Guide de CHICAGO : Chicago et les Grands Lacs en 30 mots-clés

Faire – Ne pas faire

Faire

Respecter l'âge limite de consommation d'alcool. Même si vous paraissez avoir plus de 35 ans, tous les bars ou établissements possédant une licence de vente d'alcool vous demanderont votre carte d'identité (ID) à l'entrée - certains établissements n'acceptent en outre que les passeports. L'âge limite de consommation d'alcool est de 21 ans.

Dire à un fan des Cubs que vous détestez les White Sox et vice versa. C'est sympathie garantie et un ami pour toute la durée de votre séjour. En revanche, ne dites pas à un fan des Cubs ou des White Sox que vous détestez le base-ball. Si vous voulez rester en bon termes, évitez les sarcasmes à propos des deux équipes de base-ball de Chicago.

Payer les contraventions. En resquillant, vous vous exposez à une très forte amende en cas de contrôle de police ou lorsque vous rendrez la voiture de location.

Ne pas faire

Dépasser les limites de vitesse. Les policiers ne montrent aucune indulgence envers les conducteurs pris en flagrant délit de dépassement des limites de vitesse. Ici, on vous prend en chasse et on vous fait arrêter sur le bas-côté pour vous verbaliser. Là encore, une chose à ne pas faire, c'est s'agiter dans la voiture pour aller chercher ses papiers dans la boîte à gants ou dans le sac. Restez bien immobile jusqu'à ce que le policier vous demande vos papiers.

Traverser la rue sans regarder. Aux Etats-Unis, et surtout dans les grandes villes comme Chicago, les voitures ne s'arrêteront pas, surtout si le feu est rouge pour vous. Ils se sentent en plein droit d'appuyer à fond sur la pédale et il vaut mieux attendre que le feu passe au vert si vous voulez prolonger votre séjour.

Fumer n'importe où. Aux Etats-Unis, l'interdiction de fumer ne se limite pas aux cafés et restaurants. Il n'est pas rare d'apercevoir la pancarte " No Smoking " à l'entrée des parcs ou devant certains bâtiments. Même sans interdiction explicite, fumer en terrasse, sur un banc ou dans tout autre lieu où d'autres personnes sont installées est considéré comme impoli. Il est en outre interdit de fumer dans tous les parcs nationaux américains.

Faire la bise. A moins que vous ne connaissiez bien la personne, vous ne lui ferez pas la bise. Aux Etats-Unis, on ne s'embrasse pas, on se serre la main (même aux dames) ou, mieux, on se donne l'accolade - un " hug ".

Oublier le pourboire. Même si ce n'est pas une loi écrite, c'est une pratique habituelle et implicitement obligatoire.

Visiter les parcs naturels sans payer le droit d'entrée. Souvent, quand les petites cabanes en bois/péages à l'entrée des parcs naturels sont vides, on a l'impression que l'on peut entrer sans payer. Ce qui est vrai jusqu'au moment où le garde forestier, qui est toujours sur le qui-vive, vous verbalisera en vous faisant payer deux fois la somme demandée.

Vous baigner n'importe où dans les Grands Lacs. La baignade est en règle générale très facile dans les Grands Lacs. Mais, à certains endroits, on peut rencontrer des dangers le long de la rive, comme les " rip tides ", ce fort courant qui vous emmène au loin. Bien que ce soient des lacs, ils se comportent parfois, en raison de leur taille, comme des mers ou des océans. En outre, même au début de l'été, l'eau peut être très froide, surtout dans le lac Supérieur.

Abattoirs

Lors de la révolution industrielle, Chicago est devenu le centre d'abattoirs le plus important des Etats-Unis. L'arrivée du train contribua à développer cette activité économique, faisant de la Windy City la ville nourricière du pays. Plus de la moitié de la production de viande provenait alors de Chicago.

C'est en 1865 que la société Union Stock Yards ouvre ses premiers abattoirs au sud de la ville. Entre 1865 et 1900, ce sont près de quatre cents millions d'animaux qui sont abattus ; la société prospère rapidement. Cependant, le développement du réseau des transports, et notamment le réseau routier après la Seconde Guerre mondiale, contribua à la fermeture des derniers abattoirs en 1971. Il devint en effet plus économique d'abattre le bétail à l'endroit même où il était élevé (Iowa, Montana, Kansas...). La viande de la région est encore très réputée, et l'on trouve à Chicago de très nombreuses steakhouses.

Agriculture urbaine

Depuis quelques années, les fermes urbaines poussent comme des champignons à Detroit. Longtemps considéré comme un désert alimentaire (les choses s'améliorent tranquillement), c'est un moyen d'avoir des aliments frais, d'occuper le territoire suite aux nombreuses démolitions de maisons, d'effectuer un retour à la terre, d'éduquer les jeunes et moins jeunes sur l'agriculture et les bonnes habitudes alimentaires, d'impliquer la communauté locale et parfois même de créer des emplois, de garder les jeunes loin des gangs de rue... Bref, les bonnes raisons sont multiples et les retombées, plus que bénéfiques. Si certains jardins sont plutôt modestes et servent uniquement aux gens du quartier, d'autres sont devenus d'importants moteurs de l'économie locale tels D-Town Farm, Earthworks Urban Farm, Oakland Avenue Urban Farm ou encore Recovery Park. D'ailleurs, de plus en plus de restaurants s'approvisionnent en produits frais auprès de ces fermes, et c'est sans oublier le nombre incalculables de petites affichettes " grown in Detroit " (cultivés à Detroit) qui vous apercevrez dans les marchés fermiers de la ville. Si vous avez envie de mettre la main à la pâte, sachez que plusieurs fermes ont des programmes de bénévolat bien structurés.

Amérindiens

Les Amérindiens ont été les premiers à vivre sur les terres des Grands Lacs. Mille fois chassés et brimés, ils retrouvent peu à peu une voix politique dans les Etats du Nord américain. Tout au long d'un voyage dans la région, on rencontre des réserves indiennes, des musées tenus par les populations amérindiennes, des traces témoignant d'une civilisation opprimée. Parmi les tribus qui peuplaient la région, citons les Ojibwe, les Menominee, les Potawatomi, les Ottawa, les Shawnee, les Illinois, les Ho-Chunk (ou Winnebagos).

Architecture

Chicago est la capitale mondiale de l'architecture. Différents mouvements architecturaux sont nés des flammes du Grand Feu de Chicago de 1871 : la première école de Chicago dans les années 1880-1890, avec des constructions en maçonnerie puis l'érection du premier gratte-ciel et l'avènement de la structure métallique ; le mouvement du City Beautiful et le retour à une architecture plus classique ; l'architecture organique de Frank Lloyd Wright et son style Prairie ; la seconde école de Chicago et le retour aux lignes simples et fonctionnelles. Au hasard des flâneries dans les rues de la ville, on découvre la forme pyramidale noire, musculaire mais délicate du Hancock Building et celle, plus classique, de la Tribune Tower, dans un style gothique. Dans le quartier du Loop, le vieux et le neuf se côtoient, les divers styles cohabitent, les tours rivalisent de prestance pour attirer l'attention. Dans le quartier de Gold Coast, les vastes maisons/châteaux des anciens magnats du rail et des riches industriels étalent leur opulence dans un décor d'arbres centenaires.

Aurores boréales

Pas besoin d'aller au-delà du cercle arctique pour admirer les aurores boréales. Vous en verrez sûrement si vous vous promenez dans les contrées du nord des Grands Lacs, surtout pendant les mois d'automne et d'hiver quand les nuits sont plus longues. On peut en observer notamment dans le nord du Minnesota, du Wisconsin et du Michigan. Les aurores boréales sont générées par des particules libérées par le soleil qui voyagent à travers l'espace à des vitesses de 300 à 1 200 km par seconde. La formation en nuage de ces particules (des ions) forme un plasma. Les vents solaires formés par le mouvement du plasma viennent interagir avec le champ magnétique terrestre, certaines particules se retrouvant coincées à l'intérieur du champ et suivant les lignes de la force magnétique qui les entraîne vers la ionosphère, cette couche d'atmosphère terrestre située entre 60 et 600 km de la surface de la terre. Quand les particules entrent en collision avec les gaz de la ionosphère, elles se mettent à briller, produisant le spectacle extraordinaire et mystique des aurores boréales. Elles peuvent être de différentes couleurs : bleue, rouge, verte et violette, avec des couleurs intermédiaires infinies. Les aurores boréales sont constamment en mouvement en raison de l'interaction constante entre les vents solaires et le champ magnétique terrestre, et produisent des quantités d'électricité impressionnantes pouvant atteindre jusqu'à un million de mégawatts.

Beer State

Se classant dans le top 5 des meilleurs Etats pour la bière artisanale au pays, le Michigan est une destination immanquable pour les beer geeks de ce monde. Outre Founders (Grand Rapids) et Bell's (Kalamazoo) qui font office de figures de proue, à peu près chaque ville et village abrite au moins une brasserie, si ce n'est pas plus, l'Etat en comptant environ 260 au total. Pour obtenir la liste des brasseries, visitez le site Web de la Michigan Brewers Guild : www.mibeer.com/breweries-and-brewpubs 

Cerfs de Virginie

Le cerf de Virginie est l'animal symbole des Etats de l'Illinois et du Michigan. Ce sont les cerfs et les biches qui ont le derrière tout blanc. On les trouve absolument partout dans les campagnes, à bondir ici et là. Dans les endroits reculés comme sur les rives du lac Supérieur, leur présence peut être un vrai cauchemar pour les automobilistes. Pendant la journée, on les voit sur les côtés de la route, on a le temps de freiner ou de tourner le volant, mais la nuit, quand le nombre de voitures diminue, c'est autre chose : ils s'approchent des routes, surtout en hiver quand les seuls brins d'herbe à manger sont juste à côté des voies. Par moments, ils se rassemblent par hordes de dix ou quinze, et d'un seul coup ils traversent la chaussée, sans mettre leur clignotant. La seule façon de les éviter est alors de rouler à 20 miles à l'heure et de chercher à repérer leurs yeux qui se reflètent dans la lumière des phares. Et même comme ça, on n'est pas encore sûr de ne pas leur faire de mal : certains fuient devant la voiture au lieu de se jeter sur le bas-côté et continuent de courir en ligne droite, poursuivis par les phares. Compte tenu de la topographie du terrain et du caractère rectiligne des voies à certains endroits, on peut facilement se retrouver à poursuivre ainsi un cerf sur des distances considérables.

Cubs / White Sox

La rivalité entre les deux équipes de base-ball de Chicago fait partie des sujets de conversation favoris des Chicagoans. Il est très rare de trouver un supporter de base-ball à Chicago qui ne soit pas fanatiquement acquis à l'une ou à l'autre de ces équipes. Cubs / White Sox pour un grand nombre d'entre eux, c'est le jour et la nuit. Les White Sox jouent dans le US Cellular Field, construit en 1991 dans le quartier ouvrier au sud de Chicago. Ce stade, qui ne parvient jamais à remplir ses gradins, est considéré par les habitants des quartiers nord comme un endroit peu recommandable dont la périphérie est dangereuse. Il possède, tout comme son équipe, un côté " mauvais garçon " qui plaît à certains. L'atmosphère dans les gradins peut être très agitée et conflictuelle. A l'inverse, au nord de la ville, Wrigley Field est le stade de base-ball par excellence, convivial et à l'ambiance bon enfant, ultra-pittoresque. Son décor a été utilisé dans de nombreux films hollywoodiens. L'équipe qui y a élu domicile est celle des Cubs, dont l'emblème est le petit ours bleu et le " C " rouge. On est loin des tenues noir et blanc des White Sox. La rivalité entre les deux équipes divise les foules et leurs performances sont souvent comparées. Et s'ils n'avaient rien gagné au niveau national depuis plusieurs décennies (1917 pour les White Sox et à 1908 pour les Cubs), les World Series ont été remportés par les White Sox en 2005 et par les Cubs en 2016. Voilà qui devrait suffir à alimenter cette rivalité fraternelle pendant encore de nombreuses années.

Épaves

La longue histoire de la navigation sur les Grands Lacs est jalonnée d'épisodes à glacer le sang dus aux violentes tempêtes qui s'abattent régulièrement sur la région. Plus de six mille épaves reposent au fond des Grands Lacs, dont cinq cent cinquante au fond du seul lac Supérieur. Elles font l'objet de recherches et d'études par de multiples musées maritimes des principales villes côtières. Certains de ces bateaux fantômes sont mis en valeur et sécurisés, afin de permettre aux amateurs de plongée sous-marine de les visiter.

De nombreuses et épiques histoires de sauvetages d'équipages bloqués à l'intérieur de leur navire chaviré, des histoires de courage et de ténacité face aux éléments nourriront encore longtemps le folklore des Grands Lacs. L'histoire la plus connue est celle de la catastrophe du Edmund Fitzgerald, un cargo de 730 pieds de long qui sombra dans les eaux en furie du lac Supérieur en 1975, à quelques encablures à l'ouest de Sault Ste. Marie, emportant avec lui les vingt-neuf hommes d'équipage. Le mystère enveloppe les causes exactes du drame. Au fil du temps, le bateau disparu est devenu une légende.

Été indien

C'est la saison où les régions boisées des Grands Lacs prennent des airs de carte postale canadienne : vers le début du mois d'octobre, les feuilles passent du vert à l'orange et au rouge vif, des forêts entières se transforment et se parent de couleurs éclatantes. Des visites de la région sont spécialement organisées pendant cette période de l'année, des cars entiers d'amateurs déferlent dans les forêts du Nord-Wisconsin ou dans le Minnesota. En voiture, c'est une vraie partie de plaisir, c'est l'automne mais il fait encore très bon, les lacs régulent la température, tout est beau aux alentours. Quand on regarde une carte physique des Grands Lacs, on voit très clairement que les zones du nord vont virer à l'orange bien avant les zones plus au sud : il y a quand même près de 1 000 km à vol d'oiseau entre Chicago et Grand Marais sur la rive nord du lac Supérieur, et les deux ne sont pas affectés par le même climat, l'automne arrivant plus vite au nord qu'au sud. Les offices du tourisme des régions boisées tiennent à jour un calendrier très précis avec des rapports journaliers sur les conditions de couleur des forêts. Quand on planifie un " Fall Tour " (une visite des forêts en automne), ces informations sont très précieuses car elles rendent compte de l'avancée des couleurs par région et même du pourcentage de feuilles demeurées aux arbres. En revanche, dès la dernière feuille tombée, mieux vaut regagner sa chaumière, l'hiver s'installant vite et prenant ses aises jusqu'à fin mars.

Fish Boil

Spécialité de poisson de la région de Door County, sur la péninsule qui entre dans le lac Michigan. C'est une recette qui vient du temps où les immigrants scandinaves travaillaient à la coupe du bois dans les forêts du Nord-Wisconsin. Pour nourrir les grandes équipes, rien de tel qu'une bonne marmite de légumes et de poisson bouilli. La tradition est restée et la recette est devenue une spécialité des restaurants de la péninsule. A essayer, ne serait-ce que pour la petite histoire que le cuisinier raconte en tournant sa spatule dans l'eau bouillante de la marmite.

Fromage

Le Wisconsin est célèbre pour être l'Etat du fromage aux Etats-Unis. Sa production représente 35 % de la production totale du pays. Il existe près de trois cent cinquante variétés différentes. Chaque année, depuis 1988, est organisé pendant le premier week-end de juin à Doyle Park, dans le village de Little Chute, le festival du fromage du Wisconsin. Au programme de ces trois jours de festivités : parades, jeux, dégustations, musique... Les Américains sont fiers de cette tradition et n'hésitent pas à exhiber lors des matchs de football leur chapeau en forme de gruyère !

Gang

Enracinés dans l'histoire de Chicago, les gangs ont fait leur apparition dès la fin du XIXe siècle et ont commencé à prospérer au début du siècle suivant. Avant la Prohibition, la Mano Nera dominée par Big Jim Colosimo régnait sur le sud de la ville. Dans les années 1920, Chicago comptait plus de 1 000 gangs différents. La mafia irlandaise (essentiellement North Side Gang) la mafia juive (Jewish Mob) ou encore la mafia latino (Latin Kings), ont prospéré dans un Chicago gangréné par le crime, la prostitution, la drogue et la corruption. Bien sûr, aucun gang dans l'histoire du Midwest n'a été plus puissant que l'Outfit de Chicago, issu directement de l'empire créé par Colosimo et mené, à son apogée, par Al Capone. Si la grande époque de la mafia italienne est bel et bien révolue, les gangs sont loin d'être de l'histoire ancienne puisqu'ils sont responsables de la majorité des homicides et crimes violents. D'après une étude menée en 2012, Chicago est la ville américaine qui compte le plus de membres de gangs de rue, chiffre qui s'élève à 150 000 contre 120 000 à Los Angeles, pourtant surnommée " Gang Capital of America ". On estime que 70 gangs sont encore actifs à Chicago à l'heure actuelle. Deux alliances principales ont été formées entre gangs rivaux, People Nation et Folk Nation, tous deux fondés en 1978. En 2016, 762 meurtres ont été perpétrés à Chicago, ce qui en fait l'année la plus meurtrière depuis 20 ans.

Gentrification

La gentrification, c'est le déplacement des populations aisées dans des quartiers populaires, provoquant une hausse des prix et poussant les ménages aux revenus les plus faibles à quitter ces quartiers. C'est un phénomène urbain qui touche de nombreuses grandes villes américaines. Si la gentrification apporte une certaine mixité sociale, engendre la création de commerces indépendants et permet la revitalisation de zones autrefois difficiles ou laissées à l'abandon, elle force surtout des communautés déjà marginalisés à quitter les quartiers dans lesquels elles étaient implantées depuis longtemps. A Pilsen, quartier hispanique dans le Lower East Side de Chicago, on estime que dix mille familles ont dû déménager depuis les années 2000. Les commerces autrefois tenus par des Mexicains ont été remplacés par des boutiques de vêtements haut de gamme ou des coffee shops branchés, tandis qu'une population blanche et aisée s'est peu à peu installée. En réponse, des actes de vandalisme, réalisés par des activistes anti-gentrification, surgissent parfois, comme ce fut le cas en 2015 où un café fut vandalisé pas moins de cinq fois en trois semaines. Sur sa façade, on pouvait lire " White people out of Pilsen ", " Pilsen is not for sale " ou encore " Fresh roasted gentrification served here ". Des mots retrouvés plus récemment encore, en octobre 2017, sur la façade d'un restaurant sur le point d'ouvrir ses portes. A Chicago, les quartiers de Wicker Park, Oak Park, Lincoln Park et Humboldt Park ont connu le processus de gentrification dans les années 1980, avec la rénovation en masse des bâtiments résidentiels. Aujourd'hui, ce sont Pilsen, Bridgeport et Bronzeville qui vivent le phénomène.

L

Train élevé bringuebalant dans les rues du centre-ville, serpentant entre les gratte-ciel et desservant tout Chicago, le " L " est depuis un siècle l'un des symboles de la ville. Mis en service en 1892 - un an avant l'Exposition colombienne de 1893 -, il est la réunion de cinq lignes qui forment le réseau de transport en commun préféré des Chicagoans. Pour les " first timers " dans la ville, il est un excellent moyen de se familiariser avec le quartier du Loop, le centre-ville de Chicago. Dès le premier jour, on est sûr de l'apprivoiser : il est très simple et très sûr.

Lake effect

Le " lake effect " est un phénomène propre aux régions des rives des Grands Lacs. Quand l'air arctique descend des terres glacées du Canada, il passe au-dessus des lacs qui, du fait de leur grande inertie thermique, ont conservé un peu de chaleur accumulée pendant les mois d'été. L'air se condense et retombe en énormes quantités sur les rives sud des lacs qui se trouvent " sous le vent ". Il arrive fréquemment que les régions du Nord-Wisconsin se retrouvent sous des montagnes de neige, qui font le bonheur de tous les amateurs des sports d'hiver. Se réveiller avec 75 cm de neige fraîche fait partie des choses de la vie dans la péninsule supérieure du Michigan, tout comme de voir s'amonceler 30 cm de poudreuse en l'espace d'une heure. La péninsule de Keweenaw reçoit les quantités de neige les plus abondantes.

Midwest

C'est le nom officiel de la région des Grands Lacs. Il englobe les Etats du Minnesota, Michigan, Wisconsin, Illinois, Iowa, Indiana et Ohio. Le dynamisme économique de la région se base sur l'activité agricole, le Midwest étant le grenier à blé du pays. Chicago en est la plus grande ville. Si les habitants du Sud des Etats-Unis sont réputés pour leur hospitalité (Southern hospitality), ceux du Midwest sont également connus pour leur gentillesse et leur politesse. L'expression " Minnesota Nice " s'étend parfois jusqu'à " Midwest Nice "

Minnesota Nice

L'expression est utilisée dans l'Etat du Minnesota comme dans tous les Etats-Unis. C'est ce qui caractérise le mieux ses habitants : la gentillesse. Durant votre séjour, n'hésitez pas à les rencontrer : leur bonne humeur est contagieuse et leur hospitalité exemplaire.

Mississippi

Ce fleuve légendaire prend sa source dans le Minnesota et traverse ou longe neuf autres Etats américains avant de se déverser dans le golfe du Mexique. Après avoir servi de voie de communication pour les Amérindiens, plusieurs exporateurs européens l'emprunteront aux XVIe et XVIIe siècles pour découvrir l'Amérique. Ils seront suivis par les trappeurs français au XVIIIe siècle qui chassent le castor en amont du fleuve. Henry Rowe Schoolcraft identifie la source du Mississippi en 1832, et la nomme "lac Itasca". Depuis, le Mississippi a été rendu célèbre par des artistes américains venus d'horizons divers, de l'auteur Mark Twain au musicien Muddy Watters.

Nature

Les Grands Lacs sont une destination nature. Les amoureux des grands espaces, des forêts profondes, du camping/barbecue, des couchers de soleil sur des mers intérieures seront ravis. Pour cela, il faut quitter la région peuplée et urbanisée de Chicago et monter au nord vers l'Etat du Wisconsin, du Minnesota, ou vers le nord-est en direction du Michigan. La nature est omniprésente et très différente selon l'endroit visité. La région du lac Supérieur est la plus accidentée ; elle est recouverte d'une forêt dense de sapins et de bouleaux qui s'arrête au bord des falaises au-dessus du lac. Les forêts du Nord-Wisconsin sont plus plates et présentent une plus grande variété d'arbres et de végétation, étant exposées à des températures hivernales moins extrêmes. Les collines du Sud-Wisconsin sont également très vertes mais les terres y sont beaucoup plus agricoles. Elles constituent tout de même des sites pittoresques avec leurs armées d'immenses containers à lait. Les terres les plus au nord, celles que l'on traverse pour aller du Wisconsin au Michigan, appelées la péninsule Supérieure, sont boisées et rarement défrichées ; ici, la terre n'est pas d'assez bonne qualité pour avoir une utilité autre que récréative.

La solitude est possible dans bien des recoins des Grands Lacs. C'est une région relativement peu peuplée, soumise à des conditions météorologiques assez dures l'hiver. Plus on monte vers le nord, plus la région devient vide d'habitants. Au creux de l'hiver, il est possible de passer des jours sur les bords du lac Supérieur sans voir personne. Juste des étendues blanches à perte de vue, des forêts de bouleaux et de sapins. Et les grandes mers intérieures dont on ne voit pas les rives opposées. On retrouve ainsi une certaine spiritualité, une connexion directe avec la nature environnante et les peuples qui y ont vécu dans le passé. Dans les grandes forêts et les lacs de la région préservée et intacte des Boundary Waters, au nord de l'Etat du Minnesota, vous attendent une solitude et une plénitude sans égales. Il en va de même pour le Porcupine Mountains Wilderness State Park dans l'ouest de la péninsule supérieure du Michigan. A bord d'un canoë, avec comme seuls bruits celui de la pagaie dans l'eau, les cris des animaux sauvages et le bruissement de la forêt, vous pourrez un moment vous prendre pour un explorateur.

Phares

Les côtes des Grands Lacs peuvent être traîtresses pour les bateaux, autant pendant les tempêtes que par grand calme. Les obstacles sont nombreux : bancs de sable, écueils, épaves de bateaux. Depuis le milieu du XIXe siècle, les phares ont commencé à faire leur apparition sur les lignes côtières afin de guider et sécuriser la navigation des bateaux. Le plus spectaculaire de tous ces phares est sans doute celui de la petite ville de Two Harbors, le long de la côte nord du lac Supérieur : Split Rock Lighthouse se dresse au sommet d'une falaise de 30 mètres de haut, surplombant majestueusement l'étendue du lac. Il fut construit en 1905, à la suite d'une violente tempête qui causa de nombreux naufrages. Un autre endroit célèbre pour ses phares est la péninsule de Door County, dans l'est du Wisconsin, sur le lac Michigan. Pas moins de dix phares jalonnent ses côtes parfois accidentées, et des promenades guidées y sont organisées chaque année. On peut aussi en admirer tout le long de la côte ouest du Michigan et sur les îles (plus d'une trentaine), mais également sur les rives des lacs Erié, Huron et Supérieur car l'Etat en compte environ 130. On en retrouve même à Detroit ! Tous les phares sont aujourd'hui automatisés, et plus personne ne vit à l'intérieur pour s'assurer que la lampe est bien allumée !

Plages

Les plages des Grands Lacs varient en taille et en texture à mesure que l'on se déplace le long de la côte. A Chicago, les plages de sable fin sont colonisées par des hordes de Chicagoans heureux d'en avoir fini avec les températures fraîches de l'hiver ; au nord, on trouve des plages désertes loin des villes ou aménagées dans les petits villages de bord de lac. Dans le Michigan, bordé par quatre Grands Lacs, les plages sont omniprésentes et c'est sans compter les superbes dunes de la côte ouest de cet Etat, sur les rives du lac Michigan. Avec des milliers de kilomètres de côtes, il est toujours facile de trouver la plage qui vous convient. Leur accès est parfois payant en été (autour de 8 US$ la journée).

Route 66

Même si cette route n'existe plus depuis 1981, elle reste un véritable symbole. Sa construction débuta en 1926 pour s'achever en 1937. Elle permit de relier l'Est à Ouest, et plus précisément Chicago à Santa Monica (près de Los Angeles) en Californie. Ses 4 000 km couvrent huit Etats (Illinois, Missouri, Kansas, Oklahoma, Texas, Nouveau-Mexique, Arizona et Californie).

Cette voie devint rapidement essentielle pour le transport de marchandises et pour le tourisme. Dans les années 1930, période de grande dépression, de nombreux Américains de l'Est sont partis tenter leur chance en Californie et ont ainsi emprunté cette célèbre route. De nombreux commerces, restaurants, stations-services se sont alors ouverts le long de la " Mother Road ". Mais, l'apparition d'autoroutes fut la cause de sa disparition ; en 1985, elle est retirée officiellement. Aujourd'hui, de nombreuses villes sont devenues des villes fantômes et les nombreux restaurants et stations-services qui la bordaient ne sont désormais plus que des ruines. Il est difficile de suivre d'une traite cette route emplie de nostalgie, mais on peut retrouver des morceaux çà et là qui sont indiqués par les panneaux " Historic Road 66 ".

Ruin Porn
<p>La Packard Automotive Plant dans l'East Side de Detroit.</p>

La Packard Automotive Plant dans l'East Side de Detroit.

On associe encore la ville industrielle en déclin de Detroit aux ruines et si vous avez l'âme d'un explorateur urbain, voici quelques conseils pour vous éviter des problèmes. Sachez tout d'abord qu'il est formellement interdit d'entrer dans des bâtiments abandonnés au risque de recevoir une amende assez salée. Vu la fragilité des structures, vous pourriez aussi vous blesser ou encore tomber sur des personnes malintentionnées qui squattent les lieux. Ensuite, plusieurs emblèmes comme la Packard Automotive Plant sont dorénavant sous surveillance et des agents de sécurité patrouillent les lieux (des visites guidées payantes de la Packard sont désormais possibles avec Pure Detroit). Et c'est sans compter les dizaines de milliers de maisons et bâtiments abandonnés qui ont été démoli par la ville, faisant place à de nouvelles constructions ou à des espaces verts reconvertis en jardins urbains. Finalement, si vous désirez prendre des photos de ruines, ne vous faites pas voir des Detroiters. Il faut comprendre qu'ils en ont marre de ce genre de tourisme et qu'ils aimeraient qu'on visite leur ville pour d'autres choses que les ruines. Soyez donc respectueux.

Second City

La ville de Chicago est surnommée " Second City ", surnom historique qu'elle porte fièrement et qui fait référence à sa position de deuxième plus grande ville des Etats-Unis après New York, position longtemps tenue avant l'arrivée de Los Angeles dans la compétition. Aujourd'hui, c'est la troisième plus grande ville après New York City et Los Angeles, mais le surnom est resté. A Chicago, ça fait longtemps que l'on sait que tout n'est pas qu'une histoire de taille, et être numéro trois ne pose aucun problème. C'est même beaucoup plus relaxant que d'être numéro un. New York sera toujours la " First " de toute façon, et puis s'aligner tout près d'une ville si prestigieuse, ce n'est pas si mal ! Bref, aucun complexe d'infériorité. D'ailleurs, les Chicagoans savent que même s'ils n'ont pas encore l'image de marque internationale de la ville de New York, ils possèdent une qualité de vie supérieure, beaucoup moins " speedée " et stressée. Une qualité de vie extraordinaire quand on sait les possibilités offertes aux habitants de la région sur une aussi petite surface : une vie culturelle intense, des activités sportives en pagaille, la proximité d'un des plus grands lacs au monde et les campagnes pittoresques du Wisconsin. En plus, ils occupent une place centrale sur le territoire américain, de quoi rendre jaloux les plus chauvins des New-Yorkais. La ville de Chicago est à bien des égards considérée comme l'une des dernières grandes villes américaines, une ville qui a du caractère et qui s'est construite à la force du poignet. C'est en travaillant d'arrache-pied que Chicago est parvenue à s'imposer comme une entité indispensable de l'économie américaine.

Ségrégation

Si Chicago est fier de sa multitude de quartiers, apportant une force et une diversité culturelle à la ville entière, il ne faut pas oublier que la grande majorité de ses quartiers ne connaît pratiquement pas de mélange des populations. Ainsi, le quartier de Bronzeville, dans le sud de Chicago, est peuplé à plus de 95 % par des Noirs américains. Bien que le quartier tente de se revitaliser par des programmes de développement, la population reste principalement noire, en dessous du seuil de pauvreté et sans grandes perspectives d'avenir. Les classes moyennes, qui se voient obligées de trouver de nouveaux logements à moindre coût, se retrouvent presque inévitablement dans des quartiers de leur appartenance ethnique. Une fois les quartiers stabilisés, chaque population vit et travaille dans son coin sans vraiment avoir à se soucier des quartiers environnants. Chicago est une ville extraordinairement diversifiée, encore faut-il se donner la peine de se déplacer pour en apprécier les avantages.

Detroit connaît un sort semblable. Lors du boom de l'industrie automobile, dans la première moitié du XXe siècle, de nombreux Afro-Américains venus des Etats du Sud se sont installés à Motor City. Si certains quartiers comme Black Bottom et Paradise Valley étaient composés uniquement de Noirs, la cohabitation existait à plusieurs autres endroits. Mais avec le déclin de l'industrie automobile et l'émeute de 1967, les Blancs ont déserté la ville, emportant avec eux les capitaux et les emplois. Sur les 2 millions d'habitants que comptait Detroit à cette époque, il en reste moins de 700 000 aujourd'hui, pour la grande majorité des Noirs affligés par la pauvreté. La démarcation raciale est toujours bien évidente, représentée par la fameuse 8 Mile Road où s'arrête Detroit et débutent les banlieues blanches et mieux nanties.

Skyline
<p>Vue aérienne de grattes-ciel de Chicago</p>

Vue aérienne de grattes-ciel de Chicago

La skyline est la ligne d'horizon d'une ville dessinée par ses hauts bâtiments sur le ciel en arrière-plan. On n'utilise ce terme que pour les villes aux nombreux gratte-ciel. La skyline que tout le monde connaît, c'est celle de New York, vue du sud sur Manhattan, mais certaines villes des Grands Lacs n'ont rien à lui envier, à commencer par Chicago.

Si vous vous placez près de l'Adler Planetarium, dans le Museum Campus, vous pourrez admirer la skyline formée par les grandes tours. La Willis Tower (ex-Sears Tower) qui ressemble à un paquet de cigarettes ; le bâtiment rouge à sa droite, le Aon Center construit par le même architecte que les anciennes Twin Towers de New York ; le Hancock Building qui projette dans le ciel sa forme noire pyramidale... Si vous étiez venu cent quarante ans plus tôt, vous n'auriez vu qu'une vaste plaine avec des bâtiments de bois tous similaires, et une seule tour, celle de la Water Tower. La skyline de Chicago a été récemment transformée par l'arrivée, en 2009, de la tour d'appartements construite par Donald Trump, la Trump Tower, et qui s'élève à 415 m sur les berges de la Chicago River, non loin du Wrigley Building. Le projet avorté de la tour Spire voulait donner à la skyline de Chicago le plus haut building du pays avant que la crise financière de 2008 n'enterre cette ambition. En 2015, un nouveau projet de gratte-ciel a vu le jour : la construction de la Vista Tower, qui surplombera la Chicago River du haut de ses 360 mètres, devrait s'achever à l'horizon 2020.

Style victorien et « boomtown »

Le style victorien est très représenté dans les Grands Lacs. Dans les campagnes, les maisons alignées le long de la rue principale sont généralement construites dans ce style, alliant le raffinement des détails à la structure en bois peint. Plusieurs parties distinctes composent la maison : un petit porche, un fronton triangulaire au-dessus de la porte d'entrée, deux à trois étages, et une partie plus élevée qui rappelle les châteaux. Ce style est apparu pendant la mode romantique de la fin du XIXe siècle. Le style " boomtown " est plus rustique, il fait référence aux constructions qui avaient cours à l'époque des ruées vers l'Ouest. Un cube de deux étages avec un porche qui court sur le devant de la façade, une plate-forme en bois de quelques dizaines de centimètres surélevée par rapport à la rue. Ce type de maison permet des fonctions mixtes, commerciales au rez-de-chaussée et résidentielles à l'étage. Il est fréquent dans les régions du Nord-Wisconsin, dans les villages un peu rustiques.

Surnoms de Chicago

Chicago collectionne les surnoms. On en compte près d'une dizaine : " Windy City " (la ville des vents), " The City of the Big Shoulders " (la ville aux larges épaules), " Second City ", " Hogtown " (la cité des cochons), " The City that Works ", " Hog Butcher for the World " (le boucher qui nourrit le monde), " The 312 "...

Les deux surnoms les plus célèbres sont sans conteste " Second City " et " Windy City ". Le surnom de " Windy City " a des origines obscures. Son nom fait bien entendu référence à la force du vent qui s'engouffre à travers les hauts buildings de la ville, mais une autre explication tend à utiliser le mot " windy " (venteuse) pour bavard, vantard. Cette expression fut popularisée lorsque Charles Dana, travaillant au New York Sun, utilisa ce terme pour dénoncer l'incapacité de Chicago à organiser l'Exposition universelle de 1893, pour laquelle New York était également en compétition. Il souligna donc dans un de ses articles la vantardise et l'obstination de Chicago en utilisant l'adverbe " windy ".

Tempêtes

Il ne faut pas croire que juste parce que ce sont des lacs d'eau douce, les Grands Lacs restent tranquilles et immobiles. Ils font savoir le contraire, en général pendant le mois de novembre, mois pendant lequel surviennent les plus violentes tempêtes. Toujours en relation avec les masses d'air contradictoires qui se disputent la place au-dessus des Grands Lacs, les tempêtes peuvent se former en un clin d'oeil et être foudroyantes. En général, les plus spectaculaires d'entre elles se produisent sur le lac Supérieur, en raison de sa taille gigantesque : les vagues ont le temps et l'espace pour se former, atteignant parfois sans mal les cinq, voire six mètres de haut.

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