Guide de l'Ontario : Histoire

Premiers peuplements
<p>Totem au Musée canadien de l'histoire à Gatineau.</p>

Totem au Musée canadien de l'histoire à Gatineau.

S'il est difficile de dater précisément l'arrivée des premiers êtres humains dans la région, nous savons avec certitude qu'il y a 20 000 ans l'Ontario était, comme le reste de l'Amérique du Nord, recouvert d'une épaisse couche de glace. Puis, il y a environ 11 000 ans, ce glacier commença à fondre, laissant place à des terres fertiles et à de nombreux lacs. C'est à cette époque, le long de la côte qui deviendra le lac Ontario, et à proximité de la future ville de Toronto, que nous retrouvons la trace de premiers campements, occupés avant tout par des chasseurs nomades. Aux alentours de 2000 avant J.-C., la montée des eaux consécutive à la fin du réchauffement climatique dessine la côte et les îles de Toronto dans leur forme actuelle.
Progressivement, avec l'évolution du climat, les tribus se sédentarisent, délaissant la chasse au gibier nomade au profit de la pêche. Les techniques et les outils se modernisent. À partir du début de notre ère, ces peuplades commencent à établir des liens sociaux entre elles, et la population se développe. Ainsi, aux alentours de l'an 500, on estime la population du sud de l'Ontario à une dizaine de milliers d'âmes.
L'intensification des échanges entre les populations permet à l'agriculture de se développer, grâce à l'apprentissage des techniques. Le maïs, le tabac et le tournesol, en particulier, sont largement répandus et amènent les populations à se sédentariser davantage. C'est dans cet environnement qu'apparaît la culture iroquoienne, composée de communautés partageant la même langue et de nombreuses coutumes (par opposition à l'autre culture dominante de la région, les Algonquiens).

Chronologie

35 000 ans av. J.-C. > Arrivée des premiers Asiatiques en Amérique à travers le détroit de Béring, alors un isthme.

12 000 ans av. J.-C. > Les Inuits arrivent de la Sibérie et occupent l'Arctique canadien.

Il y a 10 000 ans > Les peuples autochtones s'installent sur le site actuel de la province de l'Ontario.

La Nouvelle-France (1534-1763)

1534 > Jacques Cartier entre dans le golfe du Saint-Laurent à la recherche du passage nord-est vers la Chine et prend possession du Canada au nom du roi de France. D'autres expéditions suivent (1536, 1541). La première tentative de colonisation reste sans succès. Le territoire encore inconnu est nommé " Nouvelle-France ".

Vers 1600 > 60 000 personnes de langue algonquienne et iroquoise vivent en Ontario. Les premiers explorateurs européens arrivent de France. L'Ontario est annexé à la Nouvelle-France. Elles forment des confédérations et instaurent un gouvernement au système démocratique.

1639 > Les jésuites français fondent la mission Sainte-Marie chez les Hurons, l'une des premières colonies européennes des terres intérieures en Amérique du Nord.

1648-1650 > La confédération huronne, alliée de la France, est anéantie par les Iroquois qui contrôlent la vallée du Saint-Laurent.

1600-1760 > Les Hurons et les Iroquois, les Français et les Britanniques se font constamment la guerre.

1741-1748 > Guerre franco-britannique qui se termine, avec le traité d'Aix-la-Chapelle, par le rétablissement du statu quo.

1755 > Le " Grand Dérangement " : voulant se protéger, les Anglais procèdent à la déportation de plusieurs milliers de francophones d'Acadie vers la Louisiane, la France et l'Angleterre.

1755-1760 > Une seconde guerre entre les colonies secoue le pays.

8 septembre 1760 > La capitulation du dernier gouverneur général français, le marquis Vaudreuil, à Montréal, marque la fin de la Nouvelle-France. Les Anglais dominent désormais l'Amérique du Nord.

10 février 1763 > Conformément au traité de Paris, la France cède toutes ses possessions canadiennes aux Anglais, sauf l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Le régime anglais (1763-1867)

Vers 1780 > Les loyalistes de l'Empire-Uni fuient devant la révolution américaine et s'établissent sur des terres dans le sud de l'Ontario.

1791 > L'Acte constitutionnel instituant un gouvernement représentatif partage le pays en deux provinces : le Haut-Canada (Ontario) anglophone et le Bas-Canada (Québec) francophone.

John Graves Simcoe devient le premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada.

1812 > Les troupes britanniques et canadiennes se battent contre les envahisseurs américains.

1814 > Le traité de Gand met fin à la guerre de 1812 et établit la frontière entre l'Amérique du Nord britannique et les Etats-Unis.

1825 > Attirés par la promesse de terres gratuites, Anglais, Irlandais et Ecossais viennent s'installer dans le sud de l'Ontario.

1827 > Ouverture de la première université ontarienne, l'Université de Toronto. Suivent l'Université Queen's à Kingston, en 1841, et l'Université Western Ontario à London, en 1878.

1837 > Suite aux nombreuses rébellions dans la province, William Lyon Mackenzie, premier maire de Toronto, dirige à son tour une rébellion pour réformer le gouvernement.

1841 > L'Acte d'Union institue un seul gouvernement pour le Haut-Canada et le Bas-Canada : le Canada-Uni.

1848 > La réforme gouvernementale rend le Conseil des ministres responsable devant l'Assemblée législative et les électeurs.

31 décembre 1857 > La reine Victoria choisi la ville d'Ottawa comme capitale de la Province du Canada.

La Confédération canadienne

24 mai 1867 > L'Acte de l'Amérique du Nord britannique crée la Confédération canadienne qui regroupe les provinces de Québec, de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse. Le nouvel Etat, appelé aussi " Dominion canadien ", obtient une totale maîtrise de ses affaires étrangères, mais la couronne britannique reste représentée. La nouvelle province de l'Ontario a pour capitale Toronto, son Premier ministre est John Sandfield Macdonald et son Assemblée législative comprend 82 membres.

Le Canada indépendant

1871-1900 > Les lignes ferroviaires s'étendent, de nouvelles industries voient le jour et les villes grandissent. Les industries minières et forestières prospèrent. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'agriculture demeure toutefois la principale industrie de l'Ontario.

1914-1918 > Pendant la Première Guerre mondiale, le Canada se range sans hésitation aux côtés du Royaume-Uni. La signature du traité de Versailles, le 28 juin 1919, par des délégués du Dominion, donne au Canada le statut d'Etat souverain. Plus de 600 000 Canadiens ont combattu.

Années 1920 > Les industries minières, de l'automobile, de l'acier, du fer, et des pâtes et papiers connaissent un essor soutenu en Ontario. Attirés par les emplois, des immigrants arrivent essentiellement d'Europe et d'Asie.

1929 > Crise économique mondiale ayant pour résultat du chômage, une récession économique et un ralentissement de l'immigration.

Le statut de Westminster abolissant les derniers liens coloniaux confère au Canada sa pleine et entière souveraineté.

1939 > Huit jours après la Grande-Bretagne, le Canada déclare la guerre à l'Allemagne. La participation à l'effort allié est considérable. Plus d'un million de Canadiens se battent au front.

Années 1950 > Le boom économique de l'après-guerre favorise la croissance démographique, la création de nouveaux emplois et l'immigration. Durant cette période, les principaux réseaux de transport sont construits. Les transports en commun s'améliorent et on construit des centrales nucléaires. La première station de télévision au Canada voit le jour à Toronto.

Années 1970 > La ville de Toronto devient le centre financier du pays.

Un grand nombre d'universités ont été fondées durant les années 1950 et 1960, puis agrandies durant les années 1970.

1976 > L'Ontario s'enorgueillit de l'ouverture de la plus haute structure du monde, la tour CN de Toronto.

Années 1980-2000 > La technologie de pointe se développe et devient un important secteur industriel en Ontario.

1990 > A la surprise générale, le parti néo-démocratique dirigé par Bob Rae remporte les élections de 1990.

1991 > La population ontarienne atteint 10 millions.

1992 > Roberta Bondar, d'origine ontarienne, devient la première Canadienne à aller dans l'espace.

1995 > Mike Harris, un conservateur, remplace Bob Rae au pouvoir, et ce, pour deux mandats consécutifs.

1999 > L'industrie ontarienne atteint de nouveaux records avec une production de plus de 3 millions de voitures.

2002 > Mike Harris démissionne. Ernie Eves devient Premier ministre de l'Ontario.

2003 > L'épidémie du syndrome respiratoire sévère (SRAS) frappe la province, une quarantaine de personnes meurent. Le SRAS a eu un impact important sur l'économie ontarienne provoquant un ralentissement de la croissance mais pas pour très longtemps.

La même année, les conservateurs sont défaits par les libéraux. Le chef de ce parti, Dalton McGuinty, devient alors Premier ministre de l'Ontario. Son parti est de nouveau élu majoritairement en octobre 2007 et, en 2011, il remporte une troisième victoire. Il s'agit d'une première en 125 ans pour un Premier ministre libéral.

De 2005 à 2009 > Les investissements dans les infrastructures culturelles continuent à Toronto qui, peu à peu, s'impose comme un centre culturel de renommée mondiale. Plus d'un milliard de dollars ont récemment permis la restauration des quelque 125 musées de la Ville Reine. Cette passion culturelle est reconnue mondialement.

2006 > Le Art Gallery of Ontario (AGO - musée des Beaux-Arts de l'Ontario) a fait peau neuve en 2006. Hébergée par le tout premier Opéra de Toronto, le Four Seasons Centre for the Performing Arts, inauguré en juin 2006, la Canadian Opera Company, l'une des plus illustres d'Amérique du Nord, produit des spectacles d'une qualité exceptionnelle.

Juin 2010 > Toronto accueille le sommet du G20 et la région de Muskoka le G8.

22 août 2011 > Jack Layton, chef du Nouveau Parti démocratique et chef de l'opposition officielle à la Chambre des communes, est décédé des suites du cancer. Il fut probablement l'homme politique le plus apprécié au pays en raison de sa proximité avec les Canadiens et de ses valeurs humaines et sociales qui transcendent les opinions politiques. Un pays tout entier est en deuil...

Automne 2012 > Le Premier ministre ontarien donne sa démission. La course à la chefferie du Parti libéral est alors lancée.

11 février 2013 > Kathleen Wynne est élue à la chefferie du Parti libéral de l'Ontario, à la suite de la démission de Dalton McGuinty. Elle est la première femme Premier ministre de l'Ontario.

En 2013 > Les scandales concernant le maire de Toronto, Rob Ford, se succèdent sans temps mort : abus de drogues et d'alcool, propos haineux, relations amicales avec des groupes criminalisés, etc. En novembre, il perd ses pouvoirs exécutifs.

Septembre 2014 > Rob Ford, bien qu'il souhaite obtenir un nouveau mandat, se retire de la course pour les élections municipales à la suite de la découverte d'un liposarcome (tumeur maligne). C'est John Tory qui occupe le poste de maire depuis le 1er décembre 2014.

22 octobre 2014 > Peu avant 10h du matin, une fusillade éclate à Ottawa sur la Colline du Parlement. Le suspect, Michael Zehaf-Bibeau, ouvre le feu au Monument commémoratif de guerre, tuant ainsi le caporal Nathan Cirillo, un réserviste de 24 ans. Le tout se poursuit au Parlement alors que le suspect tire plusieurs coups de feu avant d'être abattu par le sergent d'armes Kevin Vickers.

Juillet et août 2015 > Toronto est l'hôte des Jeux Pan/Parapanaméricains avec une dizaine de sites répartis dans la grande région métropolitaine.

19 octobre 2015 > la 42e élection générale du Canada est remportée par le Parti libéral du Canada de Justin Trudeau qui obtient en plus un gouvernement majoritaire. Un vent de changement fort attendu !

22 mars 2016 > Le cancer emporte l'ancien maire de Toronto, Rob Ford.

Année 2017 > Célébration du 150e anniversaire de la Confédération du Canada. Plusieurs festivités se sont tenues dans la province, notamment à Ottawa.

Été 2018 > Légalisation du cannabis dans tout le pays.

L'arrivée des Européens

En 1534, le navigateur Jacques Cartier traverse l'Atlantique et s'aventure dans l'embouchure du Saint-Laurent jusqu'à la future ville de Montréal. Cependant, l'avancée des Européens jusqu'au sud de l'Ontario devra attendre le XVIIe siècle. Il est difficile de donner une date précise à cette première installation, mais ce siècle est le théâtre de guerres incessantes entre les différentes tribus amérindiennes du sud de l'Ontario, auxquelles ont largement participé les armées françaises, s'alliant à l'une ou l'autre des tribus selon leur intérêt. Les Iroquois dominent la région de Toronto jusqu'à la fin du XVIIe siècle, alors que les missionnaires chrétiens s'établissent parmi les populations locales. À partir du début du XVIIIe siècle, une tribu algonquine, les Mississaugas, prend l'ascendant sur les Senecas, dernière tribu iroquoienne à avoir occupé la région.
La première partie du XVIIIe siècle est marquée par des guerres régulières entre Français et Anglais pour la domination de l'Amérique du Nord. Pendant cette période, Toronto reste une possession française. En 1750, les Français sont installés durablement à l'embouchure de la rivière Niagara (dans l'actuel État de New York aux États-Unis), à Fort-Niagara. Ils décident de créer une base avancée à l'emplacement actuel de Toronto, appelée Fort-Rouillé. Le but de ce poste est de faciliter le commerce de la fourrure avec les tribus locales. Mais les troupes britanniques remportent des batailles décisives et prennent le contrôle de la région. Le traité de Paris de 1763, par lequel la France cède la place à l'Angleterre dans la région des Grands Lacs, officialise cette installation.

Étienne Brûlé

Coureur des bois, hors-la-loi, aventurier épris de liberté, ce Français aurait été le premier Européen à remonter jusqu'à l'endroit où la rivière Toronto, aujourd'hui Humber River, se jette dans le lac Ontario. À l'époque, en 1615 précisément, les Hurons vivaient là. Envoyé par Champlain, le fondateur de la ville de Québec, Étienne Brûlé vit parmi eux, apprend leur langue, prend des notes sur leur mode de vie, sur la topographie et les richesses de l'endroit. " Aussi je vis mon garçon [Étienne Brûlé] qui vint habillé à la sauvage, qui se loua du traitement des sauvages, selon leur pays, et me fit entendre tout ce qu'il avait vu en son hivernement et ce qu'il avait appris desdits sauvages. Mon garçon avait fort bien appris leur langue " (extrait des Voyages du sieur de Champlain). Il faudra toutefois attendre plus d'un siècle pour que les Français y établissent un fort avant d'en être délogés par les Anglais peu après. Quant à Étienne Brûlé, l'aventure se termina mal, en 1633, lorsqu'il fut exécuté par ses amis Hurons qui, semble-t-il, lui reprochaient le viol d'une jeune Amérindienne.

L'ère britannique

Les premières années de la présence britannique dans le sud de l'Ontario sont marquées par de nombreux conflits avec les Premières Nations, qui acceptent mal la nouvelle hégémonie anglaise. La région se pacifie au cours du temps grâce à la négociation de traités. En 1783, une nouvelle menace se profile, avec l'indépendance des États-Unis, dont l'intérêt pour les terres canadiennes est manifeste. Dans cette atmosphère incertaine, les Anglais continuent leur installation. Ils achètent en 1789 aux Mississaugas les terres situées à l'emplacement de Toronto, et des colons s'installent, les transformant progressivement en terres agricoles.
En 1791, la Couronne britannique divise ses possessions canadiennes en deux provinces : le Haut et le Bas-Canada. En 1793, la pression des États-Unis se fait plus forte, et l'invasion du Canada semble imminente. John Graves Simcoe, gouverneur de la province du Haut-Canada, décide alors d'établir sa capitale à l'emplacement de Toronto. Il établit un plan de défense dont la principale composante est d'établir à Toronto un véritable centre de commandement fortifié destiné à protéger la frontière. Cette décision marque le début de Toronto en tant que véritable centre urbain, sous le nom officiel de York.
En 1796, le danger d'une invasion semble écarté définitivement lorsque Simcoe retourne en Angleterre. Des accords avec les États-Unis ont en effet résolu les différends avec la couronne. Mais York est désormais établi durablement en tant que capitale de la province, avec une modeste population de 200 militaires et 400 civils répartis entre la petite ville et ses environs.
York se développe lentement, pour atteindre en 1812 à peine 1 500 âmes. Les États-Unis déclarent cette année-là la guerre à l'Angleterre. Parmi leurs objectifs, l'invasion des terres britanniques canadiennes. Lorsque la guerre se termine trois ans plus tard, York a subi trois attaques importantes, et garde des cicatrices conséquentes.

La guerre anglo-américaine de 1812
<p>Fort George, site historique de la guerre de 1812 avec les Etats-Unis.</p>

Fort George, site historique de la guerre de 1812 avec les Etats-Unis.

Du 18 juin 1812 au 16 février 1815, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se livrent une guerre au Canada. La guerre constitue un chapitre important dans l'histoire du Canada et des Etats-Unis, qui sont sur le point d'annexer le Haut-Canada (l'Ontario) et tout le territoire situé à l'ouest de cette province. La première année de la guerre, soit en 1812, la stratégie américaine consiste à attaquer le Canada central sur trois fronts : la frontière de la rivière Détroit, la péninsule de Niagara et Montréal. Toutes ces campagnes se soldent par un échec. En 1813, la même stratégie est adoptée. Les Américains prennent possession de la frontière de Détroit et contrôlent temporairement la frontière à Niagara, mais leur plan d'attaque contre Montréal échoue. Au cours de la dernière année de la guerre, ils envahissent de nouveau la frontière à Niagara, mais ils ne réalisent aucun progrès substantiel avant la fin de 1814. Le traité de Gand, qui est négocié le 24 décembre 1814 et ratifié le 16 février 1815, met enfin un terme à la guerre. Très tôt, le Canada considère que les champs de bataille, les sites connexes et les héros de la guerre de 1812 ont une importance nationale. Car s'il avait perdu la guerre, le Canada n'existerait peut-être pas... Question de souligner cet événement marquant de l'histoire du pays, des célébrations ont été organisées jusqu'en 2014 afin de commémorer le bicentenaire de cette guerre.

Pour plus d'info : www.canada.ca/fr/services/defense/fac/histoiremilitaire/guerres-operations/1812 - www.discover1812.com - www.visit1812.com - www.1812niagaraonthelake.ca

Quatre grands hommes politiques

William Lyon Mackenzie (1795-1861). Journaliste et homme politique. En 1834, il fut élu maire de Toronto. En 1837, il dirigea la rébellion du Haut-Canada contre sir Francis Bond Head et la Compact Family qui se solda par un échec. En 1849, après avoir passé des années dans les prisons américaines pour avoir participé à l'affaire Caroline, une amnistie lui permit de revenir au Canada. De 1851 à 1858, il fut membre de l'Assemblée législative de la province du Canada-Uni. Il mourut dans sa maison à Toronto en 1861. Celle-ci est aujourd'hui un musée que l'on peut visiter (Mackenzie House).

Hippolyte LaFontaine (1807-1864) et Robert Baldwin (1804-1858). Pour certains historiens, le Canada ne serait pas né en 1867, mais quelques années plus tôt, grâce à ces deux hommes. L'un catholique francophone, l'autre protestant anglophone, ils ont entretenu une solide collaboration politique de 1848 à 1851 et permis d'établir des principes fondateurs à l'unification du pays. Au sein de leur gouvernement, pour la première fois, les décisions n'étaient désormais plus assurées par les pouvoirs coloniaux mais par des représentants élus par les citoyens. Ce moment décisif pour la démocratie représentative au Canada a jeté les bases juridiques d'une nation plus juste, fondée sur l'inclusion et l'égalitarisme. Entre autres faits majeurs, ils ont instauré un système d'éducation publique, opté pour une approche non violente de la politique et posé les fondements de la politique d'immigration du pays. Considérés comme des visionnaires, leur mémoire est rappelée chaque année à l'occasion de la Conférence LaFontaine-Baldwin, créée par John Ralston Saul, qui met à l'honneur un grand intellectuel public. En 2017, la 14e Conférence a accueilli Naomi Klein, donnant ainsi une couleur environnementaliste aux débats.

L'honorable John Sandfield Macdonald (1812-1872). Premier Premier ministre de l'Ontario, John Sandfield Macdonald cumule à la fois les fonctions de ministre et celle de procureur général de l'Ontario de 1867 jusqu'en décembre 1871. Jouissant d'une forte popularité, et reconnu pour son intégrité et savoir-faire politique, J. Sandfield Macdonald s'oppose aux politiques de lord Elgin. Avant la Confédération canadienne, il préconise le principe de la double majorité qui permettrait de sauvegarder plus adéquatement les particularités des deux parties du Canada-Uni. Alors que sa tentative d'appliquer le principe de la double majorité échoue, il propose une coalition des diverses tendances idéologiques au sein d'un même gouvernement afin de contrer l'instabilité politique qui règne au Canada. Cette coalition sera finalement appliquée par George Brown, John A. Macdonald et George-Étienne Cartier.

La Confédération canadienne

Durant le XIXe siècle, le Parti des Canadiens français, ou " Parti canadien ", dirigé par Louis-Joseph Papineau, est constamment confronté à l'autorité d'un gouverneur anglais et d'un Conseil législatif qui rejette, la plupart du temps, les lois présentées à la Chambre. La politique des Anglais, aggravée par la crise sociale et l'exaspération des Canadiens français nationalistes, aboutit, en 1837-1838, à la " Rébellion des Patriotes " de la région de Montréal : la Constitution de 1791 est alors suspendue.

Pour tenter de rétablir la situation, le gouverneur général anglais lord Durham propose l'union du Bas et du Haut-Canada, connue sous le nom d'Acte d'Union (1841), créant le Canada-Uni. Au libéralisme des débuts succède un conservatisme engendrant des crises qui ébranlent périodiquement le gouvernement. C'est dans ce climat agité que naît l'idée d'une confédération : l'Acte de Constitution de 1867 établit la Confédération canadienne qui comprend le Québec, la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick et l'Ontario. Le Manitoba (1870), la Colombie-Britannique (1871), l'île du Prince-Edouard (1873), la Saskatchewan et l'Alberta (1905) et, enfin, Terre-Neuve (1949) se sont joints progressivement à cette Constitution qui établit la séparation des pouvoirs entre celui du gouvernement fédéral et ceux des provinces chargées notamment de l'instruction. Afin de garantir le droit des minorités (protestante au Québec, catholique dans les autres provinces), le système scolaire reposera plus sur la religion que sur la langue, système très controversé.

La Constitution utilisera dès lors le terme de " Canada français " s'appliquant à l'ensemble des francophones du Québec, du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario et du Manitoba. Sir Wilfrid Laurier sera le premier Canadien français à occuper le poste de Premier ministre (1896-1911).

Le choix de la capitale canadienne : dix ans avant la Confédération, soit le 31 décembre 1857, la reine Victoria choisit la ville d'Ottawa comme capitale de la province du Canada. D'autres villes sont en lice : Montréal, Toronto, Québec et Kingston. De par sa situation géographique, sur la frontière entre le Haut-Canada et le Bas-Canada, Ottawa se trouve entre les francophones et les anglophones. De plus, la distance qui la sépare de la frontière avec les Etats-Unis la protège d'une éventuelle attaque américaine. Deux ans plus tard débutent les travaux de construction des édifices du Parlement du Canada sur Barracks Hill qui devient alors la colline du Parlement.

Les XXe et XXIe siècles

Première Guerre mondiale. Le pays à peine constitué, le gouvernement décide de participer à la Première Guerre mondiale du côté des Alliés. En effet, le 19 août 1914, soit près de deux semaines après la Grande-Bretagne, le Canada déclare la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. Dès lors, ce sont près de 30 000 Canadiens qui quittent le pays par bateau en direction de l'Angleterre. En participant à la Première Guerre mondiale jusqu'au bout, le Canada prend part au traité de Versailles et devient ainsi une puissance internationale reconnue. Par la suite, le pays va accueillir de nombreux immigrants attirés par un pays industriel en plein essor. Mais la crise de 1929 va mettre un frein à l'expansion économique. S'ensuivra une politique visant, entre autres, à limiter la main-d'oeuvre étrangère et subvenir aux besoins des plus démunis.

Seconde Guerre mondiale. A l'aube de la Seconde Guerre mondiale, le Canada cherche à conforter sa situation économique et développer des liens avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Cet objectif économique va se doubler d'une alliance militaire (pacte de défense mutuelle). La guerre va stimuler l'économie canadienne, mais creuser le fossé entre une majorité d'anglophones partisans de l'engagement aux côtés des Anglais, et des Québécois défavorables à la conscription. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le Canada va poursuivre ses efforts de coopération internationale dans les domaines économiques et militaires, tout en glissant vers une indépendance à l'égard des Etats-Unis, ainsi qu'une autonomie plus grande vis-à-vis de la Grande-Bretagne. C'est ainsi que le nouveau drapeau canadien est adopté par le Parlement en 1964 et proclamé par la reine en 1965.

Après-guerre. Le boom économique de l'après-guerre favorise la croissance démographique, la création de nouveaux emplois et l'immigration, notamment à Toronto qui voit affluer des centaines de milliers d'immigrants venant du monde entier, ce qui vaudra à la capitale ontarienne le titre de " ville la plus cosmopolite du Canada ". Dans les années 1970, elle dépasse en taille Montréal et absorbe nombre de villes voisines. Le GTA (Greater Toronto Area) est alors créé et aujourd'hui, cette agglomération représente la quatrième d'Amérique du Nord en nombre d'habitants et la première du Canada (en tenant compte de la région d'Hamilton). C'est également dans les années 1970 que Toronto détrônera Montréal en tant que capitale économique du Canada.

Des années 1980 à 2000, la technologie de pointe se développe et devient un important secteur industriel en Ontario. Au même moment, l'industrie automobile ontarienne va bon train avec un record de production en 1999 (plus de 3 millions de voitures). Les années suivantes seront cependant moins reluisantes alors que cette industrie s'enlise graduellement face à la compétition asiatique.

Politique canadienne récente. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Canada a agi dans le monde à titre d'agent de la paix dans de nombreux conflits et avait une image de blanche colombe. Toutefois, depuis l'élection du Premier ministre conservateur, Stephen Harper, en 2006, le Canada s'est rapproché des Etats-Unis et s'est engagé en Afghanistan, tout en revoyant à la baisse ses objectifs environnementaux, notamment en ce qui concerne l'accord de Kyoto, soulevant ainsi des vagues de contestations, notamment en Ontario et au Québec. Avec l'élection de mai 2011, où le parti conservateur a obtenu la majorité en Chambre, la situation se conforte. Ce gouvernement enfonce le pays dans le conservatisme et l'isole tranquillement du monde : le Canada ne siège plus au Conseil de sécurité de l'ONU depuis 2010 et s'est retiré du protocole de Kyoto en décembre 2011. Les années qui suivent ne sont pas plus reluisantes : les scientifiques on été muselés, notamment dans le secteur de l'environnement et du développement durable ; le milieu des arts et de la culture, les organismes nationaux de radio et télédiffusion, et tout ce qui a trait à ces domaines, ont vu une grande partie de leurs subventions disparaître ; l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta a pris de l'ampleur.

Mais le Parti conservateur a perdu les élections d'octobre 2015 et le Parti libéral de Justin Trudeau, élu majoritaire, s'affaire depuis lors à redorer l'image du pays, tant au Canada qu'à l'étranger. Parmi ses hauts faits, citons notamment la composition d'un cabinet gouvernemental paritaire (15 hommes-15 femmes), l'admission record du nombre de réfugiés au Canada depuis 2015, la légalisation du cannabis prévue pour le mois de juillet 2018 ou encore ses excuses publiques présentées aux nations autochtones.

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