To yambi yo awa na Congo ! (lingala)

Betou mé yamb' ngue na Congo ! (munukutuba)

Mboté* puissant fleuve Congo aux rives majestueuses et au rythme sauvage, plages désertes de sable fin bordées de Mangrove que tutoient gorges de latérite aux rouges intenses au sud. Mboté* forêts primaires exubérantes du nord, savane arbustive à perte de vue des plateaux batékés, parcs et réserves animalières peu fréquentés et riches d'espèces rares disséminés sur l'ensemble du territoire, dont Brazzaville, capitale affairée où se joue le destin politique du pays tout en contraste avec Pointe-Noire l'industrielle, dont l'enjeu est ailleurs, du côté des pétrodollars, sont les deux villes symboles.

Quelle que soit sa façon d'aborder l'officielle République du Congo, ou" Congo-Brazza " pour les intimes, ses terres, belles à couper le souffle, invitent le voyageur à s'affranchir des idées reçues, à défricher les voies, à sortir des clichés pour atteindre le coeur de l'Afrique Centrale, profonde et sauvage tout en touchant du doigt l'extrême vitalité d'un peuple vibrant et attachant. Car c'est là l'extrême richesse de ce voyage qui finit par trouver son sens : la phénoménale vitalité des Congolais, leur humour débridé, leur usage classique du français modelé à la sauce congolaise, leur réelle gentillesse, la dignité de tous, au-delà des difficultés quotidiennes, dont la formule " on est là, on est vivant " résume les longs discours. Les bruits de bottes qui raisonnent aux frontières du pays, sans pour autant l'atteindre, son opposition systématique à son chaotique frère ennemi, le " Congo d'en face " - même s'il est vrai que c'est un voyage dans le voyage que de passer de Brazzaville et Kinshasa, en vis-à-vis, tant elles se distinguent - ne doivent pas faire vivre le Congo uniquement en référence ou en opposition avec ses mastodontes et nerveux voisins. Relativement stable au regard de la situation générale de la région, le Congo, au futur plein d'espoir et aux potentiels infinis, finalement destination peu connue, mérite, sincèrement, un considérable détour.

L'équipe de rédaction

* " Bonjour " (commun aux deux langues)

Remerciements. Mille mercis à tous ceux qui m'ont accueillie les bras ouverts. En particulier, Jean Robert et Ben du WCS, le Père Lucien et l'équipe de l'Ordre de Malte, l'Abbé Maurice et Licius de l'Espace France Volontaire. Merci aussi à tous mes amis de Brazzaville et Pointe-Noire, Florence, Stefanie, Julien, Benoît, Josselin, Mathilde, Damien, Marie, Jonathan et compagnie, qui m'ont conseillée et ou hébergée. Enfin, un grand merci à Camille Esmieu.

Mise en garde

Le Congo n'est pas, à proprement parler, une destination " à risque ". Si danger il y a, il vient de l'extérieur : entouré de pays instables, voire en guerre - République démocratique du Congo sur toute sa façade sud, République centrafricaine au nord, frontière poreuse avec le Cameroun d'où peuvent arriver des bandes armées - il est conseillé aux voyageurs de ne pas trop se frotter aux frontières. La situation évoluant très vite, renseignez-vous avant d'entreprendre quoi que ce soit. A l'intérieur du pays, signalez vos déplacements importants en dehors des grandes villes. Exception faite des mauvaises conditions de circulation, on ne note pas d'incidents majeurs sur les routes.

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Malgré ses 170 km de façade maritime et presque autant de sable fin, ses forêts aux essences et aux espèces rares et ses paysages naturels somptueux, le Congo n'a jamais été mis en avant comme un lieu de villégiature. Ce n'est donc pas une destination pour le tourisme de masse et, à moins d'un changement radical de politique générale, il ne le sera probablement jamais. Vous y trouverez des lieux peu cartographiés, quelques pistes à ouvrir et une curiosité souvent bienveillante envers l'étranger. Un pays où la dimension humaine prend tout son sens, où le tourisme reste artisanal dans un monde où il est une industrie, même si les temps changent et que le Congo, qui a retrouvé la paix, s'est ouvert aux flux financiers et humains de la mondialisation, prenant peu à peu conscience de ses atouts touristiques. Offrez-vous le privilège d'être encore considéré comme une personne plutôt que comme un touriste.

« Civilisés jusqu’à la moelle des os ! »

... s'extasiait en découvrant les peuples du Congo l'ethnologue allemand Léo Frobénius qui a entrepris près d'une douzaine d'expéditions en Afrique noire entre 1904 et 1935.

Si aujourd'hui la notion de " civilisé " a des relents coloniaux, les Congolais n'en restent pas moins, très majoritairement, des personnes faisant preuve, sans affectation, d'une délicate politesse.

On peut ici (pour peu que l'on sache sourire et se montrer respectueux) se perdre sans soucis, aller au coeur des quartiers, demander son chemin, se faire guider. Une insouciance et une liberté rares...

Rumba et noix de cola

Plus précieuse que le pétrole : l'énergie que déploient les Congolais dans leurs plaisirs. Une vitalité rieuse, une mobilité et une gourmandise des choses qui rend le quotidien vibrant. Le soir venu, cette énergie trouve un autre terrain d'expression dans trois des grandes passions congolaises : la danse, la bière et la séduction. La nuit congolaise pulse, du trottoir des quartiers populaires aux boîtes huppées du centre-ville, même si elle peut paraître provinciale au regard de celle de Kinshasa avec ses boîtes qui ne ferment jamais. La conviction que chacun met à s'amuser et à afficher sa présence sur le mercato de la nuit vaut son pesant de ginseng... " On est là ! " disent les Congolais. Avec en prime, la sécurité.

La magie de la forêt Congo

Dès que l'on pénètre dans les terres, la diversité des biotopes n'a d'égal que l'opulence des paysages. Le Congo, irrigué de toute part, généreusement arrosé, est une terre nourricière à l'exubérante flore. La végétation se décline en forêt dense primaire, forêt inondée, forêt galerie, mais aussi savane, steppe, papyraie, mangrove, prairie flottante... Le Congo est, sorti des deux grandes villes du pays - et encore -, le coeur vert de l'Afrique centrale, second poumon de la planète. Les nombreuses réserves naturelles du pays vous permettront de découvrir une faune africaine variée, même si les conditions sont parfois sommaires, à l'exception des parcs de Conkouati au sud ou de la Léfini vers Brazzaville, où les conditions de confort sont meilleures, sans parler du parc d'Odzala au nord du pays - unique, aux accents de lodges sud-africains. Mais les forêts de la Sangha et de la Likouala qui l'entourent, dont le coeur est le territoire privilégié des Pygmées, restent des terres difficiles d'accès et à parcourir... Quels que soient le type d'approche souhaitée, le confort minimum exigé, le voyageur évolue au Congo hors des critères normés de l'industrie touristique. Car on vient au Congo, si ce n'est pour y travailler, pour résolument sortir des sentiers battus.

Avertissement

Infrastructures inégales, réseau routier en devenir, disparités de développement entre les régions, se déplacer au Congo relève parfois du casse-tête en saison sèche voire de l'impossible en saison des pluies. La seule voie de transport " fiable et rapide " entre la majorité des villes, en dehors de celles posées sur la route du Nord, reste l'avion - y compris pour la liaison entre les deux grandes villes du pays, Pointe-Noire et Brazzaville. Ne comptez donc pas sur un timing précis et serré si vous envisagez de sortir des sentiers battus. Dans ce cas, prévoyez aussi de sacrifier un peu de confort : les coupures récurrentes d'électricité de certains quartiers - qui peuvent s'éterniser plusieurs jours - doublées d'une distribution aléatoire de l'eau " au robinet " rendent parfois le quotidien plus " compliqué ".

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