Situation. Bitola (Manastiri en albanais), 75 000 habitants, est le chef-lieu de la municipalité du même nom (93 000 hab.). La ville est située 34 km au nord de Florina (Grèce), 43 km au sud-ouest de Prilep, 52 km au sud de Kruševo, 73 km à l'est d'Ohrid, 174 km au sud de Skopje (via Veles).

Description. Bitola est l'une des plus agréables villes du pays avec ses mosquées et ses églises, son vieux bazar ottoman et ses belles maisons néoclassiques, sans oublier le parc national du Pelister, tout proche. Surnommée " la ville des consuls ", l'ancienne Monastir a pourtant beaucoup perdu de son aura. Aujourd'hui majoritairement slave (88 % de la population), mais autrefois multiethnique (grecque, juive, turque, aroumaine, etc.), elle est la seconde ville la plus peuplée de la République de Macédoine... après avoir été l'une des principales cités de l'Empire ottoman. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle a même manqué de devenir la capitale de la jeune République de Macédoine, mais Tito lui préféra Skopje. De fait, pendant tout le XIXe siècle, alors que Skopje est décrite par les voyageurs occidentaux comme une charmante bourgade orientale, Monastir, elle, est courtisée par les grandes puissances qui finissent par obtenir l'autorisation de la Sublime Porte d'y ouvrir des représentations diplomatiques. La France sera ainsi le troisième pays occidental, après l'Autriche-Hongrie et la Grande-Bretagne, à disposer officiellement dès 1855 d'un agent consulaire.

Géographie. Traversée par la rivière Dragor dans sa partie la plus ancienne, la ville s'est développée le long de ce cours d'eau, au pied des montagnes du Pelister et en bordure de la grande plaine de Pélagonie. Bitola constitue la porte d'entrée du splendide parc national du Pelister. Si donc la ville est étendue, le terrain reste plat et d'un accès facile pour le touriste non motorisé.

Économie. Depuis l'indépendance, ce sont principalement les Grecs qui font vivre l'économie locale. Du fait de la proximité géographique, ils ont massivement investi dans l'industrie textile dans les années 1990. Puis, avec l'ouverture des casinos dans les années 2000, les Grecs sont devenus la plus importante source de revenus touristiques. Enfin, depuis quelques années, la crise qui frappe le pays voisin a poussé plus d'un millier d'entrepreneurs helléniques à créer leur entreprise en république de Macédoine, où ils profitent d'une taxation moins forte et de la nouvelle zone franche de Zhabeni, au sud de Bitola.

Festivals, consulats et cimetières. La ville est connue pour ses festivals : Festival international du film des frères Manaki, Interfest (musique classique, début octobre, www.interfest.com.mk), Petit Montmartre (concours de dessins réalisés par des enfants, fin mai, www.smallmontmartreofbitola.com), etc. Depuis les années 1990, Bitola a aussi renoué avec son passé de ville diplomatique. Jusqu'en 1913, elle compta treize représentations étrangères, ce qui lui valu le surnom de " ville des consuls ". Après l'indépendance de la Macédoine, le consulat français fut le premier à rouvrir en 1996. Autre particularité : les cimetières. Il existe en effet plus de huit cimetières différents, parmi lesquels un français, un serbe, un turc, un albanais, un valaque, un juif, un allemand, etc.

Histoire

Antiquité et Moyen Âge. Profitant d'un emplacement stratégique sur la Via Egnatia, la puissante cité marchande d'Heraclea Lyncestis s'est développée 3 km au sud pendant un millénaire. Avec les invasions slaves du VIe s., la cité est progressivement abandonnée au profit de l'emplacement actuel. Disputée entre Bulgares et Byzantins, la ville reste longtemps une simple bourgade éclipsée par Ohrid. Dotée d'un monastère aujourd'hui disparu, elle est prend le nom de Bitola (" monastère " en vieux-salve) vers le Xe siècle. Il faut attendre le siècle suivant pour que la Vitoliabyzantine revienne au premier plan économique.

Période ottomane. Conquise par les Ottomans en 1382, la ville est renommée Manastır mais sera désormais connue sous son grec : Monastiri ou Monastir. Grande ville de garnison, elle se développe fortement grâce à l'arrivée de colons d'Anatolie, puis de Juifs séfarades chassés d'Espagne (1492), qui, au XVIIe siècle, représentent près de la moitié de la population. Grâce à la réputation de ses tisserands et à son emplacement entre l'Albanie et la Grèce, Monastir attire les marchands de tout l'Empire, mais aussi de Venise et Marseille. Au tournant du XXe siècle, cette cité multiethnique ouverte sur l'Europe va jouer un rôle important dans la fin de l'Empire ottoman et la création du futur État turc. C'est ici, lors de son passage à l'école militaire de Monastir (1896-1898) que le jeune Mustafa Kemal - le futur Atatürk, fondateur de la Turquie moderne - découvre les auteurs des Lumières et apprend le français au contact des lazaristes. C'est aussi là, que va éclore le mouvement Jeunes-Turcs qui aboutira au renversement du dernier sultan (1908) et au génocide arménien (1915).

XXe siècle. Après les Guerres balkaniques et l'effondrement de l'Empire (1913), Monastir passe sous contrôle serbe. Débute alors toute une série de drames qui modifie profondément le caractère de la ville, à commencer par l'exil d'une majorité des habitants turcs et albanais dès 1913. Conquise par l'armée bulgare en 1915, Monastir devient l'un des premiers objectifs de l'armée française d'Orient et lieu d'immenses et sanglantes batailles en 1916 et 1917. Elle sera également profondément marquée par la Deuxième Guerre mondiale, durant laquelle elle est annexée à la Bulgarie. Environ 25 000 habitants trouvent la mort, dont la quasi-totalité de la communauté juive, déportée et massacrée par les Nazis en 1943 dans le cadre de la Solution finale. À la libération, la ville est renommée Bitola et se voit dotée de la première école de langue " macédonienne ". Cela s'accompagne d'un vaste exode des habitants grecs, albanais, bulgares et aroumains. Un temps pressentie pour devenir capitale de la République yougoslave de Macédoine, elle gardera longtemps le rôle de premier pôle économique.

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