Située à environ 800 m d'altitude, Moshi était un simple village bantou au milieu du XIXe siècle. Mais devint rapidement un des grands centres de la colonisation, les fermiers allemands puis anglais, venant cultiver les terres fertiles de la région, les missionnaires venant évangéliser et instruire les populations chaggas, qui habitaient les premières pentes du massif du Kilimandjaro. La ville devint un lieu d'échange important pour les produits agricoles des grandes fermes coloniales, et un lieu de passage et de halte sur la route du nord, entre la côte et les Grands Lacs. Une ligne de chemin de fer y fut bientôt construite, reliant Dar à Arusha et Mombasa, et permettant un rapide essor de la ville dans les années 1920.

Les Chaggas sont parmi les plus actifs dans l'économie de tout le pays. Aujourd'hui, Moshi prospère doucement en tant que centre commercial de la région, mais s'est fait dépasser par Arusha, 80 km plus à l'ouest, dopé par le tourisme. Une communauté d'origine occidentale, relativement importante, y exerce des activités professionnelles dans les exploitations agricoles, certains comme ingénieurs dans les quelques usines de la ville ou dans les travaux publics, d'autres dans la santé ou dans l'enseignement (on y trouve une assez bonne école secondaire, où les enfants des élites du pays étudient, avant de partir pour les universités de Dar, de Nairobi ou d'Europe occidentale pour les plus riches).

Le Kilimandjaro mis à part, la région de Moshi est intéressante à visiter. Au nord-ouest de Shira, non loin d'Ol Molog, à Maua Farm, ont été découvert, à partir de 1972, un grand nombre de pierres taillées et de fragments de poteries, certaines décorées, datant du Néolithique (3 000 ans avant notre ère).

Sur le versant sud-est de la montagne, autour de Marangu par exemple ou en direction de Rombo, subsistent encore de vraies cases chaggas, perdues dans les plantations, et dont certaines sont vraiment habitées. Ce sont des sortes de cônes bombés en feuilles de bananier, avec un étage à l'intérieur et une partie réservée aux bêtes. A l'est du massif, non loin de Himo, part une piste qui mène, en un peu plus de 10 km, au lac Chala, très profond d'après la couleur sombre de ses eaux, et logé dans un superbe cratère aux pentes verticales, en bordure de la frontière kenyane, non loin de Holili et Taveta. C'est un endroit sauvage et magnifique, où très peu de gens se rendent, sauf du côté kenyan (qui est loin de toute manière). Pour y aller, faites-vous guider par quelqu'un du coin. Plus loin encore, se trouve le lac Jipe, mesurant 5 km sur 16, et légèrement alcalin.

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