Montréal, la douce endormie qui ne dort jamais ! Quatrième ville francophone du monde, c'est la seule ville du Canada à avoir su mixer les influences du Vieux Continent avec la modernité nord-américaine. Fondée en 1642 sur l'emplacement du village amérindien d'Hochelaga, la ville de Montréal est un site historique de la colonisation de l'Amérique du Nord par la France et la principale ville française d'Amérique. Riche du mélange des vagues d'immigrations avec plus d' 1 600 000 habitants, c'est devenu l'une des villes les plus en pointe en terme culturel sur le continent nord-américain. Parcs, clochers, gratte-ciel, quartier historique à l'européenne, festivals, pistes cyclables et innombrables restaurants qui jalonnent ses rues, tout y est. La richesse de sa population offre d'ailleurs une diversité culinaire appréciée, les bistrots français côtoyant des traiteurs juifs, des trattorias italiennes, des steakhouses et des restaurants cantonais.

Montréal arbore aussi un côté jeune et dynamique avec ses nombreux collèges et universités, dont la réputée McGill University. Bref, une ville vivante, pleine d'histoire et qui saura assurément vous charmer !


Panorama sur le centre-ville de Montréal depuis le mont Royal.© Seven Chang - Fotolia

L'une des plus belles basiliques d'Amérique du Nord, à n'en pas douter... Il faut quitter la place d'Armes qui la cercle pour entrer dans ce musée étonnant. Bâtie en style néogothique entre 1824 et 1829 par un architecte irlandais immigré à New York, James O'Donnell, dont le corps est enseveli sous l'un des piliers de la basilique, elle a longtemps été le phare dans le paysage urbain de Montréal avec ses tours jumelles de 68m de haut, Tempérance et Persévérance. Mais c'est également sa décoration intérieure faite de peintures et vitraux et que l'on doit à l'architecte français Victor Bourgeau en 1876 qui attire les foules : sculptures à foison, boiseries et dorures, retables du choeur, chaire en noyer noir sculptée par Louis-Philippe Hébert particulièrement remarquable, orgue monumental dû aux frères Casavant de Saint-Hyacinthe et qui serait l'un des plus grands du monde (concerts d'orgue), baptistère décoré par Ozias Leduc, beaux vitraux de la partie inférieure etc.

Sans oublier le clou de la visite, la chapelle du Sacré-coeur reconstruite de ses cendres en 1982, sa voûte en acier recouverte de bois de tilleul et son gigantesque retable de bronze, création contemporaine de Charles Daudelin. 

Ancien poumon de l'économie canadienne et montréalaise, là où les premiers colons se sont établis au XVIIe, le Vieux-Port s'est converti en parc récréotouristique, s'étendant sur 2,5 km et offre une vue imprenable sur le majestueux fleuve Saint-Laurent et les îles du parc Jean-Drapeau. Les plus sportifs graviront les 192 marches de la Tour de l'Horloge pour un spectacle saisissant. Haut lieu de divertissement, l'été, on y loue des pédalos, des quadricycles et des segway ; on part en croisière sur le fleuve ou à la recherche de sensations sur les rapides de Lachine ; Pendant la saison froide, une superbe patinoire prend ses quartiers d'hiver accompagnée des Symphonies portuaires et d'activités étonnantes comme la pêche sur glace. Les quais ne désemplissent jamais et vivent au rythme des animations avec l'Igloofest, les célébrations du Nouvel An, la fête du Canada et le Festival International de Reggae. Non loin de là, Le Vieux Montréal attire tout autant par son architecture à l'européenne, ses rues pavées, ses édifices historiques et ses petits restaurants typiques. Le quartier est à voir absolument entre les musées (notamment le fameux Musée Pointe-à-Callière), les places publiques (Place d'Armes, Place Jacques-Cartier), le marché Bonsecours, et la superbe Basilique Notre-Dame de Montréal.

Il n'y a pas que la basilique Notre-Dame de Montréal et pour preuve ! L'Oratoire Saint-Joseph, construit sur initiative de Frère André dans les années 30 sur le flanc nord-ouest du mont Royal attire plus de 2 millions de visiteurs, chaque année ! La raison ? Cette église catholique capitalise grâce à sa structure unique, faite d'un dôme de 60 mètres de hauteur interne, 3e plus grand dôme au monde après celui de la basilique de Yamoussoukro et la basilique Saint-Pierre à Rome. Pourquoi Saint-Joseph ? Patron des ouvriers notamment ceux qui travaillent le bois, c'est surtout le modèle des époux et pères de famille et des âmes pures plus généralement. Plusieurs pays notamment le Canada ont été placés sous son patronage et on ne dénombre pas moins d'une quarantaine de paroisses à son effigie au Québec. La basilique se dresse à 283 m au-dessus du niveau de la mer ce qui en fait le point le plus élevé de Montréal. Du chemin Queen Mary au portique de la basilique, on peut gravir 283 marches, dont 99 marches en bois sont réservées à la prière et servent aux pèlerins qui désirent monter à genoux. 

Oratoire Saint-Joseph.© Stéphan SZEREMETA

Grande fierté du Québec : le Parc Olympique de Montréal, qui a accueilli les J.O d'été de 1976 fait figure de lieu emblématique de la ville. Pendant deux semaines, la ville s'est à nouveau transformée à et ce, seulement 9 ans après l'exposition universelle, en capitale du monde. Même si la performance du Canada ne sera pas à la hauteur de l'évènement (en même temps, il s'agissait de Jeux Olympiques d'été) se classant au 27e rang (sur 37 !) avec un total de 11 médailles, 5 d'argent et 6 de bronze, la population en garde un bon souvenir... Sont sortis de terre l'Esplanade Financière Sun Life, le Parc olympique, ensemble architectural atypique comprenant le Stade, le Centre de natation et le Vélodrome, le tout signé par l'architecte français Roger Taillibert. Le plus surprenant reste la Tour du stade, plus haute tour inclinée au monde, achevée bien après les Jeux, soit en 1987...

De nos jours, il est possible de visiter le stade et le centre sportif, de grimper en haut de la Tour de Montréal pour un panorama exceptionnel, d'assister à une foule d'événements et de spectacles, tant dans le stade que sur l'esplanade nouvellement réaménagée.

Le Biodôme de Montréal est un musée " vivant " situé dans l'ancien Vélodrome de Montréal, construit pour les JO d'été de 1976. La conversion en musée " vivant " a été terminée en 1992 à l'occasion du 350e anniversaire de la ville. Dans cet "espace pour la vie", les écosystèmes les plus divers des Amériques ont été reconstitués : le golfe et l'estuaire du Saint-Laurent, l'érablière des Laurentides, la forêt tropicale humide, et même les régions subpolaires des côtes du Labrador et des îles subantarctiques. L'idée est de sensibiliser la population à la précarité de notre environnement dans une optique de préservation de la biodiversité et d'adoption de comportements responsables.

Hautement appréciée en toute saison, " l'expérience " d'une visite de la forêt tropicale en plein hiver prend une toute autre dimension. Au contact d'amphibiens, de reptiles, d'oiseaux et de poissons aux couleurs paradisiaques, vous risquez d'être dépaysés de manière spectaculaire en plus d'avoir oublié le froid qui sévit à l'extérieur. Pour ceux et celles qui désirent voir un castor ou un pingouin, c'est aussi le meilleur (sinon le seul) endroit à Montréal.
© Biodôme de Montréal dans l\'ancien Vélodrome.

Une fois l'hiver rude passé, les cigales peuvent à nouveau profiter de la verdure des grands parcs canadiens et notamment celui du Mont-Royal. C'est Jacques Cartier qui serait selon la légende, à la genèse de son nom : après l'avoir gravi, il se serait exclamé, émerveillé par le panorama : " C'est un mont réal ! ". Idéalement situés, deux belvédères l'un sur l'aire de stationnement de la voie Camilien-Houde et l'autre depuis la terrasse du Chalet (accessible seulement à pied) surplombent le centre-ville et offrent une vue imprenable sur l'étendue de Montréal. En 1643, une croix y est plantée par Maisonneuve en remerciement pour le sauvetage de la colonie menacée d'inondation. Ce n'est qu'en 1876 qu'il est aménagé en parc, la ville se portant acquéreur de terrains d'une valeur d'un million de dollars, loin d'être une coquette somme pour l'époque. Parmi les nombreux attraits du parc, citons le Lac aux Castors, une butte de glissade, des monuments historiques, et des sentiers qui relient ces attraits aux différentes entrées. Poumon vert de Montréal, il fait se côtoyer marcheurs et cyclistes durant la belle saison offrant également bon nombre d'animations avec un festival pour les amateurs de Tam-Tam. En hiver, les sentiers se métamorphosent en pistes de ski de fond et le lac devient une patinoire, voisine des pistes de luge.

© JustLiza

Situé au coeur du quartier de la Petite Italie, le Marché Jean-Talon est l'un des plus vieux marchés publics de Montréal et l'un des plus importants à aire ouverte en Amérique du Nord. Inauguré en mai 1933, il porte d'abord le nom de " Marché du Nord " avant de devenir, en 1983, le marché Jean-Talon, en l'honneur du premier intendant de la Nouvelle-France. Qu'a-t'il de plus que les autres ? Il rassemble pléthores de producteurs locaux de fruits et légumes allant des fermiers aux artisans de l'alimentation en provenance de tout le Québec. Ouvert été comme hiver, l'ambiance est celle d'un mini village, un endroit qui a su rester familial où clients et marchands se connaissent. Ce qui ne lui a pas empêché de s'agrandir au fil des années. On trouve désormais des commerces spécialisés : poissonneries, fromageries, bouchers mais aussi des fleurs, des épices, des huiles, des boulangeries artisanales, sans oublier les savoureux produits du terroir québécois. Le temple des produits frais et artisanaux.

Marché Jean-Talon.© Marchés Publics de Montréal

Idéalement située au coeur de Montréal, la Place des Arts est le plus grand complexe culturel du Canada. Elle abrite 5 salles de spectacle totalisant 6 000 places dont le fameux Théâtre Maisonneuve. Elle est surtout connue pour être le lieu de rassemblement des festivaliers, jeunes ou moins jeunes avec les Francofolies ou le Festival international de jazz par exemple.

Au milieu des années 1950, le projet de la Place des Arts est né du désir du maire Jean Drapeau de redonner du peps au centre-ville. Avec l'ambition précise de donner une place de premier choix aux arts de la scène associés à la société francophone de Montréal. C'est l'époque de grands complexes de ce genre comme le Lincoln Center à New York. Inaugurée en 1963, la Grande Salle (aujourd'hui Salle Wilfrid-Pelletier) accueille les plus grands artistes, troupes de théâtre et compagnies de danse. Quatre années plus tard et une exposition universelle, les salles Maisonneuve et Port-Royal (aujourd'hui Théâtre Jean-Duceppe) sont inaugurées. Suivront le Théâtre du Café de la Place (aujourd'hui Studio-théâtre) transformé en café-théâtre à partir de 1978 puis dédié à la chanson française et la Cinquième salle, ouverte en 1992.

© David Giral Photography

Le Parc Jean Drapeau se décline en deux îles offrant deux ambiances bien distinctes. L'île Sainte-Hélène, traversée par le Saint-Laurent compte de nombreux points d'intérêt notables : la Biosphère(musée de l'Environnement), le musée Stewart (musée d'Histoire), les lacs (lac des Cygnes, au sud, et lac des Dauphins, au nord), la marina et le parc d'attractions La Ronde. Mais c'est surtout le lieu le plus animé de la ville : avec l'été, l'international des feux Loto-Québec qui enflamme l'île (compétition d'art pyrotechnique) et le rendez-vous incontournable du Piknic Electronic, tous les dimanches de mai à fin septembre sans oublier la Fête des Neiges, l'hiver, qui rassemble de manière festive toute la famille.

Changement de décor sur l'île Notre-Dame, créée artificiellement à l'occasion de l'Expo 67, où l'on trouve le bassin olympique, le circuit automobile Gilles-Villeneuve, sur lequel se dispute le Grand Prix de Formule 1 en juin, les superbes jardins des Floralies, l'agréable plage pour la baignade, sans oublier le fameux casino. Le parc offre également pistes de ski de fond, patinoires, championnats d'aviron et événements extérieurs, été comme hiver.

Vue panoramique sur l'île Sainte-Hélène et la ville de Montréal.© D.R.