Hmongs, les Bushinengé, les Brésiliens ou les Amérindiens, par exemple. A priori, tout semble relativement structuré dans le rapport à l'autre et l'appartenance à une communauté. La réalité est un peu plus complexe, mais unique dans son histoire. La découverte de la multiplicité des peuples, cohabitant dans cette étrange forêt, de leurs diverses manières de vivre, d'être et de faire, donne une dimension supplémentaire au voyage. L'histoire a de tout temps provoqué des mouvements de population en direction et à l'intérieur même de la Guyane. Il est d'ailleurs très difficile aujourd'hui de définir exactement ce que l'on entend par un Guyanais type. Si la population originelle est amérindienne, elle est considérée aujourd'hui comme étant numériquement une minorité, concentrée partiellement dans les villages de l'intérieur et en bordure des fleuves (Elaé, Twenké, Camopi...). Chaque groupe ethnique en Guyane tente de sauvegarder ses traditions, quelles que soient ses origines, en ayant sa place sur cette terre guyanaise. Cette richesse culturelle permet au visiteur de côtoyer quotidiennement diverses cultures et d'apprécier les subtiles différences qui distinguent les multiples modes de vie.

Amérindiens

On distingue à l'intérieur de ce groupe 6 ethnies différentes : les Wayampi, les Emerillon, les Wayana, les Galibi ou Kali'na, les Arawak et les Palikour. Ces peuples vivaient à l'écart de la société, retirés dans leurs villages respectifs. On estime leur nombre actuel à environ 9 000 individus. Sur la demande de certains, les autorités françaises ont créé la zone réglementée, qui s'étend au sud d'une ligne reliant Maripasoula, sur le Maroni, et Camopi, sur l'Oyapock. Il ne s'agit pas d'une menace de disparition physique mais plutôt d'un désir d'assurer la pérennité de leurs pratiques, comme une sorte de prévention contre l'inévitable acculturation et ses multiples conséquences découlant le plus souvent de l'installation dans les grandes villes. La protection de l'environnement faunistique et floristique est essentielle dans l'équilibre alimentaire de ces ethnies mais fragilisée par le danger de l'orpaillage notamment.

Toutefois, les habitants des zones réservées ou de celles situées sur le littoral tiennent une place active dans la vie du pays, et la rencontre avec ces peuples amérindiens est une expérience hors du commun, à condition que le visiteur fasse preuve d'intelligence et de respect à l'égard de ses hôtes. Par ailleurs, leur connaissance de la forêt amazonienne et leur mode de vie totalement intégré à l'environnement font des Amérindiens des guides particulièrement remarquables. Ils peuvent faire partager leur expérience et leurs connaissances, et encadrer des randonnées ou même des expéditions de chasse en forêt, le tout dans une ambiance authentique et très originale. La rencontre avec les villages wayana se pratique aujourd'hui essentiellement sur le haut Maroni. Extrêmement sensibles aux maladies européennes les plus bénignes telles que le rhume, ces peuples ont été isolés pour assurer leur protection. Bien qu'ils aient subi l'influence de la vie occidentale (système éducatif français, tenues vestimentaires, langue...), l'identité et le mode de vie des Wayana ont peu changé. S'ils ne portent plus tous les jours le kalimbé (pagne de couleur rouge), contrairement aux enfants pour aller à l'école dans certains villages, pour les fêtes et les occasions exceptionnelles, ils se parent de tenues de fête - magnifiques costumes faits de leurs mains et couronnes de plumes colorées -, jouent de leurs instruments de musique traditionnels et sont également des conteurs hors pair. Pour certaines cérémonies, les Amérindiens se servent du roucou, une graine de couleur rouge safran qui protège efficacement des piqûres de moustiques. Leur vie s'organise entre les travaux agricoles, la chasse, la pêche et la cueillette, activités qui couvrent la totalité des besoins alimentaires de la communauté. Le manioc, sous forme de cassave (une sorte de galette) ou de couac (semoule), constitue l'ingrédient le plus couramment utilisé dans leur cuisine.

Depuis quelques années, les Indiens ont manifesté le désir de voir leurs enfants suivre une scolarité comme les autres. Malheureusement, la distance qui sépare certains villages des établissements scolaires reste quelquefois un obstacle à la bonne poursuite de ces études. En effet, le problème de l'hébergement sur place se pose souvent.

De tous les peuples amérindiens de Guyane, les Galibi sont probablement ceux qui semblent les plus intégrés. Cela vient du fait que, contrairement aux autres communautés amérindiennes, ils vivent pour une très forte majorité sur le littoral, à proximité de Mana, Saint-Laurent-du-Maroni, Iracoubo mais aussi à Kourou et Cayenne. Les Galibi se battent sur le terrain social et politique pour défendre leurs intérêts et leurs traditions. Ils ont ainsi obtenu la création de leur propre commune, Awala-Yalimapo, entièrement gérée par leurs soins. Ils tiennent leur place dans l'économie de la Guyane et sont très présents dans les secteurs du tourisme, de l'agriculture et de la pêche. Organisés en communautés, les Galibi reconnaissent l'autorité d'un " capitaine " qui, généralement, a un rôle d'interlocuteur auprès des institutions. Depuis peu de temps, cette communauté s'est intéressée au tourisme en permettant aux visiteurs de partager, le temps d'une journée ou d'un week-end, leur vie de tous les jours.

Jugés, comme les Wayana, très vulnérables aux maladies importées d'Europe, les Palikour vivent principalement au sud-est de la Guyane, entre le village de Saint-Georges et l'embouchure du fleuve Oyapock, dans des zones protégées, créées pour eux par arrêté préfectoral. Pratiquant traditionnellement le troc, les Palikour ne connaissent l'usage de la monnaie que depuis peu. Bien que la majorité de leurs enfants soient aujourd'hui scolarisés, ils restent encore en retrait de la civilisation moderne, conservant des coutumes et des moeurs très traditionnelles, même si l'on y retrouve toutes les formes institutionnelles d'un quelconque espace géographique sous statut français.

Noirs marrons ou Bushinengé

La langue commune utilisée par les Noirs marrons, indépendamment de leur propre langue, est le Sranan Tongo. Toutefois, les populations de l'intérieur utilisent des variantes liées plus étroitement à leur propre culture. Ainsi, les Saramaca recourent au Sranan Tongo pour leurs échanges avec d'autres Bushinengé, mais parlent le samaca dès qu'ils sont entre eux. Comme cela reste le cas pour les Amérindiens, l'économie traditionnelle des Noirs marrons est également axée sur l'agriculture en forêt, la chasse, la pêche et la cueillette. Les hommes abattent et brûlent des parcelles de terres forestières, les abattis. Les femmes cultivent principalement le riz, le manioc et quelques tubercules. Comme les Amérindiens, ils importent un certain nombre de produits manufacturés des villes côtières (vaisselle, vêtements, tissus...), ce qui les rend relativement dépendants de la civilisation occidentale. Depuis 1960, les pôles noirs marrons ont tendance à se déstructurer. Les moyens de communication entre les villes côtières du Suriname et de Guyane se sont améliorés, facilitant les échanges de marchandises et le tourisme.

Organisation sociale. L'univers des Bushinengé est divisé en deux catégories sociales : masculine et féminine. Elles ne doivent en aucun cas se confondre car les Noirs marrons considèrent que la femme est un être puissant et maléfique, capable d'affaiblir le pouvoir de l'homme. La vie quotidienne est donc organisée suivant une répartition très stricte des tâches, dans lesquelles chaque sexe se cantonne sans empiéter sur le travail de l'autre.

Les hommes doivent fournir l'essentiel de la nourriture du groupe. Ils pratiquent de ce fait la chasse et la pêche. Seul l'homme possède un fusil, incarnation de sa virilité, de son pouvoir et de son champ de responsabilités. L'autorité paternelle n'est pas exercée par le père, mais par l'oncle maternelle le plus âgé, la reconnaissance de l'enfant par le père n'étant pas encouragée. Les jeunes garçons sont donc initiés par leur oncle, qui leur apprend à connaître la forêt, à poser les filets dans les criques, ainsi que toutes les techniques de la conduite du canot, à la pagaie et au takari. Aujourd'hui, les moteurs ont remplacé la force physique, mais diriger un canot dans un saut requiert une dextérité qui ne s'improvise pas. Pour accéder au statut d'adulte, le jeune garçon doit être capable de fabriquer ses jouets à 7 ans, des bancs à 14 ans et un canot à 20 ans. Son apprentissage prend fin avec la construction de la maison de sa future épouse, symbolisant l'accession du jeune homme au statut d'adulte.

Fabrication et sculpture sont des activités typiquement masculines qui exigent une initiation méthodique. Les motifs de décoration employés sont hautement symboliques, vecteurs d'un message comme le serait une langue. La plupart des objets adressés à des femmes véhiculent des déclarations d'amour...

Aux femmes incombent des activités artistiques telles que la couture, la broderie et la coiffure.

Elles cueillent également des agrumes, des racines et des fruits qui viennent compléter l'alimentation principale ramenée par les hommes.

En échangeant des cadeaux, hommes et femmes se communiquent subtilement leurs sentiments intimes.

Créoles

C'est la communauté qui constitue le fonds de population le plus important et le plus actif de la Guyane. Le créole guyanais résulte d'un vaste brassage entre les ancêtres africains et des groupes divers tels que des Chinois, des Européens ou même des Indiens (d'Inde), appelés plus communément " coolies ". De plus, la Guyane a accueilli un grand nombre d'immigrants créoles en provenance des Antilles françaises (Guadeloupe et Martinique) et anglaises (Sainte-Lucie et Dominique).

Il est donc extrêmement difficile pour un visiteur de distinguer les créoles guyanais des créoles antillais. La langue créole ainsi que la musique symbolisent une forme d'exotisme qui ne laisse pas indifférents les touristes. C'est pendant le carnaval que l'esprit créole se manifeste avec le plus de vigueur. Subissant les effets d'une forte immigration, la proportion de créoles, et surtout de créoles guyanais dans l'ensemble de la population, a tendance à baisser. Cette constatation inquiète et provoque des réactions de défense.

Le visiteur sera peut-être frappé de constater l'antagonisme opposant parfois les Guyanais et les Antillais. Pour des raisons politiques et administratives, la Guyane et les Antilles sont regroupées dans une même entité territoriale, alors que les problèmes rencontrés dans chacune de ces zones géographiques n'ont strictement rien en commun. A juste titre souvent, les Guyanais considèrent que leur département fait office de parent pauvre.

Français dits " métros "

Les Français de métropole, appelés communément les " métros ", représentent environ 12 % de la population guyanaise. Contrairement aux Antilles, la Guyane ne compte pas de communauté blanche ancienne comme les békés de Martinique et de Guadeloupe. Les conditions historiques de la venue des Blancs en Guyane diffèrent d'ailleurs radicalement de la situation qu'ont connue les Antilles. Dans les îles, le Blanc était initialement un propriétaire terrien, un maître dirigeant une plantation exploitée par des Créoles souvent réduits en esclavage. En Guyane, au contraire, les Blancs étaient d'abord associés aux bagnards qui peuplèrent le territoire dès le milieu du XIXe siècle. Cette communauté est principalement employée dans l'administration, l'armée et l'industrie spatiale. Par nature, il s'agit essentiellement d'une population temporaire qui se renouvelle régulièrement. Par conséquent, cette population ne s'implique que rarement dans la vie sociale locale et cherche, au mieux, à s'intégrer à la communauté créole. Certains pourtant ont succombé au charme de la Guyane à l'occasion d'un court séjour et s'y sont installés définitivement.

Autres communautés

L'environnement géopolitique de la Guyane est propice à des mouvements de population. Le département est un véritable îlot de richesse économique dans cette région du monde.

Brésiliens et Surinamiens. La Guyane est souvent considérée comme un eldorado par la population brésilienne ou surinamienne. L'immigration clandestine est d'ailleurs le cheval de bataille des autorités bien que la présence de ces populations a de nombreux avantages économiques et culturels.

Les Asiatiques, le moteur du commerce et de l'agriculture. Parmi les communautés étrangères importantes en Guyane, les plus dynamiques sont les Asiatiques. Les Chinois de la région de Canton ont été amenés en Guyane au cours du XIXe siècle pour pallier le déficit de main-d'oeuvre consécutif à l'abolition de l'esclavage. Leur situation a évolué au fil des années, et aujourd'hui ils se sont surtout spécialisés dans le petit commerce et organisent leur propre filière d'immigration avec Hong Kong.

Les Hmong de Guyane ont été installés, à partir de 1977, par le gouvernement français sur les propositions d'associations d'aide aux réfugiés et de certains missionnaires qui avaient évangélisé cette population en Indochine. Originaires du Laos qu'ils avaient fui en 1975 pour se rendre dans les camps de Thaïlande, après l'arrivée au pouvoir des communistes, ils furent l'objet de divers projets de réinstallation dans les pays occidentaux.

C'est ainsi que les premières familles hmong arrivèrent en Guyane, dans le village de Cacao, où elles devaient pratiquer la riziculture.

Aujourd'hui, ils sont devenus maraîchers et jouent un rôle déterminant dans l'approvisionnement en fruits et légumes des marchés urbains des grandes et moyennes villes de Guyane. Un deuxième village, Javouhey, à 250 km de Cacao, fut créé en 1979, ainsi qu'un troisième en 1988, Rococoua.

On distingue également dans la communauté asiatique présente en Guyane les Javanais, en réalité des Indonésiens émigrés au Suriname (à l'époque Guyane hollandaise), qui se sont installés, au terme de leur contrat avec le gouvernement hollandais, dans la région de Sinnamary en Guyane française, autour de 1955-1960.

Après quelques essais d'exploitation agricole, ils se sont majoritairement détournés de l'agriculture pour se faire embaucher sur les grands chantiers du centre spatial Guyanais (CSG).

Lointains émigrants libanais. Installés depuis très longtemps en Guyane, les immigrés libanais sont totalement intégrés au pays. Leur activité de prédilection est surtout le commerce, particulièrement dans le textile et l'import-export.

Terre d'asile pour une région agitée. Dans un passé assez récent, les Haïtiens, fuyant le régime totalitaire des Duvalier, puis la misère de leur pays, ont trouvé en Guyane une terre d'accueil francophone. Après le séisme en Haïti de 2010, de nombreux étudiants sont invités à poursuivre leurs études en Guyane en attendant la reconstruction de leur pays. D'une façon générale, ils vivent surtout de petits travaux de jardinage ou d'entretien des maisons.

Des difficultés administratives ou financières les obligent souvent à résider dans des maisons très modestes, souvent en communauté. La guerre civile qui a secoué le voisin surinamien a entraîné une arrivée massive de réfugiés, notamment à Saint-Laurent-du-Maroni, en 1986.

A cette époque, des camps avaient été mis en place dans cette région en vue de les accueillir et de gérer une situation que l'on considérait comme temporaire. Mais le conflit a duré sept ans et quand le calme est revenu en 1993, peu de réfugiés étaient prêts à regagner leur pays. Le travail sur les sites d'orpaillage a, de son côté, attiré essentiellement des Brésiliens. Les familles sont intégrées dans la vie guyanaise, et les enfants sont généralement scolarisés.

Enfin, quelques milliers de ressortissants de Sainte-Lucie, de la République dominicaine, du Guyana et d'Indonésie viennent compléter ce formidable patchwork de populations.

Langues

Vous l'aurez compris, la population de la Guyane est très variée, ce qui entraîne un large panel de langues et de dialectes locaux.

En ce qui concerne les populations amérindiennes : les Awaraks parlent le palikur, les Caribes le wayana, et les Guarani le wayampi. Ces langues sont réparties sur tout le continent sud-américain. Elles possèdent quelques caractéristiques communes, sans être intercompréhensibles pour autant.

Les langages créoles se sont pour la plupart formés dans le contexte de l'esclavage, entre les populations européennes et les esclaves arrachés à leur Afrique natale. On distingue le créole de base française, le kreol gwiyane, et le créole qui possède une base lexicale anglaise, venue du Suriname, comme le taki taki ou le saamaka.

De nombreuses autres langues sont parlées en Guyane, comme le portugais du Brésil voisin, le créole haïtien, le hmong, les créoles antillais ou encore le sranan tongo du Suriname.

15.95 €
2018-05-16
312 pages
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