Avec quelque 12 millions d'habitants dont 1 à 2 millions de clandestins (soit plus de 10 % de la population du pays), Hô-Chi-Minh-Ville est plus peuplée que la capitale, Hanoï (environ 6 millions d'habitants). Si cette cité n'a pas encore la taille des mégapoles de l'Asie orientale (Séoul : près de 11 millions d'habitants, Pékin : près de 20 millions d'habitants, Shanghai : plus de 23 millions d'habitants), nul doute qu'Hô-Chi-Minh-Ville connaîtra pendant les 20 ans à venir une croissance qui demandera la résolution de nombreux problèmes en termes d'aménagement, d'environnement, d'infrastructures et d'investissements.

Climat : Hô-Chi-Minh-Ville est située dans une zone de climat de type équatorial où la température reste pratiquement constante toute l'année variant de 28 °C à 32 °C.

La période la plus chaude se situe entre avril et mai et la plus douce, en octobre et novembre. Ces deux périodes ne correspondent pas à une saison des pluies et à une saison sèche : il pleut tout au long de l'année, plus fréquemment de juillet à octobre, et il s'agit souvent d'averses à la tombée du soir.

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Photos d'HÔ CHI MINH-VILLE

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Arts et culture

L'art vietnamien est l'un des arts extrême-orientaux les plus controversés et les plus méconnus, exception faite de la période concernant la civilisation du bronze ou Dong Son, mise au jour et étudiée entre 1920 et 1960, dans la région de Hanoi, par l'Ecole française d'Extrême-Orient. Les premiers témoignages remontent à 4000 ans avant notre ère. Cette civilisation, dite de l'art du bronze, durera jusqu'aux premières incursions chinoises au IIe siècle. Le Viêt Nam est ancré dans l'aire de civilisation chinoise, d'où des analogies facilement repérables dans les styles architecturaux, les ornementations et l'écriture. Cette influence se fera sentir de façon prépondérante jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, malgré quelques tentatives d'indépendance entre le XVIe et le XVIIe siècle.

Architecture

La géomancie est le nom de la science qui vise à déterminer les lieux propices à la construction des bâtiments et des tombeaux. D'origine chinoise, la géomancie fut introduite au Viêt Nam au IXe siècle, mais elle fut surtout pratiquée à partir du XVIIe. Le géomancien dessine, selon des paramètres complexes, des hexagrammes, des trigrammes et des cercles concentriques avant d'effectuer ses calculs. La boussole permet de confirmer la validité de son choix.

La position recherchée est en rapport avec celle du Dragon bleu, souffle bienfaisant, et du Tigre blanc, souffle malfaisant, ainsi qu'avec celle des planètes ; le tout en tenant compte de l'intégration à l'environnement.

Aujourd'hui, malgré le phénomène d'urbanisation accéléré qui fait surgir des villes de nulle part et semble reléguer les traditions dans l'oubli, le respect des règles ancestrales d'occupation de l'espace reste très ancré dans la population.

La maison traditionnelle vietnamienne

La maison vietnamienne traditionnelle est d'ordinaire posée à même le sol et se différencie par là des maisons laotiennes, cambodgiennes, indonésiennes, construites sur pilotis. On trouve néanmoins de splendides maisons sur pilotis au Viêt Nam, construites en bois et en bambou, dans les provinces du Sud du pays, mais surtout dans les régions montagneuses peuplées de minorités : hauts plateaux de Tây Nguyên, montagnes du Nord. Les pilotis préservaient la maison des fauves et de l'humidité. Dans l'imaginaire populaire, la maison sur pilotis est symbole d'harmonie. Elle évoque une tortue dont les pilotis seraient les pattes. Le toit (la carapace) est lié au ciel, principe mâle (Yang) et le plancher (le ventre) est lié à la terre, principe femelle (Yin). L'harmonie du Yin et du Yang était censée assurer le bonheur de la maisonnée. A Hanoi, on peut visiter une maison sur pilotis, celle de Hô Chi Minh, dont la simplicité visait à s'opposer à l'arrogance du palais de l'ancien gouverneur général de l'Indochine, situé à proximité.

En zones rurales, l'habitat varie du nord au sud. En remontant vers le nord, on trouve davantage de maisons en dur, aux toits de tuiles. Dans le sud du pays, le cocotier, plus présent du fait du climat, a toujours constitué la matière première des constructions : troncs pour la charpente, palmes pour la toiture. Après la guerre américaine, l'expansion démographique et l'urbanisation croissante ont fait naître un nouveau type d'habitat de type HLM (l'influence du grand frère soviétique...) ainsi que, de manière assez anarchique, des maisons individuelles dans la périphérie. Caractéristiques, elles sont bâties en hauteur, du fait de la rareté et de la cherté du terrain ainsi que de la surface standard qui fait l'objet des transactions immobilières. Peu d'espace à la base : le bâtiment ne peut que monter, comme une plante qui cherche la lumière...

Aujourd'hui, le Viêt Nam aspire à la modernité, ce qui, du point de vue architectural, se traduit par la construction de tours dans les grandes villes, mais qui sont encore loin de pouvoir rivaliser avec celles des métropoles asiatiques qui sont entrées dans un processus de croissance déjà à maturité. Par ailleurs, partout, même en zones rurales, le béton tend à remplacer le bois rendu rare et cher par le rétrécissement des surfaces forestières.

Chua, den et dinh

Pagode, temple, ou maison communale ? A chacun de ces édifices correspondent une signification et une fonction bien spécifiques.

Les pagodes bouddhistes (chua)

Leur plan est en forme de " T " inversé. La partie centrale, dédiée à une divinité principale, se trouve au fond et au centre du " T " inversé. Les pavillons latéraux sont destinés à des cultes secondaires ou aux bouddhas non consacrés. Le plan peut également adopter la forme d'un " H ". Les deux bâtiments rectangulaires forment les deux barres verticales, et le bâtiment carré les réunissant, la barre horizontale.

L'entrée se fait par le bâtiment carré. L'autel central, le plus éloigné de l'entrée, est consacré à Bouddha ou à ses reliques.

Des décorations et des sculptures extérieures façonnent les murs, les colonnes et les faîtes des toits. On attache sur des espaces destinés à cet effet l'arbre de Bouddha, des ex-voto sous forme de feuilles de papier de riz coloré.

Les temples dédiés au culte des génies (den)

Dans les villages vietnamiens, les temples (den) sont réservés au culte des génies, personnages divins, héros historiques ou légendaires.

Si leur forme architecturale est semblable à celle des pagodes, ils se distinguent par la statuaire et les éléments de décoration. Ils contiennent un autel et des tablettes pour le culte des génies ou du héros vénérés à travers les statues disposées dans la pièce principale. Les temples les plus importants ont, dans leur cour, un ou plusieurs arbres sacrés, rappelant l'arbre sous lequel Bouddha a reçu l'Illumination.

Dans certaines cours, on peut voir un reliquaire, ou stupa, contenant les objets ayant appartenu aux bienfaiteurs du temple ou au bonze défunt sanctifié. D'autres temples ont un jardin latéral avec d'autres stupas et une stèle relatant l'historique de leur construction. Les temples qui sont dédiés à Confucius sont appelés van miêu, van tu ou van chi selon leur situation.

A Hanoi, le Van Miêu Quôc Tu Giam, dit temple de la Littérature, est le premier collège national, dédié à Confucius.

Les maisons communales (dinh)

La maison communale ou dinh est une caractéristique du village vietnamien. Elle est le lieu de culte du génie tutélaire du village et le centre de la vie communautaire où se discutent les affaires engageant la communauté (répartition des rizières, droits et devoirs des villageois...).

C'est également dans la maison communale que se déroulent les cérémonies et fêtes traditionnelles.

Artisanat
Que rapporter de son voyage ?

Les artisans vietnamiens ont su mettre au goût du jour un savoir-faire ancestral pour offrir des créations pleines d'imagination et de raffinement.

La céramique vietnamienne est particulièrement appréciée et riche d'une tradition plurimillénaire : arts de la table, vases... La céramique se marie souvent et pour le meilleur avec d'autres techniques, la laque ou la vannerie.

On travaille la corne ou l'os de buffle, substitut de l'ivoire, pour fabriquer toutes sortes de jolis objets : boîtes, peignes, statuettes, etc.

Egalement, belles réalisations en nacre, en pierre taillée, en fer forgé.

Les objets en laque sont une spécificité de l'artisanat vietnamien. Ils sont déclinés pour de multiples usages : arts de la table, mobilier, statues en bois laqué...

Les marionnettes sont pleines de fraîcheur et le vivant reflet de l'âme du pays.

La vannerie, à partir du rotin, du bambou, ou même de la jacinthe d'eau, donne lieu à des créations étonnantes. Sur les marchés, vous trouverez naturellement les typiques chapeaux coniques, dont les plus beaux sont vendus à Huê.

Incontournable, la soie très légère, fabriquée dans la région de Dà Nang. Elle se vend jusque dans les boutiques de Saigon tant sa finesse est réputée. C'est la matière par excellence dont on fait les tuniques vietnamiennes (ao dai).

Il est possible en moins de 48 heures de se faire couper, sur mesure, un ao dai avec pantalon assorti. Mais les couturiers travaillent aussi tous les autres tissus pour fabriquer chemises, robes, costumes, d'après modèle. La petite cité de Hoi An est réputée pour ses tailleurs, mais Hanoi et Hô Chi Minh-Ville ne sont pas dépourvues de ressources.

La broderie est une spécialité vietnamienne, et l'on trouve de charmantes réalisations : vêtements d'enfants, lingerie...

Cinéma

Le cinéma vietnamien est aujourd'hui en plein éveil. Son essor a commencé lorsque le ministre de la Culture et de l'Information signa, le 30 décembre 2002, une décision autorisant la création de compagnies privées de production de films, ce qui a constitué un premier pas vers une libéralisation du secteur.

Filmographie récente

Certains films présentés lors de festivals internationaux ont également été bien accueillis par les spectateurs locaux.

Bui Thac Chuyen, étudiant à l'école de Cinéma de Hanoi : son court-métrage Course de nuit a reçu le 3e prix de la sélection Cinéfondation lors de l'édition 2000 du Festival de Cannes.

Dang Nhat Minh, réalisateur de Nostalgie à la campagne, qui avait obtenu plusieurs prix dans des festivals à l'étranger en 1996 et en 1997, a réalisé un nouveau film intitulé La Saison des goyaves, primé au Festival de Locarno.

Viêt Linh, pour L'Immeuble, et Vuong Duc, pour Les Coupeurs de bois. Ces deux films ont été sélectionnés pour l'édition 1999 du Festival des 3 Continents de Nantes.

Le Hoang, pour Retour à Van Ly, La Clé d'or, et Luu Trong Ninh, pour Le Quai des femmes sans maris. Ces films ont été présentés dans plusieurs festivals internationaux, notamment au Festival des 3 Continents de Nantes et au Festival de Berlin.

Parmi les réalisateurs vietnamiens les plus remarqués actuellement, on retiendra :

Minh Nguyên-Vô

Gardien de buffles est le premier film de Minh Nguyên-Vô, docteur en physique devenu réalisateur. Le film a été récompensé dans de nombreux festivals : Festival de Locarno (prix spécial jeune public), Festival d'Amiens (licorne d'or), Festival de Chicago (New director Silver Hugo Award), Festival d'Amazonie (prix spécial du jury), etc.

Il raconte l'itinéraire d'un adolescent à qui revient la charge de mener deux buffles loin des terres inondées du sud du Viêt Nam. Le film a pu être apprécié par les spectateurs français, avant qu'il ne sorte au Viêt Nam. En octobre 2004, lors de sa visite à Hanoi, le président Chirac l'a même évoqué pour défendre l'exception culturelle.

Dans un entretien avec Eurasie (www.eurasie.net), Minh Nguyên-Vô dit s'être inspiré pour le scénario d'un recueil des nouvelles de Son Nam, un écrivain vietnamien originaire de la région de Ca Mau (à l'extrême sud du Viêt Nam), un pays de mangroves et de terres inondées. L'eau infiltre d'ailleurs l'écran : " En écrivant le scénario, il est devenu de plus en plus clair que l'eau n'était pas seulement un élément naturel en toile de fond, mais que c'était un personnage omniprésent du film. Dans plusieurs cultures, l'eau est un symbole de la purification et de la vie, elle est ici associée plutôt avec la mort et la pourriture. En même temps, les poissons et le riz, deux sources de nourriture les plus importantes viennent de cette eau. La vie, la mort se côtoient à chaque instant. Et l'eau devient dans ce film une métaphore de la vie et de la mort, qui sont opposées mais inséparables ", indique le réalisateur. Bien avant sa sortie au Viêt Nam, fin mai 2005, Gardien de buffles a reçu dans le pays des critiques extrêmement positives.

Phan Dang Di

En 2008, alors que son court métrage Khi toi 20 (Quand j'ai 20 ans) avait été retenu dans la sélection officielle de la 65e édition de la Mostra de Venise, Phan Dang Di préféra ne pas se rendre à Venise. Son film, jugé trop cru par les autorités de Hanoi, fut en effet censuré au Viêt Nam. Quand j'ai 20 ans raconte une histoire d'amour dans le Viêt Nam d'aujourd'hui, celle d'un jeune couple dont la femme se prostitue, au su de son compagnon, pour vivre et faire vivre sa grand-mère. Censuré, parce qu'allant " à l'encontre des coutumes, des traditions et du mode de vie vietnamiens ", le film, du fait de ses évidentes qualités, avait néanmoins pu être diffusé auprès d'un public restreint de professionnels. Loin des scènes " grossières " dénoncées par la censure, le réalisateur franco-vietnamien Tran Anh Hung trouve à ce court-métrage une " grande sensualité " : " Il y a un charme incroyable dans les personnages et la façon de filmer ", estime-t-il. (Source : Hélène Favier - www.Europe1.fr - 29 août 2008.)

L'année 2009 fut celle de la revanche de Phan Dang Di, qui confirma que la censure ne réussit toujours pas à étouffer le talent. Sur un scénario de Phan Dang Di, le film du réalisateur Bui Thac Chuyên Cho voi (A la dérive) a en effet remporté le prix du meilleur film de la 66e Mostra de Venise. D'une durée de 110 minutes, le film conte une histoire d'amours enchevêtrés, qui bouscule les repères traditionnels de la société vietnamienne.

Et en 2010, Phan Dang Di a présenté son premier long métrage Bi, dung so (Bi, n'aie pas peur !), lors de la semaine internationale de la critique au festival de Cannes. Récompensé par plusieurs prix, le film fait la part belle à l'intime et au non-dit, et s'efforce selon Phan Dang Di " de percer les secrets notamment, les secrets liés aux désirs sexuels et au sentiment amoureux. "

Littérature

Doan Cam Thi est traductrice et critique littéraire. Elle enseigne la littérature vietnamienne à l'Université Paris VII - Denis Diderot. Dans un article intitulé " Vingt ans de littérature vietnamienne : 1986-2006 ", elle témoigne du renouveau de la littérature vietnamienne à la faveur des débats qui ont animé la société vietnamienne pendant le Doi Moi, mouvement du renouveau lancé par le Parti communiste vietnamien en 1986. " La littérature était directement interpellée : pouvait-elle continuer à fermer les yeux sur les réalités de son époque ? Devait-elle servir le parti ou l'homme ? Comment rendrait-elle à la vie ses formes, ses couleurs et ses vibrations ? "

" La littérature vietnamienne, écrit Doan Cam Thi, n'a pas toujours été une arme au service de l'idéologie ; elle se meut, malgré une étroite surveillance des autorités. Sans critiquer ouvertement le parti ni ses principes marxistes-léninistes, les écrivains réclamaient les changements et abordaient les questions " tabous ". Vers 1986-1987, des textes comme Un général à la retraite ou La Messagère de cristal se sont démarqués du réalisme socialiste pour dénoncer la misère de l'homme ou le questionner dans les domaines du rêve et de l'inconscient. "

Deux tendances de la littérature contemporaine, relevées par Doan Cam Thi :

Les femmes vietnamiennes prennent aujourd'hui massivement la parole. " Elles expriment, par le biais de leur art, des sentiments et des pensées que l'éducation confucéenne les obligeait à taire. Elles jouent un rôle capital dans le renouvellement de la littérature grâce à la richesse de leur imaginaire et à la variété de leurs thèmes. "

La prédominance de la nouvelle sur la scène littéraire depuis une quinzaine d'années. " Quel genre traduit mieux l'immédiateté et l'instantanéité qui caractérisent le Viêt Nam contemporain en proie aux crises ? La nouvelle est de surcroît adaptée au support que constitue une presse en pleine expansion depuis le Doi Moi. Les textes courts paraissent souvent aux côtés des chroniques et des faits-divers. "

Duong Thu Huong, visage des lettres vietnamiennes

Sans renier le passé consacré à la lutte pour la libération de son pays, Duong Thu Huong, romancière et dissidente politique dénonce la déshumanisation dont le peuple a été victime. Elle participe à la renaissance des lettres vietnamiennes dans les années 1980. Histoire d'amour racontée avant l'aube est parue en 1986, après Au-delà des illusions, qui avait été tiré à 100 000 exemplaires, chiffre énorme pour le Viêt Nam et révélateur de l'extraordinaire audience de Duong Thu Huong. Dans Les Paradis aveugles, paru en 1989, tiré à 40 000 exemplaires, Huong hausse le ton. Il ne s'agit plus de dissimuler les malheurs du Viêt Nam derrière le paravent d'une histoire sentimentale désespérément triste. Elle attaque directement le système politique actuel. Mais la charge est subtile et l'ouvrage est loin d'être un simple pamphlet anticommuniste. C'est d'abord une remarquable description de la vie quotidienne au Viêt Nam, de ses odeurs, de ses fleurs, de sa cuisine. Par ses écrits, Duong Thu Huong aide aussi le lecteur étranger à mieux comprendre son pays. Du Viêt Nam nous sont parvenus des millions d'images, de films, de reportages : les guerres, la résistance, les Américains, les Français... Mais on n'en sait toujours pas beaucoup plus sur ce qui se passait dans les têtes de ceux qui se battaient sur le terrain du côté des Vietnamiens. Comment ont-ils pu résister si longtemps, si férocement, et finalement remporter la victoire ? Duong Thu Huong décrit les combattants dans son Roman sans titre et donne un visage à ces silhouettes restées longtemps cachées dans l'anonymat de la jungle.

En 2006, Duong Thu Huong publie Terre des oublis, récompensé en 2007 par le grand prix des lectrices Elle. C'est un livre fleuve de 800 pages, qui émerge comme le grand roman de l'après-guerre du Viêt Nam.

Au Zénith est le dernier roman de Duong Thu Huong, fruit d'un travail de dix années. De ce livre, elle dit qu'il est le plus important de sa vie. C'est un roman politique qui entremêle plusieurs récits. Mais beaucoup plus que la justification d'une dissidence, c'est l'oeuvre d'un grand écrivain, remarquable par sa construction et sa puissance d'évocation. Le livre est dédié à " Luu Quang Vu et tous les innocents qui sont morts dans ce silence noir ".

Les romans de Duong Thu Huong sont édités chez Sabine Wespieser et dans la collection " Bouquins " (R. Laffont).

Romans vietnamiens traduits en français

Phan Huy Duong est traducteur et responsable de la collection Viêt Nam, chez l'éditeur Philippe Picquier. On lui doit notamment une très belle traduction du roman de Bao Ninh, Le Chagrin de la guerre. Il a également traduit Terre des oublis de Duong Thu Huong (Editions S. Wespieser).

Signalons, toujours chez Philippe Picquier une petite anthologie de la littérature vietnamienne contemporaine parue en 2005 : Au rez-de-chaussée du paradis : Récits vietnamiens 1991-2003 (nouvelles choisies, traduites et rassemblées par Cam Thi-Doan).

Les Editions de l'Aube ont, quant à elles, publié A nos vingt ans de Nguyên Huy Tiêp, dans une traduction de Sean James Rose (2005). En 2009, dernière publication de la jeune génération, avec Chinatown de Thuân (Seuil, 2009), auteur vietnamienne prometteuse, traduit par Doan Cam Thi.

S'ils ne relèvent pas à proprement parler de la littérature vietnamienne, les contes et légendes qui constituent la trame du roman de Minh Tran Huy, La Princesse et le Pêcheur (Actes Sud, 2007), jeune auteur française d'origine vietnamienne, constituent un excellent prélude à la découverte du pays. Ru de Kim Thuy (Editions Liana Levi), écrit en français, est paru en 2010. En vietnamien, ru signifie " berceuse ". Née à Saigon, l'auteur quitte le Viêt Nam à dix ans et retrace dans ce roman son destin de boat people transplanté à Québec. Le Bateau de Nam Le, né au Viêt Nam, grandi en Australie, est un magnifique recueil de nouvelles cosmopolites, qui a reçu la consécration de la critique américaine (désormais traduit en français chez Albin Michel, 2010).

Traduire du vietnamien en français

" Il n'y a pas de correspondances entre les concepts. Les rapports entre les hommes et leur environnement diffèrent selon les pays. La langue vietnamienne est tellement musicale qu'il y a des centaines de mots pour qualifier une chose quand en français le même mot n'a que deux ou trois synonymes.

En vietnamien, le mot traduit un son réel ou des sensations charnelles. Il y a dix-huit sortes de " A " en vietnamien ! Le français est abstrait quand le vietnamien colle au plus près de la réalité charnelle. La poésie vietnamienne est très difficile à traduire en français à cause de la richesse de sa musicalité.

Dans la structure de la langue, il y a le métissage (vietnamien, chinois, français). La conjugaison française est liée au temps universel. La langue vietnamienne est extrêmement liée au contexte. " Entretien avec Phan Huy Duong, propos recueillis par E. Deslouis pour Eurasie.net, 14 septembre 1998 (www.eurasie.net).

Médias
Journaux

Une multitude de journaux paraissent au Viêt Nam. Chaque ville importante ou chaque province publie un quotidien d'intérêt régional, le journal du Parti, le journal de l'Armée et un hebdomadaire destiné à la jeunesse. Ils rendent compte des derniers aménagements du territoire, des dernières statistiques par secteur concerné, ou des récentes décisions du gouvernement.

Les journaux qui affichent les plus gros tirages dépendent des organes policiers. Les deux titres principaux sont An Ninh The Gioi (Sécurité internationale), qui vendrait 500 000 exemplaires chaque semaine, et Bao Cong An Thanh Phô Ho Chi Minh (Le Journal de la police de Hô Chi Minh-Ville), dont le tirage se situerait aux alentours des 350 000 exemplaires et dont la parution est bihebdomadaire. Le premier s'est spécialisé dans les grosses affaires criminelles vietnamiennes (notamment de drogue et de corruption), mais il consacre l'essentiel de sa pagination aux faits-divers internationaux.

Le Journal de la police de Hô Chi Minh-Ville affiche une ligne éditoriale se rapprochant plus de la presse à sensations : faits divers les plus violents, photos très explicites, récompenses promises aux lecteurs qui aideront à résoudre certaines affaires... En entretenant le sentiment d'insécurité, les forces de l'ordre justifient leur omniprésence et la nécessité de protéger le Viêt Nam des néfastes influences étrangères.

On trouve également, dans les kiosques, des hebdomadaires scientifiques, techniques, commerciaux et même de plus en plus de magazines féminins.

Principaux quotidiens : Nhan Dan (Le Peuple), journal du Parti communiste vietnamien à Hanoi ; Quan Doi Nhan Dan (Journal de l'Armée à Hanoi), Saigon Giai Phong (Journal du Parti à Saigon), Giai Nhât Bao (Journal des relations sino-vietnamiennes), Tuoi Tre (Journal de la jeunesse à Saigon). Hebdomadaires en anglais traduits du vietnamien : Viêt-Nam News, Viêt-Nam Investment Review.

Tendance la plus récente en matière de presse écrite et qui n'est que la conséquence de l'intégration du Viêt Nam à l'économie internationale, l'essor de journaux en langue anglaise : journaux généralistes, comme Outlook, magazine mensuel, ou encore journaux spécialisés, comme Financial Review. Pour le visiteur non vietnamophone, ils constituent une mine d'informations facilement accessible, où s'affichent les dernières tendances du tourisme.

Radio

Sous l'autorité du Parti communiste vietnamien, la radio nationale couvre aujourd'hui 85 % du territoire vietnamien, soit 90 % de la population. Malgré les progrès enregistrés par la télévision en termes de couverture hertzienne, la radio garde une importance particulière dans certaines zones rurales, où elle est encore parfois diffusée par haut-parleurs. Un programme est diffusé dès 6h du matin. Il y en a pour tous les goûts en matière de variétés... linguistiques, puisque la radio vise à contenter ceux qui parlent l'anglais, le français, le russe, le japonais, le cantonais, le mandarin et le khmer. Cette radio, qui date de 1945, servait alors d'organe de diffusion à la propagande du Parti du Nord Viêt Nam à l'intention du Sud Viêt Nam. Par ailleurs, à certaines heures, il est possible de capter Radio France International (RFI) au Viêt Nam. Pour se renseigner sur les différents modes de diffusion de RFI et notamment sur les fréquences, voir leur site Internet - www.rfi.fr (l'accès du site est bloqué à partir du Viêt Nam).

Télévision

Un attroupement autour d'une fenêtre de rez-de-chaussée, trente personnes assises le regard rivé vers la télévision... Ici, la télévision est reine. Elle est sous l'autorité du cabinet du Premier ministre et du comité central du Parti communiste vietnamien. On compte trois chaînes nationales : VTV1 (chaîne généraliste : informations, politique...), VTV2 (chaîne éducative : apprentissage des langues étrangères...) et VTV3 (la plus populaire, divertissements, football...). En outre, chaque province est dotée d'une station de télévision, placée sous la responsabilité du comité populaire local.

Il est également possible de capter environ 70 chaînes étrangères par voie satellitaire (possibilité de regarder TV5 dans les hôtels équipés). La Télévision du Viêt Nam diffuse quotidiennement un journal d'information en français, en direct à 15h sur VTV2 et en différé vers 23h15 sur VTV1. Les films chinois et les matchs de football sont regardés à des heures très tardives ou très matinales.

Presse francophone

Le Courrier du Vietnam est le seul quotidien en français au Viêt Nam. Lancé en 1993, il est publié par l'Agence vietnamienne d'information. De format tabloïd 16 pages, il propose des informations générales, partagées entre l'actualité vietnamienne et internationale, et plusieurs rubriques (économie, éducation, société, culture, sports, loisirs...).Son tirage se situe autour de 4 000 exemplaires. Il est également disponible en ligne - http : //lecourrier.vnagency.com.vn

Saigon Eco est un bimestriel économique en français, publié par le groupe Saigon Times. De format magazine, il compte 32 pages. Lancé en 1993, son tirage atteint aujourd'hui 5 000 exemplaires.
Revues françaises : on peut également avoir accès à certaines revues françaises, lesquelles peuvent être achetées aux petits marchands des rues, dans les kiosques des grands hôtels internationaux ou être feuilletées au Centre culturel français de Hanoi ou à l'Idecaf de Saigon.

Censure

En juillet 2006, un nouveau décret sur la presse est entré en vigueur au Viêt Nam prévoyant des sanctions contre quiconque publie des " secrets " ou des informations " nocives ". Le texte du décret permet de sanctionner par de très fortes amendes des informations qui " violent les traditions culturelles ", contiennent des éléments " nocifs ", " superstitieux " ou " réactionnaires ". Le texte vise aussi ce qui " déforme la vérité historique, dénie les acquis révolutionnaires, porte atteinte à la Nation, aux grands hommes et héros nationaux, calomnie et porte atteinte au prestige des services et organisations ". Sont également visés les cafés Internet dont les gérants portent désormais la responsabilité des sites visités par les utilisateurs.

Sources : AFP et site Internet de Reporters Sans Frontières - www.rsf.org

K+, le Viêt Nam découvre le décodeur

La compagnie VSTV, coentreprise entre la Télévision du Viêt Nam (VTV) et le groupe Canal+, leader de la télévision payante en France, ont lancé une nouvelle offre de télévision numérique par satellite au Viêt Nam sous la marque K+. La lettre K pour le mot vietnamien Kênh qui veut dire " chaînes ".

K+ est un bouquet composé de chaînes vietnamiennes et internationales et couvre toutes les thématiques : cinéma, sport, jeunesse (chaînes enfants), style de vie, documentaires, information, etc. Les chaînes ont bien entendu l'aval de la VTV qui est en charge du contrôle éditorial. K+ peut être reçu partout, dans les villes comme dans les campagnes, et dans les endroits les plus reculés, grâce à une simple parabole et à un décodeur. La VSTV est détenue respectivement à 49 % et 51 % de fonds par le groupe Canal+ et VCTV, filiale de la VTV. Il s'agit de la première coentreprise au Viêt Nam dans le domaine de la communication.

Musique

La musique vietnamienne comporte plusieurs genres musicaux : musique de cour, de cérémonie, religieuse, de divertissement, de théâtre, paysanne, moderne d'expression occidentale et proto-indochinoise. Par la diversité des genres, par la richesse de ses instruments, la musique vietnamienne, qui englobe également celle des ethnies, occupe une place importante en Asie en particulier, et dans le monde en général.

Les deux influences, chinoise et indienne, n'ont pas fait perdre l'esprit créateur du peuple vietnamien dont les trois instruments de création musicale étaient :

Le dan day, luth des chanteuses professionnelles réunissant les caractéristiques du luth en forme de lune (dan nguyêt), du luth piriforme (dan ty ba) et du luth à 3 cordes (dam tam).

Le sinh tien, cliquette à sapèques ayant la possibilité de produire le son des cliquettes, des sistres et des racleurs.

Le dan dôc huyen, monocorde, dont le son est obtenu par la combinaison de l'utilisation de l'unique corde métallique et la production exclusive des harmoniques.

Les périodes de la création musicale

L'histoire de la musique du Viêt Nam peut se diviser en quatre grandes périodes à partir de la fondation de la première dynastie vietnamienne, celle des Dinh (968-980).

Première période (Xe-XVe siècle) : influence conjuguée des deux courants musicaux chinois et indien.

Deuxième période (XVe-XVIIIe siècle) : domination de l'influence chinoise.

Troisième période (du XIXe siècle jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale) : originalité et développement de la musique traditionnelle et début de l'influence superficielle de la musique occidentale.

Quatrième période (de 1945 jusqu'à nos jours) : déclin et nouvelles tentatives de restauration de la musique traditionnelle, et développement de la musique nouvelle de style européen.

Musique traditionnelle : le grand retour

La musique traditionnelle, après avoir été accusée par le régime politique actuel de symboliser le pouvoir royal, effectue un retour remarqué. Trois grands registres se disputent les faveurs des amateurs : les mélodies populaires, chansons d'amour et berceuses, sans accompagnement instrumental, puis la musique classique - le hat a dao au Nord et le ca Huê au Centre - jouée par un orchestre d'une quarantaine de musiciens et enfin la musique jouée durant les représentations théâtrales. Cette musique traditionnelle d'inspiration chinoise arriva au Viêt Nam au milieu du IIe siècle. Elle faisait partie des 6 arts libéraux : rites, musique, tir à l'arc, équitation, lettres et calcul. Il n'y avait pas de poète, de peintre ou de philosophe qui ne jouât d'un instrument pensant ainsi renforcer ses forces vitales et prolonger sa vie, car la musique passait pour avoir une influence magique sur l'âme et le corps. La musique traditionnelle tirait ses 8 sons de la peau, de la pierre, du métal, de l'argile, de la soie, du bois, du bambou et de la calebasse. Elle utilisait de nombreux instruments : guitare lune, guitares à 2, 3 ou 4 cordes, tambourin, petit tympan de cuivre, flûte de bambou, monocorde. Le mélange intime de la mélodie et des mots donne à cette musique sa sonorité si caractéristique avec laquelle les jeunes Vietnamiens renouent peu à peu. Les rues de Hanoi et de Saigon résonnent désormais de toutes les musiques occidentales... musiques que l'on réécoute, le soir venu, dans les boîtes de nuit qui fleurissent aux quatre coins du pays. Le Viêt Nam a aussi succombé à la mode des bars karaoké. Enfin, mais faut-il parler de musique ? Une partie de la jeunesse semble se délecter d'une techno très agressive et dénuée de toute imagination.

Compositeurs contemporains

Nguyên Lê

Né à Paris en 1959 de parents vietnamiens : " J'ai oublié le vietnamien en commençant l'école. Ce n'est qu'en septembre 1994 que j'ai pensé avoir assez d'assurance et d'expérience pour commencer Tales of Vietnam. C'est un voyage dans mon enfance, un retour à des racines perdues, mais aussi la création d'un folklore imaginaire issu d'un carrefour d'influences contemporaines. Aux anciens, je souhaite dire ma diversité ; au présent, je veux prétendre au rêve de l'ailleurs. " Tales of Vietnam, musique écrite à partir de chansons traditionnelles vietnamiennes, mais aussi Maghreb and Friends, rencontre d'un musicien vietnamien qui fait du jazz et d'un musicien algérien (Karim Ziad, batteur de Cheb Mami), à Paris depuis dix ans, ou encore Trios (suite en trois mouvements, trois matières, trois images du temps). Nguyên Lê, à propos du rythme et de la musique asiatique : " Je regrette que la musique asiatique n'ait pas l'accroche internationale que possède la musique africaine. C'est une question de rythme. Il faut avouer que la musique asiatique ne swingue pas tellement. Il manque le groove. Or c'est le groove qui plaît, qui accroche. Les arrangements rythmiques de Tales from Vietnam sont d'ailleurs inspirés des rythmes afro-antillais que nous jouions avec Ultramarine. Cela dit, je crois en l'éveil des musiciens non occidentaux nés en Occident. Des musiciens conscients et farouches défenseurs de racines culturelles mixtes. Ils feront la musique de demain. "
Site officiel du musicien : www.nguyen-le.com

Tôn That Thiêp

Ce musicien qui réside en France a composé la musique de films L'odeur de la papaye verte, Cyclo, et A la verticale de l'été.

Trinh Cong Son (1940-2001)

Le plus populaire des chanteurs vietnamiens est né à Huê. Il a écrit plus de 700 chansons reprises sur les dizaines de milliers de cassettes, souvent en édition pirate. Durant la guerre, les plus belles chansons de Trinh Cong Son ont été interdites, au nord comme au sud du pays : elles étaient pacifistes. En 1975, Trinh Cong Son était assigné à résidence à Huê, qu'il n'a pu quitter pendant quatre ans, sauf une fois par an et pendant plusieurs mois, pour aller planter du riz non loin de sa ville natale, à Con Thien, sur le 17e parallèle, dans l'une des zones les plus infestées par les mines au Viêt Nam. C'est ce qu'on appelait la rééducation. L'une de ses ballades, L'Automne à Hanoi, était la chanson préférée du général Giap. Ce pacifiste a donné, en 1994, un grand concert dans la capitale vietnamienne à l'occasion du 40e anniversaire de la libération. Dans l'interview qu'il a accordée au Monde, début mars 1995, Trinh Cong Son parle d'un Viêt Nam à deux mouvements : " D'un côté, il y a le pays gardien de ses traditions, de l'autre il y a une capacité à entreprendre des sauts spectaculaires [... ] En conséquence, nous changeons, mais sans jamais perdre notre couleur vietnamienne. "

Trân Quang Hai

Fils du professeur Trân Van Khe, spécialiste des musiques d'Asie de renom international et musicien traditionnel du Viêt Nam, le docteur Trân Quang Hai (Océan illuminant) est né le 13 mars 1944 au Sud Viêt Nam, à Gia Dinh. Joueur de guimbardes et de cuillers, chanteur, interprète de la cithare vietnamienne, de la vielle à deux cordes et des cliquettes à sapèques, il a créé un mélange à sa manière, entre Orient et Occident. Eminent ethnomusicologue, musicien traditionnel, pédagogue, archivistes, compositeur, conférencier, imitateur, animateur (souvent au musée de l'Homme), membre du CNRS, il se définit lui-même comme un " coureur de la planète sonore, le plus érudit des fantaisistes, le plus sympathique des scientifiques ". La firme Playsound a édité en CD un concert de cithare vietnamienne de Trân Quang Hai.

Site officiel du musicologue : http : //tranquanghai.info/

HIP HOP ET POP VIETNAMIENNE

On recommande un très joli album d'ONRA (Arnaud Bertrand), Chinoiseries, sorti en 2008 sur Bookmat Records (http : //boomkat.com) et qui suscite une rencontre improbable entre la pop vietnamienne des années 1960 et 1970 et le hip-hop.

Peinture et arts graphiques
Art de la laque

C'est une technique qui serait connue depuis plus de deux mille ans. La laque est une matière végétale, le suc laiteux de l'arbre à laque (cây son). Ce liquide est conservé pendant deux à trois mois dans des paniers en bambou imperméabilisé. Le dépôt est ensuite mélangé avec de la résine, de la térébenthine et des colorants pour obtenir une laque colorée. C'est une matière très résistante, aux insectes, à l'eau salée, à la chaleur. Elle peut s'appliquer sur une multitude de supports : bois, cuir, papier, toile, cuir, vannerie... C'est un certain Trân Lu, patron de la corporation des laqueurs, qui au début du XVIe siècle rapporta d'une mission d'ambassade en Chine les techniques de dorure et d'argenterie.

L'art de la laque poncée a vu le jour vers 1932 sur l'inspiration d'un groupe de peintres sortis de l'école supérieure des Beaux-Arts d'Indochine.

Après composition du dessin, celui-ci était recouvert d'un vernis opaque (canh gian). Ce vernis était ensuite poncé, révélant images et couleurs selon des effets jamais totalement maîtrisés.

Un documentaire de Momoko Seto, La Laque en Asie (2010), retrace l'histoire de cette technique d'excellence présente en Asie depuis plus de 9 000 ans. Sur le site : www.setomomoko.org

Arts graphiques

Jusqu'à l'introduction des techniques de l'imprimerie occidentale au XIXe siècle, les Vietnamiens avaient recours à la xylographie et utilisaient des planches de bois gravées en relief afin d'imprimer des textes religieux, des documents de Cour et des images populaires. Ces dernières étaient en particulier fabriquées dans le village de Dông Hô (province de Bac Ninh) et rue Hang Trông (rue des Tam-tams), à Hanoi.

Deux techniques de fabrication correspondant à deux styles différents étaient mises en oeuvre.

Les techniques de Dông Hô

A Dông Hô, les estampes étaient imprimées par l'application d'une planche de bois de plaqueminier gravée. Elles représentaient des scènes traditionnelles : vie à la campagne, jeux traditionnels, scènes d'amour gaillard ou courtois, scènes de jalousie... L'estampe utilisait du papier Zo (papier d'origine végétale) enduit de nacre (diep). Elle était coloriée par applications successives de masses correspondant aux différentes couleurs et gravées sur autant de planches de bois.

Les techniques de la rue Hang Trông

Dans la rue Hang Trông, le dessin imprimé sur du papier industriel était colorié au pinceau. Les estampes de Hang Trông représentaient surtout des images cultuelles (Tigre blanc, saints) et trahissaient une influence chinoise plus marquée. Ces estampes étaient surtout fabriquées pendant le 11e et le 12e mois lunaire afin d'être vendues pendant le Têt où elles étaient l'ornement des foyers.

Ces estampes, toujours réalisées selon la méthode traditionnelle, témoignent d'un remarquable travail artisanal. On peut les acheter dans les boutiques des vieilles rues de Hanoi.

13.95 €
2018-02-28
648 pages
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xiti
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