À environ 70 km de La Paz. Pendant presque 3 000 ans, la culture Tiwanaku se développa à partir de la région du lac Titicaca, son berceau naturel, pour élargir ensuite, dans sa phase impériale, son aire d'influence à celle de l'Empire Inca. " Espace, temps et cultures ", c'est par ces termes que l'archéologue bolivien Carlos Ponce Sanginés caractérise cette civilisation, créatrice de l'une des architectures les plus monumentales et les plus pures de l'aire andine. Cette civilisation, qui répandit sur les Andes son savoir-faire dans les domaines de l'agriculture, des mathématiques, de l'astronomie et de l'ingénierie, disparut mystérieusement au cours du XIe siècle. La relation privilégiée qu'entretenaient les hommes Aymaras avec leur environnement leur permit d'obtenir de très hauts rendements agricoles par des méthodes d'irrigation naturelles, les suka kollos, dont on voit encore les traces sur l'île du Soleil, et de maîtriser la culture d'un mystérieux tubercule, la papa (pomme de terre). Tiwanaku, aussi appelé Tihuanaco, est la première civilisation de la planète à avoir utilisé dans son alimentation la pomme de terre, originaire du bassin du lac Titicaca.

On dit que Wiracocha, le dieu aux deux sceptres qui règne depuis 1 000 ans du haut de la porte du Soleil, ne pleure plus. Ses descendants ont enfin compris que passé, présent et futur font partie d'une seule unité, le Pachacuti. Le 21 juin, les touristes se pressent pour assister à l'illumination du temple par le soleil.

Histoire

Tiwanaku offre, aujourd'hui encore, une leçon d'histoire et de civilisation andine incroyablement riche. Les suka kollos, ces étonnants systèmes de canaux remplis d'eau qui coupent les terres de l'Altiplano, ne furent pris au sérieux par les agronomes que vers la fin des années 1980. Pourtant, les paysans de ces plateaux, où la température annuelle moyenne n'excède guère les 10 °C et où la terre n'est pas très riche, ont réussi, sans engrais ni fertilisants, à multiplier par vingt les récoltes de pommes de terre ou de quinoa.

Lorsque l'archéologue Arthur Ponsansky commença ses recherches dans les années 1910, il pensait trouver à Tiwanaku le berceau de la culture latino-américaine, vieille de 14 000 ans. Il dit même que Tiwanaku était le paradis terrestre et qu'il s'agissait de la plus ancienne ville du monde. Affirmation qui ne devait pas plaire à nos amis syriens ou irakiens... Des études plus sérieuses de Bennet (1932) ou de Ponce Sanginés (1957) avancèrent des hypothèses plus crédibles quant au développement historique de Tiwanaku.

Nous pouvons situer Tiwanaku à la moitié du parcours des cultures andines, c'est-à-dire entre 900 et 1200 après J.-C. C'est l'époque où la culture Tiwanaku atteignit son étape dite " impériale ", s'étendant sur une surface comparable à celle de l'Empire inca. Mais bien avant ce bref cycle de domination économique et culturelle (les signes de Nazca au Pérou sont contemporains de l'époque impériale et révèlent une forte influence Tiwanaku), cette civilisation passa par trois étapes.

Vers 1850 avant J.-C., Tiwanaku, dans sa phase pré-urbaine, était un petit hameau de pêcheurs du lac Titicaca. Cette époque fut marquée par un acquis considérable : la culture de la pomme de terre. Les cultivateurs essayèrent les variétés et améliorèrent petit à petit celle déjà existante. Connaissaient-ils déjà la génétique ? Dans tous les cas, ils avaient une bonne maîtrise empirique de la question. À cette même époque, ils pratiquaient déjà la fonte du cuivre.

Pour en savoir plus sur la civilisation Tiwanaku, procurez-vous l'extraordinaire bouquin de Hugo Boero Rojo, Tiwanaku, disponible en anglais et en espagnol. Vous le trouverez aux Editions Los Amigos del Libro.

La phase urbaine correspond à l'époque du peuplement aux abords des ruines actuelles. Les techniques agricoles se perfectionnèrent avec l'invention des suka kollos (canaux d'irrigation) et des takanas, les cultures en terrasses pratiquées dans toutes les îles du lac Titicaca et ses abords et qui, contrairement à l'idée reçue, ne sont pas d'origine inca. Avec l'appropriation des excédents agricoles, la société Tiwanaku se stratifia en classes, savants et prêtres constituant la classe dominante. Tiwanaku commença à échanger des produits : l'or avec les habitants de la région, plus tard devenue la ville de La Paz, la coca avec les Yungas et le cuivre avec Coro Coro.

Les édifices furent en grande partie construits lors de la phase classique. La matière première, l'andésite, fut transportée depuis le site actuel de Copacabana à travers le lac Titicaca. La poterie et les arts textiles atteignirent leur apogée. En même temps qu'on assistait à l'expansion impériale, commença la construction des voies, comme celles connues aujourd'hui sous le nom de l'Inca, en vue de faciliter les échanges entre l'Amazonie et les Andes.

L'empire s'étendit ensuite de San Pedro d'Atacama, au Chili actuel, jusqu'à Huari, au-delà de la côte Pacifique du Pérou actuel. Tiwanaku fabriqua le bronze et commença à exploiter l'étain. La disparition de cette civilisation reste un mystère. Cependant, outre les attaques ennemies que subissait l'empire, on pense qu'un très important bouleversement climatique, vers la fin du XIe siècle, provoquant un recul des eaux du lac Sacré, porta un coup fatal à ce qui était la source de vie de cette ville.

Les lieux incontournables de TIWANAKU

Photos de TIWANAKU

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15.95 €
2017-11-29
480 pages
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