Devenu en 2009 l'Etat plurinational de Bolivie, ce petit pays andin (comparé à ses géants voisins) compose l'un des panoramas les plus grandioses de l'Amérique latine : c'est un peu à la Bolivie qu'on rêve quand on se plonge dans l'imaginaire des paysans charriant leur caravane de lamas, des jungles inaccessibles, des petits villages perdus au bout du monde entre d'immenses montagnes enneigées... La Bolivie, c'est un concentré d'Amérique latine, et un peu plus encore.

A l'image du président Evo Morales Ayma, le pays est indien (comprenez : indigène) et fier de l'être. La difficile question de l'identité des Boliviens semble peu à peu trouver réponse dans ce creuset, né de la coexistence dans la différence et du partage de valeurs communes qui pourrait devenir un vrai modèle d'intégration.

Au-delà de cette extraordinaire synergie d'ethnies, ce pays est l'un des plus fascinants qui soit. La richesse archéologique n'a d'égale que celle des paysages andins, d'une beauté dépouillée indicible, ou celle encore des basses terres amazoniennes, extraordinaire réserve en termes de biodiversité. Notre compatriote Alcide Dessalines d'Orbigny écrivit un jour que " si Dieu venait à détruire l'oeuvre de sa création, Il devrait préserver la Bolivie, où sont concentrées toutes les espèces et essences du monde ". Plus tard, Miguel de Cervantès fit proclamer à son hidalgo de Don Quichotte : " Cela vaut un Potosí ", forgeant ainsi une expression qui, en langue castillane, désigne le parangon de toutes les richesses. Si les filons d'or et d'argent se sont depuis longtemps taris, ses beautés naturelles, son sens de l'hospitalité, sa forte spiritualité et ses monuments baroques sont bien les nouvelles ressources de la Bolivie, pays surréaliste par excellence, où tout semble possible, en étant improbable.

L'équipe de rédaction

REMERCIEMENTS. A Myriam Fernandez, Catherine Gilloury et toute l'équipe de Terra Andina, à Christophe Moris à Sucre ainsi qu'à Jael à La Paz et Copacabana, Clotilde à Tarija, Eloy à Uyuni, Oscar à Potosi, Mohamed Juliano à Rurrenabaque, sans oublier Perrine, bien sûr.

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Vue de la laguna Verde.
Vue de la laguna Verde.

Apolino, un piroguier d'Amazonie, nous résumait un jour son insaisissable pays : " Bolivia ? Todo posible, nada seguro ! " (En somme, ici, tout est possible [vraiment] mais rien n'est sûr [jamais] !) Car la Bolivie est un pays aux extraordinaires contrastes : fascinant, attirant, mais aussi, pour ses inévitables imprévus, fatigant, déroutant ou déconcertant. Une seule certitude, le pays marque par ses contrastes et ses extrêmes.

Diversité des paysages

Grande comme deux fois la France, la Bolivie propose une incroyable diversité de paysages géographiques et biogéographiques. Altiplano, Llanos, Titicaca, Yungas, Lipez, Amazonie, autant de noms pour des paysages très différents les uns des autres. Hauts plateaux perchés à 4 000 mètres et entourés de sommets culminant à plus de 6 000 mètres d'altitude, plaines infinies se perdant aux confins du Brésil et de l'Argentine, désert de pierres et de volcans où les températures peuvent osciller entre + 20 °C et - 25 °C en l'espace de 24 heures, vallées intertropicales à la douce moiteur...

On peut commencer une journée en contemplant des neiges éternelles, à plus de 5 000 mètres d'altitude, et la terminer au bord d'un torrent, un jus de papaye à la main, en écoutant le chant des perroquets d'Amazonie.

Une population riche de sa diversité
La Bolivie compte la plus grande population indienne d'Amérique du Sud.
La Bolivie compte la plus grande population indienne d'Amérique du Sud.

10 millions d'habitants, dont plus de 6 millions d'Indiens qui, hormis un passeport identique, ne présentent souvent rien de commun. Un Aymara de l'Altiplano n'a, en effet, rien à voir avec un Yungueño et encore moins avec un Indien du bassin amazonien. Couleur de peau, langue, traditions, tout diffère radicalement.

A cet égard, la Bolivie constitue, sans doute, le dernier refuge de nombreuses cultures amérindiennes : Aymara, Quechua, Guarani, Tocaña, Essejas, Chimanes...

Il suffit de déambuler dans La Paz, ville creuset par excellence, et d'y suivre un poncho arc-en-ciel, ou une cholita affairée dans l'un des nombreux marchés populaires où se mêlent, apparemment dans le plus grand désordre, des dizaines d'étals colorés et odorants.

Un pays hors des sentiers battus

Un constat en forme de paradoxe : malgré une histoire et une culture authentique éminemment riches, la Bolivie est loin d'attirer autant de voyageurs qu'elle le mérite. Car, à la différence du Pérou voisin, les gouvernements successifs n'ont pris que récemment conscience de l'attrait que pouvait exercer ce patrimoine.

Des témoignages historiques dans tout le pays
Site archéologique de Tiwanaku.
Site archéologique de Tiwanaku.

Sur ce territoire qui en regorge, on n'a pas encore fini de recenser les sites précolombiens que les Espagnols détruisirent ou enterrèrent pour mieux imposer leur autorité et leur religion. Quant à ceux déjà découverts, ils sont loin d'être mis en valeur comme ils le méritent.

Qui sait, par exemple, que les rives du lac Titicaca accueillirent l'empire de Tiwanaku, la première grande civilisation du continent, et que les Incas, des siècles plus tard, assimilèrent et s'approprièrent ses connaissances, ses techniques et ses croyances ?

Une culture vivante et préservée
Morenada du carnaval d'Oruro.
Morenada du carnaval d'Oruro.

De l'absence de tourisme de masse, la Bolivie a tiré quelques profits. Elle a, notamment, su conserver intactes ses traditions et ses coutumes. Son folklore reste extrêmement vivace dans toutes les régions et, plus étonnant, dans toutes les couches de la population, sans distinction ; de telle façon que danses et musiques ancestrales se perpétuent à l'occasion des nombreuses fêtes, religieuses ou civiles, que compte le calendrier. La plus importante d'entre elles est le carnaval d'Oruro, rassemblant en février près de 15 000 musiciens et danseurs venus du pays tout entier, ce qui en fait le plus grand carnaval autochtone du continent, après celui de Rio. La fête comme exutoire : la figure est connue, mais reste adaptée.

Des ressources immenses
La Bolivianita, pierre précieuse endémique de Bolivie, exposée à la Casa de la Moneda de Potosí.
La Bolivianita, pierre précieuse endémique de Bolivie, exposée à la Casa de la Moneda de Potosí.

Autre paradoxe, et non des moindres : dans ce pays, dont le revenu par tête est en moyenne le plus faible du continent, les ressources sont immenses et leurs limites encore inconnues. La richesse de ce début de siècle est certainement le gaz naturel ; la Bolivie possédant les gisements les plus importants du continent américain. Les mines de Potosí, dont l'essentiel fut exploité par les Espagnols, sont considérées comme le gisement d'argent le plus important jamais découvert. Et que dire des trois Boliviens, les " barons de l'étain ", qui étaient comptés, au début du XXe siècle, parmi les dix plus grandes fortunes du monde ?

Dépaysement et surprises
Montagnes boliviennes.
Montagnes boliviennes.

La Bolivie a su conserver une authenticité rare, à l'image de celle du Guatemala. Nulle part ailleurs en Amérique du Sud, vous ne vous sentirez autant dépaysé par la force et la richesse des cultures, l'harmonie des couleurs et de la musique, la rudesse ou la douceur des climats, la gentillesse d'un peuple paisible. On est charmé par cette absence permanente de routine et les surprises qu'elle réserve. Et, pour les mêmes raisons, elle fatigue le voyageur occidental. On ne passe généralement pas ses vacances en Bolivie, on y voyage. Un voyage se prépare forcément, car l'incertitude règne ici en maître. A moins de se contenter du circuit traditionnel qui relie les principales villes par les bus locaux. Trop frustrant, tant la Bolivie, pays du bout du monde, est un hymne à l'aventure, aux rencontres authentiques et aux imprévus qui deviennent souvent nos meilleurs souvenirs... une fois rentré !

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