Construite entre trois montagnes, Kigali se situe à 1 545 m d'altitude et couvre plusieurs collines : Kiyovu, Kacyiru, Kimihurura, Nyarutarama, Remera, Kanombe, Gikondo, Kicukiro. La capitale est désormais centenaire. Fondée par l'Allemand Richard Kandt, elle n'était encore peuplée que de 6 000 habitants en 1960. C'était à l'époque une " bourgade misérable ", comme l'écrit dans son récit Ebène, le célèbre journaliste Richard Kapuscinski qui n'a même pas pu trouver le moindre hôtel, " peut-être parce qu'il n'y en avait pas ". Aujourd'hui, les Kigaliens sont plus d'un million, sans compter les milliers de gens qui viennent y travailler la journée. Des restaurants ouvrent tous les jours, et les chambres d'hôtel sont innombrables.
C'est dire si la ville a profondément changé, ses limites ont même été élargies (elle est dotée de trois districts), au point que peu la reconnaissent après quelques années d'absence. Dans les années 1980, c'était encore une ville à l'allure provinciale, peu ostentatoire, où les immeubles en hauteur étaient rares, une cité repliée sur elle-même comme l'était tout le Rwanda à l'époque. Puis est arrivé le génocide. Des quartiers entiers ont été détruits. Aujourd'hui, non seulement la ville s'est (re) construite et rénovée, mais elle est devenue très dynamique. La capitale, qui concentre les quartiers généraux de la politique, du commerce, des ONG, bénéficie autant de la manne internationale que du dynamisme des hommes d'affaires et commerçants rwandais mais aussi ougandais, indiens, chinois, kenyans, sud-africains...

Masterplan 2040. Aujourd'hui, Kigali veut ressembler à une vraie ville, et même plus : avenues élargies et propres, catadioptres, nouveaux feux de signalisation avec décompte, immeubles flambant neufs, publicités géantes... Un coup d'oeil sur le " Masterplan 2040 " de Kigali (consultable sur YouTube), lancé en 2013, donnera une idée percutante des ambitions des autorités : lacs, zones vertes avec plaines de jeux, grandes tours, réseaux de bus, parcs, " shopping malls ". Auront-elles les moyens de leurs ambitions ? En tout cas, le paysage urbain se modifie considérablement. Le Convention Center est enfin sorti de terre, la Kigali City Tower et le Pension Plaza sont à présent opérationnels, même s'ils peinent à trouver des locataires. De nouveaux quartiers poussent ici et là, avec des maisons identiques alignées le long d'avenues tracées au cordeau. Revers de la médaille, Kigali est devenue une cité chère, et à vrai dire inabordable pour le commun des Rwandais. De nombreux habitants ont été expropriés de leurs maisons rudimentaires, et ont été relogés loin du centre-ville, avec tous les coûts que cela engendre en matière de transport. " On ne chasse pas les gens, mais on les force à se conformer à de nouveaux plans d'urbanisation ", explique un fonctionnaire. Résultat, le contraste est de plus en plus saisissant avec les campagnes qui restent à la traîne. Dans la ville même, des écarts de richesse sont patents entre des quartiers comme Kacyiru, Kibagabaga, ou Nyarutarama et leurs villas cossues, et Gicondo ou le quartier populaire de Nyamirambo.

Mais le centre-ville restera-t-il le centre ? Un nouvel aéroport est en construction près de Nyamata, à 40 km au sud, ce qui déplacerait le centre de gravité de la ville. Quant aux Etats-Unis, ils ont fermé leurs bâtiments diplomatiques au centre-ville pour s'installer dans une nouvelle ambassade, au bout du boulevard de l'Umuganda, dont la superficie est inversement proportionnelle à la taille du Rwanda. Nyamirambo pourrait également subir un lifting en profondeur. De là à dire que la capitale ressemblera bientôt à Singapour, il y a de la marge, mais c'est en tout cas l'objectif suivi par le président Kagame et son équipe.

Moto-taxis. Dans les rues, la circulation est tranquille, mais aux heures de pointe, elle tourne au ralenti sur certaines artères. Le sommet de l'Union africaine qui s'est tenu à Kigali du 17 au 21 mars 2018 a toutefois réussi à paralyser la ville aux heures de déplacement des convois officiels, créant de gigantesques embouteillages. Ce qui est rare en temps normal et exceptionnel pour une capitale d'Afrique. De nombreux casse-vitesse " (ralentisseurs), pas toujours visibles, ont permis de réduire la vitesse. Dans le centre-ville, là où il n'y avait qu'une vingtaine de commerces de détail, tenus par des Indiens et des Arabes, c'est à présent une succession ininterrompue d'échoppes. Idem pour le commerce de gros dans le quartier adjacent appelé " Mateus ", car c'est là que se trouvait l'importateur du célèbre vin portugais. Quant au quartier Athénée, il regroupe tous les agents de change. En dehors du centre, les artères sont en général de larges avenues goudronnées, mais dès qu'on s'en éloigne on tombe vite sur des chemins en latérite (terre rouge) criblés de nids-de-poule. Pas de vélos ni de mobylettes, mais des tout-terrain à foison, et près de 20 000 motos-taxis. Il s'agit du moyen de transport le plus populaire dans la capitale. Leurs pilotes ont tous un dossard et un casque verts (avec un numéro), et un autre (pas toujours d'une fraîcheur de rose) pour le passager. Nouveau : une application appelée SafeMotos permet de commander un moto-taxi dûment contrôlé au niveau de la sécurité, autant l'engin que le pilote. Cet " Uber des motos-taxis " a pour slogan radical : " Don't get killed today " !

Le piéton encouragé. En Afrique, le piéton n'est jamais roi, mais Kigali se distingue positivement. Les premières journées sans voitures ont été lancées afin de pousser les citoyens à faire de l'exercice physique ! Même s'il reste encore beaucoup à faire, de nombreux trottoirs ont été installés, de même que les passages pour piétons, protégés par des ralentisseurs. Les engins qui crachent une fumée noire deviennent rares, les véhicules sont désormais sommés de passer un contrôle technique, tant mieux ! Quant aux policiers, ils sont habillés de façon impeccable, avec leur béret et leur veste jaune fluorescent. Ils font traverser les enfants dans la rue, arrêtent les minibus pour contrôler assurances et papiers, sont omniprésents. La ceinture est obligatoire, et la police veille. Amendes salées, attention !

Le week-end, comme partout, la ville est étrangement calme. Un samedi par mois, les habitants entre 18 et 65 ans s'adonnent aux travaux communautaires, appelés umuganda. Le dimanche, les églises sont pleines, depuis la cathédrale Saint-Michel jusqu'aux multiples cultes protestants. Les grands hôtels voient défiler les jeunes mariés et leur suite, venus poser devant la piscine ou les arbres en fleurs. Avec un peu de chance, vous pourrez même croiser le président qui vient prendre le thé au Kigali Serena. Le Rwanda est un pays qui aime la simplicité... Quant à certains bars, ils ne désemplissent pas lorsqu'ils proposent des retransmissions de matchs anglais.

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16.95 €
2018-11-07
264 pages
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