Guide du Pérou : Survol du Pérou

<p>Principaux sites touristiques</p>

Principaux sites touristiques

Géographie

Avec ses 1 285 220 km² et ses 31,152 millions d'habitants (en 2015), le Pérou est le troisième pays d'Amérique du Sud par l'étendue (après le Brésil et l'Argentine) et le quatrième par le peuplement (après le Brésil, la Colombie et l'Argentine). Il est bordé, au nord, par l'Equateur et la Colombie, à l'est par le Brésil et la Bolivie, au sud par le Chili et à l'ouest par l'océan Pacifique. Ce pays, grand comme deux fois la France, est composé de 24 départements et est traditionnellement divisé en trois zones géographiques : la costa, plaine littorale désertique ; la sierra, c'est-à-dire les Andes ; et la selva, regroupant les forêts tropicales. La selva occupe 60 % du territoire, la sierra 30 % et la costa, bien que la plus peuplée, 10 %.

La costa. Cette immense bande de sable de 3 000 km du nord au sud et d'une extension maximale de 250 km d'est en ouest, bordant le Pacifique et s'élevant jusqu'à 500 m d'altitude, est habitée autour des quelque 52 fleuves qui se jettent dans l'océan et font naître sur leurs rives de véritables oasis cultivées. Sur la dizaine qui se jette dans les flots froids du Pacifique, un seul est navigable, le río Tumbes, à la frontière équatorienne, tout au nord. Il y constitue un delta inextricable de canaux et d'îles où poussent les manglares formant une forêt riche en faune aquatique.

L'océan Pacifique, aussi appelé mer de Grau, qui couvre plus de 126 millions de km², forme au Pérou un littoral de quelque 3 000 km de longueur, bordé par des courants froid (Humboldt) et chaud (El Niño), ayant chacun leur impact sur le climat, la faune et la flore. Le phénomène d'El Niño est occasionnel et provoque des pluies torrentielles.

La sierra. Parallèles à la côte pacifique, les Andes comportent trois chaînes montagneuses : les sierras occidentale, centrale et orientale, qui séparent le désert côtier des forêts amazoniennes. La sierra enregistre une intense activité volcanique, dont témoignent les superbes nevados (monts enneigés) du Callejón de Huaylas, près de Huaraz, la vallée des Volcans près d'Arequipa, dominée par le mythique volcan Misti éternellement enneigé, et les milliers de sources thermales. Les montagnes les plus élevées se concentrent dans les Cordillères centrale et sud, avec une altitude moyenne de 5 300 m. La Cordillère blanche (département d'Ancash) compte plus de 30 sommets enneigés culminant au-dessus de 6 000 m, dont le majestueux Huascarán qui, avec ses 6 768 m, est le plus haut du pays et le 3e plus élevé du continent, après l'Aconcagua qui culmine à 6 959 m et le Nevado Ojos del Salado tous deux à la frontière Argentine-Chili. Autre paysage caractéristique des Andes, la puna s'étend à une altitude moyenne de 4 000 m. L'herbe rase et dure qui y pousse, le " ichu ", nourrit les camélidés (lamas, alpagas, guanacos et vigognes) sans lesquels les Andes ne seraient pas ce qu'elles sont. La puna se rencontre essentiellement dans la région de Puno, entre les Cordillères occidentale et orientale, sur l'Altiplano que le Pérou partage, comme le lac Titicaca, avec la Bolivie. A l'étage inférieur, c'est-à-dire entre 3 500 et 4 000 m, se situe une région de transition entre la froide puna et les zones chaudes. Là, on rencontre une grande activité agricole, avec d'impressionnantes cultures en terrasses où poussent toutes sortes de pomme de terre et quelques céréales typiquement andines comme le quínua (quinoa) et autres graminées de haute valeur énergétique et nutritive. La nature hostile des Andes fait que 80 % des terres cultivées ne sont pas irriguées et sont tributaires des pluies. Les propriétés sont très morcelées et les rendements médiocres : on s'y sert toujours d'un outillage sommaire, parfois hérité des Incas. Pendant la saison des pluies, et notamment de janvier à avril, s'y produisent de mortels glissements de terrain et des avalanches de boue, les " huaycos ", qui ajoutent au désarroi des populations. Durant cette période, les visiteurs devront redoubler de vigilance et éviter, autant que faire se peut, les transports routiers sur les pistes en terre ravinées.

La selva. Cette région, très différente des précédentes, est à la fois la plus étendue et la moins peuplée du Pérou. Sa nature sauvage empêcha autrefois les Incas de la pénétrer en profondeur et de la coloniser. Avec l'arrivée des Espagnols, la selva éveilla un certain intérêt car on y situait le mythique El Dorado. En 1559, eut lieu la fameuse expédition d'Ursua à laquelle participa Lope de Aguirre et qui fut immortalisée par le film de Werner Herzog Aguirre ou la colère de Dieu en 1972. A la fin du XIXe siècle, la région amazonienne connut une intense activité économique, avec l'exploitation du caoutchouc jusque dans les années 1920. Aujourd'hui, la flore, la faune et le tourisme en constituent les principales richesses. L'exploitation du gaz, du pétrole, de la forêt et les mines d'or illégales, les menacent en permanence.

La selva haute ou ceja de montaña, comprise entre 500 et 2 000 m d'altitude, est recouverte d'une végétation dense. Ces régions sont essentiellement peuplées de colons indigènes de la sierra que les crises des dernières décennies ont jeté sur les voies de l'exil intérieur. Ce mouvement a donné lieu à la construction, dans les années 1960, de la Carretera marginal de la selva qui unit la selva du Nord à celle du Sud et permet les échanges. C'est aussi dans les régions de la selva haute que se sont réfugiés les groupes révolutionnaires armés du Sentier lumineux et du MRTA (Mouvement révolutionnaire Túpac Amaru). Aujourd'hui, eu égard au redéploiement des cultures du pavot à l'échelon mondial, la selva haute voit se développer ces cultures illégales d'un nouveau type.

La selva basse ou Amazonie se situe elle entre 80 et 400 m d'altitude et recouvre le lit de l'Amazone, le fleuve le plus long du monde. Ce dernier reçoit les affluents nés des Andes que sont l'Ucayali et le Marañon. La source officielle de l'Amazone est le Nevado Mismi, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Chivay. Le torrent Apacheta qui s'écoule de la falaise nord de la montagne est considéré comme la source du réseau amazonien la plus éloignée de l'embouchure du fleuve. Sur les 6 800 km de son cours, 680 se trouvent au Pérou. Le nom d'Amazone (Amazonas en espagnol) aurait été donné au fleuve par le conquistador Orellana qui eut à combattre de redoutables guerrières, les Amazones. Ici, les fleuves se croisent à l'envi, dessinant des méandres paresseux, baignant une végétation luxuriante peuplée d'une faune exubérante et inondant périodiquement les villages construits sur pilotis. Les fleuves y constituent, avec l'avion, les seules voies d'accès aux zones peuplées.

Géologie. On retrouve au Pérou le schéma géologique de toute l'Amérique du Sud, qui met en opposition une zone orientale stable (l'Amazonie au nord, la pampa au sud) et une zone occidentale (les Andes) à forte activité tectonique et sismique. Cette activité est née de la subduction de la plaque océanique pacifique sous la plaque continentale de l'Amérique du Sud. La plaque océanique, en plongeant jusqu'au centre de la terre, entre en fusion, puis remonte sous la plaque continentale des Andes et engendre des massifs volcaniques. La zone andine péruvienne est séparée du nord au sud en deux bandes par le large plateau de la puna. On y trouve une intense activité volcanique, particulièrement dans le Sud, avec recouvrement des plateaux par des nappes de lave. Cette partie centrale de la cordillère est dite sans ophiolites, par opposition aux Andes distales à ophiolites situées au sud et au nord du continent. La bande côtière, qui appartient à la zone andine, se compose d'un bassin sédimentaire au nord, et d'un ensemble de roches primaires et secondaires qui prolongent le versant occidental des Andes au sud. La zone de plaines orientales, qui repose sur un bassin secondaire et tertiaire, présente des sols riches en hydrocarbures et en gaz.

Climat
<p>Vue panoramique sur la ville et le lac Titicaca au mirador Kuntur Wasi.</p>

Vue panoramique sur la ville et le lac Titicaca au mirador Kuntur Wasi.

Le climat péruvien est à l'image de la géographie naturelle du pays : varié ! Les côtes bordées par le Pacifique (la costa) ont un climat doux et sec, soumis à l'influence du courant froid de Humboldt. Il fait froid dans les Andes (la sierra) en raison de l'altitude, et le climat y est également sec. Toute l'humidité du pays se trouve dans la zone orientale, la selva : le climat y est de type équatorial humide, et les pluies y sont abondantes.

Située entre le niveau de la mer et une altitude de 500 m, la costa, bien que toute proche de la ligne équatoriale, connaît une température annuelle moyenne de 18 °C. Cela s'explique par la proximité du courant froid de Humboldt qui lèche la quasi-totalité du littoral, occasionnant une brume permanente qui empêche la formation de pluies (moins de 100 mm de précipitations annuelles) ; aussi y règne-t-il une forte sécheresse malgré un taux d'humidité de l'ordre de 80 %. Ce toit nuageux couvre le ciel de la côte de mai à octobre jusqu'à 600 m d'altitude, hauteur au-dessus de laquelle la température devient plus clémente et le soleil plus présent. Dans le Nord, les plages sont ensoleillées et avec une température moyenne de 25 °C. Le courant chaud, el Niño, qui permet la baignade, a favorisé le développement d'une importante réserve piscicole de plus de 800 espèces de poissons de mer et a fait du Pérou l'un des premiers pays de pêche du monde. Dans le Sud, où la faune est différente, il produit l'effet inverse.

Sur la costa centrale, en hiver (de juin à septembre), s'abat une pluie très fine, imperceptible, la " garúa ". Ce phénomène si particulier disparaît au fur et à mesure que l'on se dirige vers le nord ; après Chiclayo, le climat devient franchement chaud. En été (de décembre à mars), quand se dissipe la nappe brumeuse, la chaleur y est proprement accablante. La végétation devient de plus en plus dense à mesure que l'on approche de la frontière avec l'Equateur. Les pluies peuvent y être véritablement catastrophiques et provoquer inondations et glissements de terrain, comme en 1983 et 1997. L'apparente aridité des sols n'empêche pas la costa d'être l'un des greniers du Pérou grâce à des systèmes sophistiqués d'irrigation hérités souvent des civilisations préincas. On y cultive les principaux produits d'exportation : coton et canne à sucre et, plus récemment, riz, asperges, mangues, avocats, objets d'une demande internationale grandissante. Les zones agricoles les plus développées du pays se trouvent dans les régions de Chiclayo et Trujillo, où la propriété prend la forme des " latifundios ", grandes propriétés rurales reconverties en coopératives à la suite de la réforme agraire de 1972 et à nouveau parcellisées récemment. Pour des raisons historiques, la costa concentre la quasi-totalité de l'activité économique du Pérou : 90 % de l'investissement privé et 83 % de l'implantation des banques.

Le Pacifique péruvien, possède, en face des côtes centrales et méridionales, des caractéristiques qui ne correspondent pas à celles d'une mer tropicale. En effet, selon la latitude, la température de l'eau devrait être de 25 à 26 °C. Or, elle oscille entre 18 et 19 °C et descend même à 13-14 °C en hiver dans le sud du Pérou. En résumé, les températures de la mer de Grau sont au moins de 6 à 7 °C plus basses qu'elles ne devraient être. Cette anomalie thermique provient de la montée à la surface d'eaux se trouvant à 300 ou 400 m de fond. Ces eaux profondes, plus froides, contiennent des sels marins en grande quantité qui servent à l'expansion des plantes aquatiques. Cette configuration de prolifération de plantes aquatiques crée une grande richesse en plancton, ce qui a pour conséquence un environnement piscicole idéal, qui attire en grande quantité tous les éléments de la chaîne alimentaire marine. En face du littoral péruvien existe donc un déplacement de masses d'eaux phénoménal qui atteint une vitesse moyenne de 23 km par jour. Un premier courant, qui se déplace du sud au nord, parallèlement au littoral, s'appelle le courant côtier péruvien et ne va pas plus profond que 200 m. Le second, courant océanique péruvien ou courant de Humboldt, vient de couches plus profondes et a une température de 17 à 20 °C. Il se déplace également du sud au nord. Entre ces deux courants, il y a le courant normal des eaux équatoriales qui va du nord au sud (effet de Coriolis).

Dans la sierra, la température peut être très basse et, au-dessus de 4 800 m, il n'y a pas de peuplement à l'exception de ceux liés à l'exploitation des mines (Cerro de Pasco et La Oroya), activité qui, avec la pêche, est une des principales sources d'exportation et d'apport de devises. Ici sont extraits le zinc, le cuivre (région de Moquegua et Tacna), l'or (départements de Cajamarca, Arequipa et Puno), l'argent, le fer et le plomb. Cette activité lucrative a comme revers de médaille la pollution des rivières et donne lieu à de fréquents conflits entre la population et les groupes miniers. Sur l'Altiplano, dans la région de Puno, à 4 000 m d'altitude, la température annuelle est froide avec une moyenne de 3 à 8 °C et des gelées en saison humide (de novembre à mai), et de 10 °C en saison sèche. Entre 2 500 et 3 500 m, le climat est plus tempéré, mais la température varie beaucoup entre le jour et la nuit.

Dans la selva haute, la température moyenne oscille entre 22 et 26 °C, diminuant avec l'altitude. Des pluies particulièrement intenses y sévissent entre novembre et avril. Le reste de l'année, le climat est sec et chaud. Dans la selva basse, la température moyenne est de 31 °C. Il y pleut moins que dans la selva haute, mais le taux d'humidité est élevé et les orages fréquents.

Printemps 2017-Les ravages du Niño Costero

Les inondations qui ont durement frappé le Pérou entre décembre 2016 et mars 2017 ont eu leur lot d'images marquantes. Celle qui a fait le tour du monde est celle d'une femme émergeant de la boue, titubante, alors que les flots continuent de charrier tout ce qu'ils trouvent sur leur passage. Evangelina fût l'un des symboles de ce phénomène climatique qui a choqué tout le pays et durement touché toute la région côtière du nord : Chimbote, Trujillo, Chiclayo, Piura, Tumbes et les campagnes alentours. De fortes coulées de boue ont aussi touché les régions proches de Lima. Partout des cours d'eau asséchés autour desquels on construit des habitats précaires ou on cultive malgré les dangers se sont soudainement remplis puis sont sortis de leur lit inondant tout sur leur passage. Une sècheresse importante et plusieurs incendies forestiers ont précédé, puis le réchauffement des eaux du Pacifique a déclenché des précipitations sans précédent.

Le bilan a été lourd : plus d'1 million de personnes affectées, 231,874 sinistrés et 143 morts. De nombreux habitats ravagés, des cultures perdues... Une fois de plus ce sont les familles les plus humbles qui ont été les principales victimes du phénomène dans un pays où les assurances privées sont quasiment inexistantes. La reconstruction est progressive, très discutée comme souvent lorsque l'argent public est en jeu, le touriste de passage dans ses régions ne se rendra par forcément compte des dommages car tous les sites touristiques ont été remis en état rapidement pour ne pas freiner davantage l'économie.

Le phénomène El Niño est récurrent. Deux épisodes importants en 82-83 et 97-98 qui avaient fait davantage de victimes. Cette fois ci les dommages matériaux furent importants mais la réponse efficace à l'urgence a permis sans doute de limiter le nombre de victimes. Lors de la crise de 2017, un bel élan populaire appuyé par le Président de la République sous le slogan #unasolafuerza a permis de dispenser des soins d'urgence et répartir des produits de première nécessité. Le pays s'est uni comme rarement. Les policiers et forces de l'ordre dont l'intervention a été primordiale dans les zones reculées ont été fortement valorisés. Un habile traitement a permis de mettre en avant les héros et de faire oublier les responsables, la plupart du temps les collectivités publiques fort mal préparées. Le pays a été secoué mais quelques mois après, on ne parle plus que très rarement de l'événement. Le défi sera de prendre les mesures préventives nécessaires comme celle de faire respecter les zones inconstructibles et de mettre en place des systèmes de drainage efficaces des cours d'eau. On a beaucoup dit que le pays voisin l'Equateur, également victime des pluies mais à une échelle moindre, était beaucoup mieux préparé. Encore un défi important.

Environnement – écologie
<p>Terrasses du site inca de Písaq.</p>

Terrasses du site inca de Písaq.

La biodiversité du Pérou est très riche : on considère que 84 des 117 zones naturelles existantes au monde peuvent se découvrir au Pérou. On recense ainsi 515 espèces de mammifères, 365 de reptiles, 449 d'amphibiens, plus de 20 % des oiseaux (1 816 espèces !) et entre 40 000 et 50 000 plantes endémiques. Dans la jungle de Tambopata, autour de Puerto Maldonado, un observateur pourrait contempler en un instant quelque 1 265 des 4 000 espèces de papillons qui virevoltent dans l'air du Pérou ! Le Pérou est le 9e pays au monde avec le plus d'espèces endémiques : une importante responsabilité.

Aujourd'hui, environ 10 % des forêts du Pérou ont été rasées, et 250 000 hectares supplémentaires disparaissent chaque année. 301 espèces de la faune sont menacées : 65 mammifères, 172 oiseaux, 26 reptiles et 38 amphibiens, en danger critique, en danger, vulnérable ou quasi menacée (chiffres de l'UICN, Union internationale pour la conservation de la nature).

Si l'on divise ordinairement le pays en trois zones à l'écosystème bien distinct (costa, sierra et selva), la richesse environnementale du Pérou mérite bien que l'on creuse davantage cette arbitraire division.

En réalité, certains spécialistes déchiffrent jusqu'à 11 diverses éco-régions au pays des Incas : mer tropicale (tout au nord, pluies sur les côtes de Tumbes et Piura, eaux plus chaudes), mer froide (brume récurrente sur la côte nommée garúa, peu ou pas de pluies), le désert du Pacifique (une grande frange aride, sèche en été et humide en hiver, la brume peut s'écraser sur des altitudes plus élevées et former ce que l'on appelle des " lomas ", oasis verdoyantes à l'insolite richesse faunistique et florale ; pas moins de 52 rivières sillonnent ces étendues monotones), la forêt sèche équatoriale (végétation comme l'algarrobo et le ceibo, sur la côte nord, climat sec et chaud), la forêt tropicale du Pacifique (une zone étroite d'arbres immenses et de végétation exubérante, au coeur du département de Tumbes, au climat humide ; on peut y observer le puma ou le paresseux, la " serranía esteparia " (un relief montagneux de steppe qui commence vers 1 000 m d'altitude, et présente un enchevêtrement de vallées fertiles, de torrents tonitruants ; climat sec, assez chaud en journée et très froid la nuit, le cactus fait son apparition), la puna (au-delà de 3 500 à 3 800 m d'altitude, souffre de grandes variations de températures entre le jour et la nuit ; pays des condors et des flamants andins), le " páramo " (une sorte de puna humide, au climat froid et pluvieux, aux brumes mystérieuses, notamment dans les hauteurs de Piura et vers Cajamarca ; pays des arbres nains, abritant le fameux pudu ou " sachacabra ", un petit cervidé), la jungle haute (aussi appelée " yunga ", au climat chaud et humide, au relief montagneux et complexe, à la végétation exubérante ; nombreuses orchidées, énormes bégonias et fougères baroques ; on y déniche le " gallito de las rocas ", oiseau national du Pérou, ou le singe " choro de cola amarilla ", que l'on croyait disparu il y a peu, ainsi que le mythique quetzal des Mayas du Guatemala), la jungle basse ou forêt pluvieuse tropicale (qui couvre les deux tiers du territoire national, foyer d'une faune et d'une flore uniques au monde ; on a recensé plus de 20 000 espèces de plantes ; la faune inclut le jaguar, le tapir, deux espèces de dauphins, des tortues aquatiques, des singes, des caïmans noirs et des anacondas), la savane de palmiers (à la frontière orientale du département de Madre de Dios, près de la frontière bolivienne, aussi surnommé " Pampas del Heath " à cause du fleuve frontalier, au climat chaud et humide, très pluvieux ; on y découvre le cerf des marécages, le toucan, le carpintero blanco, un gros rongeur).

Le Pérou doit faire face à deux problèmes majeurs : la pénurie d'eau et la déforestation de l'Amazonie. Le gouvernement ne sait comment résoudre le problème de l'eau, sinon par des campagnes publicitaires visant à éviter le gaspillage de cette ressource essentielle " Agua es vida, cuidala ! ". Pour la déforestation de l'Amazonie, au-delà de la menace étrangère, la nature est menacée par ses propres occupants. Ainsi, les migrants venus de la sierra s'installer en Amazonie abattent des hectares de forêt pour les remplacer par des plantations de café, bananiers, agrumes... Et de grosses entreprises ont ici aussi fait prospérer la fameuse huile de palme. D'une manière générale, la faune péruvienne a souffert de l'ingérence humaine, comme en bien d'autres pays ; la chasse et la pêche excessives ont, par exemple, entraîné la disparition du chinchilla et met gravement en danger la survie des vigognes, des singes, de nombreuses espèces d'oiseaux, de reptiles ou d'amphibiens.

La faune aquatique a aussi souffert d'une abondante contamination, comme la prolifération de la truite dans le lac Titicaca, qui a déséquilibré l'écosystème local. Enfin, la chasse illégale de peaux et de cuirs, comme celles du jaguar ou de la loutre, ou ceux des boas et des lézards, est un dernier facteur négatif pour la biodiversité péruvienne.

D'après les informations données par le Senamhi (service national de météorologie), le fleuve Amazone a un débit moyen de 33 500 m3 par seconde. S'y succèdent des périodes de basses eaux et des crues importantes, de plus en plus désordonnées. Si l'on en ignore les raisons précises (changement climatique global ou déforestation de l'Amazonie ?), on sait en revanche que la déforestation a touché pas moins de 8 millions d'hectares à ce jour (150 000 chaque année). Les sécheresses impliquent des problèmes de transports tandis que les importantes inondations détruisent un habitat déjà précaire.

Vers une crise de l'eau. D'après les statistiques, le Pérou est un pays riche en eau : plus de douze mille lacs et lagunes, plus de 74 700 m3 d'eau renouvelable chaque année (l'une des plus grandes surfaces au monde). Pourtant, les chiffres sont moins flatteurs quand on évoque la qualité de l'eau : le Pérou se situe à la 60e position sur 122 pays. Plus de 31 millions d'habitants peuplent aujourd'hui le pays, et l'on estime que la population se stabilisera en 2025 autour de 39 millions d'individus. Il est ainsi probable que le pays connaisse une sérieuse crise de l'eau, surtout sur la côte pacifique : les 88 % des gens qui y vivent ne bénéficient que de 2 % de la quantité d'eau disponible sur tout le territoire (l'eau tombe des Andes sur le versant atlantique et l'Amazonie). De graves problèmes menacent ainsi Lima : si son débit d'eau semble suffisant pour subvenir aujourd'hui aux besoins de quasi 10 millions d'habitants, une mauvaise administration et des pertes dans le système de distribution de l'eau impliquent que plus de la moitié des Liméniens ne reçoivent que 14 heures d'eau courante par jour. On estime que sur l'ensemble du pays, 60 % de la population n'a pas accès à l'eau potable.

Et il existe d'autres menaces pour l'environnement au Pérou, liées à l'exploitation des ressources minières et de l'extraction de gaz et de pétrole dans le pays. Ces exploitations causent en effet des problèmes tels que la contamination des eaux et la destruction de la biodiversité. Concernant les minerais, l'essor considérable de la demande mondiale a conduit à la multiplication des grands projets miniers. Cependant, les firmes désireuses de créer de nouvelles exploitations minières de grandes dimensions (et dès lors à l'impact environnemental considérable), risquent de se heurter à une opposition des populations locales, soutenues par des ONG environnementalistes. Ces dernières obtiennent de plus en plus de victoires sur le front du respect des normes environnementales. Toutefois le problème n'est pas résolu car le passif environnemental est toujours présent. En effet, malgré le respect des normes, des particules de plomb, de zinc, ou autre minerai du genre, peuvent toujours s'accumuler sur la terre au fil des années. Les conséquences se répercutent dès lors au niveau agricole et sur la santé des consommateurs.

Parcs nationaux

Le Pérou, riche de paysages les plus divers, se doit de préserver tous ses sites afin que rien (et surtout pas l'homme, son pire ennemi) ne vienne abîmer sa nature. Il existe un Système national d'aires protégées par l'Etat (Sinanpe) géré par le Sernanp (Servicio Nacional de Áreas Naturales Protegidas por el Estado) créé en 2008. A ce jour, on recense 212 aires naturelles protégées publics nationales ou régionales et privées (118 ACP), couvrant environ 17,3 % du pays. Les subdivisions les plus importantes sont : parcs nationaux (embrassant seulement 3 % du territoire), sanctuaires nationaux, sanctuaires historiques, réserves nationales, refuges de vie sauvage, réserves paysagères (Nor Yauyos et Cotahuasi), réserves communales (nombreuses en Amazonie), aires de conservation régionales...

Les quatorze parcs nationaux sont : Alto Purus, Bahuaja-Sonene, Cerros de Amotape, Cordillera Azul, de Cutervo, Manu, Río Abiseo, Güeppi-Sekime, Huascarán, Itchigkat Muja ou Cordillère du Condor, Otishi, Sierra del Divisor, Tingo María, Yanachaga-Chemillén.

Les quinze réserves nationales sont : Allpahuayo Mishana, Calipuy, Junin, Lachay, Pacaya-Samiria, Pampa Galeras, Paracas, Salinas y Aguada Blanca, Titicaca, Tambopata, Tumbes, Matsés, toutes les îles, îlots et falaises liées au guano, Pucacuro et San Fernando.

Les neuf sanctuaires nationaux sont : Ampay, Huayllay, Calipuy, Lagunas de Mejía, Tabaconas-Namballe, Manglares de Tumbes, Megantoni, Pampa Hermosa, Cordillera de Colán.

Les quatre sanctuaires historiques sont : Chacamarca, Pampa de Ayacucho, Machu Picchu et Bosque de Pómac.

Faune et flore
<p>Les alpagas se sont bien acclimatés au climat péruvien.</p>

Les alpagas se sont bien acclimatés au climat péruvien.

Faune

Les quatre espèces de camélidés qui paissent la puna andine se nomment llama (le lama), alpaca (l'alpaga), vicuña (la vigogne) et huanaco (le guanaco). Les deux premières sont domestiquées, les deux autres vivent à l'état sauvage. Venant de la côte, ces animaux ont dû s'adapter à l'herbe rase des hauts plateaux (l'ichu) et aux rudes climats d'altitude où ils vivent entre 3 700 et 5 000 m. Au nombre de 10 millions à l'arrivée des Espagnols, ils sont aujourd'hui 4 millions, ayant été chassés pour leur viande. La population la plus importante est celle des alpagas (3 millions d'individus environ), puis viennent les lamas (1 million), les vigognes (50 000 à 60 000) et enfin le guanaco (quelques milliers).

Le lama est le plus gros des camélidés. Il mesure 1,15 m au garrot et pèse entre 80 et 110 kg. Utilisé pour porter les lourdes charges, il peut rester cinq jours sans manger. C'est un animal intéressant puisqu'il paît les pires pâturages. Sa chair, proche de celle des ovins, est savoureuse et contient très peu de graisses. Sa laine, plus grossière que celle de l'alpaga, est identifiable au toucher par sa rudesse.

L'alpaga, plus petit que le lama (90 cm au garrot et 80 kg), avec des oreilles courtes et le corps entièrement couvert de poils, est élevé pour sa laine. Les plus beaux vêtements, des pull-overs épais aux costumes d'été les plus légers, sont faits de cette laine de très grande qualité, fine et soyeuse. La chair de l'alpaga est également savoureuse et riche en protéines, tout en étant pauvre en graisses. Le Pérou possède 90 % des alpagas du continent. Il faut donc profiter du voyage pour faire quelques achats. Les principales boutiques et marchés qui vendent de l'alpaga se trouvent à Puno, Cusco et Arequipa.

Le guanaco sauvage évite les zones peuplées où il a été pratiquement exterminé. De même taille que le lama, il peut atteindre, dans de bonnes conditions alimentaires, un poids de 300 kg, raison pour laquelle il a été chassé sans pitié. La qualité du cuir que l'on tire de sa peau explique l'acharnement mis à le chasser. Aujourd'hui protégé dans le cadre d'un programme de repeuplement, on ne le trouve guère que dans le département de La Libertad, à des altitudes toujours plus élevées, à mesure qu'avancent les hommes.

La vigogne est une élégante miniature de camélidé mesurant 90 cm. Très agile, gracieuse, elle est de couleur tabac et blanc, avec une très chic mèche de poils longs sur le poitrail. Vénérée par les indigènes, elle fut traquée par les Espagnols, attachés à détruire tout symbole et idole des vaincus. C'est ainsi que la population des vigognes passa de 1 million à quelques poignées en 1960, date à laquelle fut lancée une campagne pour le sauvetage de l'espèce. Elle est encore aujourd'hui l'objet de la chasse de braconniers sans scrupule, avides de la laine d'une très grande finesse de ce petit animal. Au marché noir, le kilo est vendu 500 US$ et le tissu peut atteindre 3 000 US$ le kilo, en Europe.

Dans les lacs salés des Andes existe un biotope particulier qui convient parfaitement aux flamants roses, dont on compte trois espèces au Pérou, différents par la couleur de leurs pattes, grises, rouges ou jaunes.

Les condors sont difficiles à observer car ils se sont retirés dans les montagnes. Mais les voyageurs en aperçoivent régulièrement dans le canyon de Colca.

Dans la jungle haute et brumeuse, les loups et renards sont particulièrement présents alors que les ours à lunettes ne font plus que de très rares apparitions.

Au nord, les rivières d'Amazonie abritent deux espèces de mammifères très appréciés des visiteurs : le dauphin gris, petit et qui est le plus facile à voir, et le dauphin rose. En réalité, la couleur de ce dernier va du gris au rose (sous le ventre). Son espèce a été considérée comme éteinte pendant des décennies, jusqu'à la fin des années 1980, où les films du commandant Cousteau l'ont fait redécouvrir au monde entier. Aujourd'hui, le dauphin rose est l'attraction attendue de toutes les promenades en bateau à Iquitos ou Pucallpa. Mais il n'est pas souvent visible. La tortue taricaya ou le lamentin sont deux espèces en voie de repeuplement dans cette région nord de l'Amazonie. Il existe 6 500 espèces de poissons parmi lesquelles on peut observer l'impressionnant paiche à la chair délicate et qui peut peser jusqu'à 200 kg, le poisson-chat (pez gato), le poisson d'or, l'anguille électrique ou encore le piranha en Amazonie (paradis des pêcheurs), la truite saumonée, la perche et la sole, moins originales mais tout aussi savoureuses, sur le lac Titicaca et la côte. Si les rencontres avec les jaguars, pumas et autres prédateurs se font rares, de nombreux moustiques, sangsues, fourmis géantes, tapirs, singes, paresseux, aigles, serpents, tarentules, caïmans et autres reptiles sont toujours observables en Amazonie. La Réserve nationale Tambopata est encore particulièrement intéressante pour la diversité de la faune.

Sur la côte du côté de Pisco, sur les Islas Ballestas, ou même las Islas Palomino près de Lima, vivent de nombreux manchots et éléphants de mer.

Mais la faune la plus intéressante est la faune ornithologique : le Pérou abrite le plus grand nombre d'espèces de papillons au monde, et se classe 2e pour les oiseaux après la Colombie. Nous vous conseillons de vous référer à la bible incontestée et actualisée chaque année (en anglais ou espagnol seulement) Birds of Peru de Thomas S. Schulenberg, Thomas S Stotz, Daniel F Lane et John P O'neill, Princeton University Press.

Flore

La selva haute est riche en flore (pas moins de 200 espèces par hectare), en plantes alimentaires et en fruits exotiques : café, cacao, thé, palme à huile, camote (patate douce), papaye, ananas, goyave... Les zones les plus riches en fruits sont la vallée de Chanchamayo et les environs de Tingo María, dans la selva centrale, la région de Quillabamba dans la selva sud et la province de Bagua, au nord. C'est également dans la selva haute que, depuis des millénaires, pousse la coca, plante sacrée des cultures préincas et inca. La forte demande internationale en matière de drogue et la chute des cours des denrées traditionnelles incitent les agriculteurs à la production de coca. Mais la production chute chaque année sous la pression d'une forte politique avec financements nord-américains de culture de remplacement notamment en développant le cacao. En 2014 l'aire d'extension de cette plante est de l'ordre de 42 900 ha, selon l'Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUCD) principalement dans la vallée du fleuve Apurimac et Ene (VRAEM).

Riche en animaux, l'Amazonie l'est aussi en bois rares : acajou, cèdre, palo de sangre (bois de sang), dont la coupe, souvent faite sans ménagement, constitue une bénédiction sur le plan économique et une plaie sur le plan écologique. De toutes ces essences, celle du caoutchouc occasionna le plus de fièvres, représentant, dans les années 1920, un cinquième des exportations et ayant été à l'origine d'une exploitation cruelle de la main-d'oeuvre indienne.

La végétation, en rapport avec les trois grandes zones biogéographiques, est d'une grande variété. Sur la côte, il s'agit d'une végétation de type sol aride avec, au nord, des mangroves dans les bras de rivières et une végétation de type savane qui alterne buissons de petite taille et cactus. Sur les versants des cordillères, on trouve une grande diversité de cactus, une diversité bien plus importante que sur la côte. L'arbre le plus célèbre du Pérou est le puya Raimondi, qui peut atteindre 12 m et qui ne pousse que dans quelques régions du monde. Dans les vallées andines, les graminées sont très présentes (l'ichu est la mieux représentée) ainsi que toutes les sortes de mousses, lichens et herbacées, ces dernières également dans la puna. La yareta peut être observée jusqu'à 5 000 m. Sur la partie inférieure du versant qui descend vers la selva apparaît la forêt tropicale humide avec une grande variété d'arbres comme le cèdre, de nombreuses herbes médicinales et bien d'autres espèces. Le nombre total d'espèces endémiques au Pérou dépasse les 200... Le résultat de cette diversité géographique est une biodiversité extraordinaire comprenant plus de 84 des 104 niches écologiques répertoriées sur la planète. Les conditions spéciales rencontrées au Pérou en font un lieu privilégié pour les orchidées (on peut en voir un fabuleux spécimen sur le site de Kuélap, dans la région de Chachapoyas au nord). Selon les experts, le nombre d'espèces d'orchidées recensées au Pérou se situe entre 1 850 et 3 000. Malheureusement, la déforestation, le commerce international grandissant de l'orchidée et les collectionneurs locaux ont mis en danger l'existence d'un grand nombre d'espèces.

Trois plantes curatives poussant dans la selva du Pérou

Le curare. Il a deux utilisations, la première pour tuer et la seconde pour soigner. De nombreuses tribus du bassin amazonien utilisent un extrait de cette plante pour préparer un poison sous forme de pâte. Les racines et l'écorce sont cuites avec d'autres plantes, puis on y ajoute divers venins de grenouille et insectes. Il peut y avoir jusqu'à 85 ingrédients. Les indigènes utilisent ce poison en enduisant le bout de petites fléchettes qu'ils envoient à l'aide d'une sarbacane. Les victimes potentielles peuvent être des oiseaux mais aussi des tapirs, qui pèsent parfois jusqu'à 150 kg. Quand la flèche pénètre la chair de l'animal, les alcaloïdes libérés par le poison paralysent la cible et il est alors facile pour le chasseur d'attraper sa proie. La deuxième utilisation du curare est thérapeutique : diurétique et fébrifuge, il soigne également les calculs rénaux.

Le sang du dragon. Il s'agit d'un arbre de taille moyenne. Il doit son nom au fait que son écorce, lorsqu'elle est lacérée, laisse s'écouler un latex marron orange. La potion obtenue à partir de ce latex, " infusé " de nombreuses heures dans de l'eau bouillante, est consommée par les femmes. Elle passe pour guérir les blessures internes après un avortement, pour stopper les hémorragies et soigner les plaies. Cette potion est également utilisée en douche vaginale après les accouchements - car les femmes de l'Amazonie ne vont que rarement à l'hôpital pour donner naissance à leurs enfants - ainsi que pour combattre la tuberculose et le cancer des os. Plusieurs remèdes dérivés de cette plante sont de nos jours testés en laboratoire.

Plante fer de lance. Une boisson faite à partir de ces grandes racines à bulbe, coupées en morceaux et bouillies, est utilisée pour le traitement immédiat des piqûres de serpents. Attention : le médicament doit être pris dans les dix minutes suivant la morsure, plus tard, il est inutile. La tige de cette plante peut être également chauffée et appliquée directement sur la plaie.

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