Au premier coup d'oeil, Brazzaville est peu impressionnante. Et pourtant, à bien la fréquenter, elle se révèle être une capitale délicieuse, au charme presque rétro : larges avenues, délicatesse des vieux manguiers des quartiers bourgeois, fleuve majestueux, quelques grandes cases coloniales décrépies, qui parlent d'un temps déjà lointain ; la gentillesse des gens surtout, leur politesse à toute épreuve doublée d'une élégance toute parisienne, jusque dans les ruelles marécages, où l'on s'enlise, la saison des pluies venue, jusqu'aux genoux. Il y a ici une douceur de vivre entêtante, et Brazzaville surprend. Sa végétation dense et sauvage contraste avec ses jardins publics taillés au cordeau, ses bananiers, manguiers et palmiers opulents plantés dans les parcelles - la propriété - tranchent avec ses ruelles de terre sableuse, presque grises. De " Brazza la verte ", qu'elle est toujours, elle devient " Brazza la moderne " : grands immeubles en verre miroir, constructions permanentes, travaux d'aménagements et efforts d'assainissements dessinent la ville de demain.

Mais que cette sensation générale ne vous fasse pas oublier la réalité congolaise : coupures d'électricité incessantes, quartiers où l'eau arrive mal, marchés grouillants, petits commerces de rues, ruelles dépotoirs et routes défoncées, surtout dans les arrondissements éloignés du centre-ville, nuées de taxis vert et blanc, si nombreux qu'on se demande s'il y a assez de Brazzavillois pour les conduire - ou pour les prendre ! -, veillées mortuaires où chants et percussions résonnent toute la nuit, nettoyage méthodique de la parcelle de bon matin, avant que la chaleur n'accable, choeurs religieux, balai des chaises en plastique de la rue à la maison pour prendre le frais, groupes d'enfants en uniformes se rendant à l'école. Débrouille, combines, courage, incertitude du lendemain, recyclage infini de tout ce qui est cassé ou défaillant, sortie de fin de semaine en se disant que, si le salaire d'il y a trois mois était tombé, on pourrait plus s'amuser, mais que tout de même on va tout faire pour s'amuser... Quoi qu'il en soit, on est rarement occupé au point de ne pouvoir renseigner le mundelé, le Blanc, perdu dans le dédale de ruelles de son quartier et discuter un moment avec lui...

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CONGO BRAZZAVILLE

Guide CONGO BRAZZAVILLE

CONGO BRAZZAVILLE 2018/2019

15.95 €
2018-01-10
264 pages
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