Guide de CHICAGO : Survol des Grands Lacs

Géographie
Les lacs

La région des Grands Lacs est située dans le centre nord-est du continent nord-américain, à cheval sur les Etats-Unis et le Canada. Elle comprend cinq lacs qui forment la plus grande source d'eau douce au monde. Seuls le lac Baïkal et les calottes glaciaires des pôles Nord et Sud contiennent plus d'eau. La surface du bassin versant des Grands Lacs est une fois et demie plus grande que la France : elle atteint les 765 000 km². Les Grands Lacs eux-mêmes couvrent une surface de 244 000 km², soit la moitié de la surface de la France. Ces cinq lacs sont : le lac Supérieur, le lac Michigan, le lac Huron, le lac Erié et le lac Ontario. 10 % de la population des Etats-Unis et 30 % de la population canadienne vivent dans cette région.

Le lac Supérieur est le plus vaste et le plus profond des cinq lacs. Il pourrait contenir à lui seul la totalité des quatre autres lacs. Plus de 12 000 km³ sont contenus dans son bassin ! C'est également le plus froid et le plus sauvage. Le plus propre aussi, car peu de ses rivages sont habités. Les plateaux rocheux qui l'entourent sont recouverts d'une fine couche de terre qui n'est pas ou peu cultivable, ce qui rend l'activité agricole dans cette région des Grands Lacs impossible. Il a une ligne côtière de plus de 4 000 km, dont une bonne partie se trouve en territoire canadien. Il faut 191 années au lac Supérieur pour renouveler la totalité de ses eaux.

Le lac Michigan est le deuxième plus grand lac en terme d'eau contenue : il contient près de 5 000 km³ d'eau et a une ligne côtière de 2 600 km. C'est le seul qui soit entièrement sur le territoire américain. Sa partie nord n'a pas de connexion directe avec le Canada. Son temps de rétention d'eau est de 99 ans. Contrairement au lac Supérieur, le lac Michigan est peuplé, au moins dans sa partie sud. Plus de huit millions d'âmes se pressent contre sa rive sud-ouest dans la région de Chicago, ce qui en fait la plus grande concentration démographique de la région.

Le lac Huron contient près de 3 500 km³ d'eau. Il est bordé par la province canadienne de l'Ontario à l'est et l'Etat américain du Michigan à l'ouest. Troisième plus grand lac du monde par sa superficie (60 000 km²), il est le troisième des Grands Lacs en ce qui concerne sa volumétrie. Sa profondeur moyenne (59 mètres) est en effet bien inférieure à celles du Lac Michigan (85 m) et du Lac Supérieur (147 mètres). Le lac Huron est tristement célèbre pour la tempête des Grands Lacs de 1913. Ce lac a été le plus lourdement touché, avec 10 navires coulés et 235 âmes emportées dans ses eaux.

Le lac Erié s'étend sur 25 700 km², prenant ainsi la quatrième place en terme de superficie. Ses eaux proviennent du lac Huron par la rivière Detroit et se déversent dans le lac Ontario via la rivière et les chutes du Niagara. Paradis de la pêche sportive ou commerciale, on y a recensé plus de 140 espèces de poissons. En plein dans la trajectoire de nombreux oiseaux migrateurs, le lac est aussi très apprécié des ornithologues.

Le lac Ontario est le plus à l'est et le plus petit des Grands Lacs. Il s'étend sur 18 529 km² et sa profondeur moyenne est de 86 mètres. Lac frontière entre le Canada et les Etats-Unis, ses eaux proviennent du lac Erié, suivent la rivière Niagara et croisent ses chutes, avant de remplir le lac Ontario. Ensuite, ses eaux suivent leur chemin vers l'océan Atlantique via le fleuve Saint-Laurent.

Dans la zone des Grands lacs se trouvent aussi de plus petites étendues d'eau comme le lac St. Clair, coincé entre le Michigan et la province de l'Ontario, juste à l'est de Detroit. Il n'est pas considéré comme l'un des Grands Lacs, mais fait partie intégrante du système, reliant le lac Huron au nord (via la rivière Sainte-Claire) et le lac Erié au sud (via la rivière Detroit).

Le lac Itasca, situé dans le Minnesota, a lui pour principal intérêt de donner naissance au fameux fleuve Mississippi (Mississippi Headwaters). Long de 3 780 km², c'est le quatrième plus grand fleuve au monde et le dixième plus large. Il traverse ou borde dix Etats américains (Minnesota, Wisconsin, Iowa, Illinois, Missouri, Kentucky, Tenessee, Arkansas, Mississippi et Louisiane) avant de terminer sa course dans le Golfe du Mexique. Mais dans l'Itasca State Park, on pourra traverser à sa source le Père des Eaux simplement à pied !

Relief

Les plaines du sud de la région, autour de Chicago, sont les greniers à grain de l'Amérique. Quand on est en haut des tours, on le voit bien, c'est tout plat sur des kilomètres à la ronde.

Plus au nord, au centre et à l'est de l'Etat du Wisconsin, on trouve un paysage vallonné, fait quasiment entièrement de terres agricoles et lieux d'élevage pour la production de lait. L'ouest de l'Etat n'a jamais été atteint par les glaciers et garde une topographie de ravines et de petites falaises, avec, bien sûr, la large vallée creusée par les eaux du fleuve Mississippi.

Cette partie s'étend jusque dans l'Etat du Minnesota. Plus au nord, le plateau des Northern Highlands s'étend jusqu'à la rive sud du lac Supérieur, et même au-delà puisqu'il fait partie du même ensemble que les terres de la baie d'Hudson, loin au nord, au Canada. Toute cette région est sensiblement inclinée vers le sud, comme un toboggan géant qui se déverserait vers le Mississippi.

L'Etat du Minnesota a été complètement recouvert par les glaciers et en a subi les effets irrémédiables : les chaînes de montagnes formées il y a des dizaines de millions d'années sont désormais des collines roulantes qui recouvrent la quasi-totalité de sa surface. Il est ouvert dans sa partie nord-ouest sur le lac Supérieur.

L'Etat du Michigan est constitué de deux péninsules bordées par les lacs Supérieur, Michigan, Huron et Erié. La péninsule supérieure, connue sous le nom d'Upper Peninsula, est divisée en une partie plane avec des zones marécageuses à l'est et une partie plus élevée à l'ouest. Elle est orientée est-ouest avec, au nord, le lac Supérieur et, au sud, le lac Michigan.

La péninsule inférieure, en forme de moufle, appelée la Lower Peninsula, est dans sa grande majorité plate, avec quelques collines vers le sud. Les dunes de sable de la région d'Empire au nord-ouest sont spectaculaires.

Géologie

Les fondements du bassin des Grands Lacs ont été formés il y a trois millions d'années pendant l'ère précambrienne. Cette période de forte activité sismique a créé des chaînes montagneuses qui ont par la suite été érodées.

On peut en voir aujourd'hui les maigres restes dans le Bouclier canadien, vestiges des hautes montagnes qui constituent la partie nord et nord-ouest du bassin des Grands Lacs. Pendant l'ère suivante, l'ère primaire, le continent nord-américain s'est retrouvé à de nombreuses reprises noyé sous des océans où vivaient des milliers d'espèces animales qui, en mourant et en se décomposant, ont formé l'argile, le calcaire, les couches rocheuses sur lesquelles reposent aujourd'hui les lacs.

Passé l'ère secondaire et l'ère tertiaire, vint l'époque du pléistocène. Il y a un million d'années, le premier glacier fit son apparition dans la région.

De formidables masses glacées, pouvant atteindre 2 000 mètres de haut, écrasèrent tout sur leur passage et élargirent les réseaux hydrographiques. C'est cet élargissement qui créa le bassin des Grands Lacs, ainsi que le poids des glaciers qui était assez important pour déprimer la couche terrestre. Petit à petit, le climat a commencé à se réchauffer et les glaciers à reculer.

A l'avant des glaciers, des lacs glaciaires se sont formés, considérablement plus vastes que les Grands Lacs actuels. Les glaciers partis, la couche terrestre s'est lentement soulevée, l'eau s'est vidée vers le golfe du Mexique et vers le Saint-Laurent. Bien que le soulèvement se soit ralenti, il continue de progresser dans la région nord.

Climat

Les conditions météorologiques des Grands Lacs sont influencées par trois facteurs : des masses d'air provenant d'autres régions, la situation du bassin au sein d'une étendue continentale massive, et l'influence modératrice et régulatrice des lacs eux-mêmes. La région reçoit des influences d'air chaud et humide qui monte du golfe du Mexique et d'air froid et sec qui descend de la zone arctique, donnant à toute la région ce climat extrêmement variable. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les Grands Lacs bénéficient d'un cycle de quatre saisons très marquées, qui sont un peu décalées temporellement par rapport aux saisons de France en raison de leur haute latitude.

On fait une claire distinction entre la région nord des Grands Lacs et la région sud, soumise à des influences climatiques bien différentes. En règle générale, le Nord est plus influencé par des températures froides et le Sud par des températures plus chaudes. Les deux saisons intermédiaires, le printemps et l'automne, connaissent un climat très variable d'une année sur l'autre et même d'une semaine sur l'autre. Les balbutiements du printemps peuvent être comparés à une voiture qui tousserait au démarrage, avec des journées à 20 °C suivies de chutes de thermomètre vers les 5 °C et accompagnées du vent du nord. En automne, c'est pareil, la transition ne se fait pas sans à-coups, aussi, quand on prépare le sac, on doit aussi bien prévoir bikinis qu'écharpes de laine.

Le printemps commence à se faire sentir vers la fin du mois de mars, pas avant. Et encore, ceci est vrai pour la région de Chicago. Plus on monte vers le nord, plus l'arrivée du printemps est décalée. Entre Chicago et Duluth sur les rives du lac Supérieur dans le Minnesota, on compte environ deux à trois semaines de décalage. A cette époque de l'année, les glaces se mettent à fondre tandis que les températures entament leur lente ascension. Les lacs se réchauffent plus lentement que les terres et tendent à rafraîchir les terres qui les bordent. Ceci a pour effet de ralentir la montée de la sève dans les arbres et la floraison des fleurs, les protégeant ainsi des gelées tardives de la fin de l'hiver. C'est ainsi que des espèces végétales de pays chauds peuvent survivre dans la région des Grands Lacs, et qu'on trouve des vignobles sur les péninsules de Door County, dans le Wisconsin, et de Grand Traverse Bay, dans le nord du Michigan. Le printemps est une véritable révolution qui bouleverse toutes les espèces vivantes : les arbres se parent de bourgeons puis de petites feuilles d'un vert tendre, les fleurs montrent le bout de leur nez à travers la neige, l'eau commence à ruisseler à la surface du sol, les cascades se réveillent et font entendre leur chant de plénitude. Toute la flore est en branle-bas de combat général. En une semaine, le décor change, on passe du gris au vert, et les lacs reprennent leur couleur bleue. La faune est elle aussi survoltée : après cinq mois de froid, les grenouilles se réveillent et font entendre leurs coassements à travers les campagnes, les cerfs qui n'ont pas hiberné retrouvent avec plaisir l'herbe douce qui avait disparu, les oiseaux sont partout, la vie est en ébullition. Cette période est toutefois marquée par ce que les locaux appellent la " mud season " : la fonte des neiges qui se sont amoncelées pendant les mois d'hiver dure un certain temps et l'eau qu'elle génère vient se mêler à la terre qui se dégèle, créant ainsi une boue lourde qui va rester pendant trois semaines. C'est souvent à la fin du mois de mars que la " mud season " débute, pour finir vers le milieu du mois d'avril.

Une période de l'année qu'il faut en général éviter pour visiter les Grands Lacs car ce n'est ni l'hiver ni le printemps, c'est une période de transition pendant laquelle les activités extérieures sont réduites à leur plus simple expression : la marche à pied dans la boue. Alors, à moins de ne faire qu'une visite de la ville, mieux vaut éviter cette saison. En revanche, à partir du milieu du mois de mai, les visiteurs arrivent, tout est ouvert et les températures sont idéales et certainement moins étouffantes que celles de l'été.

En été, la région nord reçoit des masses d'air frais et sec provenant du Canada, tandis que le Sud est plus influencé par la masse d'air chaud et humide du golfe du Mexique. C'est ainsi que l'on peut avoir des écarts de température très importants entre Chicago et Minneapolis dans la même journée. Les zones à l'intérieur des terres seront nettement plus chaudes que les zones proches du lac. Les températures en été ont déjà atteint les 40 °C dans le centre du Wisconsin ! Même dans les villes qui bordent les lacs, la température peut varier de cinq degrés entre le front de lac et la partie intérieure de la ville. Le vent vient ajouter à cette différence de températures : une simple brise sur le lac accompagnée d'un vent du nord peut faire chuter le mercure, et vous vous retrouverez en pull avant même de le savoir. L'été est la saison où des hordes de Chicagoans, fuyant la moiteur de la ville, prennent leur voiture ou leur énorme 4X4 et montent retrouver soit la chaleur sèche dans les terres intérieures du Wisconsin, soit la fraîcheur sur les rives du lac Michigan. Le Wisconsin est l'endroit où les Chicagoans vont en vacances. C'est sûr que les plaines du sud de l'Illinois sont moins attirantes que les collines vallonnées de l'Etat du Nord. Les rives du lac Supérieur, qui en hiver sont désertes, se peuplent de vacanciers venus chercher la fraîcheur ; idem pour les rives du lac Michigan dans l'Etat du Michigan.

En automne, les masses d'air froid et d'air chaud se rencontrent violemment au-dessus des lacs, provoquant des orages et des tempêtes spectaculaires qui rendent la navigation sur les lacs extrêmement périlleuse. L'automne est cependant l'une des périodes de l'année préférée des habitants de la région : il fait encore chaud, les Grands Lacs chauffés par le soleil tout l'été régulent les températures et tempèrent l'atmosphère. Les feuilles changent de couleur, c'est l'été indien qui commence. Jusqu'à fin octobre, c'est-à-dire relativement tard, les températures sont agréables et les balades à l'extérieur sont un vrai bonheur. Les prémices de l'hiver se frayent résolument un passage à travers les températures relativement élevées de la fin du mois d'octobre. L'air devient plus cristallin, sec et froid. Les premières chutes de neige peuvent survenir dès la fin du mois, mais ne tiennent pas longtemps au sol.

L'hiver arrive vite après la fin octobre. Une fois les dernières feuilles des arbres tombées, il est temps de se préparer à une longue période de froid qui durera jusque vers la fin mars.

Cette époque de l'année est influencée par deux types de masses d'air : celle venant tout droit des terres gelées de l'Arctique, qui, au contact des masses d'air plus chaud, se condense et tombe sous forme de neige, parfois extrêmement abondamment, et celle venant du Pacifique, mais qui a perdu toute sa charge humide. Les températures peuvent descendre très bas ; on a déjà enregistré des -60 °C dans l'Etat du Minnesota ! Les rives des lacs se mettent à geler, des ponts de glace se forment entre les îles de Mackinac et le continent dans le Michigan ou dans l'archipel des Apostle Islands, dans le nord du Wisconsin.

A la première chute de neige, et même avant, le balai des chasse-neige commence : salage des routes, déblaiement des voies principales puis des voies secondaires, tout est réglé comme du papier à musique. Même en plein centre-ville, à moins que ce ne soit un blizzard violent, les chutes de neige n'entravent en rien la circulation qui est aussi fluide que par une belle journée d'été. Les voitures ne ralentissent pas, on dirait que les automobilistes ne se rendent pas compte que des flocons blancs recouvrent les chaussées.

Les blizzards par contre peuvent paralyser les villes : ce sont d'abondantes chutes de neige accompagnées d'un vent glacial arctique violent, capables de clouer les moyens de transport sur place et de paralyser les villes. Dans ce cas-là, les écoles ferment et on attend sagement à l'intérieur que les conditions deviennent plus clémentes.

Les hivers actuels de la région des Grands Lacs ne sont pas à la hauteur des hivers des années passées. On traverse une période d'hivers relativement doux qui n'étouffent pas la région sous des tonnes de neige. Voici un petit aperçu des conditions hivernales qu'ont connues les Grands Lacs dans le passé :

L'hiver 1974 fut terrible : jamais on n'avait vu tant de neige tomber sur une aussi courte durée. Détroit fut le plus durement touché par les vents violents et les chutes de neige soufflée qui coupait le visage comme de minuscules poignards.

Dans la région couverte par ce guide, le plus impressionnant blizzard se produisit quatre ans plus tard, les 26 et 27 janvier 1978, dans le nord de l'Etat du Michigan. Le " Great Blizzard of 1978 " s'abattit sur la région pendant deux jours, accumulant au sol plus de 95 cm de neige et paralysant le trafic routier et la vie quotidienne. Les vents violents atteignirent 90 km/h, la température chuta à - 30 °C et les routes principales et secondaires durent être fermées. Le gouverneur de l'époque déclara l'état d'urgence et demanda des renforts à la Michigan National Guard pour venir en aide aux automobilistes bloqués sur les routes.

Tout le monde resta chez soi, tandis que des montagnes de neige s'accumulaient dans les rues. A Traverse City, entre 60 et 80 cm de neige s'amoncelèrent en un jour. La température était si froide qu'un homme mourut en pelletant la neige devant sa maison. Un bateau de l'université du Michigan, recouvert de tonnes de glace, chavira dans le port et coula. Les habitants s'organisèrent tant bien que mal pour venir en aide aux plus démunis, aux isolés, aux souffrants. Des régions entières se trouvèrent sans électricité, des tunnels durent être creusés dans les rues pour pouvoir se déplacer et acheminer les vivres.

L'hiver de 1979 fut l'hiver le plus enneigé de Chicago, qui reçut plus de 2,50 m de neiges cumulées ! Le sel utilisé causa la défaillance des moteurs électriques des trains, rendant tous types de déplacements (voiture, bus, avion ou train) impossibles.

Au début de l'année 2001, une série de blizzards très rapprochés déferlèrent sur la région : les services météo avaient prévu des chutes entre 20 et 30 cm.

Mais, le 5 février 2001, une tempête de neige extrêmement dense déposa plus de 1 m de neige en l'espace de dix heures. La tempête fut suivie de trois récidives, couvrant les lacs gelés qui ne dégelèrent que tard au mois de mai. Les avions avaient du mal à se poser ; l'un d'eux se prit pour un patineur artistique à l'aéroport d'O'Hare et termina sa course dans un tas de terre.

En décembre 2010, le blizzard a une nouvelle fois frappé durement le Midwest. Les 43 cm de neige ont conduit la ville de Chicago a annuler 1 600 vols dont 1 375 pour le seul aéroport O'Hare où 200 lits de camp ont été installés.

Environnement – écologie

Malgré leurs dimensions gigantesques, les Grands Lacs sont très sensibles à la pollution. Pendant des décennies, jusque dans les années 1960, les lacs étaient considérés comme de vastes déversoirs où la pollution serait, à terme, diluée. La sonnette d'alarme a été tirée assez tôt pour pouvoir mettre fin au désastre écologique.

L'environnement de la région des Grands Lacs a été victime du développement économique massif du XXe siècle et son écosystème a été directement touché par les activités humaines, dès l'arrivée de l'homme blanc dans la région. Les populations indiennes n'influaient en effet quasiment pas sur le système écologique, chassant uniquement pour se nourrir, respectant les cycles naturels et utilisant les seules ressources naturelles dont ils dépendaient. Avant l'arrivée des Européens, les forêts recouvraient tout le territoire, les animaux vivaient en abondance sous le couvert des arbres. Plus tard, le commerce de fourrures entre les Européens et les Amérindiens n'a pas été une menace pour l'environnement.

C'est pendant la phase économique suivante, au cours de laquelle les terres forestières ont été défrichées pour être transformées en terres agricoles, que les Européens ont commencé réellement à mettre en danger l'écosystème des Grands Lacs : les terres ont été mises à nu, l'érosion s'est accélérée, les populations animales ont dû se déplacer, les cours d'eau ont été obstrués par les rejets de la coupe du bois. La pêche, trop importante et incontrôlée, a commencé à réduire le nombre d'espèces de poissons des lacs.

Le développement économique et l'industrialisation de la région au cours des XIXe et XXe siècles ont endommagé très sérieusement l'environnement du territoire, des polluants ont été rejetés à outrance par les industries, soit dans les rivières, soit directement dans les lacs. Le ruissellement de surface a joué aussi beaucoup dans la pollution des eaux de surface et souterraines : en effet, après une intempérie, l'eau rassemble tous les polluants et les achemine vers les rivières et les cours d'eau.

A l'époque, la conscience environnementaliste n'était pas développée ; il fallait construire, produire, soutenir l'essor économique des Etats-Unis.

La politique écologique

En 1972, les gouvernements canadien et américain ont réagi en signant le premier accord sur la qualité des eaux des Grands Lacs, destiné à réduire le déversement de polluants dans les lacs. Les résultats ont été visibles, mais il fallait encore aller plus loin.

Le protocole de 1987 a permis de faire progresser la dépollution dans les Grands Lacs, en exigeant la restauration des secteurs préoccupants particulièrement dégradés et en visant la lutte contre toutes les sources de pollution, y compris les substances toxiques atmosphériques.

Le protocole est venu également renforcer la responsabilité publique des gouvernements du Canada et des États-Unis, qui doivent maintenant rendre compte publiquement à la Commission mixte internationale (CMI) des progrès réalisés dans la mise en oeuvre de certaines annexes de l'accord. (Source : environnement Canada.)

En règle générale, les habitants des Grands Lacs sont très conscients de l'importance du bon équilibre de l'écosystème de l'environnement qui les entoure. Une prise de conscience générale de cette richesse naturelle a eu lieu dans les années 1970 et des groupes environnementalistes ont commencé à faire pression politiquement.

A titre d'exemple, jusque dans les années 1970-1980, la rivière qui traverse Chicago n'était qu'un vaste déversoir de tout ce dont la ville n'avait plus besoin. Les habitants de Chicago n'y prêtaient même pas attention. Aujourd'hui, elle est devenue la première attraction touristique, on ne peut traverser un pont sans voir passer des navettes qui offrent des visites guidées au coeur même de la ville. La rivière a été nettoyée, ses abords éclaircis et aménagés pour la promenade. S'il est vrai que les efforts ont redoublé en faveur de la cause environnementale, il reste encore de nombreux endroits où la pollution pose problème, notamment à Gary dans l'Indiana, où la concentration en usines métallurgiques reste très forte.

Dans un vaste programme qui vise à diminuer de manière considérable le budget pour la protection de l'environnement en 2018, le président Donald Trump propose en mars 2017 une réduction de 300 millions de dollars du budget dédié à la préservation des Grands Lacs. Cette tentative sera bloquée par le Congrès quelques mois plus tard.

Un réservoir d'eau convoité

Dernière menace en date, le transfert massif d'eau vers les Etats de l'ouest en proie à la sécheresse. Des promoteurs immobiliers s'intéressent en effet de très près à l'eau des Grands Lacs, qu'ils voudraient pomper en grande quantité afin d'irriguer notamment les terres agricoles de la Californie. Le Canada et les associations écologistes voient d'un très mauvais oeil ce projet, qui aurait un impact environnemental très lourd. La lenteur de renouvellement de l'eau des lacs ne joue pas non plus en leur faveur. Composés à 80 % d'eaux fossiles, il faut 191 ans aux lacs pour renouveler leurs eaux. Le transfert d'eau étant extrêmement coûteux, le projet n'est pour l'instant pas vraiment concrétisé - mais le Canada surveille tout de même ses arrières, en demandant aux Etats de l'ouest de commencer par mieux gérer leurs besoins en eau.

Parcs nationaux

Les parcs naturels de la région des Grands Lacs ne peuvent pas être comparés à ceux des Etats de l'Ouest américain. Rien à voir avec les immenses étendues et le côté grandiose et impressionnant des parcs comme ceux du Grand Canyon, Yellowstone ou de Yosemite. Et pourtant...

Variété des parcs naturels

A travers tout le territoire des Grands Lacs, les parcs naturels sont nombreux. Ils sont tous de petite taille, et sont plus adaptés à des visites d'une journée qu'à des randonnées de plusieurs jours. Plus on monte vers le nord, plus les parcs sont nombreux et sauvages. Certains présentent une attraction particulière, comme Devil's Lake dans l'Etat du Wisconsin avec ses hautes falaises et son lac, Natural Bridge State Park et son pont naturel, ou encore le Voyageurs National Park et ses fameuses excursions en kayak. D'autres ont été créés pour préserver et mettre en valeur une particularité de l'histoire géologique de l'histoire des Grands Lacs, comme le Kettle Moraine State Forest, dans le Sud-Wisconsin, où les sentiers de randonnée suivent la ligne de crête de la moraine glaciaire laissée par la dernière avancée des glaciers il y a plus de huit mille ans. D'autres encore ont été créés pour préserver la beauté des paysages, comme c'est le cas dans l'archipel des Apostle Islands sur la rive sud du lac Supérieur, ou sur la péninsule de Door County sur le lac Michigan. Certains sont aussi des sites de préservation de la biosphère comme le Isle Royale National Park. Quel que soit le parc visité, on y vient surtout pour le calme et la nature.

L'aménagement des parcs

La plupart des parcs de la région possèdent des sentiers de randonnée avec plusieurs niveaux de difficulté, mesurables en temps et en nombre de kilomètres. Les parcs proches du lac offrent la possibilité de se baigner, certains proposent même des locations de kayaks ou canoës, d'autres plus à l'intérieur des terres des locations de vélos. L'accès aux parcs est très facile, puisque tous, à l'exception de ceux qui sont sur des îles et qui nécessitent une traversée en ferry, sont accessibles en voiture. Sur place, dans les parcs aménagés, on trouve des places de camping avec un petit barbecue et une place pour la tente. Le nombre de places disponibles varie selon la taille du parc, et la possibilité d'y faire du feu selon les périodes de sécheresse. En règle générale, les parcs sont très bien entretenus, et certains possèdent un centre " nature " qui présente la faune, la flore ainsi que l'historique du parc. A l'inverse des vastes parcs du Far West américain, il n'est pas nécessaire d'utiliser un guide pour les visiter, leur taille relativement petite permettant de les parcourir seul.

Faune et flore

La région des Grands Lacs, de par sa grande diversité géographique et topographique, présente une grande diversité écologique. S'étirant sur plus de 600 km des plaines du Sud aux grandes forêts du Nord, la région présente des terrains variés propices à la richesse de l'écosystème. Pourtant, malgré la taille et la diversité de ces terres et de ces lacs, la région a longtemps fait face à de graves problèmes de pollution.

Aujourd'hui encore, malgré les avancées technologiques et le remplacement d'un certain nombre d'industries lourdes et polluantes par des industries dites " propres ", ainsi que le recul économique de l'industrie du fer dans les années 1980, la situation est plus qu'incertaine pour certaines espèces animales et végétales. Le pire, pourtant, est derrière, puisque c'est au cours des années 1960 que la situation environnementale était la plus préoccupante. A l'époque, rien ne pouvait venir freiner la pollution engendrée par les grandes industries, dont le poids économique balayait les efforts encore maigres des organisations environnementales. La sonnette d'alarme a pourtant été tirée dans les années 1970, quand la situation écologique des Grands Lacs était devenue catastrophique et extrêmement préoccupante, et des organismes, dont certains binationaux (américano-canadiens) se sont mis en place pour surveiller et protéger la faune et la flore des Grands Lacs.

Évolution de l'écosystème des Grands Lacs

L'écosystème des Grands Lacs a continuellement varié avec le temps, au rythme des périodes de glaciation et des réchauffements climatiques. Pourtant, jamais aucun changement n'a été aussi rapide qu'après l'arrivée des Européens.

Il y a quatre cents ans, les régions sud étaient recouvertes d'une végétation dense où poussaient des chênes et des érables. Aujourd'hui, cette région est principalement agricole, ce qui pose un autre problème, celui de la pollution liée au ruissellement de surface et l'entraînement par les eaux de ruissellement des produits chimiques d'usage agricole dans les eaux des lacs. Les vestiges de la forêt originelle sont aujourd'hui quasiment inexistants. Les parties non boisées étaient constituées de grandes prairies où certaines plantes atteignaient des tailles considérables. Dans la partie nord de la région, les forêts de conifères avaient élu domicile, plantant leurs racines dans des sols sableux, des zones marécageuses, des tourbières et des zones humides.

Impact de l'homme sur l'environnement

Une grande variété d'animaux vivait dans ces milieux naturels. La présence de certains d'entre eux a d'ailleurs favorisé le premier essor économique de la région, du temps du commerce de fourrures. Castors, rats musqués, renards, loups et autres espèces à fourrures faisaient l'objet de convoitise de la part des riches Européens. Sur l'ensemble du territoire, les populations d'oiseaux abondaient. Parmi les cent quatre-vingts espèces endémiques des Grands Lacs figuraient le maskinongé, le grand brochet et la barbue, ainsi que le cisco de lac, le doré bleu, le grand corégone, le doré jaune, le doré noir, la truite fardée et le bar blanc. Beaucoup ont disparu, résultat des activités humaines : prises excessives, destruction de leur habitat ou introduction d'espèces exotiques ou non indigènes. La construction de barrages et de canaux ainsi que la modification du cours des rivières aboutissant dans les lacs ont eux aussi contribué aux brusques changements de l'écosystème des Grands Lacs.

Notons par ailleurs que la taille gigantesque des lacs ne joue pas en leur avantage : le plus grand, le lac Supérieur, met plus de cent quatre-vingt-dix ans à renouveler complètement son eau.

En règle générale, le débit sortant des lacs équivaut à 1 % du volume total d'eau par an, ce qui signifie qu'une fois la pollution captée par les lacs, elle y reste pour un certain nombre de décennies.

Et même si la totalité des eaux parvient à être recyclée, les sédiments du fond des lacs piègent un pourcentage de polluants qui, à la première agitation de ces sédiments, réintègrent les eaux libres.

Depuis les années 1960, l'état des Grands Lacs s'est considérablement amélioré : des espèces d'oiseaux que l'on croyait totalement disparues ont refait leur apparition ces dix dernières années. C'est le cas du faucon pèlerin et du pygargue à tête blanche, animal cher aux Américains puisque c'est leur animal symbole, ce grand aigle à tête blanche que l'on voit pêcher au-dessus du fleuve Mississippi ou de ses affluents dans la région de Sauk City dans le Wisconsin. Certaines espèces sont pourtant toujours fortement menacées, c'est le cas du pluvier siffleur, ce petit oiseau nicheur en voie de disparition pour cause de disparition de son milieu naturel. Les populations de poissons commencent tout juste à se rediversifier, et le lac Supérieur en compte même une population autosuffisante.

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