MAURITANIE - guide touristique du Petit Futé

Bienvenue en Mauritanie !

La Mauritanie, de par sa situation entre le Sénégal et le Sahara occidental revendiqué par le Maroc, est un trait d'union entre le Maghreb et l'Afrique noire. Ce melting-pot a donné lieu à une exceptionnelle diversité, notamment sur les plans humain et culturel. Ce brassage n'empêche pas la Mauritanie de revendiquer sa propre identité caractérisée par la sagesse, l'authenticité et la tolérance de ses habitants. Et puis, un pays et ses habitants aimés par Théodore Monod ne peuvent qu'être dignes d'intérêt, non ? Chevauchant à la fois le Sahara et le Sahel, la Mauritanie dispose d'autres atouts dans son jeu. Ses panoramas d'abord, allant des majestueuses dunes de l'erg Ouarâne aux centaines de kilomètres de plages désertes sur sa façade atlantique, en passant par les imposants massifs tabulaires des régions de l'Adrar et du Tagant. La reconnaissance de son riche passé culturel, ensuite, que les villes de Chinguetti, Ouadâne, Oualâta et Tichit ont obtenue en étant inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco. Enfin, la Mauritanie ne s'étant ouverte au tourisme que très récemment, le tourisme de masse, avec ses inévitables excès, n'y a pas encore cours, c'est un pays où l'on se sent en sécurité. Le parc national du Banc d'Arguin, lui aussi classé par l'Unesco, préserve dans son enceinte un fragile écosystème qui assure la pérennité des pêcheurs Imraguen et la reproduction de nombreuses espèces ornithologiques. Un grand nombre de sites préhistoriques truffés de peintures rupestres et de vestiges archéologiques sont encore inconnus ou méconnus.

Si l'on considère que la variété de ses paysages, son riche passé culturel et son essor touristique récent représentent les trois cartes maîtresses, les as, en quelque sorte, de la Mauritanie, j'ai gardé le meilleur pour la fin : la gentillesse, l'hospitalité, la convivialité et pour tout dire l'humanisme des Mauritaniens est à mes yeux leur meilleure carte, l'as de coeur. A bientôt au pays des sages, Inch'Allah !

Patrick Defaix

REMERCIEMENTS. " Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont permis de réaliser ce guide pour leur accueil et leur générosité. Nul besoin de les citer, elles se reconnaîtront. D'une façon plus générale, je remercie également tous les Mauritaniens pour leur accueil et leur hospitalité. "

MISE EN GARDE. Le monde du tourisme est en perpétuelle évolution. Malgré notre vigilance, des établissements, des coordonnées et des prix peuvent faire l'objet de changements qui ne relèvent pas de notre responsabilité. Nous faisons appel à la compréhension des lecteurs et nous excusons auprès d'eux pour les erreurs qu'ils pourraient constater dans les rubriques pratiques de ce guide.

Idées de séjour MAURITANIE

On peut voyager de différentes manières en Mauritanie, le choix des itinéraires et du style de voyage est défini par la durée du séjour.

Si vous restez environ huit jours, une seule solution, le circuit organisé classique qui vous fera visiter Atar, Chinguetti, l'oasis de Terjît et peut-être Ouadâne. Pour avoir une petite idée de la Mauritanie et de la qualité de l'accueil de ses habitants, la durée minimale de séjour est de quinze jours.

À l'intérieur de cette option, vous avez toujours le choix entre des circuits organisés dans une fourchette de prix allant de 1 200 à 1 500 €, tout compris, vols aller-retour plus le circuit. L'autre éventualité est d'acheter un vol sec Paris-Nouakchott, entre 800 et 1 200 €, suivant la date.

Si vous faites ce dernier choix, il vous faudra ensuite vous déplacer. Là encore, deux possibilités. La première consiste à louer à Nouakchott un 4X4 avec chauffeur pour la durée de votre séjour (talent de négociateur exigé !). Il vaut mieux être plusieurs car vous louez le véhicule et non la place. Difficile de donner une fourchette de prix, pratiquement tout est possible, comptez environ 120 € par jour. Faire marcher la concurrence est encore le meilleur moyen d'obtenir le bon prix, mais de toute façon, la solution de louer un 4X4 est aussi pratique qu'onéreuse.

La seconde possibilité est d'emprunter les transports locaux, elle vous demandera de la patience, une bonne condition physique et mentale et pour tout dire, une certaine " forme de pensée africaine ". Mais vous serez récompensé, en dehors des économies que vous réaliserez, par la chaleur des rencontres et la convivialité de vos compagnons de voyage.

Si vous avez du temps devant vous, la solution futée est d'acheter un vol sec Paris-Dakar, entre 400 et 600 € suivant la saison, puis d'effectuer les 370 kilomètres de goudron qui séparent la capitale sénégalaise de Rosso, via Saint-Louis, par vos propres moyens.

A Dakar, l'embarquement des voyageurs se fait à la gare routière Pompier, il faut compter une journée de voyage pour relier Dakar à Rosso. En fonction du moyen de transport choisi, collectif ou individuel, prévoir entre 30 et 60 €.

Séjours temporelsHaut de page
Le grand tour du Nord (environ une semaine)Haut de page

De Nouakchott à Nouâdhibou. Dorénavant, la solution de facilité consiste à faire ce trajet de 470 km en empruntant le goudron entre ces 2 villes. Pour ceux qui ont le temps et qui préfèrent respirer un parfum d'aventure à une odeur de bitume surchauffé, nous vous conseillons d'effectuer ce trajet par la piste.

D'emblée, vous plongez dans le vif du sujet, ce trajet, d'environ 500 kilomètres vous prendra de quelques heures, en partie le long de la plage à marée basse, en taxi-brousse ou en 4X4, à quelques jours, à travers le désert en camion. Dans cette dernière hypothèse, dépaysement et émotions garantis. Si vous passez par la plage, visitez le Banc d'Arguin. Une fois à Nouâdhibou, ne manquez pas l'excursion au bout de la presqu'île du Cap Blanc, en descendant les falaises qui donnent accès à d'immenses plages de sable, abritant quelques phoques moines. A voir également, le terminal ferroviaire et la baie du Lévrier où gisent quantité d'épaves de bateaux de pêche. Passage au Sahara occidental s'effectuant sans problème.

De Nouâdhibou à Zouérate (environ 600 km). En 4X4 ou en taxi-brousse, vous longez la ligne de chemin de fer. En prenant le train, convivialité garantie pendant les 15 à 18 heures que dure le trajet. Zouérate est la porte d'entrée pour traverser le Sahara et rejoindre la frontière algérienne par Bîr Mogrein, itinéraire très aléatoire. A ne faire qu'avec un accompagnateur expérimenté car il subsiste des mines dans cette région, vestiges du conflit entre le Maroc, la Mauritanie et le Front Polisario. Une visite de la mine de fer, à ciel ouvert est fort instructive.

De Zouérate à Atar (environ 300 km, 1 jour). Le trajet s'effectue, soit en totalité par la voie terrestre, soit en train jusqu'à Choûm, puis en taxi-brousse de Choûm à Atar. Avant d'arriver à Atar, choisissez d'effectuer quelques kilomètres de plus, pour ne pas rater la splendide oasis d'Azougi.

D'Atar à Chinguetti (entre 2 et 4h). Préférez l'ancienne piste qui passe par la passe d'Amogjâr, même si son franchissement est de plus en plus aléatoire, tellement plus jolie que la nouvelle plus rapide, et, avec un peu de chance, vous pourrez admirer de superbes peintures rupestres. Le trajet dure environ une heure de plus, en fonction des compétences de votre chauffeur à trouver " la passe ", mais les paysages rencontrés vous confirmeront que ce n'est pas du temps perdu.

Chinguetti : Un des hauts lieux de l'islam, une des quatre villes de Mauritanie classées au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco, dont le rayonnement spirituel fut immense, célèbre pour ses manuscrits ancestraux, à réserver toutefois aux initiés. De par sa situation géographique, Chinguetti se bat contre le désert, dans un combat dont l'issue est au mieux incertaine. Adossée à l'est, sur plusieurs centaines de kilomètres, aux puissantes dunes de l'erg Ouarâne, elle a déjà été déplacée de l'autre côté d'un oued asséché, lors d'une bataille perdue contre le sable. Il ne subsiste de l'ancienne ville que la mosquée et quelques bibliothèques.

Possibilité de traverser l'erg Ouarâne pour rejoindre le nord du Mali. Réservé aux vrais spécialistes.

De Chinguetti à Ouadâne (4 ou 5h). Ouadâne, autre ville classée au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco, est le bout du bout du monde. Il y a 500 ans, elle surpassait Chinguetti, culturellement et commercialement. La disparition des caravanes a entraîné le déclin de cette cité antique. S'il vous reste un peu de force, tentez l'expédition vers l'étonnant Guelb er-Rîchât, site préhistorique présentant un dénivelé de 80 m. Sur la route du retour, puisqu'il vous faudra à nouveau passer à Atar, ne manquez pas Terjît, quoique un peu trop fréquentée, c'est vraiment une oasis de fraîcheur, alimentée par une source, coulant en toute saison, à environ cinquante kilomètres d'Atar sur la route d'Akjoujt. Le trajet Atar-Nouakchott ne présente qu'un intérêt relatif.

Le grand tour du Sud (environ 2 semaines)Haut de page

De Nouakchott à Néma (2 ou 3 jours). Vous empruntez sur cet itinéraire la route de l'Espoir. Le goudron est en bon état, sauf lorsque s'y effectuent des travaux d'entretien. Certes, les quelque 1 100 kilomètres de ce trajet sont une source de fatigue supplémentaire, mais il serait dommage de ne pas effectuer ce périple au moins une fois, soit à l'aller, soit au retour. Air Mauritanie dessert Néma, à partir de Nouakchott, une fois par semaine pour un prix attractif. De Néma, possibilité de se rendre au Mali vers Nara puis Bamako.

De Néma à Oualâta (3 ou 4h). Oualâta, classée au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco, et ville du désert a une devise : " Ecologie et Autonomie. " Un projet social tente de rendre à la ville, son autonomie, tout en préservant son riche passé, et Oualâta vous étonnera par sa propreté. L'arrivée sur la ville, fascinante de beauté, presque intemporelle, vous fera oublier les fatigues engendrées par les trois ou quatre heures passées sur la difficile, voire très difficile, piste venant de Néma.

De Oualâta à Tichit (2 ou 3 jours) et de Tichit à Tidjikja (2 jours). Attention, guide obligatoire. Si vous appréciez la solitude et l'aventure, vous devez effectuer ce trajet en prenant toutes les précautions d'usage, notamment en ce qui concerne les réserves d'eau et de carburant. Sur environ 600 kilomètres, vous allez suivre les falaises reliant Oualâta à Tidjikja, et vous observerez, au hasard de votre route, de splendides gravures rupestres, les vestiges des quelque quatre cents villages qui étaient habités avant que l'aridité croissante du Sahara ne pousse ses habitants vers des contrées plus accueillantes. Les paysages se renouvellent sans cesse et sont tous plus beaux les uns que les autres, de l'oasis enfouie au milieu des sables aux falaises protégeant de profonds canyons.

De Tidjikja à Cangarfa, sur la route de l'Espoir (190 km). Vous quittez une des plus belles palmeraies de Mauritanie et franchissez, dans le sens de la descente, la splendide passe de Moudjéria. Itinéraire entièrement goudronné entre Tidjikja et la route de l'Espoir.

De Cangarfa à Bogué (180 km). De Cangarfa à Bogué via Aleg, excellent goudron qui vous plonge dans un autre environnement et vous propose un dépaysement total. Après l'aridité saharienne, voici la fertilité, vous pénétrez dans le grenier de la Mauritanie.

De Bogué à Rosso (environ 200 km) ou de Bogué à Sélibabi (environ 340 km). De Bogué, deux possibilités s'offrent à vous. Soit vous choisissez de continuer à suivre le fleuve Sénégal en remontant son cours, auquel cas vous parcourez les régions du Gorgol puis du Guidimaka, goudron de Bogué à Kaédi, puis piste jusqu'à Sélibabi. Ces régions sont les plus peuplées de Mauritanie, leurs habitants, éleveurs et agriculteurs, utilisent au mieux les pluies pour produire la majeure partie des ressources céréalières du pays. Vous suivez le fleuve vers l'ouest en direction de Rosso. En saison sèche, aucun risque de se perdre, on suit le fleuve Sénégal. En revanche, en saison des pluies, de juillet à octobre, il est nécessaire de faire un petit détour par Rkîz. Ce trajet vous permet de découvrir l'ingéniosité des Mauritaniens qui ont aménagé des périmètres irrigués. Digues et canaux autorisent la culture de toutes sortes de céréales. Cette humidité ambiante attire non seulement les moustiques, vecteurs du paludisme, inconnu dans le Nord, mais aussi quantité d'oiseaux. Rosso est le point de passage pour aller au Sénégal. Important centre commercial, le trafic est incessant sur le fleuve Sénégal, poumon de la ville.

De Rosso à Nouakchott (200 km). Si vous revenez à Nouakchott en passant par Keur Macéne, puis en empruntant la piste qui suit la côte, c'est le moment de profiter des rouleaux de l'océan puisque vous longez l'Atlantique sur la fin du parcours. Prenez garde néanmoins à ne pas trop vous aventurer au large, les courants y sont assez forts.

N. B : les temps de trajets indiqués le sont à titre indicatif, de ville à ville. Chaque voyageur, ayant des centres d'intérêt différents, consacrera à la visite des villes-étapes le temps qu'il juge utile. De la même façon, le kilométrage indiqué est approximatif, les pistes qui relient deux villes peuvent être parallèles ou se croiser, rendant ainsi impossible une estimation précise du nombre de kilomètres. Enfin, sur la route de l'Espoir, d'obligatoires travaux de réfection de la chaussée peuvent ponctuellement sur certains tronçons faire tomber votre moyenne.

Séjour thématique : sur les traces des caravanes en passant par Ouâdane, Chinguetti, Tichit et OualâtaHaut de page

Ces quatre villes ont en commun d'avoir été des étapes essentielles sur la route des caravanes qui commerçaient entre l'Afrique du Nord et les populations vivant aux alentours des fleuves Sénégal et Niger. Cette position stratégique leur a donné une prospérité économique et une influence grandissante dans les domaines religieux et culturel pendant environ cinq siècles. Le déclin de ces villes s'est amorcé avec la diminution du commerce transsaharien, il y a environ un siècle, conséquence, entre autres, du développement du transport maritime et de l'établissement par la France, puissance coloniale d'alors, de nouveaux axes de communication. Les sécheresses, les épidémies et les famines ont contribué à l'exode de la population vers des villes moins excentrées.

De par leur situation géographique, ces cités anciennes sont toutes menacées par l'avancée du désert. Elles font partie de la mémoire de la Mauritanie, et donc de l'Humanité. En classant ces quatre villes au patrimoine mondial de l'Humanité, en 1996, l'Unesco a sans doute contribué à sauvegarder une partie de notre patrimoine à tous. Leur survie passera certainement par un développement du tourisme dans le pays. Espérons que les autorités locales feront en sorte que cette délicate transition s'effectue dans les meilleures conditions et que la mise en valeur de ces villes se fasse dans le respect de leur riche passé.

Le comportement des voyageurs s'y rendant devra également être empreint d'humilité et de sagesse. C'est la responsabilité collective des autorités locales et la responsabilité particulière de tout voyageur y allant qui permettra à ces villes de survivre dans la dignité et le respect.

Voici sans préférence, puisque elles sont classées par ordre alphabétique, une présentation de ces quatre villes. Il est hors de question, à moins que vous ne disposiez de beaucoup plus de temps, que le voyageur lambda visite ces villes en un seul séjour. Peu importe, si vous venez une fois en Mauritanie, vous y reviendrez certainement !

Chinguetti. Située à moins de 100 kilo-mètres d'Atar, la capitale de la région de l'Adrar, Chinguetti est, de nos jours, d'un accès assez facile, depuis l'ouverture de la nouvelle piste plus sûre et moins longue que l'ancienne qui empruntait la passe d'Amogjâr.

Avant Chinguetti, il existait une ville, créée au VIIIe siècle, Abweir. On peut voir, aujourd'hui, l'emplacement présumé, non loin de Chinguetti, sous un cordon de dunes. Chinguetti fut fondée vers la fin du XIIIe siècle. Des nappes d'eau souterraines permirent l'apparition d'une superbe palmeraie.

Etape importante sur la route des caravanes marchandes, entre les Arabo-Berbères du Nord et les Négro-Africains du Sud, elle servait surtout de point de ralliement pour les pèlerins de l'Adrar se rendant à La Mecque.

De nombreux lettrés et érudits s'y installèrent, créant des universités coraniques.

Le rayonnement spirituel et culturel de la ville fut tel qu'elle devint la septième ville sainte de l'Islam. A son apogée au XVIIIe siècle, Chinguetti comptait douze mosquées et plusieurs milliers de maisons en pierres sèches et en banco. Le début du XXe siècle amorça son déclin. La baisse du commerce transsaharien, la nomination d'Atar, reliée alors à Nouakchott par une bonne piste depuis goudronnée, comme capitale de la région de l'Adrar, ont porté de sérieux coups au prestige de Chinguetti.

De nos jours, suite au classement au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco, Chinguetti peut à nouveau voir l'avenir avec optimisme. C'est la destination principale des touristes se rendant en Mauritanie. L'arrivée sur la ville est splendide, Chinguetti est entouré par le sable, l'avancée du désert y est particulièrement palpable. En effet, au sud-est, les dunes de l'erg Ouarâne s'étendent sur plusieurs centaines de kilomètres et le vent pousse le sable vers la ville. Ne pouvant lutter contre les éléments, la ville s'est déplacée à quelques centaines de mètres vers l'est, de l'autre côté d'un oued. Quelques rares constructions subsistent dans l'ancienne ville, dont la mosquée qui date du XIIIe siècle. Son minaret carré, d'une hauteur de 10 mètres, se termine par cinq pointes recouvertes par un oeuf d'autruche.

Les bibliothèques de Chinguetti renferment des trésors, tels ces manuscrits enluminés, ces corans cerclés d'or ou ces ouvrages réalisés par des calligraphes hors pair. Ce patrimoine culturel, dont certains manuscrits sont millénaires, est en passe d'être sauvé définitivement grâce à l'action conjuguée des autorités locales et de familles propriétaires de bibliothèques.

Un essor touristique réfléchi semble se développer à Chinguetti, respectant l'authenticité et le patrimoine de la ville et de ses habitants.

Ouadâne. Deux à quatre heures vous seront nécessaires pour relier Chinguetti à Ouadâne, selon que vous emprunterez la piste du Dhar, longue d'environ 120 kilomètres, bien balisée ou la piste de la Batha, plus courte d'une trentaine de kilomètres, mais qui nécessite un guide. Assurez-vous de la compétence de ce dernier, car si vous passez à côté de Ouadâne et continuez votre route, vous risquez d'avoir très chaud et très soif et, ce, sur plusieurs centaines de kilomètres !

Fondée en 1141, Ouadâne était une étape incontournable du commerce transsaharien, particulièrement de l'or et du sel. Cette prospérité va perdurer pendant environ cinq siècles, Ouadâne comptant jusqu'à 5 000 maisons en pierres sèches et en banco. Ses habitants pratiquaient l'élevage, la culture des céréales, à l'abri de sa superbe palmeraie plantée à la confluence de deux oueds, l'oued du Savoir et l'oued des Dattes, d'où son nom, Ouadâne. Aussi rayonnante spirituellement que Chinguetti, la ville possédait une grande bibliothèque comportant de nombreux manuscrits. Son commerce florissant attira les convoitises, elle dut subir les razzias des nomades, les assauts des Portugais, établis sur la côte Atlantique, qui faisaient commerce de la gomme arabique, et de mercenaires originaires du Maroc.

Tout comme Chinguetti, Ouadâne déclina avec le début du XXe siècle et le déclin du commerce transsaharien. Les sécheresses et les conflits locaux poussèrent les habitants à quitter cette cité excentrée et à rejoindre les villes les plus importantes du pays. Aujourd'hui, seule la nouvelle ville est habitée, l'ancienne ville fortifiée n'abrite plus que des greniers à céréales et quelques Maures qui y séjournent en juillet et août pour y célébrer la Guetna, la fête des Dattes.

Ouadâne mérite vraiment le détour pour sa situation géographique exceptionnelle, son architecture particulière avec ses maisons accrochées à la falaise et ses habitants qui, alors que tout les incitait à partir, sont restés pour que vive leur ville.

Ouadâne a failli disparaître, il y a peu, son aspect est encore sous certains abords fantomatique, mais la création récente d'hébergements pour les voyageurs laisse présager un avenir intéressant dans le sillage de Chinguetti.

Oualâta. Située à une centaine de kilomètres au nord de Néma, il vous faudra néanmoins environ quatre heures pour relier les deux villes. Mais l'arrivée sur Oualâta est majestueuse, surtout au lever ou au coucher du soleil. C'est un festival d'ombres et de lumières qui suggère plus qu'il ne montre le relief et la profondeur de ce que vous avez sous les yeux. Toutes les nuances de jaune, d'ocre et de bistre sont présentes vous dévoilant, par avance, la beauté des maisons de Oualâta.

Ces dernières, construites en pierres et en banco recouvert d'argile, valent à elles seules le déplacement. Très différentes des habitats de l'Adrar ou du Tagant, elles se caractérisent par des peintures aux motifs géométriques encadrant les portes d'entrée.

Les cours intérieures et les murs des pièces sont décorés de blanc et d'ocre. Chaque dessin a une signification particulière, on a parlé d'inspiration hispano-mauresque ou de suggestion phallique.

Apparemment, plus personne ne sait vraiment quelle est la symbolique de ces motifs. Ces peintures sont réalisées par des femmes des hommes noirs, les Harratines, qui sont les seuls à connaître l'endroit où se trouve la terre colorée nécessaire à l'obtention de la teinte souhaitée. Ces femmes sont également les seules à maîtriser les secrets de préparation et d'application de la teinture.

Tout comme Chinguetti, Oualâta est construite sur les vestiges d'une ville, Birou, aujourd'hui disparue. Des commerçants sont à l'origine de la création de Oualâta au XIIIe siècle. Sa situation géographique conféra à la ville une importance capitale sur la route des caravanes, à l'instar de Tombouctou. Comme toute cité caravanière, Oualâta développa une importante activité spirituelle et religieuse.

Aujourd'hui, Oualâta est toujours fréquentée par des savants qui enseignent les mathématiques, les sciences, l'astronomie et la théologie. Mais ces lettrés, au contraire de ceux officiant à Chinguetti, ont la réputation de ne pas se contenter de ces nourritures spirituelles. Oualâta est en effet réputée pour la qualité de sa gastronomie, en particulier, le pigeon farci aux dattes.

Oualâta se prend en charge, la devise de la ville est " Ecologie et autonomie ". Plusieurs projets sociaux tentent de lui rendre son autonomie tout en préservant son riche passé. De plus, la ville étonne par sa propreté.

Oualâta est l'exemple même de la cité qui lutte pour survivre en plein désert, un endroit où il est agréable de se rafraîchir, se reposer, se restaurer, invité à cela par l'extrême gentillesse de ses habitants, et dont on ne part qu'à regret.

Tichit. Des quatre villes classées par l'Unesco au patrimoine mondial de l'Humanité, Tichit est la plus difficile d'accès. Que vous veniez de Tidjikja ou de Oualâta, il vous faudra compter deux ou trois jours de véhicule tout-terrain et la présence d'un chauffeur-guide-mécanicien est impérative.

Au Néolithique, il y a environ 3 000 ans, la région était en partie recouverte d'un immense lac, l'Aoueker.

Sur les rives de ce dernier se développa une civilisation de chasseurs et de pêcheurs et même, selon certains chercheurs, d'agriculteurs, activité fort peu répandue à l'époque.

Les habitants étaient répartis sur 400 villages, divisés eux-mêmes en concessions, certains même agrémentés de rues et de places, ce qui démontre l'état avancé de cette civilisation. D'abord connu sous l'appellation de Chétou, le site prit le nom de Tichit au XIIe siècle.

Cité prospère vivant, comme toutes les villes anciennes de Mauritanie, du commerce transsaharien, elle possédait une des plus belles, sinon la plus belle palmeraie du pays avec 20 000 palmiers. Ses habitants pratiquaient également l'élevage et la culture du mil.

En plus de la raréfaction des caravanes commerciales, Tichit dut faire face récemment à d'autres fléaux comme les sécheresses, les famines et les épidémies. L'excès de sel dans les nappes d'eau souterraines irriguant les cultures entraîna la mort de l'essentiel de sa palmeraie.

De plus, en 1999, des pluies excessives, si elles ont permis ponctuellement la mise en cultures de certaines terres, ont parachevé la destruction de nombreuses maisons.

Que vous arriviez de l'est par Oualâta ou de l'ouest par Tidjikja, vous serez fasciné par la beauté des sites traversés.

Vous longerez de somptueuses falaises, appelées dhars, truffées de splendides gravures rupestres, en suivant la piste empruntée par les caravanes marchandes qui transportent le sel de Tichit vers le sud du pays.

Les paysages se renouvellent sans cesse et sont d'une beauté à vous couper le souffle, de l'oasis perdue au milieu des sables aux falaises s'ouvrant sur de vertigineux canyons. Tichit se bat pour ne pas mourir, faites-lui l'honneur de lui rendre visite. Certes, les difficultés pour y accéder vous feront dire qu'elle se mérite mais, une fois sur place, vous serez récompensé par la vision de ces maisons caractéristiques à l'agencement complexe. Tichit possède une des plus belles architectures de la région du Tagant.

Sa mosquée, édifiée au XIVe siècle, est considérée comme un joyau de l'architecture maure.

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