Depuis la naissance en 2007 de l'association Podor Rive-Gauche, la ville s'éveille lentement après des années de sommeil. Podor offre désormais une relecture de l'histoire à travers son quai, ses anciennes maisons commerciales et son fort, d'ailleurs inscrits au Patrimoine de l'Unesco. L'association, qui fut très active durant de nombreuses années, était un moment en veilleuse. Elle s'est réveillée il y a peu avec la création d'un écomusée du commerce fluvial des siècles passés. L'ouverture de ce musée a été saluée par tous les Podorois qui se sont réappropriés leur passé avec des donations pour faire revivre cet ancien comptoir. Une visite que l'on vous recommande fortement. Quelques années plus tôt, en 2005, la relance de la navigation du Bou el-Mogdad avait déjà contribué à redynamiser les échanges avec cette ville enclavée. Le festival Les Blues du Fleuve du chanteur podorien Baaba Maal participait de cette redynamisation de la ville. Un objectif, là encore : " sauvegarder et valoriser le patrimoine culturel local " et profiter de l'événement pour développer la zone. Malheureusement l'édition 2014 a dû être annulée, mais le festival a eu lieu en décembre 2015, 2017 et 2018. Ces initiatives, parfois difficiles à pérenniser, ne manquent pas de réveiller cette majestueuse cité, longtemps oubliée des voyageurs.

Ville couleur or, que ce soit la partie moderne autour du marché et de la mosquée, ou le Podor colonial du fort Faidherbe, du quai et des anciennes et belles maisons de commerce près du fleuve, Podor ne laisse pas indifférent. L'univers jaune des bâtiments et du sable est toutefois tacheté par quelques rizières d'un beau vert à l'entrée de la ville, et ce fleuve, toujours le même, d'un bleu étincelant sur les berges duquel, comme tout au long de la vallée, les femmes et les hommes vont laver leur corps et leurs vêtements le soir et au petit matin.

Bienvenue à Podor ! Laissez-vous saisir par la luminosité de ses ocres, la paisibilité de ses rives et l'atmosphère d'antan de ses ruelles.

Un peu d'histoire. Podor serait proche de l'origine de tout. La capitale du pays tékrour aurait été sur la rive droite du fleuve (de l'autre côté). C'est cet endroit stratégique qu'auraient choisi les Almoravides, ces Arabo-Berbères venus de Mauritanie, pour s'implanter sur ce royaume à cheval sur le Sénégal. Après les premiers mouvements migratoires vers le sud de l'Arabie, Koly Tenguela étendit la dynastie denianké (animiste) à l'ensemble de la basse vallée, dominant Djolof et Cayor jusqu'au XVIIIe siècle. En 1776, la révolution islamiste au Fouta-Toro installa une théocratie (almamyat). Ce furent alors les almamis (chefs religieux) qui conduisirent la politique et les musulmans.

Depuis la moitié du XVIIe siècle déjà est né le comptoir de Saint-Louis, et la vallée du fleuve était considérée comme un axe important de la pénétration vers l'intérieur du pays. Podor était stratégique par sa position et son commerce, proche du Walo et des émirats maures de Trarza, qui s'étaient approprié le commerce de l'or et de la gomme. Au début des années 1740, le Sénégal passé sous domination anglaise, la Compagnie des Indes orientales s'intéressa à Podor et y construisit un fortin isolé dans la forêt pour protéger les maisons de commerce toutes fraîches.

De nouveaux marchés d'échanges s'ouvraient avec un commerce porté jusqu'au Mali : la gomme, les esclaves et l'or, bien sûr, mais aussi cet or blanc qui faisait rêver les esprits : l'ivoire. En échange du rôle important joué par la France dans l'indépendance américaine, elle récupéra certains de ses anciens territoires, dont Podor. La colonisation effective du Sénégal commença au milieu du XIXe siècle, sous l'influence des grands commerçants de Saint-Louis, en partie pour pallier le système de coutume qui nuisait aux échanges le long du fleuve. Tout autour de Podor, le Lao, fédération de l'Almamyat du Fouta, opposait également aux Français une résistance à partir des années 1840. L'insécurité était devenue réelle aux abords du fleuve.

La pacification prit, en 1848, une ampleur encore plus évidente avec l'abolition de l'esclavage, un réel problème économique. La France chercha à faire du Sénégal une terre propice à la culture de l'arachide, et l'option militaire fut plébiscitée. Les Français érigèrent des forts à Saldé (1853) et à Matam (1857) et, pendant toute la deuxième partie des années 1850, ils s'acharnèrent dans la colonisation du commerce le long du fleuve.

Le système des coutumes trépassa, puis, à deux doigts de l'échec contre le résistant toucouleur El-Hadj Omar Tall, ils finirent par retomber sur leurs pieds, jusqu'à contrôler tout le Walo et le Fouta (c'est-à-dire toute la vallée du fleuve) qui, en 1860, devinrent protectorats français.

Le gouverneur Louis Faidherbe fut le bras armé de la France au Sénégal. C'est lui qui, en 1855, reconstruisit le fortin anglais de Podor et en fit la base qui permit de libérer la ville de Matam assiégée par El-Hadj Omar Tall. En 1860, l'almamy du Lao adopta, sous l'influence d'El-Hadj Omar Tall, une position antifrançaise. Après quelques confusions et affrontements, le protectorat français fut radicalement établi sur le Fouta-Toro tout entier de 1860 jusqu'en 1880, à la suite d'une guerre civile dans la province du Lao.

Economie et culture. Podor est en fait situé sur une île d'une centaine de kilomètres à cheval sur le fleuve, l'île à Morfil (également orthographié " Morphil "), nom qui vient de l'ivoire, c'est-à-dire l'île aux éléphants, dont l'île aurait été jadis un sanctuaire. C'est la plus grande île du Sénégal et le point le plus au nord du pays, entre le fleuve Sénégal et le Doué, un de ses bras secondaires. Les Toucouleurs, qui sont les plus nombreux, sont venus en plusieurs vagues : ainsi les Soubalbé, spécialisés dans la pêche. Pierre Barthélemy David, un Anglais qui fit édifier le premier fortin (en 1744, selon le ministère du Tourisme), aurait trouvé des pots d'or au marché de la ville, et c'est de là que serait venu le nom de la ville. En réalité, tout le monde s'accorde pour reconnaître que l'origine du nom de la ville est certainement plus énigmatique, mais il est sûr que c'est David qui donna son nom à ce village sur la route de Bakel et du Galam aurifère.

Plutôt enclavée, située à 22 km de la route nationale et du village-carrefour de Tarédji, Podor souffre encore économiquement, malgré ce récent levier lié aux activités touristiques et culturelles. Bien que le site de Podor repose sur des sols très riches en argile propices à l'agriculture, principale richesse de la région, la poursuite de l'aménagement de périmètres irrigués reste une lueur d'espoir, sursaut économique très attendu. L'élevage transhumant et la pêche artisanale complètent aujourd'hui le menu d'une agriculture extensive et d'une succession de petits jardins maraîchers le long du fleuve.

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13.95 €
2019-09-18
456 pages
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